Chapitre 29
C'est à ce moment que Beiming intervint :« Un artiste martial qui n'a pas encore comprit la volonté des Arts Martiaux ne peut-être considérée que comme un débutant dans son art. C’est seulement lorsqu’il atteint le rang de Grand Maître qu’il peut forger sa propre volonté martiale. »
Ye Ming acquiesça légèrement, il savait que seuls les Grands Maîtres possèdent un véritable « esprit martial » personnel.
« Les trois autres anciens internes, bien que moins puissants, sont aussi des Maîtres de rang 3, avec un corps martial inné solide et une endurance hors norme. Ces Maîtres sont les piliers du Soleil Rouge, » précisa Chen Xing.
Alors qu’ils conversaient, Fu Biao, l’ancien à la face rouge, toussa doucement, instantanément le silence tomba parmi les disciples. D’un ton calme, il annonça : « Vous êtes désormais disciples externes du Soleil Rouge. Bientôt, vous passerez un test extrême. Il comporte deux épreuves : d’abord une course, où plus vous courez loin et vite, plus vous marquez de points. Ensuite, vous devrez comprendre une technique martiale. Moins vous mettrez de temps à l’assimiler, et plus profondément vous la maîtriserez, meilleures seront vos notes. »
« En outre, les dix meilleurs au total recevront un accès libres aux trois premiers étages de la Bibliothèque des Classiques pour consulter à volonté des arts martiaux et des techniques. »
À ces mots, les nouveaux s’animèrent. L’accès libre ? Quelle tentation ! Car même les disciples internes doivent échanger des points de contribution contre du temps dans la bibliothèque, avec une limite mensuelle stricte.
Voyant leur excitation, Fu Biao hocha la tête avec un sourire : « Faites de votre mieux et montrez-nous votre meilleur. »
Le test débuta rapidement. Tous les novices furent rassemblés au pied de la montagne, formant une longue file d’un millier de personnes. La plupart semblaient excités, galvanisés à l’idée de se distinguer.
À l’extérieur de la foule, quelques connaissances de Ye Ming étaient présentes. Huang Yuandou, Wu Hanyu, et même Zhou Ba observaient attentivement. Zhou Ba avait avec lui cinq nouveaux disciples, tous affichant une attitude servile.
« Retenez bien le visage de ce Ye Ming, » murmura Zhou Ba d’une voix sombre. « Peu importe comment, mais vous devez le faire ramper devant moi. Compris ? »
Les cinq novices échangèrent un regard, arborant un sourire confiant. Pour eux, Ye Ming n’était qu’un novice moyen. À cinq contre un, même quelqu'un de fort ne pourrait leur échapper. D’autant qu’eux-mêmes figuraient sûrement dans le top 10 des nouveaux, sinon Zhou Ba ne les aurait pas remarqués.
« Ne vous inquiétez pas, maître Zhou ! Ce type est foutu ! » déclarèrent-ils, le sourire aux lèvres.
Non loin de là, Wu Hanyu scrutait Zhou Ba et chuchota à Huang Yuandou : « J’ai entendu dire que Ye Ming avait été audacieux au point de défier Zhou Kuang, dixième de la liste externe. Ce Zhou Ba est le frère de Zhou Kuang, il sera sûrement un obstacle pour Ye Ming. »
Huang Yuandou ricana froidement : « Tant mieux, ça nous évitera des problèmes. J'ai sous-estimais Ye Ming. Franchement, la famille Ye est stupide. Un génie comme Ye Ming, s’il était né dans notre famille Huang, qu’il soit héritier ou non, on lui aurait donné tout le soutien possible. C’est la seule façon de garantir sa reconnaissance, et que l’ascension de l’individu bénéficie ensuite à la famille. »
Ces paroles piquèrent le cœur de Wu Hanyu qui ressentit un pincement et l’amertume d'une opportunité manquée. Mais rapidement, son regard se glaça ; certains, voyant ce qu’ils ne peuvent avoir, préfèrent détruire. Elle faisait partie de ces personnes.
