Chapitre 1 349
« Je crains que tu ne puisses pas récupérer ton butin », dit Grand-père Song avec un sourire.
« Quoi ?! Vie, vieil emmerdeur ! Tu, tu ne peux vraiment pas être fai, fiable ! »
« Tu oses déro, dérober le butin de gu, guerre à quelqu’un de la jeune gé, génération. Où est donc ton sens de l’hon, honneur ? »
« Rends-moi mon but, butin tout de su, suite ! Si tu le fais, je fe, ferai comme si rie, rien ne s’était passé. »
« Si, sinon, je ré, répandrai ta ré, réputation de sal, salopard partout ! Je le fe, ferai sans au, aucun doute, tu m’entends ? »
En entendant Grand-père Song, Wang Qiang changea d’expression. À ses yeux, le vieil homme avait dérobé ces trésors. Mais il n’avait pas peur de lui et se mit même à le menacer avec assurance.
« Wang Qiang, est-ce de ce butin que tu parles ? » À cet instant, Chu Feng sortit de la maison de pierre, le Sac cosmique contenant les trésors à la main.
« Put, putain de merde ! C’est im, impossible ! » L’expression de Wang Qiang changea brusquement. Il blêmit comme un linge et ses jambes se dérobèrent. Le regard incrédule, il vacilla et s’effondra au sol.
De toute évidence, l’apparition de Chu Feng l’avait profondément bouleversé.
« Wang Qiang, je regrette de t’annoncer que le jeune ami Chu Feng est arrivé bien avant toi. C’est donc lui qui remporte cette épreuve », déclara Grand-père Song d’un ton moqueur.
« Im, impossible ! Vous, vous tru, truquez l’épreuve ! Vous trichez, c’est cer, certain ! »
« Il n’est cer, certainement pas sorti par la sortie du Pas, Passage du Village ! Il a dû prendre un rac, raccourci dans votre Vil, Village antique des Sceaux ! »
« C’est vraiment dé, dégoûtant ! Hon, honte à vous ! »
« Dis-moi, qu’est-ce que ce Chu Feng t’a pro, promis ? Pour, pourquoi l’ai, l’aides-tu comme ça ? » Wang Qiang se mit à interroger Grand-père Song.
« Tricher ? Hum ! Tous ceux qui sont ici ont vu le jeune ami Chu Feng sortir de leurs propres yeux par l’issue du Passage du Village. Et tu prétends que je l’aide à tricher ? »
« Wang Qiang, non seulement tu manques de respect à tes aînés, mais tu mets en doute l’intégrité de notre Village antique des Sceaux ! »
« Dans ce cas, pourquoi t’es-tu donné la peine de venir dans notre Village antique des Sceaux ? À mon avis, tu n’as pas à y entrer : tu ferais mieux de reprendre le chemin par lequel tu es venu et de rentrer chez toi », dit Grand-père Song.
« Tu oses insulter notre vénérable Ancien de la sorte ? Dégage ! Hors de notre Village antique des Sceaux ! » À ces mots, les villageois se mirent eux aussi à invectiver Wang Qiang avec colère.
Ils s’avancèrent vers lui en le repoussant. Ils ne plaisantaient pas : ils étaient bel et bien prêts à le chasser du Village antique des Sceaux.
« At, attendez ! »
« Je, je plaisantais, c’est tout ! Regardez-vous, vous avez vrai, vraiment pris ma bl, blague au sérieux ! » Voyant que la situation tournait mal, Wang Qiang changea aussitôt de ton et afficha un sourire.
Mais Grand-père Song et les villageois ne crurent pas à ses excuses. Ils continuèrent à faire mine de vouloir le chasser de leur Village antique des Sceaux.
« Aïe, grand-père ! J’ai eu tort, ça ne suffit pas ? » Comme la situation ne s’améliorait toujours pas, Wang Qiang plia les genoux et tomba à genoux avec un « pouf », puis se mit à se prosterner. « S’il vous plaît, les gens de gra, grande vertu ne tiennent pas ri, rigueur aux offenses des gens de ba, basse extraction ! Donnez-moi une au, autre chance ! »
« J’ai fai, fait un long vo, voyage depuis des terres lointaines, franchi des mon, montagnes et des ri, rivières pour ve, venir ici. »
« J’ai surmonté d’immenses dif, difficultés, traversé bien des épreu, épreuves et des dan, dangers pour ar, arriver jusqu’ici. »
« Si vous me cha, chassez vraiment pour une bl, blague, vous per, perdrez un invité qui pourrait de, devenir un hôte de ma, marque de votre Vil, Village antique des Sceaux. Vous rat, raterez l’occasion de vous lier d’amitié avec le fu, futur souverain de la Terre sacrée du Mar, Marzialisme. »
Wang Qiang était tout bonnement stupéfiant. À genoux, il se mit à débiter toutes sortes de paroles mielleuses. On aurait dit une tout autre personne, comparé à celui qu’il était quelques instants plus tôt.
Si l’on pouvait dire que Wang Qiang était un roi auparavant, à présent, il était devenu un moins que rien. [1. « Petit-fils » est une insulte. Les Chinois aiment se désigner eux-mêmes par des expressions comme « ton père », « ton grand-père », « ton oncle », etc., pour se vanter et rabaisser autrui.]
