Chapitre 1 298
« Frère Chu Feng, vous partez ? Mais la sœur cadette Sima ne vous a-t-elle pas demandé de l’attendre ici ? »
« Frère Chu Feng, vous devriez patienter un peu. Même si vous comptez partir, il vaudrait mieux prévenir vous-même la sœur cadette Sima. Sinon, il nous sera… très difficile de lui transmettre votre message. »
« C’est vrai. Vu la proximité que vous semblez avoir avec la sœur cadette Sima, vous devez connaître son tempérament. Mieux vaut le lui dire vous-même. »
En voyant que Chu Feng s’apprêtait à partir, les cinq hommes paniquèrent aussitôt. Ils redoutaient tous Sima Ying et craignaient qu’elle ne se mette en colère et ne leur en veuille après le départ de Chu Feng. Ils se mirent donc à le presser de rester.
À vrai dire, en voyant les mines embarrassées des cinq hommes, Chu Feng hésita. Il connaissait bien Sima Ying. Avec son tempérament, elle risquait fort de leur rendre la vie difficile. Dans ce cas, Chu Feng les aurait impliqués malgré lui.
« Qu’est-ce que vous faites, tous ? Depuis quand vous mêlez-vous des affaires des autres ? »
« Chacun a ses propres aspirations. Frère Chu Feng ne veut pas rester ici et refuse même de faire cette faveur à la sœur cadette Sima. Alors pourquoi vous mêlez-vous de ce qui ne vous regarde pas ? Pour qui vous prenez-vous ? »
À cet instant, Dai Shu prit soudain la parole d’un ton étrange. Non seulement sa voix était empreinte d’acidité, mais il insultait aussi Chu Feng à mots couverts. Son attitude avait radicalement changé : elle n’avait plus rien à voir avec son air affable de tout à l’heure.
En entendant Dai Shu, les cinq hommes se turent précipitamment. Ils craignaient Sima Ying, mais il était évident qu’ils redoutaient aussi Dai Shu.
Quant à Chu Feng, il se contenta de sourire à Dai Shu, sans rien ajouter. Il savait déjà à quel genre d’homme il avait affaire.
Si Dai Shu s’était montré si courtois envers Chu Feng tout à l’heure, c’était parce que Sima Ying était là. À présent qu’elle était partie, il avait complètement laissé tomber le masque. Son comportement actuel n’avait donc rien d’étonnant.
Chu Feng ne prit pas la peine de répondre. Il s’élança dans les airs et s’éloigna.
« Frère Chu Feng, puisque vous êtes venu, vous êtes notre invité. Permettez-moi donc de vous raccompagner. » À cet instant, Dai Shu plissa les yeux. Un sourire calculateur aux lèvres, il s’envola vers Chu Feng.
Chu Feng ne chercha pas à le repousser, mais ne prit pas non plus la peine de lui répondre. Il poursuivit simplement son vol en direction de l’ancienne Formation de téléportation.
Ainsi, les deux hommes s’envolèrent vers l’ancienne Formation de téléportation, l’un devant l’autre et à moins de cent mètres de distance.
Mais à peine avaient-ils quitté la chaîne de montagnes que les yeux de Dai Shu, qui suivait Chu Feng, s’illuminèrent d’une lueur sinistre. Il lança brusquement la paume en avant. En un instant, une puissance martiale déferlante se condensa en un énorme rocher qui s’abattit sur le dos de Chu Feng.
Son attaque fut extrêmement soudaine et rapide. À une telle distance, Chu Feng n’avait tout simplement pas le temps de l’esquiver.
Un sourire satisfait se dessina alors sur le visage de Dai Shu. Il était certain que Chu Feng allait mourir.
« Bang ! »
Pourtant, au moment où Dai Shu pensa que son attaque allait forcément atteindre Chu Feng, celui-ci se retourna brusquement et balaya l’air de sa manche. Aussitôt, la foudre se transforma en un rayon en croissant qui pulvérisa complètement l’attaque de Dai Shu.
Après avoir repoussé l’attaque de Dai Shu, Chu Feng ne manifesta aucune colère. Un sourire aux lèvres, il lança : « Tu as enfin montré le bout de ta queue, hein ? À t’entendre, tu ne devrais pas t’appeler Kangourou, mais plutôt Bon à rien. »
« Tu oses me traiter de bon à rien ? Tu ne demandes qu’à mourir ! »
Dai Shu, qui venait de se démasquer, rugit de colère. Puis il agita les bras et déchaîna une pluie d’attaques sur Chu Feng. Son intention était limpide : il voulait le tuer.
« Bang, bang, bang, bang, bang ! »
Les attaques fusaient sans relâche vers Chu Feng, tandis que de violentes vagues d’énergie explosaient à répétition.
Pourtant, quelle que fût l’attaque employée par Dai Shu, il ne parvenait pas à blesser Chu Feng le moins du monde.
Sa cultivation était certes assez bonne, et il avait intégré des techniques spirituelles à ses attaques, ce qui les rendait très singulières et même dignes d’éloges. Mais sa puissance de combat laissait à désirer. Tout au plus pouvait-il rivaliser avec des Rois martiaux du septième niveau.
