Chapitre 210
Titre du chapitre : Présage de guerre (2)
Dang Soran se tournait et se retournait tranquillement dans son lit.
Une brise fraîche qui entrait par la fenêtre lui chatouillait les cheveux.
Le doux gazouillis des oiseaux nichant tout près apaisait son corps et son esprit.
Le soleil tiède se posait doucement sur son visage, et même les rires des serviteurs lui parvenaient, comme si quelque chose de réjouissant était arrivé.
Elle se sentait languissante, mais bien à l’aise.
Y avait-il plus grand bonheur que de faire une longue sieste par une belle journée comme celle-ci ?
Peut-être parce que les derniers jours avaient été si agités et éprouvants, ce moment de repos lui semblait d’autant plus doux.
On finit par s’ennuyer si l’on ne fait que ce qui nous plaît.
Il faut savoir surmonter les épreuves pour savourer pleinement les bons moments.
… Mais qu’est-ce qui avait été si épuisant pour rendre cet instant si doux ?
Sa vie de fille choyée du Clan Tang s’était déroulée exactement comme elle le voulait.
Qu’est-ce qui avait donc mal tourné ces derniers temps pour lui causer tant de tourments ?
Encore à moitié endormie, elle n’arrivait pas à réfléchir correctement.
« … »
Pan !
En un instant, ses souvenirs lui revinrent et son esprit s’éveilla brusquement.
Elle se redressa d’un bond et balaya les environs du regard.
Tout était impeccable, comme si les événements de l’aube n’avaient été qu’un rêve.
Les cordes qui l’avaient ligotée avaient disparu. Le sac de Seojin aussi.
Dang Soran se palpa le corps.
« … »
Son visage s’empourpra de honte.
L’humidité entre ses cuisses était désormais aussi douce et moelleuse qu’une couverture d’été.
Les draps souillés étaient propres.
Quelqu’un avait essuyé les fluides répandus sur le sol.
L’odeur lascive s’était dissipée par la fenêtre ouverte.
Il n’en restait aucune trace ; tout semblait donc n’avoir été qu’un rêve. Mais elle n’était pas assez sotte pour confondre rêve et réalité.
« Ah… Aaaah ! »
Dang Soran enfouit son visage dans la couverture et s’arracha les cheveux.
À présent que le désir qui l’avait submergée s’était apaisé, elle comprenait ce qu’elle avait fait.
Et la suite était tout aussi incroyable.
Elle s’était endormie sans même être capable de soutenir son propre corps ?
Qu’avait bien pu penser Seojin en nettoyant derrière elle ?
Avait-il fini par se lasser d’elle ?
Les prises de conscience se succédèrent, et elle se redressa en se couvrant la bouche.
Mais qu’est-ce qu’elle avait fait, au juste ? Plus elle y repensait, moins elle arrivait à y croire.
Ils n’étaient même pas mariés, et pourtant, elle l’avait laissé accéder à l’endroit le plus intime de son corps.
Elle n’avait pas imaginé que leur jeu irait aussi loin.
… Non, elle l’avait imaginé, mais les émotions qu’elle avait ressenties dans la réalité étaient à mille lieues de ses fantasmes.
Après s’être donnée à lui, la honte et l’embarras lui semblaient terriblement réels.
Comme ceux qui s’avançaient avec audace pour demander une leçon d’arts martiaux et perdaient toute contenance après un seul échange.
Elle avait désiré cet instant, mais le goût amer qu’il lui avait laissé était trop lourd à porter seule.
Dans ses fantasmes, elle était un chat fier devant Seojin, qui préservait sa dignité tout en lui dévoilant sa beauté.
Hautaine, mais docile. Elle s’était imaginée rayonner de charme ainsi.
Mais dans la réalité, elle s’était liquéfiée dans ses bras.
Elle n’aurait jamais cru qu’une caresse à cet endroit lui procurerait un plaisir pareil, comme si son corps fondait.
Soudain, les gémissements et les supplications qu’elle lui avait murmurés à l’oreille lui revinrent avec une netteté saisissante.
C’était loin d’être joli. Même en étant indulgente, c’était vulgaire.
