Chapitre 1 344
« Ceux qui réussiront l’épreuve devront suivre le guide jusqu’au Village antique des Sceaux. Il leur est interdit de s’éloigner et ils devront respecter les règles du Village antique des Sceaux. Dans le cas contraire, qu’ils ne reprochent pas à notre village de les expulser. »
« Quant à ceux qui échoueront, ne vous découragez pas. Continuez à vous entraîner et, si vous faites suffisamment d’efforts, vous finirez un jour par réussir l’épreuve et entrer au Village antique des Sceaux, où vous serez accueillis comme nos invités. »
« Quant à ceux qui se retrouveront piégés dans la formation sans pouvoir en sortir, ne paniquez pas. À la fin de l’épreuve, les habitants de notre village viendront vous sauver. »
« Vous avez tous compris ? » demanda d’une voix forte le vieil homme du Village antique des Sceaux, qui se trouvait au deuxième niveau du royaume du Demi-empereur martial.
« Oui ! » répondit la foule d’une seule voix. L’impatience se lisait de plus en plus sur les visages. Tous savaient que l’occasion d’entrer au Village antique des Sceaux allait bientôt se présenter.
« Puisque cette journée est spéciale, j’ajouterai quelques mots à votre intention. »
« Bien que les règles de notre Village antique des Sceaux soient extrêmement strictes, nous ne nous sommes jamais mêlés des affaires privées de nos visiteurs. »
« Aujourd’hui, de nombreux visiteurs ont décidé de parier sur celui qui franchira le premier le laissez-passer du Village antique des Sceaux et de se livrer une vive compétition. »
« Je trouve que c’est une bonne chose. Après tout, dans le monde des cultivateurs, sans lutte, il n’y a pas de progrès. » [1. Sans lutte, pas de progrès.]
« J’ai donc accepté leur demande et me suis proposé comme arbitre de leur compétition. »
« À présent, que tous ceux qui comptent participer déposent leurs mises dans ce Sac cosmique », dit le vieil homme.
« Quoi ? Les lui remettre ? »
À ces mots, nombre de ceux qui avaient décidé de participer hésitèrent. Leurs mises étaient après tout des objets de grande valeur. Les confier ainsi à quelqu’un d’autre pour qu’il les garde ne pouvait que les mettre mal à l’aise.
Presque tous craignaient que ce vieil homme du Village antique des Sceaux ne leur dérobe leurs trésors.
Pourtant, Chu Feng prit alors les devants et s’avança. Sans la moindre hésitation, il déposa ses cent mille perles martiales dans le Sac cosmique du vieil homme.
Comme ils se trouvaient en public, Chu Feng ne pensait pas que le vieil homme du Village antique des Sceaux aurait l’audace de détourner les trésors.
De plus, Chu Feng l’avait observé et le tenait pour un homme de bonne moralité, digne de confiance. Voilà pourquoi il lui avait remis ses cent mille perles martiales sans hésiter.
Après lui avoir confié les perles martiales, Chu Feng joignit même les mains avec courtoisie. « Senior, je vous remercie de vous donner cette peine. »
« Hum, ce n’est que mon devoir », répondit le vieil homme du Village antique des Sceaux avec un léger sourire et un signe de tête satisfait.
En lui confiant cent mille perles martiales sans hésiter, Chu Feng lui avait témoigné sa confiance. Le vieil homme appréciait beaucoup qu’un jeune homme comme lui soit aussi ouvert et généreux.
« Hé hé, s-senior, ne… ne cherchez pas à détourner nos biens. »
« Avec t-tous ces gens qui re-regardent, si vous les d-détournez, je m’a-assurerai que votre infamie se ré-répande partout. »
À cet instant, Wang Qiang s’avança lui aussi, un large sourire aux lèvres, et jeta son morceau de matière ressemblant à de la bouse dans le Sac cosmique du vieil homme. Mais, contrairement à Chu Feng, qui s’était montré respectueux et reconnaissant, Wang Qiang fit froncer les sourcils au vieil homme. Même les gens alentour se mirent à le maudire intérieurement.
Ne pas remercier le vieil homme était une chose. Mais le menacer publiquement, devant tant de monde, dépassait vraiment les bornes.
