Chapitre 361
La puissance s'accumula autour du chancelier comme une lumière jaillissant du soleil.
L'air trembla.
Les sens de mana d'Alex hurlèrent.
Il eut la bouche sèche.
Il avait déjà vu l'ancien mage exercer son pouvoir… mais il n'était jamais vraiment préparé à l'ampleur de la force brute qu'il commandait. L'œil sur le bâton de Baelin flamboyait comme une étoile filante, tandis que l'incantation qui s'écoulait des lèvres de l'homme-bouc résonnait dans ses oreilles.
Les monstres sans peau cessèrent leurs activités, semblant sentir que quelque chose ne tournait pas rond.
Puis, le ciel commença à s'assombrir à une vitesse effrénée.
Et leur monde trembla.
Alors que le sort de Baelin s'achevait, le ravin frissonna soudainement.
Les monstres beuglèrent ; les falaises imposantes fondirent en cascades de terre et de pierres brisées. Les arbres vacillèrent et s'effondrèrent. La terre gronda et la roche jaillit du sol.
…puis, le fond du ravin se fendit.
Un séisme parcourut le donjon, le déchirant en deux, envoyant les rejetons du Ravageur basculer dans des crevasses qui s'ouvraient sous eux comme des gueules affamées. Alors que des cris frénétiques s'élevaient au-dessus du fracas de la terre et de la pierre, les Sans-peau éparpillés dans la forêt tonnèrent en retournant vers le ravin, pour découvrir les parois des falaises se soulever et se déformer, les précipitant vers leur mort.
« D'abord, on craque la coquille », cria Baelin en observant le donjon se diviser, révélant des dizaines de chambres souterraines en plein effondrement. « Et ensuite, on brouille le tout. »
L'œil de son bâton brilla.
Une vague de puissance s'éleva et frappa l'air.
Le vent hurla.
« Reste près de moi, Alex, même moi, je pourrais ne pas être en mesure de garantir ta sécurité si tu t'éloignes », avertit l'ancien mage.
Il fallut toute la volonté du jeune mage pour ne pas s'agripper à la jambe du chancelier comme un chat terrifié. Il était devenu bien plus courageux au fil de ses aventures… mais ça ? C'était ce à quoi il imaginait que ressemblerait la fin du monde.
Le vent hurlait, les nuages surnaturels se déplaçaient et bouillonnaient comme une eau vive, tournant sur eux-mêmes. Et ils tournaient. Encore et encore. L'air tourbillonnait de plus en plus vite.
Alex était témoin du phénomène que Baelin créait, mais son esprit refusait d'y croire.
Il se souvint du guide touristique à la tour de Noarc leur parlant des événements violents dans l'atmosphère des Terres Désolées lorsque trop de mana sauvage s'infiltrait dans l'air. Des vents tourbillonnants qui rasaient tout sur leur passage se formaient alors.
S'il se souvenait bien, le phénomène s'appelait…
Vloum !
Une tornade.
L'air fouetta et tourbillonna en un entonnoir qui descendait du ciel, strident lorsqu'il touchait le sol. Le chaos envahit le ravin ; la tornade déchira avidement les crevasses qui s'élargissaient, emportant terre, pierre et Sans-peau comme s'ils ne pesaient rien. Des rochers de la taille de chariots tournaient en motifs étourdissants, déracinant des arbres ou des rejetons du Ravageur terrifiés, peu importait.
En quelques battements de cœur, ce qui était autrefois un donjon redoutable capable de détruire une armée de taille respectable n'était plus que poussière dans le vent. Pourtant, au milieu de toute cette destruction, Alex, Claygon et Baelin restaient en sécurité dans une bulle d'air si calme qu'on se serait cru dans une prairie paisible. Au sein de cette bulle de quiétude et de paix, le mage thamelandais observait les monstres ruinés et les débris tourbillonner autour d'eux, comme s'il regardait une tempête depuis la sécurité d'un hall confortable avec un feu crépitant dans la cheminée. Puis, un beuglement tonitruant lui parvint.
