Chapitre 1 350
MGA : Chapitre 1350 — D’où viens-tu ?[1. Pelicanv : OÙ ES-TU ALLÉ ? D’OÙ VIENS-TU, COTTON-EYE JOE]
Après être entré dans le Village antique des Sceaux, Chu Feng découvrit que celui-ci était immense, bien plus qu’il ne l’avait imaginé. À première vue, il ressemblait à une très grande puissance, ou plutôt à une ville si vaste qu’on n’en voyait pas les limites.
Le Village antique des Sceaux comptait de nombreux habitants. De plus, la plupart d’entre eux possédaient une force exceptionnelle. Jeunes ou vieux, tous avaient un niveau de cultivation impressionnant pour leur âge.
On pouvait dire que le Village antique des Sceaux ne comptait pas seulement beaucoup d’habitants : ils étaient tous des élites.
Pourtant, les constructions y étaient très rudimentaires. Tous vivaient dans des huttes au toit de chaume. Même les routes n’étaient que des chemins jonchés de pierres concassées ou brisées.
Chu Feng ne croyait pas qu’une puissance aussi considérable que le Village antique des Sceaux fût incapable de bâtir une ville luxueuse.
Il comprit donc que le village avait probablement choisi délibérément cette apparence simple et dépouillée. C’était sans doute le souhait de leurs ancêtres disparus.
En outre, les habitants du Village antique des Sceaux se montraient extrêmement chaleureux envers les étrangers comme Chu Feng.
Pas étonnant que tant d’Esprits du Monde souhaitassent venir séjourner au Village antique des Sceaux. En effet, il suffisait de réussir les deux épreuves pour être reçu avec tous les égards par ses habitants.
Enfin, grâce aux arrangements de Grand-père Song, Chu Feng fut installé dans une hutte au toit de chaume comprenant deux chambres et une pièce à vivre.
De l’extérieur, la hutte paraissait tout à fait ordinaire, mais l’intérieur, lui, méritait les éloges.
La décoration n’était pas somptueuse, mais tout était bien rangé et l’ensemble dégageait une agréable impression de confort. Surtout, il y avait une table et des chaises, ainsi qu’un lit moelleux et confortable. Des fruits et de délicieuses collations avaient été disposés sur la table. En somme, on avait pris grand soin de tout préparer.
Au Village antique des Sceaux, un tel traitement était vraiment digne des invités de marque.
Grand-père Song étant plutôt occupé, il repartit aussitôt après avoir installé Chu Feng dans sa hutte.
Dès son départ, Chu Feng s’empressa de fermer la porte, puis la scella à l’aide d’une technique spirituelle.
Il était impatient de raffiner le trésor que lui avait donné Wang Qiang, afin de voir s’il pourrait réaliser une percée.
« Cette chose pue vraiment. Mais ce n’est certainement pas un morceau de fumier. Qu’est-ce que ça peut bien être ? » Chu Feng prit le trésor, qui ressemblait à une crotte, et l’examina attentivement.
Au premier coup d’œil, il avait senti que cet objet était extrêmement spécial, plus encore que toutes les Curiosités naturelles qu’il avait rencontrées jusque-là.
« Chu Feng, tu vas vraiment manger cette horreur ? » demanda Eggy en détournant le regard.
« Bien sûr que non. Qui a dit qu’il fallait manger quelque chose pour le raffiner ? » Chu Feng sourit légèrement. Puis il lança doucement le trésor en l’air et forma un sceau d’une main. Il ouvrit la bouche : une puissance déchaînée et de nombreux éclairs en jaillirent, enveloppant l’objet.
Chu Feng était désormais capable d’utiliser sa foudre pour raffiner des ressources de cultivation. Il était passé d’une maîtrise passive à un contrôle actif de ses éclairs.
« Bzzz. » Mais lorsque les éclairs déchaînés entrèrent en contact avec le trésor, celui-ci se mit à émettre une lueur noire qui les repoussa.
« C’est sérieux ? Cette chose résiste vraiment à ta Foudre divine, gloutonne comme elle est ? » Même les yeux d’Eggy s’illuminèrent de stupeur devant cette scène.
Il fallait savoir que la Foudre divine de Chu Feng était d’une sauvagerie extrême. Toutes les Curiosités naturelles de ce monde, aussi terrifiantes fussent-elles, devenaient de véritables festins face à elle. Le résultat était toujours le même : Chu Feng les dévorait.
Or, cet objet qui ressemblait à une crotte résistait à la Foudre divine de Chu Feng. Qu’est-ce que cela signifiait ? Qu’il était extraordinaire, et d’une puissance redoutable.
« Aouuuuu ! »
À cet instant, un rugissement retentit soudain dans le dantian de Chu Feng. Il était si terrifiant qu’il suffisait de l’entendre pour trembler de peur.
Même Sa Majesté, dans le Monde des Esprits Asura, fut effrayée par ce rugissement. Son adorable petit visage, d’ordinaire si beau, pâlit légèrement.
On aurait dit qu’il n’existait rien de plus effrayant au monde que ce rugissement.
Heureusement, il ne pouvait être entendu qu’à l’intérieur du dantian de Chu Feng. S’il avait retenti au-dehors, il aurait forcément provoqué un immense tumulte.
