Chapitre 1 300
Lorsque les ondulations d’énergie se dissipèrent peu à peu, le vieil homme apparut devant Chu Feng.
C’était un vieil homme aux cheveux blancs comme les plumes d’une grue et au teint frais, presque juvénile.[1. http://g.hiphotos.baidu.com/baike/w%3D268%3Bg%3D0/sign=0d4b46d14336acaf59e091fa44e2ea2d/b219ebc4b74543a94482ff2416178a82b80114b8.jpg] Son visage était froid et il dégageait une aura extrêmement puissante. C’était un Demi-empereur martial. Pourtant, même Chu Feng ne parvenait pas à déterminer son niveau. Sa cultivation était véritablement insondable.
De plus, c’était un spiritualiste du monde, car il portait un Manteau royal. Mais ce n’était pas là le plus important. Ce qui comptait, c’était la plaque qui pendait à sa taille.
C’était une plaque de l’Alliance des Esprits du Monde. Mais elle différait totalement de celles que possédaient Sima Ying et Dai Shu. La sienne était identique à celle qu’avait portée Sima Huolie. Ce n’était pas la plaque d’un disciple ordinaire, mais celle d’un spiritualiste du monde chargé de l’administration.
« On dirait que la situation est vraiment mauvaise, cette fois. »
À cet instant, même Chu Feng se mit à froncer les sourcils, inquiet.
Après avoir roué de coups un disciple de l’Alliance des Esprits du Monde sur son propre territoire, il venait de tomber sur un spiritualiste du monde chargé de l’administration de l’Alliance. Quel que fût le point de vue, ce n’était pas une bonne nouvelle.
« Huuu~~~~ »
Soudain, le vieil homme agita sa manche. Aussitôt, un vent violent se leva de toutes parts et balaya le ciel. Les ondulations d’énergie qui le remplissaient furent emportées par la bourrasque.
« Que faites-vous tous les deux ? » demanda le vieil homme d’un ton glacial en regardant Chu Feng et Dai Shu.
« Ancien Miao, sauvez-moi ! Sauvez-moi ! » À la vue du vieil homme, Dai Shu interrompit son soin et se précipita vers lui. Il s’agenouilla à ses pieds et le supplia, le visage plein de détresse.
« Dai Shu, que t’est-il arrivé ? » lui demanda l’Ancien Miao.
« C’est lui. Il a tout fait ! »
« Il s’appelle Chu Feng. C’est une connaissance que la sœur cadette Sima s’est faite dans la Région de Cyanwood. C’est elle qui l’a amené ici. »
« Au départ, la sœur cadette Sima voulait que Chu Feng reste ici et l’attende. Mais il a insisté pour partir. Nous avons essayé de le convaincre de rester, sans succès. »
« Comme le dit le proverbe, nos visiteurs sont nos hôtes. Puisqu’il insistait pour partir, j’ai décidé de lui faire preuve de courtoisie et de le raccompagner. Mais jamais je n’aurais imaginé qu’en chemin, il libérerait soudain son intention meurtrière et voudrait me tuer à cause de mes bonnes relations avec la sœur cadette Sima. »
« Pris au dépourvu, j’ai été victime de son attaque sournoise. Ma puissance de combat s’en est trouvée fortement diminuée, et je n’ai plus été en mesure de lui tenir tête. »
« Heureusement, vous êtes arrivé juste à temps, Ancien Miao. Sinon, ce disciple aurait perdu la vie aux mains de Chu Feng », expliqua Dai Shu d’un air accablé.
À ces mots, Chu Feng resta sans voix. Dai Shu n’avait vraiment honte de rien. Déformer la vérité était déjà une chose, mais il rejetait en plus sur Chu Feng toutes les bassesses qu’il avait lui-même commises. Il était d’un sans-gêne incomparable.
« Dai Shu, ce que tu racontes est vrai ? » demanda l’Ancien Miao pour s’en assurer.
« Pas un seul mensonge, Ancien Miao. Je vous en prie, rendez justice à ce disciple. » Dai Shu s’agenouilla devant lui.
« Bien. Tu peux te relever. Les membres de notre Alliance des Esprits du Monde ne sont pas des gens que le premier venu peut malmener à sa guise », déclara l’Ancien Miao d’un ton froid en regardant Chu Feng.
« Merci, Ancien Miao. » Dai Shu se releva, puis adressa à Chu Feng un sourire glacial. Il voulait voir de ses propres yeux comment l’Ancien Miao allait le punir.
« Paf ! » Pourtant, l’Ancien Miao agita soudain la manche et une gifle sonore s’abattit sur le visage de Dai Shu.
La gifle était si puissante qu’elle le projeta dans les airs. Il ne parvint à retrouver son équilibre qu’après avoir tournoyé plus d’une dizaine de fois, manquant même de tomber à terre.
Le coup avait été d’une violence extrême. Un côté du visage de Dai Shu était déformé. L’énorme empreinte de paume ne marquait pas seulement sa joue : elle avait même atteint ses os.
