Chapitre 1 317
« Frère cadet, dans ce cas, que veux-tu que nous fassions ? Si tu veux une compensation, nous pouvons t’en donner une. »
« C’est vrai. Frère cadet, quelle compensation veux-tu ? Dis-le-nous, et nous ferons tout notre possible pour te satisfaire. » Voyant que Chu Feng ne voulait pas les laisser partir, ils tentèrent de régler l’affaire en mettant leurs ressources financières à contribution.
« Hmph. » À ces mots, Chu Feng renifla avec mépris. Puis il saisit à sa taille son Sac cosmique. Une lueur jaillit, et des pièces dorées se déversèrent comme une cascade avant de s’écraser au sol.
Leur éclat était si vif qu’il éblouissait. En même temps, une aura particulière envahit les lieux.
En découvrant de quoi il s’agissait, tous ceux qui étaient présents restèrent stupéfaits. L’instant d’après, ils aspirèrent une grande bouffée d’air froid.
Ce qui jonchait le sol, c’étaient des Perles martiales. Et elles étaient si nombreuses qu’il y en avait au moins plusieurs centaines de milliers. Elles recouvraient le sol et montaient jusqu’aux chevilles des personnes présentes.
« Si l’un de vous peut offrir une compensation supérieure à cela, je le laisserai partir sain et sauf », déclara Chu Feng.
« Ça… » Le teint des disciples devint livide. Ils avaient tous renoncé à l’idée d’acheter leur liberté.
Même s’ils avaient quelques économies, ils n’avaient jamais vu autant de Perles martiales. À cet instant, ils étaient véritablement abasourdis. On pouvait même dire que Chu Feng les avait terrifiés.
Ces Perles martiales étaient ce qui restait de celles que le Singe blanc, Demi-empereur martial, avait données à Chu Feng. Celui-ci en avait consommé la majeure partie lors de sa percée. Pourtant, même après celle-ci, il lui en restait encore beaucoup.
Chu Feng savait que les Perles martiales restantes ne lui permettraient pas de faire une nouvelle percée. Il ne les avait donc pas raffinées.
Il les avait plutôt gardées pour le cas où il en aurait besoin plus tard. Après tout, dans le monde des cultivateurs, les ressources de cultivation servaient de monnaie ; il était donc indispensable d’en garder sur soi.
Comme ils ne répondaient pas, Chu Feng reprit : « Si vous ne pouvez pas fournir une compensation de cette valeur, alors vous feriez mieux de rester ici, de vous tenir tranquilles et de régler votre dette. »
« Régler notre dette ? Frère cadet, comment veux-tu qu’on s’en acquitte ? » demandèrent les disciples d’une seule voix.
Dans leur situation, non seulement ils craignaient énormément Chu Feng, mais ils éprouvaient aussi pour lui un profond respect.
Il possédait une force redoutable et était capable de sortir une telle quantité de Perles martiales. À leurs yeux, ses origines ne pouvaient être ordinaires. Il devait sans doute être un démon de premier plan, issu d’une puissance colossale — quelqu’un qu’ils n’avaient pas les moyens d’offenser.
« Nettoyez toutes les excréments qui traînent dans la Forêt de Bambous délaissée. Ah, et ramassez-les avec les mains », ordonna Chu Feng.
« Quoi ? Ramasser des excréments ? Avec les mains ? » En entendant Chu Feng, les disciples virèrent au vert. Tous étaient fiers et présomptueux. Les obliger à ramasser des excréments était déjà humiliant ; mais devoir les prendre à mains nues, c’était presque insupportable.
« Vous ne voulez pas ? Dans ce cas, ramassez-les avec la bouche », répliqua Chu Feng.
« Non, non, non ! On les ramassera avec les mains, avec les mains ! »
À ces mots, les disciples hochèrent aussitôt la tête. Ils préféraient encore utiliser leurs mains plutôt que leur bouche. S’ils les ramassaient à mains nues, même si l’histoire venait à s’ébruiter, on dirait seulement d’eux qu’ils avaient ramassé des excréments avec les mains.
En revanche, s’ils les ramassaient avec la bouche, on ne dirait pas seulement qu’ils avaient ramassé des excréments : on dirait qu’ils en avaient mangé.
Entre ces deux possibilités, le choix était évident. Sans la moindre hésitation, ils décidèrent donc tous de les ramasser avec les mains.
Ensuite, Chu Feng soigna les blessures des deux disciples de la Forêt de Bambous dorés qu’il avait estropiés. Il fit cela pour qu’ils puissent ramasser les excréments avec les autres.
De plus, il leur imposa une condition particulière : tandis que les autres pourraient se servir de leurs mains, eux devraient utiliser leur bouche.
En entendant cette exigence, les deux disciples de la Forêt de Bambous dorés ne surent s’ils devaient rire ou pleurer. Ils avaient échappé aux souffrances physiques, mais allaient devoir subir une humiliation qui atteindrait leur dignité.
