Chapitre 1 299
« Q-Qu’est-ce que tu comptes faire ? » Dai Shu était complètement paniqué. Le calme qu’il avait affiché plus tôt avait disparu, remplacé par une terreur sans bornes.
Ils se trouvaient au milieu de nulle part, à l’endroit idéal pour tuer quelqu’un. Sinon, il n’aurait pas choisi ce lieu pour tenter d’assassiner Chu Feng.
Pourtant, leur situation s’était complètement inversée. Lui qui aurait dû tuer Chu Feng était devenu sa proie.
Il avait peur, terriblement peur, une peur qui lui venait du fond du cœur. Même si cet endroit se trouvait encore, à proprement parler, sur le territoire de l’Alliance des Esprits du Monde, il savait parfaitement, en tant que membre de l’Alliance, que personne ne le gardait.
Si Chu Feng avait vraiment le cran de le tuer et de faire disparaître son corps, personne ne pourrait savoir où il était mort ni qui l’avait tué.
« Je ne compte pas faire grand-chose. Je veux simplement te faire comprendre le prix à payer quand on s’en prend à moi, répondit Chu Feng.
— Tu l’oserais ? Tu sais où tu es ? Tu sais qui je suis ?
— Si tu oses me faire quoi que ce soit ici, non seulement tu ne repartiras pas sain et sauf, mais tes proches en pâtiront aussi ! »
Voyant que la situation tournait très mal, Dai Shu menaça férocement Chu Feng. Il voulait l’effrayer en invoquant l’Alliance des Esprits du Monde, afin de l’empêcher d’agir à la légère.
« Ah oui ? Dans ce cas, j’aimerais bien voir si je ne peux vraiment pas repartir sain et sauf après t’avoir tué. »
À ces mots, des éclairs brillèrent dans les yeux de Chu Feng et son expression se glaça. Dans le même temps, une immense intention meurtrière envahit les environs. Tels des démons tapis dans les nuages noirs, les effluves meurtriers de Chu Feng encerclèrent complètement Dai Shu et lui coupèrent toute retraite.
« N-Non, ne me tue pas ! » En sentant l’intention meurtrière de Chu Feng, Dai Shu se mit à trembler de peur. Ses jambes fléchirent, et un filet de chaleur coula entre ses jambes, trempant son pantalon.
Une odeur nauséabonde se répandit aussitôt. Chu Feng fronça les sourcils, puis afficha un sourire méprisant. « Regarde-moi ça, quel incapable. »
En voyant l’état de Dai Shu, Chu Feng renonça à le tuer. Ce type avait beau avoir voulu l’assassiner, il n’était en réalité qu’un lâche fini.
Les gens comme lui, même si on les laissait partir, ne chercheraient pas à lui créer des ennuis par la suite. Ils n’en avaient tout simplement pas les moyens.
Ainsi, pour Chu Feng, tuer quelqu’un comme lui aurait été lui accorder une mort trop douce. Il jugea préférable de le laisser en vie, afin qu’il voie l’écart entre leurs forces se creuser, regrette la décision qu’il avait prise ce jour-là et vive à jamais dans la peur.
Cela dit, l’intention meurtrière de Dai Shu avait été particulièrement intense. Si Chu Feng n’avait pas été aussi puissant, Dai Shu ne l’aurait certainement pas laissé repartir sain et sauf. Il était probable que Chu Feng aurait perdu la vie de sa main ce jour-là.
Par conséquent, même s’il lui laissait la vie sauve, Chu Feng ne le laisserait pas partir sans lui infliger une punition.
Sur cette pensée, Chu Feng saisit Dai Shu par le col d’une main, serra l’autre en poing et l’abattit violemment sur son visage.
Quelques coups suffirent à lui couvrir le visage de sang et d’ecchymoses. Son nez fut écrasé au point de s’aplatir, toutes ses dents volèrent en éclats et l’un de ses yeux fut même crevé.
Pourtant, Chu Feng ne parvenait toujours pas à calmer sa colère. Son poing se changea en griffe ; il agrippa l’épaule de Dai Shu et lui tordit le bras jusqu’à le briser.
Ensuite, Chu Feng lui décocha un coup de pied dans la jambe droite et la lui fracassa sans pitié.
« Aaaah ! »
« Pitié, pitié, je t’en supplie ! Frère Chu Feng, tu es mon grand-père, mon ancêtre ! Je t’en supplie, pardonne-moi, ne me frappe plus ! »
En un instant, Dai Shu fut couvert de bleus et de plaies. Mais, hormis ses cris, il n’osa pas protester contre les coups de Chu Feng. Comme un petit-fils, il le supplia sans relâche de lui pardonner.
Chu Feng cessa soudain de le frapper et dit froidement : « Dégage. Ton grand-père Chu Feng est de bonne humeur aujourd’hui, alors je te laisse partir. »
« T-Tu me laisses vraiment partir ? » Dai Shu fut stupéfait d’apprendre que Chu Feng comptait le libérer. Il le regarda avec méfiance, incapable de croire que c’était vrai.
