Chapitre 1 326
Au début, Chu Feng se demanda avec curiosité ce qu’Ancien Hong Qiang voulait lui montrer.
Cependant, dès qu’ils empruntèrent ce chemin familier, Chu Feng devina ce qu’Ancien Hong Qiang avait en tête.
Il comptait lui montrer l’anomalie naturelle qui se trouvait au fond de la Forêt de Bambous délaissée.
Comme prévu, Hong Qiang conduisit Chu Feng jusqu’à l’entrée où l’anomalie naturelle était confinée.
Non seulement il semblait connaître le chemin par cœur, mais sa technique pour lever la formation qui bloquait l’entrée était encore plus poussée que celle de Chu Feng ; il s’y prit avec une efficacité et une habileté remarquables.
La puissance de Hong Qiang était insondable, et c’était aussi un spiritualiste du monde en Manteau royal extrêmement puissant.
La puissance d’un spiritualiste du monde se mesurait à son pouvoir spirituel.
Quant au pouvoir spirituel, son apparence permettait de déterminer le niveau de celui qui le possédait.
Blanc, gris, bleu, violet et or : les cinq couleurs des pouvoirs spirituels des Esprits du Monde se distinguaient très facilement les unes des autres.
Cependant, une fois le niveau royal atteint, la manière de distinguer le pouvoir spirituel différait de celle des cinq niveaux précédents.
Le pouvoir spirituel de niveau royal était toujours doré. Mais sa teinte était bien différente de celle du pouvoir spirituel ordinairement doré.
Non seulement il était d’un or plus éclatant et plus oppressant que le pouvoir spirituel doré ordinaire, mais il avait aussi un effet visuel particulier. Au premier regard, n’importe qui pouvait voir qu’il le surpassait largement et sentir la peur naître au plus profond de son cœur.
Mais la différence la plus importante était que le pouvoir spirituel de niveau royal ne se distinguait plus par sa seule couleur : sa nature aussi avait changé.
Il contenait des marques veineuses particulières, semblables à des symboles et à des runes.
Ces marques veineuses se répartissaient en trois catégories : la Marque d’insecte, la Marque de serpent et la Marque de dragon.
Les différentes marques indiquaient la puissance du pouvoir spirituel de niveau royal.
Autrement dit, celui-ci se divisait en trois rangs. La Marque d’insecte était la plus faible, la Marque de serpent occupait le rang intermédiaire et la Marque de dragon était la plus puissante.
Les spiritualistes du monde en Manteau royal étaient donc répartis en trois rangs selon la puissance de leur pouvoir spirituel royal.
Il y avait les spiritualistes du monde en Manteau royal à marque d’insecte, ceux à marque de serpent et, au sommet, ceux à marque de dragon.
Chu Feng avait déjà rencontré plusieurs spiritualistes du monde en Manteau royal.
Pourtant, qu’il s’agisse de l’Ancien Hong Mo, chef du Département de concoction des remèdes de la Montagne de Cyanwood, de Sima Huolie, le grand-père de Sima Ying, de la mère de Bai Ruochen ou du Singe blanc, Demi-empereur martial, expert suprême de la Montagne de Cyanwood, tous émettaient un pouvoir spirituel royal à marque d’insecte lorsqu’ils utilisaient leurs techniques spirituelles.
Or, quand Hong Qiang avait créé ses formations spirituelles sous ses yeux, son pouvoir spirituel royal ne contenait pas de marques d’insecte, mais des marques de serpent.
Autrement dit, les techniques spirituelles de Hong Qiang surpassaient celles de l’Ancien Hong Mo, de Sima Huolie, de la mère de Bai Ruochen et du Singe blanc, Demi-empereur martial.
Avec une telle maîtrise, il n’était pas étonnant que Chu Feng n’ait rien pu faire contre la Porte du Monde spirituel qu’il avait installée. Comparée à celle de Hong Qiang, la maîtrise des techniques spirituelles de Chu Feng appartenait à un tout autre niveau. Après tout, Hong Qiang était un spiritualiste du monde en Manteau royal à marque de serpent.
On disait qu’un véritable spiritualiste du monde en Manteau royal se tenait au sommet de la Terre sainte du Martialisme. Et ceux qui méritaient véritablement ce titre étaient les spiritualistes du monde en Manteau royal à marque de dragon.
Cela ne signifiait toutefois pas que les spiritualistes du monde en Manteau royal à marque de serpent étaient faibles. Dans la Terre sainte du Martialisme, ils passaient au moins pour de véritables experts.
Hong Qiang était un vrai expert, capable de se faire une place dans la Terre sainte du Martialisme. C’était l’homme le plus puissant que Chu Feng eût rencontré depuis son arrivée dans cette région.
Chu Feng ne put s’empêcher d’éprouver encore plus de respect pour lui.