Pourtant, confrontés à ces deux possibilités, ils choisirent la seconde. Surtout après avoir vu Chu Feng soigner leurs blessures en un instant : ils comprirent encore mieux à quel point il était puissant et n’osèrent tout simplement pas lui désobéir.
Ensuite, Chu Feng posa sur chacun d’eux un verrou de Formation spirituelle, une sorte de lien contraignant.
Ce lien les empêchait de quitter la Forêt de Bambous délaissée. S’ils tentaient de partir, ils seraient torturés et risqueraient même de mourir. Ils ne seraient en sécurité qu’en restant dans la forêt.
Aussi, dès qu’ils sortirent de cette salle délabrée, ils se mirent à chercher des excréments à ramasser dans toute la Forêt de Bambous délaissée. Chu Feng ne prit pas la peine de les surveiller. Il récupéra plutôt les Perles martiales qu’il avait répandues sur le sol.
Il en laissa toutefois vingt mille de côté. Puis il sortit deux Sacs cosmiques, répartit les Perles martiales en deux lots de dix mille et en plaça un dans chacun des sacs.
« Tu ne pourras plus rester dans la Forêt de bambous des Feuilles tombées. Dans quelque temps, pars avec moi. »
« Considérez ces Perles martiales comme vos frais de voyage. Prenez-les. » Chu Feng tendit un Sac cosmique à Li Xiang et l’autre à Ming.
« Frère aîné Chu Feng, c’est vraiment beaucoup trop. Je ne peux pas accepter. »
« C’est vrai. Frère cadet Chu Feng, elles ont trop de valeur. Je ne peux pas les accepter. »
Li Xiang et Ming refusèrent à l’unisson. Pourtant, malgré leurs protestations, leurs regards pleins d’envie ne quittèrent pas une seule fois les deux Sacs cosmiques.
En réalité, ils désiraient vivement les accepter. Pour eux, dix mille Perles martiales représentaient une richesse inimaginable, qu’ils n’auraient peut-être jamais la chance d’obtenir de toute leur vie.
« Acceptez-les. Ces Perles martiales ne comptent pas beaucoup pour moi. Ce qui compte davantage, c’est la fraternité qui nous unit. » Chu Feng leur fourra de force les Sacs cosmiques dans les mains.
« Très bien. Nous partirons d’ici avec toi. »
Devant son insistance, Li Xiang et Ming cessèrent de refuser. Ils acceptèrent les Sacs cosmiques et acquiescèrent à sa proposition. Tous deux savaient qu’ils ne pouvaient plus rester dans la Forêt de bambous des Feuilles tombées. Sinon, après le départ de Chu Feng, une vie misérable les attendrait.
À cet instant, les autres disciples de la Forêt de Bambous délaissée étaient rongés par l’envie. Ils regrettaient tellement leurs actes qu’ils avaient envie de se fracasser le crâne contre un mur.
Ils regrettaient de ne pas avoir noué de bonnes relations avec Chu Feng, comme Li Xiang et Ming, et de l’avoir insulté à la place.
S’ils s’étaient liés d’amitié avec Chu Feng, ils auraient peut-être eux aussi reçu une grande quantité de Perles martiales et seraient devenus riches en un instant, comme Ming et Li Xiang.
Hélas, il n’existait pas de remède contre les regrets. Ce qui était fait était fait. Non seulement ils ne s’étaient pas liés d’amitié avec Chu Feng, mais ils s’étaient même opposés à lui à plusieurs reprises.
Il était donc inévitable qu’ils laissent passer cette immense mine d’or qu’était Chu Feng. S’ils voulaient rejeter la faute sur quelqu’un, ils ne pouvaient s’en prendre qu’à eux-mêmes : ils avaient des yeux, mais étaient incapables de voir le mont Tai. [1. C’est une autre façon de dire qu’ils avaient des yeux, mais ne voyaient pas le mont Tai.]
Soudain, Chu Feng demanda : « Frère aîné Li Xiang, ce qu’ils ont dit est vrai, n’est-ce pas ? C’est ton petit frère qui te fait du mal ? »
« Hum. » Li Xiang hocha silencieusement la tête. Il avait beau essayer de le dissimuler, son visage trahissait son chagrin. Être trahi par le parent auquel il tenait le plus était vraiment difficile à accepter.
« Il est pire qu’une bête, et n’a aucune morale. » Chu Feng était furieux. Il ne connaissait Li Xiang que depuis quelques jours, mais celui-ci parlait souvent de son petit frère au cours de leurs conversations.
Chu Feng avait compris que Li Xiang faisait entièrement confiance à son petit frère et qu’il l’aimait profondément. Et pourtant, son frère le traitait de cette façon. Rien que d’y penser, Chu Feng enrageait.
Chu Feng avait vraiment envie d’aller trouver le petit frère de Li Xiang et de lui faire payer ses actes. Mais il s’agissait malgré tout du frère de sang de Li Xiang. Chu Feng se tourna donc vers lui et demanda : « Veux-tu que je t’aide ? »