Chapitre 97
Chapitre 97 – Stade Yokohama (1)
Auteur : Leeroycgna
Traductrice : Moonkissed
Chris arriva au parking du stade de Yokohama et fut accueilli par l'un des agents de sécurité qui échangea quelques mots avec lui. Ken comprit immédiatement que les deux hommes se connaissaient bien, car son père travaillait ici.
Même s'il était déjà venu au stade de Yokohama pour assister à des matchs de baseball et même pour jouer pendant le tournoi de Kanto, Ken ne pouvait s'empêcher d'être excité.
Allait-il pouvoir voir de vrais joueurs professionnels s'entraîner pendant sa visite ?
‘Bientôt, je serai l'un de ces joueurs...’, se dit-il.
« Bon, on y va », dit Chris en sautant hors de la voiture avec aisance.
Yuki avait décidé de rester à la maison, ne voulant pas gêner le duo père-fils. Si Ken était vraiment encore blessé, elle ne voulait pas être présente pour voir ce qui se passerait.
Alors qu'ils entraient par l'entrée réservée au personnel, Ken ne put s'empêcher de regarder autour de lui pour observer les lieux. Ils passèrent devant plusieurs portes en descendant le couloir.
« Salle de musculation, salles d'entraînement, salle de massage », murmura Ken, de plus en plus curieux.
Son père ne dit pas un mot et continua d'avancer en silence vers le bout du couloir. Ken ne put s'empêcher de sourire ironiquement, devinant ce qu'il pensait probablement.
Ils étaient là pour examiner la blessure de Ken, pas pour s'amuser.
« Ah, Chris, tu es là », cria un homme d'âge moyen, aux épaules larges et au corps musclé, depuis l'une des salles, attirant leur attention.
« Kichi, merci de m'avoir reçu en si peu de temps », dit Chris en s'avançant pour serrer la main de l'homme.
Ken observa l'homme d'âge moyen. Sans les muscles que sa chemise moulante mettait en valeur, il aurait pu passer pour un homme chauve ordinaire, comme on en voit souvent au Japon.
« Voici mon fils Ken. Ken, voici Yukichi, c'est un kinésithérapeute sportif, l'un des meilleurs du Japon. » dit son père en lui jetant un regard sévère.
Ken s'inclina, interprétant ce regard sévère comme une invitation à se montrer poli et respectueux.
« Hein ? Ton fils ? » Yukichi regarda Ken de haut en bas et fut complètement déconcerté.
« Il ressemble plus à ton petit frère que ton fils », commenta Yukichi en riant.
« Hum », fit Chris en toussotant légèrement, désireux de poursuivre la conversation. « Pouvons-nous passer dans ton bureau ? »
« Mais où sont mes manières ? Ken, rejoins-moi dans mon bureau. » Malgré ces mots, Yukichi avait toujours un sourire aux lèvres.
Ken fit ce qu'on lui demandait et entra dans le bureau spacieux où se trouvaient divers objets, tels que des ballons médicinaux et même une table de massage.
Chris s'assit sans attendre qu'on lui offre une chaise et raconta à Yukichi la blessure de Ken et les circonstances dans lesquelles elle s'était produite. Il n'omisit aucun détail, choquant même Ken par l'étendue des connaissances de son père.
Il parla du programme d'entraînement de Ken, de son alimentation, du nombre de matchs qu'il avait disputés et mentionna même les essais qu'il avait passés à Osaka Toin. Ken posa les yeux sur son père et sentit l'estime qu'il lui portait déjà grandir encore davantage.
« Oh, tu prends vraiment ta santé au sérieux, jeune homme. » Yukichi hocha la tête avec respect. « C'est assez rare pour quelqu'un de ton âge. Tu aspires à devenir athlète ? »
Tout en parlant, Yukichi posa ses mains sur Ken et pressa chacun de ses muscles pour détecter toute tension ou faiblesse.
« Oui, je veux être joueur de baseball », répondit Ken, sans broncher.
« Hum, oui. Lanceur, je suppose ? » répondit Yukichi après avoir palpé ses deux épaules.
« Comment ça se présente ? » demanda Chris en voyant Yukichi reculer d'un pas.
« Je ne vois rien d'anormal lors de mon examen préliminaire. Mais bon sang, Chris, pourquoi ne nous as-tu pas dit que ton fils était lanceur ? Et gaucher, en plus. » Il secoua la tête avec exaspération.
« Gaucher ? » répondit Chris, perplexe.
« Je me trompe ? Mais j'aurais juré sentir plus de masse musculaire dans ton épaule et ton bras gauches. » répondit Yukichi, sentant sa confiance vaciller.
« Ah. Comme je me suis blessé à l'épaule droite, j'ai lancé avec ma gauche pendant la majeure partie de l'année dernière. » précisa Ken, sentant les deux hommes le fixer du regard.
« Oh, tu as juste lancé avec ta gauche à la place... HEIN !? »
« Quoi ? Tu peux faire ça ? »
Yukichi et Chris regardèrent bouche bée le jeune homme qui venait de faire cette déclaration avec tant de naturel. Bien sûr, il n'était pas rare que des gens utilisent leur bras non dominant après s'être blessés, mais c'était rare dans le sport.
« Peu importe... » dit Chris après un moment, retrouvant son sang-froid. « Peux-tu faire d'autres tests sur son épaule droite ? Celle qui a été blessée. »
« Ahhh, bien sûr », répondit Yukichi, sortant de sa torpeur.
Il fit passer à Ken une série de tests de mobilité et d'étirements, lui demandant de dire s'il ressentait une douleur. Comme Ken était désormais complètement guéri, il avait retrouvé toute la mobilité de son épaule et passa les tests haut la main.
« Es-tu sûr qu'il était blessé ? » demanda l'homme d'âge moyen en se frottant le menton d'un air pensif.
Ken répondit : « J'avais une douleur aiguë à l'épaule quand je lançais, juste ici. » Il désigna un endroit sur son épaule, que Yukichi s'approcha pour examiner.
Il appuya sur plusieurs endroits, parfois avec un peu plus de force, mais Ken ne ressentit aucune douleur.
Après avoir reculé une nouvelle fois, Yukichi déclara avec assurance qu'il n'y avait aucun problème.
« Ce que tu décris est un problème courant chez les lanceurs qui souffrent souvent de blessures à la coiffe des rotateurs dues à des efforts répétitifs. En général, les athlètes professionnels ne laissent pas la situation s'aggraver à ce point, mais tu es encore jeune. »
Il poursuivit : « Il est également rare de pouvoir se remettre complètement d'une telle blessure. C'est peut-être parce que tu es encore jeune que ton corps a pu guérir en l'espace d'un an. »
Yukichi sourit : « Tu as bien fait de laisser ton corps se rétablir. Si tu étais un joueur de notre équipe, je t’autoriserais à reprendre le jeu. »
Même s'il savait qu'il était complètement guéri, Ken fut soulagé d'entendre ces mots. Non seulement il avait maintenant un deuxième avis, mais son père allait enfin le croire lorsqu'il disait qu'il était prêt à lancer à nouveau.