« C’est parti ! Courez tout ce que vous pouvez ! Dépasser 100 li vaut 10 points, et chaque tranche additionnelle de 10 li rapporte 10 points de plus. » brusquement, Fu Biao donna le signal, et les novices se ruaient en courant, soulevant des nuages de poussière.
Ye Ming comptait parmi les rares novices à ne pas se précipiter. Il courait à un rythme posé, conscient que cette épreuve mesurait avant tout l’endurance. Se lancer à fond dès le départ risquait de l’épuiser trop tôt. Su Lan partageait son avis, courant non loin de lui. Rapidement, les plus rapides disparurent à l’horizon.
Ye Ming ralentit légèrement, attendant que Su Lan le rejoigne, et sourit : « Su Lan, comment était l’effet de la pilule d'esprit primordial ? »
Su Lan le regarda à peine, de manière détachée : « Bof, ça passe. »
« Je n'arrive toujours pas à croire que j'ai perdu la dernière fois. Que dis-tu de remettre ça ? » demanda Ye Ming avec un sourire.
« On peut, » répondit Su Lan. « Tu as encore des pilules d'esprit primordial ? » ses yeux brillèrent, elle se précipita pour demander.
« Bien sûr. Pareil qu’avant. Et si tu perds, tu m’embrasses. » Ye Ming cligna de l’œil.
Rougissante, Su Lan répliqua d’un souffle : « Tu as vraiment un sale caractère ! » Mais sa réponse fut un accord tacite.
Ils arrêtèrent de parler pour se concentrer sur la course.
Les yeux de Ye Ming glissaient parfois sur Su Lan. Il ne pouvait s’en empêcher. Elle était si belle que la simple vue apaisait son esprit, lui apportant une joie indescriptible.
Un peu plus loin derrière eux, un groupe de sept courait d’un pas tranquille. Le chef, un jeune homme au visage arrogant, aux lèvres fines et aux sourcils délicats, fixait intensément le dos de Su Lan, puis lança un regard haineux à Ye Ming : « Putain ! Quelle racaille ose jeter son dévolu sur Su Lan ! »
À ses ordres, un robuste adolescent grogna : « Maître, cet homme à osé viser la même femme que vous. Il doit en avoir marre de vivre. Laissez-moi lui régler son compte ! »
Ce jeune homme semblait très influent, puisqu’il était arrivé avec six gardes, transformations internes. Une telle démonstration de puissance, même la famille Ye de la ville de Landscape ne pouvait l’égaler. Il ricana :
« Parfait. Zhu San, Zhu Si, allez lui régler son compte. »
Deux grands adolescents accélérèrent vers Ye Ming avec une intention hostile. Entendant le bruit du vent derrière lui, Ye Ming esquiva doucement sur le côté. Mais les deux virèrent immédiatement pour foncer sur lui.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? » fronça Ye Ming. Il esquiva aisément, puis vit les deux silhouettes arriver droit vers lui, les visage méchants.
« Putain, tu oses courir devant nous ? Tu veux crever ? Dégage ou on te descend ! » menaça Zhu San.
Ye Ming éclata de rire, le ventre douloureux : « Vous cherchez les ennuis ? J’aimerais bien voir comment vous comptez me tuer ! » Je vous rappelle que j’ai osé défier Zhou Kuang, dixième de la liste externe. Alors des morveux comme vous ? Même pas peur. »
« Tu cherches la mort ! »
Les deux, Zhu San et Zhu Si, foncèrent violemment sur Ye Ming. Ils étaient tous deux des Disciples Martiaux de rang 3, leurs poings rapides comme le vent et pleins de puissance. Ye Ming, voyant leur agressivité, esquissa un sourire narquois et ne tenta pas d’esquiver, mais activa son poing Ondulant, levant la main pour contrer.
« Boum ! »
Zhu San fut projeté en arrière comme frappé par une montagne. Un bruit d’os cassés retentit : son bras éclata en morceaux, et il s’effondra en criant.