« Zzzzzzzzzzz… »
Après ce rugissement, la Foudre divine qui jaillissait du corps de Chu Feng devint encore plus déchaînée. Elle parvint à percer l’aura noire du trésor et l’engloutit avec une férocité décuplée. Puis elle le déchira et le raffina, sans en laisser la moindre trace, avant de regagner le corps de Chu Feng.
« Waouh ! »
« Qu’est-ce qui s’est passé ? Les monstres dans ton corps se sont énervés ? »
« C’était vraiment effrayant. Même cette reine a eu peur. On dirait que cette crotte ne vaut pas grand-chose. Dès que ces monstres se sont mis en colère, elle n’a pas résisté une seconde. »
« Cette reine est de plus en plus curieuse de savoir ce que sont ces monstres dans ton corps. Ce serait vraiment juste une Lignée héréditaire ? » demanda Eggy d’un air pensif. Elle était pourtant ravie : une puissance aussi redoutable sommeillait dans le corps de Chu Feng.
« À vrai dire, j’ai eu peur, moi aussi. À l’instant, j’ai eu l’impression de percevoir leur force vitale. Comme s’ils étaient ressuscités. »
« La réaction ne venait pas seulement de la Foudre divine dans mon dantian : celle qui avait été assimilée à mon sang s’est déchaînée, elle aussi. La puissance qu’elles dégageaient était immense. »
« Mais une fois le trésor raffiné, elles se sont calmées et sont revenues à la normale. Je n’y comprends vraiment rien », dit Chu Feng en secouant la tête.
« Quoi qu’il en soit, tu as réussi à raffiner ce trésor, et c’est une bonne chose. Hein, qu’est-ce qui se passe ? Tu n’as pas réussi à percer ? » Eggy en fut stupéfaite. Chu Feng avait pourtant prévu qu’il pourrait probablement réaliser une percée après avoir raffiné cet objet qui ressemblait à une crotte.
Pourtant, non seulement il n’avait pas réussi à percer, mais il lui manquait encore beaucoup de puissance martiale pour y parvenir. Il lui faudrait donc en raffiner au moins un autre du même genre.
Et cela… dépassait les attentes d’Eggy.
« Ce trésor est extrêmement particulier, plus encore que je ne l’imaginais. Même la Foudre divine dans mon corps n’a pas réussi à le raffiner entièrement », dit Chu Feng.
« Tu veux dire… ? » Eggy comprit.
« Au moins la moitié de l’Énergie naturelle contenue dans ce trésor s’est perdue. Et moi, je n’ai pu que la regarder s’écouler sous mes yeux sans rien pouvoir faire », répondit Chu Feng.
« C’était à ce point ? » En l’entendant, Eggy fut choquée.
« Je crois que c’est aussi parce que je ne maîtrisais pas assez bien la Foudre divine. Si j’avais pu la contrôler, avec une telle puissance, j’aurais sans aucun doute réussi à le raffiner entièrement. Malheureusement… j’étais tout simplement incapable de la maîtriser et je n’ai donc pas pu vraiment l’utiliser cette fois-ci », soupira Chu Feng. Il aurait tant voulu contrôler cette Lignée si puissante.
Il savait qu’une fois parvenu à maîtriser sa puissante Lignée, il deviendrait extrêmement fort, bien des fois plus que maintenant.
« Quoi qu’il en soit, cet objet était bel et bien extraordinaire. Comment Wang Qiang a-t-il pu mettre la main dessus ? » Eggy se mit à réfléchir.
Elle savait qu’un objet que même la terrifiante Foudre divine du dantian de Chu Feng ne pouvait raffiner entièrement était forcément extraordinaire.
« Toc, toc, toc. »
« Toc, toc, toc… »
À cet instant, on frappa à la porte. En tendant l’oreille, on entendait aussi quelqu’un crier.
« O, o, ouvre la po, porte. »
« V, vite, ouvre la po, porte. »
« Qu’est-ce qu’il vient faire ici ? » Chu Feng sourit. À la voix, il avait reconnu Wang Qiang qui frappait à sa porte.
« Qu’est-ce que ça peut faire ? C’est l’occasion rêvée de lui demander où il a trouvé cet incroyable trésor », répondit Eggy.
« Hm », acquiesça Chu Feng. Il dissipa la formation spirituelle qui entourait la maison, puis ouvrit la porte.
Wang Qiang se tenait dehors. Mais à peine apparut-il qu’une puanteur insoutenable assaillit les narines de Chu Feng.
Chu Feng lui-même fronça les sourcils. Il recula aussitôt et se couvrit le nez et la bouche de sa manche. Ce n’est qu’alors qu’il osa regarder Wang Qiang comme il faut.
À cet instant, le corps entier de Wang Qiang semblait couvert de fumier. Cette puanteur insoutenable émanait des choses qui le recouvraient.
Chu Feng ne put se retenir : « D’où tu viens ? »
À ces mots, Wang Qiang leva le bras et, d’un geste fier, passa la main dans sa belle chevelure. Ce n’est qu’alors qu’il sourit et répondit : « De, de la por, porcherie. »