L'horreur était arrachée des profondeurs souterraines.
Un Broyeur de remparts, une créature tentaculaire énorme ressemblant à un calmar écorché, luttait contre le vent. Son corps était bulbeux — aussi large qu'un Sans-peau était grand — et de sa carcasse s'agitaient une douzaine de tentacules, chacun se terminant par une main préhensile à six doigts. Il enfonçait ses doigts dans la terre, s'accrochant au peu de sol solide qui restait.
Des muscles nus se contractaient, luttant pour ne pas lâcher prise.
Des yeux globuleux roulaient de détresse.
Et, dans l'emprise d'une main surdimensionnée, Alex vit leur prix.
« Baelin ! » Il pointa du doigt. « Je vois le cœur ! »
« J'ai eu un Œil de mage braqué dessus tout ce temps. Regarde ça ! »
Il y eut une pulsation de mana, et des murs de pierre s'élevèrent autour du Broyeur de remparts, tentant de le protéger des vents brutaux.
Baelin agita la main comme pour chasser une mouche.
Le vent changea.
Des rochers, des pins abattus et des Sans-peau furent projetés contre les murs, les frappant avec la force de pierres de trébuchet. Le mana circula, d'autres murs s'élevèrent, puis s'effondrèrent brusquement sous le barrage créé par Baelin. Le Broyeur de remparts frissonna alors que des pierres acérées lacéraient son flanc.
Plusieurs tentacules à l'aspect brut se détachèrent de son torse.
Le beuglement qui suivit fut perdu dans le vent hurlant alors qu'il était arraché à ses prises et projeté dans la tempête.
Il tournoyait, s'agitant, désespéré de garder son emprise sur le cœur de donjon. Mais malgré toute sa puissance capable de briser la pierre, il était impuissant face au tourbillon de Baelin. L'ancien mage le regarda fouetter l'air, puis tendit la main en murmurant une incantation.
Le mana frissonna.
Et une orbe noire jaillit des doigts du Broyeur de remparts, culbutant à travers la violence environnante, droit vers la main tendue de Baelin.
Chcwoop !
Le cœur glissa dans la bulle de calme et tomba dans la paume du chancelier.
« Excellent, nous avons notre prix », dit-il d'un ton joyeux. « Maintenant, finissons-en. Je vais te montrer un de mes tours favoris. »
D'un mot de pouvoir, Baelin agita la main.
Des éclats de verre d'obsidienne se matérialisèrent dans la tornade, tournoyant à contre-courant du vent. D'innombrables éclats filaient dans l'air comme des oiseaux de proie, déchiquetant bois, terre et chair là où ils frappaient. En quelques battements de cœur, les rejetons du Ravageur se ratatinèrent en masses de pulpe — et, proche de la mort, le Broyeur de remparts mutilé leva un tentacule pour atteindre l'orbe qu'il était censé servir et protéger, avant de plonger du ciel.
Quand le travail des éclats fut terminé, seuls le vent hurlant et le gémissement de la terre tremblante subsistèrent.
« Et voilà qui est fait. » Baelin agita son bâton une fois.
Le vent mourut.
La terre se calma.
Et les éclats d'obsidienne s'évanouirent.
Un bruit plus profond que le tonnerre éclata depuis le sol alors que des monticules de terre, de bois, de roches et de chair retombaient d'un seul bloc. Les nuages menaçants se dissipèrent comme s'ils n'avaient jamais existé, révélant la douce lumière du ciel matinal.
« Putain de merde », jura Alex.
Là où se dressait autrefois un puissant donjon, il ne restait qu'un terrain vague jonché de monstres déchiquetés et de terre retournée. On aurait dit que des titans avaient traversé la contrée avec l'insouciance de tout-petits incontrôlables détruisant des châteaux de sable. Ou des ours massifs déterrant des fourmilières.
Des ours enragés massifs.
