Chapitre 1 148
Après être entré dans le Jardin médicinal céleste, Chu Feng découvrit qu’un grand nombre de personnes s’y étaient rassemblées pour cueillir des plantes. Pourtant, la plupart d’entre elles n’avaient pas fait une récolte bien abondante.
Cela s’expliquait en partie par le fait que les Herbes médicinales célestes étaient intelligentes et difficiles à cueillir. Mais la raison principale était que ces gens étaient trop faibles.
Quant à Chu Feng, il n’avait pas l’intention de récolter des Herbes médicinales célestes : il était venu ici uniquement pour trouver les trésors laissés par l’ancêtre de la Secte de l’Ascension.
Pourtant, en chemin, il croisa plusieurs dizaines d’Herbes médicinales célestes sans même les chercher. Bai Ruochen en trouva elle aussi plus d’une douzaine.
Bien qu’ils ne fussent pas venus ici pour cueillir des plantes médicinales, celles-ci pouvaient être échangées contre des points de mérite. Il en fallait certes dix pour obtenir un seul point, mais cela restait toujours un point de mérite. Aussi, chaque fois qu’ils croisaient une Herbe médicinale céleste, ils ne la laissaient pas leur échapper.
« C’est étrange. Nous sommes bien à l’endroit indiqué. Pourquoi n’y a-t-il aucun indice ? La carte serait-elle fausse ? »
Mais à cette chance dans leur récolte succéda la malchance. On ne pouvait pas faire de gains sans essuyer de pertes. Alors qu’ils avaient récolté des plantes sans même le vouloir, ils finirent par perdre quelque chose en chemin.
Chu Feng et Bai Ruochen avaient examiné leurs cartes avec attention avant d’arriver à l’endroit qui y était indiqué. Or, ce n’était qu’une vallée tout à fait ordinaire.
La vallée était envahie par les mauvaises herbes, qui avaient poussé jusqu’à dépasser les dix mètres de haut. Elles ressemblaient davantage à des arbres qu’à des herbes. À part elles, on ne voyait pas la moindre fleur, encore moins le moindre trésor.
Le spectacle était des plus décevants. Bai Ruochen, qui ne songeait qu’à trouver des trésors, en fut forcément très contrariée. Mais, alors qu’elle avait l’esprit ailleurs et les pensées en désordre, elle remarqua Chu Feng, assis tranquillement au sol, les paumes jointes et les yeux fermés. On aurait dit qu’il s’était endormi.
« Chu Feng, qu’est-ce que tu fais ? » demanda Bai Ruochen.
« Chut, ne fais pas de bruit… » Chu Feng ouvrit soudain les yeux et écarta les mains.
« Bzzz… » Entre ses paumes se trouvait une petite lueur semblable à une luciole. Elle s’envola des mains de Chu Feng.
Dès qu’elle fut libre, la petite lueur se mit à voler dans tous les sens. Elle allait très vite et semblait chercher quelque chose.
Cette lueur semblable à une luciole était véritablement miraculeuse ; on aurait dit qu’elle était vivante. Elle attira même l’attention de Bai Ruochen, qui se mit à l’observer attentivement.
Plus elle la regardait, plus son expression se faisait stupéfaite. Elle demanda à Chu Feng par transmission vocale : « Chu Feng, est-ce que ce serait le légendaire Insecte ailé spirituel ? »
« L’Insecte ailé spirituel ? Qu’est-ce que c’est ? » Au lieu de répondre à sa question étonnée, Chu Feng lui en posa une à son tour.
« Arrête de faire l’idiot. Cette chose que tu as réussi à condenser est pratiquement identique à l’Insecte ailé spirituel décrit dans les légendes. Et tu prétends ne pas savoir ce que c’est ? » rétorqua Bai Ruochen.
« Tu parles de ça ? Ce n’est qu’une méthode de détection que j’ai mise au point moi-même. Mais je ne sais vraiment pas ce qu’est cet Insecte ailé spirituel. »
« L’Insecte ailé spirituel est une technique que seuls les Esprits du Monde au Manteau royal maîtrisent. Elle leur permet de séparer leur énergie spirituelle de leur corps et de la façonner en une créature vivante. »
« Cette créature, formée à partir de leur énergie spirituelle, possède des instincts extraordinaires et peut trouver des objets que ses maîtres eux-mêmes ne parviennent pas à repérer. Cette méthode porte le nom d’Insecte ailé spirituel », expliqua Bai Ruochen.
« D’après ce que tu dis, l’Insecte ailé spirituel ressemble effectivement à la méthode que j’ai mise au point. Ça voudrait donc dire que je maîtrise déjà les méthodes et les techniques des Esprits du Monde au Manteau royal ? » répondit Chu Feng d’un air satisfait.
En effet, Chu Feng avait découvert seul l’Insecte ailé spirituel, sans l’aide de personne. Si les Esprits du Monde possédaient une sensibilité aussi développée, c’était grâce à leur énergie spirituelle.
Or, les Esprits du Monde n’utilisaient pas cette énergie avec une efficacité optimale. La preuve en était qu’ils devaient insuffler leur énergie spirituelle dans la Boussole des Esprits du Monde afin de percevoir leur environnement. En faisant appel à des forces extérieures, ils pouvaient en accroître l’efficacité.
