Chapitre 1 334
Bien que ce gros lard fût très corpulent, il n’était pas lent. En un instant, il arriva devant Chu Feng.
À mesure qu’il s’approchait, Chu Feng distinguait son attaque avec toujours plus de netteté. Lorsque son énorme poing fondit sur lui, l’espace autour se mit à trembler sans répit et de nombreux remous semblables à des tourbillons se formèrent dans l’air.
La puissance de ce coup était loin d’être négligeable. Si Chu Feng le recevait sans se protéger, il serait peut-être épargné, mais il finirait tout de même estropié.
Mais Chu Feng ne se trouvait pas sans défense. Bien au contraire, il était parfaitement sur ses gardes.
« Fff. »
Soudain, un éclair de lumière passa. Chu Feng avait attaqué.
La main droite serrée en poing, il frappa. Son poing faisait moins d’un cinquième de la taille de celui du gros lard, mais sa puissance était plus de cent fois supérieure.
« Ce type cherche à se faire tuer ? »
En voyant Chu Feng ne pas esquiver le poing qui arrivait et choisir plutôt de l’affronter de plein fouet, tous les spectateurs, y compris ceux du Village antique des Sceaux, furent stupéfaits. Ils pensèrent tous que Chu Feng cherchait à y laisser sa vie.
Sous les regards ébahis de la foule, le poing de Chu Feng finit par percuter celui du gros lard.
Seulement, l’issue de leur affrontement fut tout autre que ce que tous avaient imaginé.
« Pouf ! » Une explosion sourde retentit et le sang jaillit dans les airs. La violence du choc éclaboussa le visage du gros lard de sang écarlate.
Les deux hommes cessèrent alors leurs attaques. Le gros lard resta planté là, comme s’il n’avait pas encore compris ce qui venait de se passer.
Mais les spectateurs qui avaient tout vu étaient sous le choc, le visage figé par la stupeur.
Le poing du gros lard avait été pulvérisé. Il était atrocement mutilé, complètement broyé par Chu Feng.
« Aaaah ! »
Le gros lard eut beau mettre du temps à réagir à la douleur, lorsqu’il aperçut son poing couvert de sang, il se mit soudain à hurler comme un damné.
Les doigts étaient reliés au cœur. Avec le poing en miettes, il lui était impossible de ne pas souffrir.
« Je vais te tuer ! » Fou de rage, le gros lard attaqua de nouveau Chu Feng. Il leva son autre bras et balança son énorme main vers la joue de son adversaire.
Son coup de paume souleva une violente bourrasque et scintilla même de lumière. On aurait dit qu’une montagne allait s’écraser sur le visage de Chu Feng. Ce n’était pas une simple attaque physique : c’était une puissante technique martiale.
Pourtant… même face à une telle attaque, Chu Feng ne tenta pas d’esquiver. Il balança simplement l’autre main et, comme une pince, la referma brutalement sur le poignet du gros lard, arrêtant sans effort son assaut.
« Tu ne tiens pas non plus à garder cette main ? » demanda Chu Feng avec un sourire, après avoir saisi l’autre bras du gros lard.
« Va te faire foutre ! » Le gros lard ouvrit grand la bouche et cracha un glaviot au visage de Chu Feng.
Chu Feng se déporta légèrement et esquiva sans peine. Puis il fronça les sourcils, tandis que son aura glaciale s’intensifiait. « On dirait vraiment que tu ne tiens pas à garder cette main. »
Sur ces mots, Chu Feng serra la main et une vague de puissance martiale en jaillit.
« Crac, crac ! » De nombreux os se brisèrent dans le bras du gros lard. Son visage se déforma atrocement et il se mit à hurler comme si on lui arrachait le cœur et les poumons.
Chu Feng ne se contentait pas de détruire les veines et les tendons du gros lard avec sa puissance martiale : il déchirait aussi ses muscles et brisait ses os. Si le bras semblait relativement intact en surface, sa structure interne avait été entièrement réduite en morceaux par Chu Feng.
À présent, le gros lard avait compris l’immense écart de force qui le séparait de Chu Feng. Les deux bras estropiés, il hurlait sans arrêt et n’osait plus avancer. Il recula plutôt à plusieurs reprises, sans plus oser attaquer Chu Feng.
« Qui es-tu, au juste ? » demanda alors l’homme négligé et décharné, un Roi martial de rang sept.
Il n’attaqua pas non plus Chu Feng. Cet homme semblait plutôt intelligent : il avait compris que Chu Feng était un personnage puissant et hors du commun. Il voulait donc savoir quelles étaient ses origines.
En fait, à cet instant, tout le monde, y compris les gens du Village antique des Sceaux, avait les yeux rivés sur Chu Feng. Tous voulaient savoir qui il était et d’où il venait.