« Putain de bordel », jura Alex, encore stupéfait par la démonstration de puissance pure dont il venait d'être témoin.
Il voulait absolument être Baelin quand il serait grand.
Il flottait dans les airs en secouant la tête, se sentant encore plus inutile qu'auparavant, mais par le Voyageur, quelle histoire il allait pouvoir raconter à Theresa et à la cabale !
« Comme je l'ai dit », dit Baelin joyeusement. « Pratique ! Eh bien, trouvons maintenant un endroit où nous installer pour un moment. Nous verrons si quelque chose vient enquêter sur le tumulte que j'ai provoqué. Je soupçonne que nous pourrions être visités par des traînards, mais nous pourrions aussi avoir la chance de voir l'une de ces créatures qui tiennent tant à te chasser se montrer. Cependant, en attendant… »
Le chancelier tendit le cœur de donjon à Alex.
L'orbe émit une vague d'énergie frénétique et il sentit son attention se porter sur lui. Son mana recula. Il y eut une reconnaissance de la part du cœur, comme il y en avait eu dans le donjon des grignoteurs.
Mais il pouvait aussi sentir sa peur.
« Tu veux essayer ? » demanda Baelin.
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Quand la poussière fut littéralement retombée, Alex et Baelin étaient « campés » à environ cinquante mètres au sud du ravin. Baelin avait conjuré un agréable petit feu de camp tandis que ses Œils de mage patrouillaient la zone. Claygon surveillait le ravin. Alex l'avait chargé du nettoyage : au premier signe de traînards, ses rayons étaient prêts à faire feu.
Le chancelier observait Alex.
Et Alex… observait le cœur de donjon.
Il y a plus d'un an, il s'était retrouvé dans une situation similaire, tenant un cœur de donjon vivant entre ses mains. Il pouvait sentir son mécontentement. Son mana piquait l'air, vibrant comme un nid de guêpes en colère. Pourtant, malgré toute sa rage, il ne pouvait pas faire grand-chose sans un rejeton du Ravageur, comme un navire sans timonier.
Mais il savait qu'il se battrait de toutes ses forces.
Il déglutit.
Une sueur froide lui glaçait les mains alors qu'il faisait appel à la Marque, se concentrant sur la tâche à venir : contrôler un cœur de donjon. Les souvenirs de sa lutte dans la Grotte du Voyageur lui revinrent avec force. Cette bataille l'avait poussé dans ses derniers retranchements, même si ce cœur avait été affaibli. Son mana était épuisé, et pourtant il avait opposé suffisamment de résistance pour qu'il ait du mal à le maîtriser. Quelle résistance ce cœur frais et enragé allait-il lui opposer ?
Mais il était plus habile en manipulation de mana maintenant, contrairement à l'époque de la Grotte du Voyageur où il fuyait les prêtres et les Héros.
« Es-tu prêt ? » demanda Baelin. « Si tu hésites le moins du monde, peut-être préférerais-tu que je tente le coup en premier ? Mon idée initiale était — puisque tu es plus expérimenté que moi dans ce domaine — que tu devrais essayer de le contrôler en premier. »
« Non, non. » Alex fit pivoter l'orbe, examinant sa surface noire et morte. « C'est bon, je… je veux le faire. J'ai besoin de le faire. »
« Eh bien, lance-toi, quand tu seras prêt. »
Alex hocha la tête. « Es-tu sûr que tu veux essayer ici plutôt qu'au camp ? »
« Je préfère que nous tentions l'expérience ici, dans la nature, où nous avons moins de contraintes, compte tenu de ta situation. Si quelque chose devait être révélé, cela ne le serait qu'à nous seuls. Si nous parvenons à interagir avec cette orbe et à mieux comprendre à quoi nous avons affaire, tout en déterminant que ton secret ne sera pas exposé, nous pourrons ramener notre prix au camp en toute sécurité. »
« Ouais, ça a du sens », dit Alex en luttant contre son trac.
