Chapitre 25
Un autre homme d'âge moyen, à la peau claire et aux yeux étroits, fronça légèrement les sourcils et déclara : « Je pense qu'il s'agit plus d'une attaque d'une pièce martiale, probablement par un vaurien d'une famille puissante. C'est vraiment du gaspillage. Nous en avons seulement quelques une et personne ne voudrait en perdre de cette manière. »
Le troisième ajouta : « Pas besoin de vérifier, le tueur doit être l'un d'entre nous. 6 contre 1 et ils ont été battu. Laissons juste mourrir ces idiots. »
Après ces paroles, les trois disparurent dans des arcs-en-ciel lumineux, comme si rien ne s’était passé.
Ye Ming persévéra et atteignit enfin l’enceinte externe. Cette partie hébergeait les disciples externes pour leur vie et leur entraînement autonome. De longues rangées de maisons aux tuiles bleu-vert étaient alignées avec ordre, dégageant une atmosphère calme et simple. En périphérie, se dressait un petit bâtiment de trois étages portant l’inscription « Bureau d’enregistrement ».
Un disciple externe qui l’accompagnait sourit : « Voilà le bureau d’enregistrement. Présente ta plaquette de disciple externe, tu pourras y enregistrer ton identité, recevoir ta tenue, tes affaires de vie et numéro de chambre. »
Ye Ming acquiesça : « Merci beaucoup. »
Puis il pénétra d’un pas assuré dans le bureau.
L’intérieur était peu fréquenté. Une grande salle avec une seule table, derrière laquelle un homme d’âge moyen feuilletait un registre. Derrière lui, empilés par catégorie, vêtements, bassines, chaussures, et autres. Sur sa poitrine, quatre petits caractères brodés : « Ancien Externe ».
Avec respect, Ye Ming dit : « Bonjour Ancien, je viens m’enregistrer en tant que disciple externe. »
L’homme releva les yeux, interrogea machinalement : « Nom ? »
« Ye Ming. »
« Âge ? »
« 14 ans. »
« D’où viens-tu ? »
« De Liyang, bourg de Landscape. »
Il saisit son stylo et griffonna rapidement les informations, allant jusqu’à faire un croquis succinct de Ye Ming. Dix respirations à peine suffirent. Puis il lui lança une clé et désigna la pile d’objets :
« Tes affaires de vie sont là, prends une pièce de chaque, pas plus. »
Ye Ming acquiesça : « Merci Ancien. »
Chargeant ses effets, il quitta le bureau. La clé portait le numéro D39 : sa chambre. Il fallut un moment pour la trouver.
La chambre D39 se situait dans la sixième rangée d’est en ouest, trente-neuvième maison, avec seulement deux pièces pour un seul occupant. Un bâtiment ancien aux briques érodées, la porte garnie de salissures noires, le seuil à moitié absent. En ouvrant, une odeur de moisi l’accueillit, si forte qu’il faillit vomir.
« Cette chambre servait-elle d’étable ? Quelle puanteur ! » Il fronça les sourcils, peu enchanté d’y séjourner. Mais c’était son logement, où aller d’autre ?
Soupirant, il déposa ses affaires puis saisit un balai branlant pour nettoyer. Sous son lit en bois, des déchets encombraient le sol, des crottes de souris jonchaient les coins, et divers détritus étaient dispersés, dans un désordre complet.
Une quinzaine de minutes plus tard, l’endroit était sommairement propre. Il rangea toutes ses affaires à leur place. Puis il sortit un petit livret intitulé « Règlement des externes ». Il le savait important : y étaient définis droits, devoirs, mode de vie et règles de cultivation.
Feuilletant, Ye Ming lut attentivement. Le Soleil Rouge divisait ses disciples en trois secteurs : enceinte externe, interne, et annexe. Les externes vivaient dans l’enceinte externe, les internes dans la principale, et les élites dans l’annexe.
Les détails anodins balayés, certains règlements attirèrent son attention. La secte avait instauré un classement des forces parmi les externes : la liste externe. Être dans le top 100 garantissait des récompenses alléchantes.
Par exemple, le centième sur la liste externe gagnait 100 points de contribution et une pilule de raffermissement du corps. Dans le top 10, les prix augmentaient ; premier, 10 000 points et une pilule d'esprit primordial chaque mois.
Naturellement, il existait aussi une liste interne avec des récompenses plus riches, qui fit briller les yeux de Ye Ming.
Le deuxième règlement concernait les points de contribution. La secte assignait aux disciples des missions selon leurs capacités, comme éliminer des monstres locaux ou récolter des herbes rares. Chaque réussite rapportait des points échangeables contre des ressources de culture – pilules, arts martiaux, techniques, etc.
Le troisième règlement était le plus intéressant : tout disciple assez fort pouvait défier un autre classé, externe ou interne. S’il gagnait, il prenait sa place et recevait ses récompenses pendant un an. Les membres du classement devaient en permanence se tenir prêts aux défis.
Plus que tout, Ye Ming voulait en savoir plus sur les arts martiaux du Soleil Rouge. Le livret expliquait que les externes, avec assez de points, pouvaient accéder aux arts et techniques de grade huit ; les internes au grade sept ; et les élites maîtrisaient les plus avancées, de grade six.