Il ne posa donc aucune question et continua de suivre Hong Qiang, impatient de découvrir à quoi ressemblait cette anomalie naturelle.
Une fois entrés dans la grotte, ils avancèrent encore et ne s’arrêtèrent que lorsqu’ils atteignirent la Porte du Monde spirituel qui avait barré le passage à Chu Feng la dernière fois.
Comme prévu, Hong Qiang avait bien installé cette Porte du Monde spirituel. Il l’ouvrit presque sans effort.
Mais cette puissante porte n’était pas le seul obstacle. Après l’avoir franchie, ils en rencontrèrent bien d’autres.
En tout, il y avait vingt et une Portes du Monde spirituel. Chacune était plus difficile à ouvrir que la précédente.
De plus, entre ces vingt et une portes se trouvaient trente-huit pièges spirituels. Bien que tous fussent d’apparence différente, ils étaient extrêmement puissants. Chacun d’eux avait assez de force pour déchirer le corps de Chu Feng, lui broyer les os et disperser son âme.
Ces pièges aussi avaient été installés par Hong Qiang. Pour protéger cette anomalie naturelle, il s’était donné beaucoup de mal afin de les concevoir et de les mettre en place.
Après avoir ouvert la vingt et unième Porte du Monde spirituel, ils atteignirent enfin le fond de la grotte.
Devant Chu Feng s’étendait une immense caverne, qui aurait pu passer pour un monde à part entière.
En son centre se dressait un objet monstrueux : une fleur de lotus gigantesque.
Elle était d’une magnificence extraordinaire. Haute d’une centaine de mètres et large de près d’un millier, elle n’avait rien d’une fleur ordinaire : son corps était constitué d’un métal particulier.
Et ce métal n’avait rien d’ordinaire non plus, car des flammes déchaînées l’enveloppaient.
Ces flammes n’étaient pas ordinaires non plus : elles semblaient capables de consumer toute forme de vie.
Mais ce qui stupéfia et terrifia le plus Chu Feng n’était pas son apparence. C’était son aura écrasante, capable de pénétrer jusqu’au cœur et à l’âme, et qui semblait pourtant receler le pouvoir de détruire le monde.
Cette fleur de lotus était d’une puissance extrême. Son aura était si redoutable que Chu Feng se mit à suer à grosses gouttes en la sentant de si près.
Heureusement, plusieurs couches de formations spirituelles la maintenaient scellée. Sans cela, sa seule aura aurait suffi à tuer Chu Feng.
Cette immense fleur de lotus était naturellement l’anomalie naturelle qui poussait ici depuis de nombreuses années.
« Qu’en dis-tu ? Es-tu content que je t’aie amené voir ça ? » demanda Hong Qiang avec un sourire.
« Ancien Hong Qiang, vous saviez donc déjà que j’étais venu ici », s’exclama Chu Feng, admiratif.
« Garçon, inutile de me flatter. Tu avais déjà deviné que c’était moi qui avais scellé cet endroit, non ? »
« Hé… » Chu Feng rit avec embarras. Il l’avait effectivement deviné. Sans quoi, il n’aurait pas provoqué tout ce remue-ménage pour forcer Hong Qiang à se montrer.
« Elle est impressionnante, pas vrai ? » demanda Hong Qiang.
« Oui, elle est vraiment impressionnante. Elle est encore plus puissante que je ne l’imaginais. Mais elle semble extrêmement dangereuse », répondit Chu Feng. Il disait ce qu’il pensait.
Il sentait à quel point cette anomalie naturelle en forme de lotus était terrifiante.
Si les formations spirituelles de Hong Qiang ne la réprimaient pas, elle aurait sans doute déjà tout massacré. Sinon, comment aurait-elle pu laisser Chu Feng et Hong Qiang se comporter aussi librement sur son territoire ?
« Bien sûr qu’elle est puissante. Cette chose s’appelle le Lotus métallique des flammes déchaînées. C’est une anomalie naturelle extrêmement féroce et cruelle. »
« Heureusement, le Lotus métallique des flammes déchaînées n’a pas encore atteint sa maturité. Sinon, même moi, je ne pourrais pas lui tenir tête. »
« En vérité, même aujourd’hui, je ne peux que le contenir temporairement. Et le plus terrifiant, c’est qu’il continue de grandir. S’il poursuit sa croissance, il finira tôt ou tard par arriver à maturité. »
« À ce moment-là, mes sceaux ne pourront plus le retenir. Et moi non plus, je ne pourrai plus l’arrêter. »
« Dès qu’il brisera les sceaux qui l’entourent, il ne me laissera certainement pas en vie, moi qui l’ai enfermé ici. »
« De plus, toute la Forêt de bambous des Feuilles tombées subira une catastrophe et pourrait être entièrement anéantie. »
Hong Qiang avait le visage grave en prononçant ces mots. Il ne plaisantait absolument pas.