Il avait voulu cette confrontation, il l'avait même imaginée, mais maintenant qu'elle était juste devant lui, son esprit ne cessait d'inventer des raisons d'attendre.
Mais non.
Le moment et l'opportunité étaient là, il devait les saisir.
Le mage le plus puissant de tout Generasi était à ses côtés. Il était loin de quiconque pourrait être en danger, et l'orbe était à sa merci. Retarder l'échéance ne faisait qu'alimenter sa nervosité.
« Très bien, il n'y a pas d'autre choix », dit Alex.
Prenant une profonde inspiration, il projeta son mana dans le cœur de donjon.
Et rencontra une résistance à laquelle il n'était pas préparé.
Il s'était trompé : le cœur de donjon ne s'était pas rué sur lui comme un essaim de guêpes en colère. Il l'avait attaqué avec toute la fureur d'un serviteur du Ravageur : exactement comme dans la grotte des grignoteurs, mais avec une intensité et un désespoir qu'il n'aurait pu imaginer. Son mana repoussa le jeune mage avec une force totale et une hostilité qui semblait personnelle, l'expulsant sans ménagement.
Alex fronça les sourcils, méditant sur ce qu'il venait de confirmer.
La puissance de cette chose dépassait celle de l'orbe de la Grotte du Voyageur autant que le soleil dépasse la lueur d'une bougie. Cette orbe n'était pas épuisée, et elle semblait également alimentée par le ressentiment. S'il avait rencontré une telle résistance dans la Grotte du Voyageur, son esprit serait peut-être en bouillie aujourd'hui.
« Ça explique pourquoi le contrôle des cœurs de donjon n'est pas exactement une connaissance commune », pensa-t-il. « Eh bien, M. Marque, nous avons surmonté la Spirale d'Ito. Voyons si nous pouvons terrasser cette chose. »
Faisant appel à la Marque, Alex se jeta à nouveau dans le cœur, encore et encore, opposant son talent et sa puissance à son désespoir. Et au début, le désespoir l'emporta. Facilement.
Baelin observa — immobile comme une statue — pendant une heure alors qu'Alex peinait ne serait-ce qu'à pénétrer les voies de mana du cœur. Pourtant, l'ancien mage ne se plaignit jamais et ne posa aucune question. Il était simplement patient.
Et Alex l'était aussi.
À chaque échec, il en apprenait un peu plus sur la façon dont le cœur de donjon lui résistait. Il apprit ses voies : combien d'entrées de mana il y avait, avec quelle rapidité son mana pouvait le combattre, et la manière dont sa puissance se déplaçait à travers l'orbe.
Alors que la Marque lui indiquait ce qu'il faisait correctement, il commença à élaborer une stratégie : le cœur de donjon résistait à son mana avec une force pure et écrasante. Comme un prédateur. Il ne semblait pas connaître la « finesse ». Tout reposait sur la force brute.
Il divisa donc son mana en milliers de fils — comme avec la technique de Hsekiu — et attaqua le cœur de donjon par toutes les entrées.
Sa puissance chercha à le bloquer, mais ses fils se déplaçaient avec l'agilité de vipères. Il pouvait sentir sa panique grandissante tenter de le repousser, mais trop de ses fils se déplaçaient dans trop de directions. Le cœur divisa son attention, projetant sa puissance sur lui encore et encore.
Et le força à sortir.
Il recommença.
À chaque tentative, le jeune mage allait un peu plus loin.
Alexander Roth concentra toute sa volonté et son talent sur la tâche, apprenant davantage de ses voies à mesure qu'il avançait. Son mana trembla.
Maintenant, c'était plus facile, comme apprendre les pas d'une danse.
Il persévéra tout au long de la matinée, se sentant proche de quelque chose d'important : le centre du cœur. Le cœur de donjon semblait délirant, frénétique, se battant dans la panique.
Mais Alex était déterminé.
Et il avait déjà fait cela auparavant.