Zhu Si arriva immédiatement après, subissant le même sort : fracture comminutive de l’avant-bras, il recula en vomissant du sang. Tous deux avaient subi des blessures internes, incapables de continuer à courir. Une confrontation entre un rang 5 et eux, des rangs 3, ne faisait aucun doute : ils n’étaient pas du tout à la hauteur.
Sans perdre un instant, Ye Ming poursuivit sa course, rejoignant rapidement Su Lan.
Su Lan le regarda en biais et lui dit : « Fais attention, ceux que tu viens de blesser s’appellent Zhu San et Zhu Si, ce sont des hommes de Zhu Fuxian. »
« Zhu Fuxian ? C’est qui celui-là ? » demanda Ye Ming.
« Un riche notable d’une ville. À son entrée au Soleil Rouge, il était accompagné de six gardes. Depuis, il joue les harceleurs avec moi. Je commence à le connaître, » expliqua Su Lan.
Ye Ming ricana : « Pas étonnant, il n’aime pas que je sois proche de toi. »
À ce moment-là, Zhu Fuxian, qui suivait l’action de loin, vit ce qui se passait devant lui. Furieux, il arriva en courant vers Zhu San et Zhu Si, les insultant en les donnant des coups de pied : « Incapables, bande de bons à rien ! »
Zhu San et Zhu Si hurlèrent de douleur, leurs blessures les empêchant de continuer la course.
« Maître, ce type est fort, il faudra faire attention, » prévint un garde surpris.
« Quatre contre lui et on n'arrive même pas à le battre ? Venez, on y va ! » Zhu Fuxian s’exclama en agitant la main. Immédiatement, quatre hommes accélérèrent, se lançant à la poursuite de Ye Ming.
Ye Ming les vit de loin et souffla à Su Lan : « Accélérons. »
Su Lan, tout aussi dégoûtée par Zhu Fuxian, hocha aussitôt la tête. Leur allure s’intensifia, rapidement distançant les poursuivants épuisés, qui finissaient par disparaître de leur vue.
« Ça m’énerve ! » râla Zhu Fuxian, s’effondrant lourdement au sol, les dents serrées de rage.
Ye Ming n’avait aucunement peur. Il refusait de gaspiller son énergie maintenant, et réglerait ses comptes plus tard.
Ils continuèrent d’accélérer jusqu’à dépasser la majorité des novices avant de ralentir, courant à une allure régulière.
100 li, 150, 200 li. Après 200 li, moins d’un cinquième des novices tenaient encore, soit environ 200 personnes. Au-delà de 300 li, il n'en restait plus qu’une vingtaine. Ye Ming et Su Lan étaient toujours au milieu du peloton.
« Jusqu’où penses-tu pouvoir courir ? » Ye Ming demanda soudain à Su Lan.
« 100 à 200 li, » répondit-elle calmement. « Tu fatigues ? »
« Moi ? Jamais ! Je crains plutôt que ce soit toi. Courir seule serait moins drôle. »
Su Lan lui lança un regard sarcastique : « Frimeur !!! »
À 400 li, seuls 9 novices restaient en course, parmi lesquels les deux que Ye Ming avait rencontrés auparavant pendant l’entraînement de la posture du cheval : un jeune aux sourcils épais et aux yeux larges, et un autre aux sourcils longs et yeux fins. À leur rencontre, le grand aux yeux larges sourit et se présenta : « Je m’appelle Cui Jingang, enchanté. »
L’autre aux sourcils étroits jeta un coup d’œil rapide avant de simplement dire : « Zheng Yiping. »
Ye Ming et Su Lan se présentèrent à leur tour, mais le silence retomba vite. Tous étaient animés par la même volonté de dépasser les autres.
Tout à coup, les 5 premiers coureurs s’arrêtèrent net, se plaçant en travers du chemin devant Ye Ming. L’un d’eux, le visage pâle, déclara froidement : « Nous cherchons Ye Ming, les autres, dégagez ! »
Ye Ming resta impassible. Les difficultés, il en avait traversé chez les Ye. Face à ce blocage, il ne bronchait pas et dit calmement : « Su Lan, partez devant. »