Face à Chu Feng, une telle puissance ne représentait tout simplement rien.
« Bon sang, ce type arrive vraiment à parer mes attaques ? »
Voyant que ses attaques ne servaient à rien, Dai Shu, qui avait voulu tuer Chu Feng, commença à paniquer et à s’emporter.
Comprenant que la situation tournait mal, Dai Shu cessa de se retenir. Il forma des sceaux de la main, puis projeta brusquement ses paumes vers l’avant.
« Boum ! »
La puissance martiale déferla, la lumière rayonna de toutes parts. Un faisceau rouge ardent, chargé d’une puissance destructrice, traversa l’espace et fonça sur Chu Feng.
Ce n’était pas une attaque ordinaire, mais une Technique martiale taboue, une Technique martiale taboue mortelle.
Les Techniques martiales taboues mortelles étaient d’une férocité extrême. Même une personne ordinaire capable de contrer une telle technique se montrerait très prudente.
Pourtant, Chu Feng n’en fit rien. Face au faisceau rouge capable de traverser l’espace, il n’esquiva pas et ne dressa aucune défense.
Ce ne fut que lorsque le faisceau fut sur le point de l’atteindre que Chu Feng bomba le torse, ouvrit grand la bouche et inspira une grande bouffée d’air froid.
« Huuuuuu… »
En un instant, une violente bourrasque se leva et l’énergie naturelle alentour se mit à s’effondrer. Le faisceau rouge ardent lui-même se déforma sous l’effet du vent. Finalement, tout fut aspiré dans la bouche de Chu Feng.
Une fois le faisceau entré dans sa bouche, Chu Feng la referma. Alors, dans un « bang ! », le faisceau explosa bel et bien à l’intérieur.
Pourtant, malgré l’explosion de ce faisceau destructeur dans sa bouche, Chu Feng n’avait pas la moindre blessure. Seule une fumée noire s’élevait du coin de ses lèvres.
« Cette technique martiale n’est pas mal. Dommage qu’elle soit gâchée entre tes mains », lança Chu Feng avec mépris.
« Toi… » Le visage de Dai Shu était déjà livide. Ses yeux écarquillés débordaient d’effroi.
Il avait cru que Chu Feng n’était qu’un Roi martial de cinquième niveau et qu’il pourrait l’éliminer sans peine. Jamais il n’aurait imaginé que Chu Feng serait aussi terriblement puissant. Non seulement il avait paré toutes ses attaques, mais il avait même avalé sa Technique martiale taboue sans être blessé le moins du monde.
Ce que Chu Feng venait de montrer l’avait à la fois stupéfié et effrayé. Il n’était pas idiot ; désormais, il savait que Chu Feng était immensément puissant et qu’il ne faisait pas le poids contre lui.
Pourtant, malgré tout, il ne se démonta pas. Feignant le calme, il déclara : « Frère Chu Feng, vous êtes vraiment doué. Pas étonnant que vous soyez avec la sœur cadette Sima. »
« Mais je dois vous avertir : la sœur cadette Sima est exceptionnellement talentueuse. À l’Alliance des Esprits du Monde, d’innombrables personnes la convoitent. »
« Ces gens-là, que ce soit par leur force ou par leurs origines, vous surpassent de très loin. »
« Dans votre intérêt, je vous conseille de vous éloigner de la sœur cadette Sima et de ne plus aller la voir. Sinon, si ces gens l’apprennent, vous aurez de sérieux ennuis. »
Après ces paroles, Dai Shu agita sa manche, se retourna et s’apprêta à partir.
« Arrête. » Chu Feng l’interpella en le voyant s’éloigner.
« Je vous avertis par pure bonté, vous n’avez pas à me remercier. Vous feriez mieux de partir vite. »
Mais Dai Shu ne s’arrêta pas. Il poursuivit son chemin à toute allure. Chacun de ses pas soulevait le vent. En un instant, il avait parcouru plusieurs milliers de mètres. Sans même se retourner, il s’enfuyait à toute vitesse vers l’Alliance des Esprits du Monde.
Il tentait de s’échapper.
« Whoosh ! » Soudain, une lueur passa devant lui. Tel un démon, Chu Feng apparut sur son chemin et lui barra la route.
« Toi… » Voyant à quel point Chu Feng était rapide, Dai Shu fut de nouveau stupéfait. À présent, il savait avec certitude qu’il ne faisait pas le poids contre Chu Feng. Il afficha donc un air affable et demanda : « Frère Chu Feng, avez-vous encore besoin de quelque chose ? »
« Dai Shu, tes attaques de tout à l’heure étaient d’une grande violence. Tu voulais clairement me tuer. Et maintenant, tu fais comme si de rien n’était et tu essaies de partir ? »
« Tu me prends, moi, Chu Feng, pour un idiot ? Ou bien c’est toi, l’idiot ? » dit Chu Feng d’un ton indifférent, un sourire froid aux lèvres.