Chapitre 1 310
En fait, à cet instant, Li Xiang et le frère aîné Shao, qui se tenaient à l’écart et observaient la scène, étaient eux aussi stupéfaits par ce qu’ils venaient de voir.
Jamais ils n’avaient vu quelqu’un maîtriser des techniques d’Esprit du Monde aussi puissantes, capables de rétablir en un instant un corps mutilé.
Même les Anciens spécialisés dans les techniques d’Esprit du Monde n’étaient pas capables d’accomplir un tel exploit. Cette découverte leur avait véritablement ouvert de nouveaux horizons.
« Haha… »
Quant à Chu Feng, il se contenta de rire devant la stupéfaction de Ming et des autres. Il n’y avait pas à dire : ses techniques d’Esprit du Monde étaient puissantes.
Cependant, il n’avait pas eu recours uniquement à ces techniques pour rétablir si vite le corps de Ming. En réalité, un autre procédé avait joué le rôle principal, en complément de la technique d’Esprit du Monde : sa Compétence secrète, la Technique de la Résurrection de l’Oiseau Vermillon.
La Technique de la Résurrection de l’Oiseau Vermillon de Chu Feng ne lui permettait pas seulement de guérir rapidement ses blessures et de rétablir son corps ; il pouvait aussi l’utiliser sur autrui.
Cependant, comme il ne voulait pas que les autres découvrent qu’il avait obtenu l’héritage de Qingxuantian, Chu Feng n’osait pas recourir aux quatre techniques secrètes à tout bout de champ.
La Technique de la Résurrection de l’Oiseau Vermillon faisait toutefois exception. Elle possédait un pouvoir de guérison miraculeux. Combinée aux techniques d’Esprit du Monde, elle passait inaperçue. Chu Feng osait donc l’utiliser.
« Ming, sais-tu qui est ton ennemi ? » demanda Chu Feng.
« Oui. Je n’oublierai jamais son visage », répondit Ming d’une voix jeune et fluette. Pourtant, son ton débordait de haine.
« Dis-moi qui c’est. Je t’aiderai à le tuer », proposa Chu Feng, pour sonder sa réaction.
« Inutile. C’est moi qui dois le tuer et venger ma famille de mes propres mains », refusa Ming.
« Haha, bien, très bien ! Voilà comment un homme doit se comporter ! » s’exclama Chu Feng en éclatant de rire, ravi. Le caractère de Ming lui plaisait beaucoup.
Si Ming avait vraiment demandé à Chu Feng de l’aider à tuer son ennemi, celui-ci aurait peut-être accepté par compassion.
Mais si Ming tenait à tuer lui-même son ennemi, Chu Feng ne le ferait pas à sa place. Il lui apporterait plutôt une autre forme d’aide et l’estimerait davantage pour son caractère.
« Très bien. Ming, prends ceci. Si les disciples de la Forêt de Bambous cuivrés ou de la Forêt de Bambous de fer osent encore venir te malmener, brise ce talisman de communication. Je viendrai te sauver et leur donner une leçon. » Chu Feng tendit un talisman de communication à Ming.
Il savait que, maintenant que le corps de Ming avait été rétabli, les individus dérangés qui l’avaient tourmenté s’en prendraient de nouveau à lui s’ils le croisaient.
Chu Feng ne voulait pas que Ming subisse encore ce genre de souffrances. Il décida donc d’assurer sa sécurité.
« Merci, frère Chu Feng. » Ming était très intelligent. Il comprit aussitôt les intentions de Chu Feng et prit avec précaution le talisman de communication. Au lieu de le ranger dans son Sac cosmique, il le glissa contre sa poitrine, sous ses vêtements.
Après cela, Chu Feng devint officiellement un disciple nominal de la Forêt de Bambous délaissée. Il passa la nuit dans le palais délabré avec les autres disciples de la Forêt de Bambous délaissée. Dès le lendemain matin, il partit à la recherche de la cachette de cette anomalie naturelle.
Les anomalies naturelles étaient des trésors accordés aux cultivateurs martiaux par les cieux. Bien qu’elles fussent dissimulées, les personnes avisées et bien informées pouvaient les découvrir.
Le plus extraordinaire, c’était qu’à leur naissance, les anomalies naturelles créaient un passage menant directement au lieu où elles avaient vu le jour. La présence d’un passage signifiait qu’il devait y avoir une entrée. Seulement, celle-ci était si bien dissimulée qu’il fallait posséder un certain niveau de compétence pour la trouver.
De même, si l’on ne parvenait pas à trouver l’entrée, mieux valait oublier l’anomalie naturelle. Chu Feng devait à présent découvrir celle qui était cachée quelque part dans la Forêt de Bambous délaissée.