Et ce qui laissa la foule le plus médusée, c’est que Wang Qiang avait rangé son précieux coffret de jade et n’avait jeté dans le Sac cosmique du vieil homme que ce morceau puant qui ressemblait à de la bouse.
Le vieil homme du Village antique des Sceaux ouvrit alors de grands yeux. Le visage fermé, il demanda d’une voix forte : « Vous comptez miser uniquement cet objet ? »
Il traitait Wang Qiang d’une façon radicalement différente de Chu Feng.
Mais on ne pouvait lui en vouloir. Si quelqu’un était à blâmer, c’était Wang Qiang, dont le caractère était abominable.
« Qu-qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Wang Qiang, l’air perplexe, comme s’il ignorait ce qu’il avait fait de mal.
« Si vous ajoutez ce coffret de jade, cela ira. Mais si vous ne misez que cet objet, ce ne sera pas équitable pour les autres participants », répondit franchement le vieil homme.
« C’est ça, ajoutez aussi votre coffret de jade. Sinon, nous refuserons de vous laisser participer », s’indignèrent alors les autres parieurs.
Ils partageaient l’avis du vieil homme. À leurs yeux, le morceau de bouse de Wang Qiang n’était qu’un déchet sans valeur.
La seule chose qui avait de la valeur, c’était ce coffret de jade. Or Wang Qiang avait eu l’audace de le retirer pour ne miser que son morceau de bouse. Les autres participants ne pouvaient naturellement pas l’accepter.
« Qu-qu’est-ce que vous faites ? D-depuis le d-début, j’ai dit que ma m-mise serait le trésor de ma f-famille. »
« Je n’ai j-jamais dit que le co-coffret de jade en f-ferait aussi partie. Vous ch-cherchez à p-profiter de moi ? » répliqua Wang Qiang.
« Non, vous devez aussi miser ce coffret de jade. Sinon, nous refuserons de vous laisser participer », refusa la foule, qui ne voulait pas entendre ses excuses.
Confronté à l’opposition générale, Wang Qiang eut beau avoir la peau dure, il se mit à suer à grosses gouttes. Soudain, une idée lui vint.
Wang Qiang se tourna vers Chu Feng. « Fr-frère Chu Fe-Feng, aide-moi à rétablir la justice, s’il te plaît. E-essaie de les raisonner. Si-sinon, je n’aurai pas d’autre ch-choix que de me retirer de la comp-compétition. Si je me retire, tu auras un ri-rival de moins. Ce ne sera pas ennuyeux pour toi ? »
À ces mots, Chu Feng fronça légèrement les sourcils et son regard s’assombrit. Il était assez malin pour percevoir les intentions cachées de Wang Qiang.
Celui-ci faisait semblant de lui demander de l’aide, mais il le menaçait en réalité. Il avait manifestement compris que Chu Feng voulait son morceau de bouse. Voilà pourquoi il brandissait son retrait de la compétition pour le faire céder.
« Tout le monde… permettez-moi de dire un mot en toute équité », intervint Chu Feng, voyant que la situation prenait une mauvaise tournure.
« O-oui, la-laissez frère Chu Feng dire un mot en toute é-équité », reprit aussitôt Wang Qiang en riant de bon cœur. Son rire était particulièrement répugnant. On aurait dit qu’il était ravi d’avoir réussi à mettre Chu Feng sous sa coupe.
« Petit ami Chu Feng, c’est vous qui avez lancé cette affaire. Il est donc naturel que vous tranchiez. Allez-y, dites-nous ce que vous avez à dire. »
Comme on pouvait s’y attendre, Chu Feng s’était attiré les faveurs de la foule et avait gagné son approbation. Tous attendirent donc patiemment qu’il prenne la parole.
« Soyez tranquilles, je ne dirai que ce qui est juste », répondit Chu Feng avec un léger sourire. Puis il se tourna vers Wang Qiang. « Wang Qiang, j’aimerais vous poser une question. Votre coffret de jade serait-il plus précieux que le trésor de votre famille ? »
« B-bien sûr que non. C-c’est sans aucun doute le tr-trésor de ma fa-famille qui a le plus de va-valeur. C’est un tr-trésor inestimable », répondit Wang Qiang.
« Dans ce cas, puisque vous êtes prêt à miser le trésor de votre famille, pourquoi ne voudriez-vous pas miser ce coffret de jade ? » demanda Chu Feng avec un sourire malicieux.