Chapitre 235
« Ah… Puisqu’il a fait ça, cela signifie aussi que je ne me suis pas sacrifié en vain pour le sauver. »
« Cependant, ce serait vraiment dommage qu’il perde la vie ainsi. Tu ne peux vraiment pas lui venir en aide ? » Qi Fengyan se tourna vers le vieil homme vêtu de simples habits, le regard empreint d’une pointe de supplication.
« Tu t’es vraiment sacrifié pour le sauver, tout à l’heure ? Tu n’as fait que risquer ta vie pour me menacer. Tu savais que je te sauverais si tu étais sur le point de mourir », répliqua sèchement le vieil homme, avant d’ajouter :
« Fengyang, dans cette Province d’Azur, tu es mon seul ami. Je ne veux pas qu’un garçon comme lui nuise à notre amitié. » Sur ces mots, le vieil homme lui tapota l’épaule, puis regagna son propre temple.
En regardant son ami s’éloigner, Qi Fengyang esquissa un sourire amer. Il comprenait ce que le vieil homme avait voulu dire. De plus, il savait parfaitement que, pour cette personne, avoir le droit de lui parler d’égal à égal était déjà un honneur. Il n’avait vraiment pas qualité pour lui demander quoi que ce soit.
« Jeune homme, j’espère que la chance et le destin te permettront de quitter cet endroit par tes propres moyens. » Puis Qi Fengyang jeta un regard navré dans la direction où Chu Feng était parti et regagna lui aussi le temple.
Fff Tandis que Qi Fengyang s’apitoyait sur le sort de Chu Feng, celui-ci atteignit le sommet d’une autre montagne et se mit à tracer une Formation spirituelle afin de condenser le badge protecteur qui lui permettrait de résister à la pression de la formation.
« Ça ne marche pas. C’est trop compliqué. Même si je connais la méthode pour le condenser, je n’y arrive pas assez vite. » Chu Feng fronça les sourcils. Il découvrit que les méthodes des Esprits du Monde à manteau bleu étaient vraiment très difficiles à maîtriser pour lui, qui n’était qu’un Esprit du Monde à manteau gris.
« Chu Feng, continue. Je suis sûre que tu peux y arriver. Tu comprends parfaitement cette méthode de condensation, mais tu n’as simplement pas une Formation spirituelle d’assez bonne qualité. Pourtant, je crois en toi. Tu dois persévérer, sinon tu mourras, et moi aussi. »
Face à cette situation, Eggy se sentait tout aussi impuissante. Même si elle savait comment s’y prendre, elle ne pouvait pas aider Chu Feng. Elle pouvait emprunter le corps de Chu Feng, mais seulement pour se battre avec ses propres forces, pas pour utiliser sa Formation spirituelle. À cet instant, Chu Feng ne pouvait donc compter que sur lui-même.
« C’est vrai, je dois réussir. Je ne peux pas échouer. J’ai encore tant de choses à faire et, de toute façon, même si je dois mourir, je ne laisserai pas Eggy mourir avec moi. »
En entendant Eggy, Chu Feng retrouva aussitôt sa détermination. Il ignorait lui-même d’où lui venait cette force, mais la situation lui semblait moins pénible qu’auparavant. Même privé d’air, il parvenait encore à se concentrer et à tracer la formation de toutes ses forces pour condenser le badge.
Dans ces conditions, Chu Feng tint une heure, comme par miracle. Il ne respira pas pendant tout ce temps, ce qui mettait son cœur à rude épreuve. Un homme ordinaire serait déjà mort, mais Chu Feng tint bon.
Son visage était blanc comme du papier, mais son regard brûlait d’une ardeur anormale tandis qu’il fixait la Formation spirituelle devant lui. Couche après couche, il y insuffla son pouvoir spirituel ; grâce à des méthodes ingénieuses, tous les éléments finirent par fusionner.
Hmm Enfin, une lumière brûlante jaillit et l’immense Formation spirituelle se condensa rapidement. Pour finir, autour de quatre symboles qui lui servaient de points de contraction, elle prit la forme d’un badge de Formation spirituelle petit et délicat.
Ce badge était translucide comme du cristal et d’une grande beauté. Pourtant, il renfermait une immense puissance de Formation spirituelle, qui circulait alors selon des trajectoires complexes. C’était la formation que Chu Feng venait de condenser.
Au même instant, dès que le badge se trouva dans sa main, la pression qui pesait sur Chu Feng disparut comme fumée au vent. Il n’y avait pas de doute : Chu Feng avait réussi.