« Ancien Miao, pourquoi… » Dai Shu était abasourdi. Il tenait son visage, d’où le sang coulait sans arrêt, et le dévisageait, stupéfait.
« Si tout ce que tu as raconté est vrai, alors Chu Feng mérite naturellement une punition. Mais si tes paroles contiennent des mensonges, c’est toi qui devras être puni », dit froidement l’Ancien Miao en le regardant.
« Ancien Miao, qu’est-ce que vous voulez dire ? Je ne comprends pas. Je ne vous ai vraiment jamais menti », se défendit Dai Shu, l’air injustement accusé.
« Humph, tu oses encore mentir ? » renifla froidement l’Ancien Miao. Il agita sa manche et l’espace à côté de lui se mit à trembler légèrement. Une formation dissimulatrice se trouvait là.
Mais elle était en train de disparaître. À mesure qu’elle s’effaçait, une belle jeune femme apparut. C’était Sima Ying.
« Sœur cadette Sima ? » À sa vue, Dai Shu fut extrêmement surpris et ses yeux se remplirent d’effroi. Quant à Chu Feng, il se détendit.
Puisque cette affaire impliquait Sima Ying, l’Ancien Miao n’était probablement pas venu pour lui. Il était plutôt venu s’occuper de Dai Shu.
De fait, dès qu’elle apparut, Sima Ying tendit les mains et se mit à gifler Dai Shu sans relâche. « Paf, paf, paf ! » Les coups résonnaient les uns après les autres.
Après l’avoir roué de gifles, elle se mit à lui donner des coups de poing et de pied. Dai Shu, qui avait récupéré une bonne partie de ses forces en se soignant, se retrouva de nouveau couvert de plaies et d’ecchymoses. Il était dans un état encore plus pitoyable que lorsque Chu Feng l’avait battu.
« Sœur cadette Sima, ne me frappe plus ! Arrête, je t’en prie ! » Acculé, Dai Shu n’eut d’autre choix que de la supplier de lui pardonner.
« Dai Shu, je te considérais comme un frère aîné, et tu te montres aussi ignoble ! L’Ancien Miao et moi avons vu ce que tu as fait à Chu Feng tout à l’heure. Et tu oses encore mentir ? Jusqu’où ira ton sans-gêne ? »
Pourtant, Sima Ying n’interrompit pas ses attaques. Elle continua d’injurier Dai Shu tout en le frappant. Plus elle frappait, plus ses coups devenaient violents. On aurait dit qu’elle voulait le battre à mort.
À ces mots, le visage de Dai Shu devint livide. Il n’osa même plus la supplier. Serrant les dents, il supporta ses coups en silence.
Jamais il n’aurait imaginé que ses méfaits avaient déjà été révélés. À cet instant, il comprit enfin pourquoi l’Ancien Miao et Sima Ying le battaient. Une fois la raison comprise, il n’eut rien à répondre. Il ne pouvait qu’accepter sa punition en silence.
« Ying’er, ça suffit. Tu peux arrêter », finit par dire l’Ancien Miao à Sima Ying.
Après qu’il eut parlé, Sima Ying frappa encore Dai Shu avec une férocité redoublée, puis finit par s’arrêter.
« Dai Shu, tu m’as profondément déçu. Par égard pour ton grand-père, je ne révélerai pas publiquement tes méfaits. Mais je l’informerai de ce que tu as fait afin qu’il te punisse. Retourne chez toi et cesse de déshonorer notre Alliance », déclara froidement l’Ancien Miao.
« Merci, Ancien Miao. Merci, sœur cadette Sima. » Cette fois, Dai Shu n’osa pas tergiverser. Il se retourna et s’envola aussitôt vers l’Alliance des Esprits du Monde.
Il avait échappé de peu au pire, mais Dai Shu ne parvenait pas à s’en réjouir. Il savait qu’après cette journée, son avenir était ruiné. Vu le statut de l’Ancien Miao, s’il voulait l’écraser, ce serait aussi facile que d’écraser une fourmi.
« Chu Feng, laisse-moi te présenter quelqu’un. Voici grand-père Miao. Dans l’Alliance des Esprits du Monde, après mon grand-père, c’est lui qui m’aime le plus. »
« Grand-père Miao, voici Chu Feng. Sans son aide à la Villa Sima, Ying’er n’aurait pas pu conserver la dépouille de son grand-père et aurait probablement perdu la vie là-bas », dit Sima Ying.
« Ying’er, tu as beaucoup souffert. »
« Mais rassure-toi, notre Alliance des Esprits du Monde vengera ton grand-père, sans faute. »
L’Ancien Miao s’approcha et caressa doucement les cheveux de Sima Ying, le cœur lourd. Son expression n’était plus aussi froide qu’auparavant, mais elle restait sinistre.
À cet instant, Chu Feng comprit enfin pourquoi l’Ancien Miao avait eu cet air-là. Il ne faisait pas semblant : il était réellement accablé. Ce n’était ni à cause de Chu Feng ni à cause de Dai Shu, mais de la mort de Sima Huolie.