En se rappelant comment elle s’était abandonnée dans son étreinte, elle fut incapable de relever la tête.
« Euuugh… ! Je suis folle, folle !! »
Et s’il n’éprouvait plus rien pour elle ?
Les hommes et les femmes étaient différents : qu’allait-il advenir avec quelqu’un qu’elle n’avait pas épousé… ?
… Surtout elle, la fille aînée du Clan Tang, face à Seojin, qui était en position de serviteur… ?
Et s’il la prenait pour une femme qui se laissait tripoter à la légère ?
« Aah, qu’est-ce que je vais faire… !! »
Si elle essayait de s’accrocher à lui, elle pourrait énumérer une à une toutes les choses insensées qu’elle avait faites.
À bien y réfléchir, n’aurait-elle pas dû essayer de résister quand il l’avait touchée là ?
… Pas parce qu’elle n’aimait pas ça, mais parce que c’était la vertu d’une femme.
Aucun homme n’aimait les femmes vulgaires.
Ils n’étaient pas encore mariés ; elle était allée trop loin.
Elle aurait dû lui faire promettre de prendre soin d’elle toute sa vie, d’abord.
« Haa… »
… Mais où était Seojin ?
« Hein ? »
Dang Soran tressaillit.
À la réflexion, Seojin ne devait pas être en train de faire la sieste et de se reposer comme elle.
Elle cligna des yeux, puis passa la tête par la fenêtre du deuxième étage, soudain prise d’une idée.
« … ! »
À la vue qui s’offrit à elle, elle se mordit la lèvre et fronça les sourcils.
Elle laissa échapper un léger gémissement, comme si elle se réprimandait.
Elle regrettait tous les bruits qu’elle avait poussés en se débattant sur le lit quelques instants plus tôt.
Seojin se tenait dehors.
Il avait dû tout entendre.
Boum.
Dang Soran referma la fenêtre et resta figée un long moment.
En proie à un tourbillon d’émotions, elle s’efforça de se calmer.
Elle ouvrit tranquillement l’armoire et se changea.
Puis elle descendit l’escalier sans bruit.
Elle prit une autre profonde inspiration avant d’ouvrir la porte et de sortir.
Seojin demeurait raide, le regard fixé droit devant lui.
Quand son odeur emplit les narines de Dang Soran, les souvenirs de son acharnement à l’aube lui revinrent en foule.
Ces instants où elle s’était tortillée lamentablement dans ses bras, se débattant en vain.
Comme il avait été effrayant, comme il avait été résolu.
… Comme il avait été beau, grisant, excitant aussi.
Dang Soran relâcha son cou, puis recomposa son expression.
Le souvenir d’avoir hurlé comme une chienne en chaleur était trop honteux et pitoyable pour qu’elle le supporte.
Elle ne pouvait accepter d’être allée aussi loin, emportée par le désir.
Vraiment, elle n’avait pas eu l’intention d’aller jusque-là.
… Non, même si elle y avait pensé, elle ne s’était pas attendue à ressentir ça.
Peu importe ce qu’elle lui avait montré d’elle-même, ça, c’était trop.
Même si c’était le principe du jeu, elle avait dépassé les limites.
Avant le jeu, elle était une femme.
Une femme qui voulait ne montrer que son joli côté à quelqu’un qui lui était cher.
Mais à l’aube, elle avait été tout sauf cela.
Alors, le visage résolu, elle regarda Seojin et prit la parole.
Comme pour se racheter de s’être montrée aussi pitoyable.
« … Vous avez tout nettoyé après moi. »
Seojin hocha la tête.
« … Merci. »
Dang Soran se demanda si son visage n’avait pas rougi.
Elle avait parlé calmement, mais au bout du compte, c’était lui qui avait nettoyé… son bazar.
À son âge, elle n’était tout de même plus une enfant…
Et, techniquement, pour Seojin, elle était comme une petite sœur…
La honte la brûla ; elle serra les poings dans son dos et força sa voix à sortir.
« J’y ai réfléchi, et je crois que nous sommes allés trop loin tous les deux, Maître. Vous ne trouvez pas ? »
« … L’herbe des rendez-vous nocturnes est remarquablement puissante. »
Il murmura maladroitement à son tour, comme s’il reconnaissait avoir dépassé les bornes.