Après tout, chacun pouvait désormais voir que Chu Feng possédait une force de combat défiant les cieux et que sa véritable puissance ne se mesurait pas à sa seule cultivation.
À un si jeune âge, une telle aptitude révélait probablement un personnage hors du commun, issu d’une famille prestigieuse et soutenu par de puissants protecteurs.
« Qui je suis ? En quoi ça te regarde ? » ricana Chu Feng.
« Alors, sais-tu qui nous sommes ? » demanda l’homme négligé.
« Ça ne m’intéresse pas. » Chu Feng se retourna et se dirigea vers la maison de pierre. Il savait que l’homme décharné et négligé ne se battrait pas contre lui. Il n’avait donc aucune envie de perdre son temps avec lui.
« Même si ça ne t’intéresse pas, je vais te le dire. Mon grand frère est le petit suzerain que tout le monde connaît dans la Terre sacrée du Martialisme. »
« Nous avons occupé cette maison de pierre pour lui. Si tu as un peu de jugeote, tu vas t’en éloigner tout de suite et venir nous présenter tes excuses, à mes frères et à moi. Alors, peut-être que mon grand frère te pardonnera. »
« Sinon, quand il arrivera, même si je plaide en ta faveur, son tempérament ne lui permettra certainement pas de te laisser t’en tirer. »
« Je suis sûr que tu sais que le Village antique des Sceaux autorise les gens à se battre sur son territoire. Même si on te bat à mort, ils ne s’en mêleront pas. » L’homme négligé se mit à menacer Chu Feng.
« Le petit suzerain ? C’est qui, celui-là ? Comment se fait-il que je n’aie jamais entendu parler de lui ? »
À ces mots, avant même que Chu Feng ait pu répondre, de nombreux spectateurs se mirent à s’interroger entre eux. De toute évidence, comme Chu Feng, ils ignoraient qui était ce petit suzerain.
« Mon grand frère n’a fait ses débuts que récemment. Mais son nom ne tardera pas à se répandre dans toute la Terre sacrée du Martialisme. » Voyant que la foule doutait de lui, l’homme négligé s’expliqua.
« Tout à l’heure, tu as dit que ton grand frère était connu de tous dans la Terre sacrée du Martialisme. Comment se fait-il que tu prétendes maintenant qu’il vient tout juste de faire ses débuts ? » lança sur un ton moqueur un vieil homme, un Roi martial de rang cinq qui occupait une chaumière. [1. Dans le texte original, il était en fait indiqué que le vieil homme était un Roi martial de rang sept et qu’il occupait une maison en bois. Je pense que Bee s’est trompé, puisqu’il avait écrit qu’il n’y avait que deux maisons en bois et que cet ivrogne était un Roi martial de rang sept. Si le vieil homme avait été un Roi martial de rang sept, il n’aurait pas laissé un Roi martial de rang six prendre l’autre maison en bois, non ? J’ai donc modifié son rang de cultivation en rang cinq et sa maison en chaumière.]
« Vieille ordure, qu’est-ce que tu y connais ? Je parle de l’avenir. Je dis que mon grand frère deviendra quelqu’un que tout le monde connaît dans la Terre sacrée du Martialisme. Pourquoi est-ce que tu comprends si mal ? » ricana l’homme négligé. Son attitude était détestable.
« Tss. » Voyant qu’il refusait d’entendre raison, le vieil homme retroussa les lèvres et ne prit pas la peine de lui répondre davantage.
Quant aux autres, ils craignaient en réalité beaucoup l’homme négligé. Ses paroles les avaient d’abord indignés et fait rire, mais en songeant qu’il n’était pas faible, ils se dirent que son grand frère devait l’être encore moins. Aussi, personne n’osa rien dire ; ils se contentèrent de le tourner en ridicule en silence.
Constatant que personne d’autre ne le contredisait, l’homme négligé se frotta le nez d’un air satisfait. Puis il rajusta ses vêtements et reporta son regard sur Chu Feng.
Mais à la vue de Chu Feng, son air satisfait vira aussitôt à la consternation.
Chu Feng ne s’était pas laissé intimider par ses paroles. Il était même entré dans la maison de pierre et s’était allongé sur le lit, les mains derrière la tête en guise d’oreiller et une jambe croisée sur l’autre. Il avait l’air parfaitement détendu.
« Putain, tu n’as pas compris ce que je viens de dire ? Je t’ai dit de dégager de cette maison de pierre. Alors pourquoi tu y es quand même entré ? Tu n’as vraiment pas peur de mourir, ou tu ne crois pas que mon grand frère va te tuer ? »
« Je te préviens : avec le tempérament violent de mon grand frère, s’il veut te tuer, personne ne pourra te sauver ! » menaça furieusement l’homme négligé.
« Ah, dans ce cas, demande à ton grand frère au tempérament violent de venir essayer de me tuer », répondit Chu Feng, d’un ton incrédule.