« Dégage, tout de suite », ordonna Chu Feng d’un signe de tête.
« Merci, frère Chu Feng ! Merci, frère Chu Feng ! » Dès que Chu Feng eut acquiescé, Dai Shu se traîna péniblement pour se relever. Puis, sans se soucier du reste, il s’élança dans les airs et fila vers l’Alliance des Esprits du Monde.
Dai Shu était extrêmement rapide. En un clin d’œil, il avait déjà parcouru plusieurs kilomètres. Quand il se retourna et ne vit pas Chu Feng derrière lui, il crut que celui-ci l’avait vraiment laissé partir.
« Chu Feng, tu vas voir ! Une fois de retour à l’Alliance des Esprits du Monde, je demanderai à mes frères aînés de m’aider. Je te ferai comprendre ce qu’il en coûte de frapper Dai Shu ! »
À cet instant, Dai Shu grinçait des dents de rage. Le lâche qu’il avait été quelques instants plus tôt n’avait plus rien à voir avec lui. Son visage était désormais empreint d’une expression sinistre.
« Bzzz. » Mais, à cet instant précis, une immense Formation spirituelle recouvrit le ciel et la terre. Elle se forma si vite qu’elle dépassa aussitôt Dai Shu et l’emprisonna en son sein.
Quand Dai Shu se retourna, son expression changea radicalement. Chu Feng se tenait derrière lui. Qui plus est, il se trouvait lui aussi à l’intérieur de la Formation spirituelle. De toute évidence, c’était Chu Feng qui l’avait créée.
En voyant la Formation spirituelle, Dai Shu se mit à suer à grosses gouttes. Il était terrorisé.
En tant que spiritualiste du Monde au Manteau doré, Dai Shu pouvait mesurer l’extraordinaire puissance de la Formation spirituelle qui se dressait devant lui. Il lui était impossible de la briser par la force martiale, et tout autant impossible de s’ouvrir un passage grâce à ses techniques d’Esprit du Monde. Il n’avait aucun moyen de s’échapper.
« Frère Chu Feng, t-tu… tu ne peux pas revenir sur ta parole ! » À cet instant, Dai Shu affichait une expression atroce. Il avait le cœur brisé.
Il ignorait si Chu Feng comptait vraiment le laisser partir ou non. Quoi qu’il en soit, il avait l’impression que Chu Feng se jouait de lui jusqu’à le faire mourir de peur.
« Moi, Chu Feng, je tiens toujours parole. Puisque j’ai dit que je te laisserais partir, je le ferai.
« Seulement, dans l’état où tu es, comment pourrais-tu expliquer ce qui t’est arrivé à tes aînés et aux Anciens de l’Alliance des Esprits du Monde en rentrant ? Soigne vite tes blessures. Tu pourras repartir une fois guéri », dit Chu Feng avec un sourire.
« Toi… » En entendant Chu Feng, Dai Shu faillit exploser de rage. L’intention de Chu Feng était limpide : il lui disait d’effacer toute trace des coups qu’il lui avait portés.
La situation ne lui laissait pas le choix : il dut reconnaître que Chu Feng était extrêmement rusé. Mais il ne pouvait rien y faire ; il ne lui restait qu’à obéir.
Dai Shu se mit donc sur-le-champ à prendre des médicaments pour se soigner. En même temps, il déploya une Formation spirituelle pour restaurer l’œil que Chu Feng lui avait crevé et guérir rapidement ses autres blessures, notamment son bras et sa jambe brisés.
Dai Shu employa pratiquement toutes les méthodes qu’il connaissait pour se remettre le plus vite possible.
Il n’osait pas traîner. Il avait peur que Chu Feng ne change soudain d’avis et décide de le tuer.
« Ha… »
En voyant Dai Shu, couvert de sang, qui ne pouvait plus se servir que d’un bras et d’une jambe, s’empresser de se soigner, Chu Feng laissa échapper un petit rire.
Il décida ensuite de s’asseoir en tailleur dans les airs et observa Dai Shu comme s’il assistait à un spectacle.
La Formation spirituelle que Chu Feng avait mise en place comportait deux couches. La première était une formation de scellement, la seconde une formation de dissimulation.
Chu Feng ne craignait donc pas que quelqu’un les découvre, ni que quiconque apprenne qu’il avait rossé Dai Shu. Il avait tout fait ainsi parce qu’il voulait contempler de ses propres yeux l’état dans lequel se trouvait Dai Shu.
« Merde, cette aura… » Soudain, le regard de Chu Feng changea radicalement. Il tourna précipitamment les yeux vers l’Alliance des Esprits du Monde.
À cet instant, une déferlante d’énergie extrêmement puissante arrivait de cette direction. Dans un fracas assourdissant, la formation de scellement et celle de dissimulation de Chu Feng furent toutes deux détruites.
Une fois les deux formations anéanties, un vieil homme apparut lentement au milieu des remous d’énergie chaotiques.
De toute évidence, c’était lui qui avait détruit les Formations spirituelles de Chu Feng.