Il avait l’air un peu gêné, lui aussi.
« O-Oui. Nous sommes allés trop loin. Inutile d’apporter de l’herbe des rendez-vous nocturnes à partir de demain. »
Elle ramassait les fragments de sa fierté en miettes.
Après avoir pris une longue inspiration, elle déclara :
« Ce qui s’est passé à l’aube… Faisons comme si ça n’avait jamais eu lieu. Je n’ai jamais voulu vous montrer cette facette de moi… »
« — Ça me va ! »
Seojin l’interrompit avec enthousiasme.
« … Pardon ? »
« Ça me va, Mademoiselle. Disons que ça n’a jamais existé ! »
Il lui saisit la main et la secoua.
Pendant un instant, Dang Soran resta sans voix, à le dévisager, abasourdie.
Mais le serviteur, qui ne comprenait rien, continua avec entrain.
« Ha, c’est vrai que c’était excessif. Ni vous ni moi n’avions toute notre tête. Rien que d’y repenser, c’était bizarre. Pendant que vous dormiez, j’y ai longuement réfléchi. »
« … »
« Permettez-moi de m’excuser d’abord. Je n’aurais pas dû faire ça. C’était une erreur. »
… Quoi ?
Pourquoi avait-il l’air si heureux ?… Et une erreur ?
« … »
… Ce type était-il fou ?
Il avait touché la fille aînée du Clan Tang… là… et il appelait ça une erreur ?
Elle avait beau avoir prononcé ces mots elle-même, sa réaction sonnait faux.
Non, plus que faux : elle sentit l’irritation monter peu à peu.
« Mademoiselle, je ferai plus attention à l’avenir. Alors, soyez prudente vous aussi. Il vaudrait peut-être mieux que je renonce à être votre serviteur attitré. Pour éviter qu’une autre erreur de ce genre se produise. »
« … »
Sans répondre, Dang Soran réfléchit en silence, réprimant pour l’instant son agacement.
Pourquoi se comportait-il ainsi ?
Pourquoi était-il si content ?
Pourquoi ?
À cause de qui ?
« … »
La réponse lui vint rapidement.
… Qui d’autre que Cheongwol ?
À l’idée que Cheongwol se tenait aux côtés de Seojin, le visage de Dang Soran se décomposa comme celui d’une enfant.
S’il y avait une vérité amère que le jeu avait confirmée, c’était qu’il chérissait bien plus Cheongwol qu’elle.
Avec Cheongwol, ils jouaient naturellement, sans raison particulière, tandis qu’avec elle, il lui fallait recourir à un aphrodisiaque pour seulement créer une occasion.
Si elle regrettait de ne pas avoir été plus réservée pendant leur jeu, lui regrettait d’avoir joué avec elle tout court.
Il avait déclaré qu’il ne jouerait qu’avec Cheongwol.
Le visage soulagé, Seojin poursuivit :
« Ouf, ça me rassure de vous entendre dire ça. Et tant qu’on y est, j’aimerais aussi quitter les terres du Clan Tang. Rester enfermé ici me donne le tournis. Je ne peux pas me cacher éternellement, et si je m’attarde trop, ça va éveiller les soupçons. Il est temps de sortir faire quelques courses. Ces derniers temps, j’ai besoin de prendre l’air… »
À mesure qu’il bavardait, Dang Soran perdait le fil.
Qu’allait-il se passer désormais ?
Cette fois, elle avait compris à quel point sa relation avec Seojin était fragile.
Cheongwol et Seojin étaient liés par l’affection dans leurs jeux, tandis qu’elle et lui n’étaient unis que par la colère et la provocation.
Devait-elle attiser sa rage chaque fois qu’elle voulait jouer avec lui ?
Et s’il finissait vraiment par se lasser d’elle ?
Elle ne voulait pas se comporter uniquement de cette façon.
Mais si elle ne le faisait pas, il ne se prêterait pas à ses désirs. Que devait-elle faire ?
Il la repoussait froidement en disant qu’il ne voulait aucun lien avec le jianghu. Comment était-elle censée gérer ça ?