Le plus étonnant, cependant, était qu’il n’avait pas la moindre honte. On aurait dit qu’il agissait tout naturellement.
En le voyant faire, Grand-père Song et Granny Lin échangèrent un regard. Wang Qiang les mettait eux aussi mal à l’aise.
Quoi qu’il en soit, Wang Qiang était très puissant. Grand-père Song était convaincu qu’il accomplirait de grandes choses et qu’il avait forcément de solides appuis.
S’il avait continué à les menacer, ils auraient inévitablement fini par le chasser.
Mais voilà qu’il avait brusquement changé d’attitude à cent quatre-vingts degrés et s’était abaissé à une telle bassesse. Il était même allé jusqu’à se prosterner, à les supplier et à les appeler « grand-père » et « grand-mère ».
Quelle détermination il avait à reconnaître ses torts !
Si Grand-père Song persistait à chasser Wang Qiang après une telle contrition, il passerait pour le fautif si l’histoire venait à s’ébruiter.
« Grand-père Song, à mon avis, Wang Qiang regrette sincèrement ses actes. Je pense que vous devriez lui donner une chance de se racheter », intervint Chu Feng.
« Hum. Puisque toi, Chu Feng, intercèdes en sa faveur, nous allons lui donner l’occasion de se racheter. »
« Cependant, c’est toi qui as manqué de respect le premier. Ne nous reproche donc pas de te réserver un accueil peu chaleureux. À l’origine, vu la vitesse à laquelle tu as franchi la deuxième épreuve, tu aurais dû avoir la meilleure chambre d’hôte. Mais à présent, tu n’auras que la plus modeste », dit Granny Lin.
« Aucun pro, problème ! Moi, Wang Qiang, j’ai la peau dure et le cuir ép, épais. Ça m’est égal de sa, savoir où je dors ! » Voyant que Grand-père Song et Granny Lin avaient décidé de lui pardonner, Wang Qiang se releva aussitôt en souriant de nouveau, comme si rien ne s’était passé.
« Ça t’est égal ? Vraiment ? » Un sourire malveillant, presque imperceptible, se dessina sur le visage de Granny Lin.
« Tout à fait ! Même si je dois dor, dormir de, dehors, ça m’ira très bien ! » Wang Qiang se frappa la poitrine et en fit le serment.
« Très bien. Dans ce cas, suis-moi. Je vais personnellement te trouver un logement », dit Granny Lin en prenant le chemin du Village antique des Sceaux. Wang Qiang lui emboîta aussitôt le pas.
Mais, en passant près de Chu Feng, Wang Qiang s’arrêta soudain et le regarda avec tendresse. Il avait même l’air timide, les lèvres légèrement relevées, comme s’il s’apprêtait à lui déclarer sa flamme.
Chu Feng pensa que Wang Qiang allait probablement le remercier, mais celui-ci leva brusquement la main et lui adressa un doigt d’honneur.
Eh oui : au lieu de remercier Chu Feng d’avoir plaidé en sa faveur, Wang Qiang lui avait fait un doigt d’honneur.
Craignant sans doute que Grand-père Song ne le voie, il leva le bras et tendit le majeur à une vitesse fulgurante. À peine Chu Feng avait-il aperçu le geste que Wang Qiang avait déjà commencé à baisser le bras. Puis, il lui sourit de toutes ses dents avant de courir rejoindre Granny Lin.
« Ce bégayeur mérite vraiment une bonne fessée ! » En voyant ce que Wang Qiang avait fait, Eggy pâlit de colère.
« Hé, je le trouve très amusant. Si j’en ai l’occasion, j’aimerais bien me lier d’amitié avec lui », répondit Chu Feng. Loin de s’offusquer de la provocation de Wang Qiang, il se mit à rire, trouvant l’homme très intéressant.
« Tu es sérieux ? Tu veux vraiment te lier d’amitié avec un type aussi éhonté ? » Les paroles de Chu Feng stupéfièrent Eggy.
« Il agit parfois sans la moindre honte, et même comme un enfant. Il a aussi la langue particulièrement venimeuse, mais il n’a jamais rien caché. »
« Il a toujours dit et fait ce qu’il avait en tête. Il ose faire ce qu’il veut, sans craindre de provoquer les autres ou de perdre la face. C’est plutôt une bonne qualité », dit Chu Feng.
« Une bonne qualité ? Moi, je ne vois pas du tout en quoi », répliqua Eggy en retroussant les lèvres. À ses yeux, quiconque osait provoquer Chu Feng ne faisait que courir à sa perte. Elle ne pouvait éprouver la moindre sympathie pour ce genre de personne.
« Même si Wang Qiang peut sembler très agaçant au premier abord, il est bien meilleur que ceux qui jouent les justes en public et commettent les pires bassesses dans l’ombre », dit Chu Feng.
« C’est vrai », admit Eggy en hochant la tête. Les gens qui agissaient en secret de façon honteuse étaient les plus détestables de tous.
Grand-père Song prit alors la parole. « Chu Feng, allons-y nous aussi. Tu es le premier à avoir franchi le Passage du Village. Tu auras donc droit au meilleur accueil. »
« Grand-père Song, merci de vous donner cette peine », répondit Chu Feng en s’inclinant respectueusement, avant de suivre Grand-père Song dans le Village antique des Sceaux.