« Chu Feng, tu as réussi ! Tu as vraiment réussi ! C’est formidable : tu as accompli quelque chose que seuls les Esprits du Monde à manteau bleu peuvent faire ! » À cet instant, Eggy arborait un sourire radieux et sautillait dans l’Espace des Esprits du Monde en poussant des cris de joie.
Elle était sincèrement heureuse pour Chu Feng. Non seulement celui-ci venait de leur sauver la vie à tous les deux, mais sa réussite prouvait aussi qu’il possédait un potentiel et un talent exceptionnels.
« Je dois tout de même remercier cet aîné. S’il ne m’avait pas prêté son badge pour que j’en apprenne la méthode de condensation, je me serais retrouvé dans de beaux draps. » Chu Feng eut un rire gêné, tandis qu’une pointe de gratitude se lisait sur son visage.
Dès lors, badge en main, Chu Feng fut comme un poisson dans l’eau dans la Vallée des Cent Méandres. Auparavant, il devait partager les trésors avec les jeunes générations de la Province d’Azur.
Mais désormais, il pouvait profiter à sa guise de tout ce que recelait la Vallée des Cent Méandres : non seulement les plantes médicinales profondes, mais aussi la viande parfumée et délicieuse des animaux, ainsi que l’eau de source douce et savoureuse. Chu Feng aimait vraiment cet endroit.
De plus, en dehors de la Vallée des Cent Méandres, Chu Feng ne savait pas s’il trouverait un autre lieu où amasser autant de plantes médicinales profondes.
Aussi resta-t-il dans la Vallée des Cent Méandres pendant six mois entiers. Durant cette période, il amassa d’innombrables plantes médicinales de l’Origine et plantes médicinales profondes. Mais la vallée était immense : même en la fouillant chaque jour, il avait l’impression que les plantes médicinales profondes étaient inépuisables, et il n’en voyait jamais le bout.
Mais, au grand désarroi de Chu Feng, malgré l’augmentation de son pouvoir spirituel et le nombre croissant de plantes médicinales profondes qu’il raffinait, cela ne suffisait jamais à la Foudre divine qui se trouvait dans son corps. Au bout de six mois, sa cultivation n’avait progressé que de deux niveaux : il avait atteint le septième niveau du Royaume de l’Origine.
Cette cultivation ne semblait peut-être pas très impressionnante, mais avec les capacités de Chu Feng, il n’avait pas à s’inquiéter de ceux qui se trouvaient au troisième niveau du Royaume du Profond. Seuls ceux du quatrième niveau pouvaient lui tenir tête. Il estimait donc que sa cultivation suffisait désormais à vaincre Gong Luyun.
Pourtant, même si la cultivation de Chu Feng avait progressé quelque peu en six mois, celle d’Eggy n’avait pas bougé. Faute d’avoir pu absorber une Source puissante, elle était toujours au premier niveau du Royaume du Profond.
Mais, sachant que Chu Feng voulait vaincre Gong Luyun par ses propres moyens, Eggy ne lui en voulut pas le moins du monde. Au contraire, elle l’encouragea à continuer de cultiver en cet endroit. Après tout, une fois le combat prévu passé, Chu Feng aurait tout le temps de chercher de la Source pour elle.
Ce jour-là, Chu Feng calcula qu’il restait moins d’un mois avant le combat prévu. Comme il voulait régler certaines choses avant l’affrontement, il décida de quitter la Vallée des Cent Méandres.
La bataille ne serait pas aussi simple qu’il l’avait imaginé. Ce jour-là, Lin Ran, de la Résidence princière du Qilin, protégerait Gong Luyun. Si Chu Feng tuait ce dernier, Lin Ran ne laisserait certainement pas passer l’affaire.
Chu Feng devait donc prendre quelques dispositions. Au moins, avant de provoquer un désastre, il fallait éviter que sa famille en subisse encore les conséquences.
Au moment où Chu Feng se préparait à partir, le vieil homme vêtu de simples habits et Qi Fengyang jouaient aux échecs dans la salle du temple, au sommet de la montagne.
« Frère Hengyuan, grâce à toi, j’ai déjà atteint le seuil d’une percée. Si les choses continuent ainsi, je pourrai, d’ici six mois, quitter le neuvième niveau du Royaume du Profond pour entrer dans le Royaume Céleste. » Qi Fengyang le remercia avec gratitude.