Ce qui était injuste, c’était que Cheongwol franchissait sans peine les limites qu’il avait posées.
De son côté, elle était toujours dans une relation qu’il pouvait mettre fin en la repoussant.
… Même après s’être donnée à ce point.
Cette pensée ralluma sa colère.
« Bref, ça me va. Disons que ça n’a jamais existé… »
Dang Soran le coupa et insista :
« — Quoi ? Comment ça, ça n’a jamais existé ? »
« Pardon ? »
Le visage de Seojin se figea.
Dang Soran le transperça d’un regard froid.
« Vous… vous m’avez touchée là. Comment ça pourrait n’avoir jamais existé ? »
Elle n’arrivait toujours pas à croire qu’une main d’homme se soit aventurée là.
Elle ignorait comment il la voyait désormais, mais pour Dang Soran, à vingt-quatre ans, c’était la première fois qu’elle avait laissé un homme la toucher là.
Elle-même ne s’était jamais touchée ainsi. C’était pourtant son propre corps…
Elle n’avait pas l’intention de balayer ça d’un revers de main comme un simple souvenir, ni de le rejeter comme une folie de jeunesse.
Le Clan Tang n’oubliait jamais. Et Dang Soran n’avait pas davantage l’intention d’oublier.
Seojin laissa échapper un souffle incrédule.
« … N’est-ce pas vous qui avez proposé, Mademoiselle ? De faire comme si rien ne s’était passé… »
« — Je vous mettais à l’épreuve !! »
Elle poussa un cri.
Seojin tressaillit.
Elle ne voulait pas s’irriter, mais elle ne pouvait pas changer si facilement sa nature profonde.
Elle cherchait toujours ses points faibles.
Puis, comme si de rien n’était, elle marmonna à mi-voix :
« Bon, je devrais le dire à Wol-i, alors. Il touche une autre femme… et veut balayer ça d’un revers de main. Fréquenter un type pareil, c’est perdre son temps. De toute façon, on ne se verra plus beaucoup, autant couper les ponts proprement… »
Clac !
Seojin lui saisit l’épaule.
Sa voix tremblait.
« — M-Mademoiselle ? Qu’est-ce que vous venez de… ? »
« … »
Dang Soran sentit de nouveau à quel point elle était mauvaise.
Le voir décontenancé était tellement amusant et satisfaisant.
L’envie malicieuse qu’elle venait de se promettre de réprimer refusait de s’éteindre.
Plus son attention se déversait sur elle avec ardeur, plus elle était heureuse.
« Pourquoi ? Vous avez peur que Wol-i l’apprenne ? »
« … »
« Mais je ne mens pas. Vous m’avez vraiment touchée… alors que vous n’êtes même pas mon mari. Et pourtant, je vous ai supplié d’arrêter ! »
Seojin entrouvrit la bouche, l’air légèrement blessé. En prononçant ces mots, Dang Soran se rappela ses propres supplications et sentit une chaleur subtile monter en elle.
Clac !
Cette fois, Seojin l’empoigna des deux mains.
Rien que cela lui donna l’impression d’être prisonnière de ses bras.
Électrisée par ce contact, Dang Soran prit un air sévère et demanda :
« Qu’est-ce que ça signifie ? »
« … Mademoiselle, gardez ça secret, je vous en prie. »
« Quoi ? »
« Le fait qu’on ait joué ensemble. Ne le dites pas à Wol-i. »
« Hum. Pourquoi ? »
« … »
« Pourquoi le cacher ? Vous m’avez touchée. Je ne vous ai pas forcé la main. Vous l’avez fait parce que vous en aviez envie. »
Une pointe de culpabilité la piqua.
Mais sa supplication, entièrement tournée vers la réaction de Cheongwol, lui fit un peu mal ; elle ne pouvait donc pas s’y résoudre.
À bien y réfléchir, leur relation avait toujours été ainsi.
Seojin n’avait jamais eu d’yeux que pour Cheongwol.
Celle qui avait détourné ce regard de force n’était autre que Dang Soran.
Une idée lui traversa soudain l’esprit.
Si elle racontait honnêtement cet incident à Cheongwol, cela ne mettrait-il pas fin à sa relation avec Seojin ?