Chu Feng y avait donc longuement réfléchi. Il s’était demandé s’il pouvait séparer son énergie spirituelle de son corps, puis lui donner la forme d’une conscience autonome, dotée de sa propre volonté tout en restant liée à ses pensées. Il pourrait peut-être ainsi accroître considérablement la sensibilité de son énergie spirituelle.
Il avait donc essayé son idée à de nombreuses reprises pendant son temps libre. Finalement, il était parvenu à créer la petite créature lumineuse qu’ils avaient sous les yeux : l’Insecte ailé spirituel dont parlait Bai Ruochen.
Chu Feng n’aurait jamais imaginé que cette méthode de détection qu’il avait conçue lui-même ne fût maîtrisée que par les Esprits du Monde au Manteau royal.
« Bzzz. » À cet instant, l’Insecte ailé spirituel se posa soudain au sol. Dès qu’il toucha terre, il disparut.
« Je me suis trompée. Même si tu as réussi à concevoir l’Insecte ailé spirituel, tu ne le maîtrises pas encore complètement. Le tien n’est qu’une technique inachevée. D’après la légende, les Insectes ailés spirituels des Esprits du Monde au Manteau royal vivent extrêmement longtemps. Le tien, lui, n’a presque pas vécu », dit Bai Ruochen.
« C’est vrai, sa durée de vie est plutôt courte. Mais l’essentiel, c’est qu’il remplisse son rôle. » Chu Feng sourit légèrement et se déplaça jusqu’à l’endroit où son Insecte ailé spirituel avait disparu.
Une fois sur place, Chu Feng se mit aussitôt à tracer une Formation spirituelle de rupture de sceau. Quand il eut fini de la former et l’activa, le sol sous ses pieds se mit à trembler légèrement.
Finalement, le sol se souleva. Une porte apparut devant eux.
« Incroyable ! Tu as vraiment trouvé l’endroit ? » Le visage de Bai Ruochen se figea à la vue de la porte qui venait de surgir du sol. Elle se précipita aussitôt auprès de Chu Feng et l’examina attentivement. Plus elle l’observait, plus son expression s’émerveillait.
« Alors, mon Insecte ailé spirituel est bien utile, non ? » lança Chu Feng avec satisfaction.
« Mais qui es-tu, au juste ? Avec un niveau de cultivation pareil, tu es déjà capable d’utiliser les techniques des Esprits du Monde au Manteau royal ? » Bai Ruochen le regarda, stupéfaite.
Bien que la porte se trouvât juste devant elle, elle n’avait pas réussi à la détecter avec son énergie spirituelle. C’était comme si elle n’avait jamais été là.
Autrement dit, si Chu Feng n’avait pas été là et n’avait pas utilisé son Insecte ailé spirituel, elle n’aurait jamais pu trouver cette porte.
Pourtant, l’Insecte ailé spirituel était une technique des Esprits du Monde au Manteau royal. Et quels personnages étaient-ils ? Ils se tenaient au sommet de la Terre sacrée du Martialisme. Parmi eux, qui n’était pas une figure légendaire ?
L’Insecte ailé spirituel créé par Chu Feng était certes encore imparfait, et il ne le maîtrisait pas complètement. Mais parvenir à en saisir l’essence à son âge et avec son niveau de cultivation était déjà proprement inconcevable.
Bai Ruochen avait déjà profondément revu son opinion sur les techniques d’Esprit du Monde maîtrisées par Chu Feng. Pourtant, elle devait reconnaître qu’elle avait encore sous-estimé son talent et ses compétences dans ce domaine.
« Qui je suis ? Mais je ne suis que ton frère aîné Chu Feng, non ? » Chu Feng rit malicieusement, puis se tourna vers la porte. « L’ancêtre de ta Secte de l’Ascension a vraiment compliqué la tâche de ses descendants. »
« Après toutes ces difficultés pour trouver cet endroit, on découvre que ce n’est qu’une entrée. Et ouvrir cette porte ne sera pas facile non plus. »
« C’est vrai. Moi non plus, je ne sais pas comment l’ouvrir. Tu as une idée ? » Même si Bai Ruochen estimait avoir de grandes compétences en matière de techniques d’Esprit du Monde, elle n’avait aucune solution face à cette porte. Elle ne pouvait donc que placer tous ses espoirs en Chu Feng.
« Il y a bien une méthode, mais elle est plutôt compliquée. » Chu Feng désigna la porte et poursuivit : « Regarde. Il y a plein de petits trous dessus. Ils ne sont pas là pour décorer. J’ai compté : il y en a cent mille en tout. Et chacun d’eux est un trou de serrure. »
« Tu veux dire qu’il y a cent mille trous de serrure ? » s’étonna Bai Ruochen. Elle avait déjà remarqué les petits trous sur la porte.
La porte n’était pas très grande : elle mesurait cinq mètres de haut sur deux mètres de large. En dehors des runes et des symboles, sa surface était couverte de trous serrés les uns contre les autres. Mais comme ils étaient disposés de façon irrégulière et formaient un motif très joli, elle avait cru qu’ils étaient purement décoratifs. Elle n’aurait jamais pensé qu’ils seraient indispensables pour ouvrir la porte.
« Je veux dire que, pour ouvrir cette porte, il nous faudrait cent mille clés », dit Chu Feng.