« Les techniques de grade six doivent être puissantes, » songea Ye Ming avant de demander à Beiming : « Beiming, as-tu des arts martiaux plus puissants à me suggérer ? »
Beiming répondit : « Maître, la plupart des arts laissés par l’ancêtre Tongtian dans le voile Divin sont des techniques de fondation. »
Ye Ming sourit : « Dans la mémoire de Ji Tianpeng, il n’y a pas quelques techniques puissantes ? »
Beiming expliqua : « Ji Tianpeng vient d’une noble famille du Roselin. Il possède beaucoup d’arts du Roselin et de la Terre Céleste Tongtian. Mais si vous les cultivez, cela pourrait attirer des ennemis. S’ils découvrent votre lien avec Ji Tianpeng, cela vous porterait préjudice. »
À cette idée, Ye Ming eut un frisson et approuva rapidement : « Tu as raison, mieux vaut pour l’instant éviter ces techniques. »
Le soleil s’était couché alors qu’il n’avait pas fini le livret. En tant que disciple externe, il devait dîner au réfectoire externe, divisé en sections A à H. Il se dirigea vers la salle D. Elle était vaste et surveillée par des disciples auxiliaires, peu entraînés, dont beaucoup feraient ce travail toute leur vie. Certains, rares, sortaient du lot pour devenir externes.
Entré dans la salle, il examina les lieux, déjà bien remplis. Devant la fenêtre de distribution, une longue queue s’était formée. Il s’y mêla sans hésiter, attendant un quart d’heure avant son tour.
Il scruta rapidement les plats : copieux, avec du poulet, du poisson, de la viande et des œufs. Il commanda deux mets, un petit bol de riz et une soupe. À peine son plateau lui fut remis qu’une main agrippa son épaule, le tirant brusquement en arrière, une voix grossière lançant : « Petit enfoiré, dégage ! »
Pris au dépourvu, Ye Ming fut repoussé de côté. Il vit un garçon plus grand d’une tête, au visage dur, s’installer à sa place, le fusillant du regard comme pour défier : « Tu oses me doubler, t'es aveugle ? »
Ye Ming s’irrita. Son plateau étais prêt, et voilà que ce type s’installait devant lui, un vrai salaud.
Canalisant son énergie, il répondit avec force en le bousculant en retour : « Dégage ! »
Avec sa puissance de Disciple de rang 5, son coup frappa dur. Le grand garçon poussa un cri, fut projeté sur le côté, roula une dizaine de fois au sol avant de s’immobiliser.
Autour, les externes furent surpris : « Ce gosse est nouveau, il ose s’en prendre à Zhou Ba ! »
« Haha, ça va être drôle. Il ne sait pas que le frère de Zhou Ba, Zhou Kuang, est dixième au classement externe ? »
« Mais ce nouveau à l'air d'en avoir dans le ventre. Il a fait valser Zhou Ba avec un seul coup ! Intéressant. »
« Pff, pauvre type, il a signé son arrêt de mort. »
« C'est vrai, la compétition entre disciples externes est violente. Combien de personnes en sont mortes chaque année ? Des centaines ? Quel gâchis ! »
Ye Ming semblait ignorer les commentaires. Il prit son plateau et s’asseyait à une table proche.
Zhou Ba se releva, la tête encore étourdie, fixant Ye Ming avec haine : « Gamin, t'es mort ! Je vais te faire vivre un enfer, tu vas me supplier à genoux et lécher mes pieds ! »
Ye Ming fronça les sourcils. Par les conversations, il avait compris que Zhou Ba était le frère cadet de Zhou Kuang, dixième sur la liste externe. Mais qu’importe ce rang ? Même un guerrier de dixième palier ne l’effrayait pas. Au maximum, Zhou Kuang était un Disciple de rang 10, rien qui puisse l’intimider.
Une voix s’éleva derrière, prudente : « Nouveau, fais attention. Ce soir, cache-toi bien. »
Ye Ming répondit calmement : « Merci du conseil. »
Puis il se leva et marcha vers Zhou Ba.
Zhou Ba rougit d’effroi : ce gamin allait-il vraiment lui régler son compte ?
Ye Ming s’arrêta à trois pas de lui, le regarda et demanda : « Tu as dit que j'étais mort ? »
Zhou Ba rit follement : « Exactement ! Sauf si tu t'agenouilles et que tu me lèches les pieds. Alors je pourrais envisager de t'offir une mort plus douce. »
Ye Ming le dévisagea avec dédain : « Tu es vraiment arrogant. Règlement des disciples externes, chapitre 12, article 9 : les combats privés sont interdits. En cas de blessure ou de décès, la sanction est sévère, pouvant aller jusqu’à la perte du rang ou l’exclusion. Zhou Ba, en menaçant de me tuer, tu ne crains donc pas le règlement ? »
Zhou Ba s’immobilisa, simple d’esprit, sans y réfléchir, il ricana : « Qui prouvera que c’est moi qui t’ai tué ? Ton corps ? Sans corps, pas de preuve. »
Ye Ming hocha la tête : « Je suppose que tu as des appuis, sinon tu ne serais pas si téméraire. Si je ne me trompe, ton soi-disant protecteur est ton frère, Zhou Kuang, non ? »
Zhou Ba répondit arrogant : « Et alors ? Mon frère est dixième sur la liste externe ! Tu sais ce que ça veut dire ? »
« Maintenant, je compte jusqu’à trois. Agenouille-toi, supplie. Je pourrais envisager de t’épargner. »
Ye Ming répliqua froidement : « Si Zhou Kuang tombe du dixième rang, ou s’il meurt, tu n’auras plus cet air arrogant, hein ? »
À ces mots, un murmure parcourut la foule.