… Mais elle ne voulait pas aller jusque-là.
Elle ne voulait pas qu’il la déteste.
Malgré son insolence, elle surveillait de près ses réactions.
« … Si je garde le secret, qu’est-ce que vous ferez pour moi ? »
Dang Soran posa donc la question d’un ton rusé.
Seojin ne trouva rien à répondre.
Sachant qu’il resterait de toute façon paralysé ainsi, Dang Soran modéra ses provocations et ses questions excessives, et fit un pas vers lui.
« … D’accord, j’ai compris. »
« Vraiment ? »
Le visage de Seojin s’éclaira.
Dang Soran murmura en l’observant :
« Mais. »
« … ? »
« … Continuez à jouer avec moi, désormais. »
Le visage de Seojin se figea.
Dang Soran ne s’arrêta pas là.
La frustration qu’elle avait refoulée se dénouait.
« Ne dites plus jamais que vous ne jouerez plus avec moi. Oh, je ne vous demande pas d’aller aussi loin dès aujourd’hui, mais ne me trahissez pas. Compris ? »
« … »
Comme Seojin ne répondait pas, Dang Soran le relança :
« Je le dis à Wol-i ? »
« … ! »
À cet instant, les traits de Seojin se crispèrent imperceptiblement.
Pourquoi n’avait-il de faiblesse que pour Cheongwol ?
Qu’est-ce qui lui faisait si peur chez elle ?
Elle ne comprenait pas.
Il savait qu’elle avait vaincu Cheongwol à l’Assemblée Dragon-Phénix.
Qu’avait-il donc à craindre de cette pauvre nonne… ?
N’aurait-il pas plutôt dû surveiller ses réactions à elle… ?
Surtout qu’ils ne se verraient plus souvent.
Seojin poussa un profond soupir.
Puis il lança un regard noir à Dang Soran.
Et elle comprit en même temps.
Tout comme elle, qui disait non, non pendant leurs jeux alors qu’en réalité, elle adorait ça.
Seojin disait non, non, mais… son regard était empreint de domination et de possessivité.
Elle l’avait compris à l’air satisfait qu’il affichait pendant leurs jeux. Elle se rappelait le pli de ses lèvres quand elle le suppliait d’arrêter.
Lui aussi voulait jouer avec elle. Il faisait seulement attention à Cheongwol, qui n’était même pas là.
S’il échappait à son emprise maintenant, ne serait-il pas frustré ?
Les derniers jours ne l’avaient-ils pas confirmé ?
Dans l’esprit de Seojin, elle n’était plus la fille aînée du Clan Tang : elle était sa Dang Soran.
Le jeu était plus honnête que les mots.
La vérité du corps était plus limpide que les mensonges de la bouche.
Son regard le lui disait, à présent.
Sa proposition le tentait délicieusement.
Qu’avec un prétexte, lui aussi avait envie de jouer avec elle.
Même s’il ne s’en rendait pas encore compte, Dang Soran le savait déjà.
Elle ne faisait que lui donner une petite poussée dans le dos.
Seojin murmura :
« … Si on joue, vous garderez le secret ? »
Il avait dit ça.
Dang Soran maîtrisa son expression, qui menaçait de fondre comme la sienne.
Elle prit un air hautain et hocha sèchement la tête.
Alors qu’elle se tournait pour rentrer, Dang Soran regarda Seojin.
« Mais pourquoi surveillez-vous autant les réactions de Cheongwol ? »
« … »
« Elle n’est même pas là. Et nous ne la verrons peut-être plus beaucoup ? »
« … Qu’est-ce que ça peut faire ? »
Dang Soran cligna des yeux et vérifia une dernière fois :
« En tout cas, on va jouer ensemble, n’est-ce pas ? »
À Seojin, toujours hésitant, Dang Soran finit par dire :
« … Vous m’avez touchée, non ? »
« … Urk. »
« Vous devez en assumer la responsabilité. »
Sur ces mots, Dang Soran sentit son visage s’échauffer et rentra.
Dès qu’elle eut fermé la porte, elle s’effondra sur le sol.
Il lui fallut un long moment pour calmer son cœur tremblant.