Faisant appel à un souvenir familier de la Marque, il déplaça son mana.
Vhoum.
Une connexion.
Pendant un instant, le monde disparut. Un millier d'images se déversèrent dans son esprit comme elles l'avaient fait dans la Grotte du Voyageur lorsqu'il avait contrôlé le cœur. Des grottes sombres. Des batailles dans des lieux qu'il n'avait jamais vus auparavant. Un repaire sombre…
Les images s'évanouirent brusquement, comme si elles avaient été interrompues.
Lorsque les sens d'Alex revinrent au monde qui l'entourait, Baelin était debout.
Le mana s'écoulait du cœur, s'étendant vers le ravin.
Le bruit de pierres grinçantes résonna dans l'air.
« Alex ! » cria le chancelier en triomphe. « Mon Œil de mage a été témoin d'un mur s'élevant des restes du donjon ! C'est toi qui as fait ça ? »
« Ouais », haleta le jeune mage, la sueur coulant de son front. « Ouais, c'est moi. J'ai vraiment fait ça ! »
« Bien joué, mon garçon ! » Baelin lui tapota le dos. « C'est un excellent pas en avant. As-tu… appris quelque chose ? Quelque chose qui pourrait nous aider à traquer ces créatures griffues ? »
« Non », dit Alex. « J'ai vu quelques images… » Il raconta au chancelier ce qu'il avait vu. « Mais… je n'ai aucune idée de ce que c'était. Et elles ont été coupées trop rapidement. …Je pense que quelque chose ne voulait pas que je fouine. »
« Hm, eh bien, cela n'aura pas son mot à dire », dit Baelin.
« C'est vrai… mais, par le Voyageur, je n'arrive pas à y croire. » Alex observait le cœur de donjon. Il avait forcé son mana à sortir à nouveau, mais avec moins de force qu'auparavant : plus il utilisait sa puissance, moins il était capable de résister. « Après un an… parfois, j'avais cette idée en tête que j'avais imaginé ce que j'avais fait. Mais… le voilà… une preuve solide. Baelin, c'est énorme. Ça change l'histoire. Ça soulève tellement de questions — j-je dois y retourner. »
« Attends un peu », l'ancien mage posa une main sur son épaule. « Pourquoi ne pas me laisser essayer ? Tu es épuisé. Ça ne sert à rien de réessayer quand tu es à bout de forces. »
« Ouais, je suppose que tu as raison. » Alex haleta, offrant l'orbe à Baelin. « C'est à toi. J'ai bien besoin d'une pause, et si j'ai pu le faire, tu y arriveras en un rien de temps. »
« Oh, pff, qu'est-ce que quelques milliers d'années d'expérience ? » Baelin gloussa en tenant l'orbe entre ses paumes. « Maintenant, voyons ce que je peux voir. »
Alex sentit le mana de l'ancien mage jaillir avec une puissance écrasante.
C'était profond, comme la tornade qu'il avait commandée.
Très peu de choses seraient capables de lui résister, y compris le cœur de donjon…
…ce qui explique pourquoi Alex fut stupéfait lorsque Baelin fronça les sourcils.
Sans un bruit, le chancelier retourna l'orbe, le fixant d'un regard perçant.
Il semblait regarder profondément à l'intérieur.
Des battements de cœur passèrent tandis qu'il tournait le cœur, son mana bouillonnant autour de lui.
Alex attendit la ruée de la puissance du cœur de donjon obéissant au chancelier.
Mais elle ne vint jamais.
Les battements de cœur devinrent des minutes.
Les minutes devinrent une heure.
Pourtant, il n'y eut aucune déferlante de force : il n'y avait que le froncement de sourcils du chancelier qui s'accentuait.
« Alex… » dit-il finalement. « Je… je ne peux pas faire ça. »
Le mage thamelandais pensa avoir mal entendu. « Pardon ? »
« Je ne peux pas faire ça », la voix de Baelin contenait une note d'étonnement. « C'est impossible pour moi. »