Une fois lancé dans ses recherches, il y consacra trois jours entiers. Ces trois jours ne furent pas perdus : il fit de belles découvertes et se rapprocha de l’emplacement de l’entrée.
Durant ces trois jours, la Forêt de Bambous délaissée resta très paisible. Personne ne vint y semer le trouble, à la grande joie de ses disciples.
Tous pensaient que Chu Feng devait être vraiment puissant, que la nouvelle de son arrivée dans la Forêt de Bambous délaissée s’était répandue et que les disciples des Forêts de Bambous de fer et de Bambous cuivrés n’osaient plus s’y montrer.
Chu Feng, lui, n’accordait aucune importance à tout cela. Après tout, il n’avait jamais eu peur des disciples des Forêts de Bambous de fer et de Bambous cuivrés. La seule chose qui comptait pour lui, c’était l’anomalie naturelle.
Heureusement, les cieux lui furent favorables. Au petit matin du quatrième jour, Chu Feng découvrit enfin l’entrée de l’anomalie naturelle, plus vite qu’il ne l’avait prévu.
Cette entrée était extrêmement bien dissimulée. À première vue, elle n’était qu’un morceau de terrain ordinaire. Seule l’installation de nombreuses formations de déverrouillage à des emplacements précis permettait de lui révéler sa véritable apparence.
À présent, Chu Feng avait déverrouillé l’entrée et y était déjà entré.
C’était une grotte souterraine qui s’enfonçait tout droit dans les profondeurs de la terre.
Les parois étaient tapissées de choses bleu foncé qui ressemblaient à des plantes. Elles étaient acérées et couvertes d’épines. Semblables à des lianes, elles s’accrochaient aux murs de la grotte. Malgré leur éclat, elles étaient extrêmement dangereuses.
C’étaient des protections créées par la nature, dont l’unique raison d’être était de défendre l’anomalie naturelle. Elles auraient dû sceller la grotte et empêcher quiconque d’y pénétrer.
Pourtant, à cet instant, elles s’accrochaient aux parois sans barrer le passage. On aurait dit qu’elles avaient perdu leur pouvoir de combat.
« Quelqu’un est déjà venu ici », murmura Chu Feng en fronçant les sourcils.
« Tu en es certain ? » À ces mots, Eggy devint un peu nerveuse.
Une anomalie naturelle était cachée en ces lieux. Si quelqu’un était réellement venu, ce n’était pas une bonne nouvelle. Cela signifiait au moins qu’une autre personne savait déjà qu’une anomalie naturelle se trouvait ici.
« J’en suis certain. Même si elles ont retrouvé leur état d’origine, je vois encore sur ces protections des traces de coupures. Cela remonte à très longtemps, mais elles ont bel et bien été tranchées autrefois », répondit Chu Feng.
« Pourtant, l’aura de cet endroit est toujours très dense. L’anomalie naturelle devrait encore être là », fit remarquer Eggy.
« Dans ce cas, il n’y a qu’une explication : quelqu’un est bien venu ici, mais est reparti les mains vides », conclut Chu Feng.
« Ce pourrait être Hong Qiang ? » demanda Eggy.
« Je l’ignore. Mais cela fait vraiment très longtemps que ces protections ont été tranchées. Au moins deux mille ans, je dirais. Je ne pense pas qu’il s’agisse de l’Ancien Hong Qiang », répondit Chu Feng.
« Dans ce cas, peu importe. Va voir, mais reste prudent », dit Eggy.
« Hum. » Chu Feng hocha la tête, puis s’avança avec encore plus de prudence.
Le fait que quelqu’un fût déjà venu ici signifiait qu’il y avait encore plus de risques. Et le danger ne venait pas de l’anomalie naturelle, mais d’autres personnes.
Dans ces circonstances, Chu Feng avançait extrêmement lentement. À mesure qu’il s’enfonçait, le passage souterrain, d’abord vertical, déboucha sur un terrain plat. Pourtant, il ne rencontra aucun danger.
À ce moment-là, Chu Feng s’arrêta. Une vaste caverne s’ouvrait devant lui. Elle était immense et magnifique, comme un palais façonné par la nature.
Au centre de la caverne se trouvait un cercueil.
Il était fait de cristal, transparent et scintillant. Chu Feng pouvait donc voir une femme allongée à l’intérieur.
Belle, très belle, d’une grâce exquise, d’une beauté exceptionnelle.
Elle portait une longue robe rose, brodée de papillons si vivants qu’on aurait dit qu’ils allaient s’envoler et danser d’un instant à l’autre.
Ses mains, fines et blanches, reposaient l’une sur l’autre sur sa poitrine. Elle gisait ainsi, paisible. Elle ne ressemblait pas à un cadavre, mais plutôt à une fée.
Pourtant, elle était bel et bien morte. Elle ne respirait plus. De plus, à en juger par son apparence, elle était morte depuis plus de mille ans.