Chapitre 53
Chapitre 53 – Entraînement mental complété (1)
Auteur : Leeroycgna
Traductrice : Moonkissed
Malgré les lancers imprécis de Kouichi vers la fin du match, Seiko avait réussi à s'imposer face à Yamate Gakuin sur un score final de 10 à 3. Imai était entré en jeu pour les deux dernières manches et avait réussi à bloquer l'adversaire, ne concédant aucun point.
Cela n'avait pas été aussi évident lors des deux derniers matchs grâce à l'application de la règle de la pitié, mais Kouichi était épuisé à la fin du match. Maintenant que l'entraîneur Yoshida avait attiré son attention sur ce point, Ken pouvait voir que ses performances avaient baissé dans les dernières manches.
Alors que l'équipe montait dans le bus pour rentrer à la maison, Ken avait pris Kouichi à part pour lui parler.
« Hé, mec, beau travail aujourd'hui », lui a-t-il dit avec un sourire.
Kouichi semblait un peu absent, mais il répondit tout de même en le remerciant. Il avait actuellement une poche de glace sur l'épaule droite, ce qui l'aidait à récupérer après avoir lancé pendant un match.
« Tu ressens une douleur ou une fatigue dans l'épaule quand tu lances ? » demanda Ken à voix basse, s'assurant que personne ne puisse entendre leur conversation.
Kouichi écarquilla les yeux, stupéfait, fixant Ken comme s'il avait deux têtes.
« Comment tu sais ? »
Ken adoucit son regard. « Je sais plus que tu penses sur comment cacher ce genre de choses », répondit-il avec nostalgie.
Kouichi avait l'air super nerveux et supplia Ken de ne pas dire au coach ce qui se passait. Il avait enfin eu l'occasion de montrer ses capacités, et avait même été promu au poste de lanceur vedette.
Si le coach l'apprenait, il serait sans aucun doute relégué sur le banc en un clin d'œil.
« Ne t'inquiète pas, le coach m'a demandé de t'aider, ce qui signifie qu'il est au courant. »
« Vraiment ? » Ce fut le plus grand choc pour Kouichi. Il n'avait commencé à ressentir une gêne qu'à la fin du premier match, et pourtant, le coach l'avait déjà remarqué.
« Oui, alors ne te fais pas trop de souci », répondit Ken avec un sourire, rassurant un peu l'adolescent.
« C'est samedi demain, tu es libre ? Si oui, on se retrouve au terrain de l'école vers 8 heures. Qu'est-ce que tu en dis ? »
Kouichi réfléchit un moment avant d'acquiescer. Le fait que le coach ait envoyé Ken, l'ancien as de l'équipe, pour l'aider en disait long. Cela soulignait non seulement la confiance que le coach accordait à Ken, mais aussi à Kouichi lui-même.
« Super, je te retrouve là-bas avec Daichi. » Ken leva le pouce avant de monter dans le bus et de trouver une place à côté de son frère.
Le groupe rentra chez lui dans la bonne humeur après avoir remporté la victoire et s'être qualifié pour le tournoi de la préfecture de Kanto. Il s'agissait du dernier tournoi pour les élèves de troisième, car ils seraient trop occupés par les examens d'entrée au lycée pour participer au tournoi d'automne.
Ken et Daichi arrivèrent à la maison et trouvèrent leur père qui les attendait dans la salle à manger. Il était rentré des États-Unis le matin même, mais souffrait du décalage horaire et était allé se coucher directement.
« Papa ! Bienvenue à la maison », s'écrièrent Ken et Daichi, qui reçurent un sourire en retour.
« Alors ? Comment s'est passé le match ? », demanda Chris, qui semblait plus intéressé par les résultats du baseball que par eux-mêmes.
« Hé hé, on a le meilleur receveur du pays dans notre équipe. Comment tu crois que ça s'est passé ? » dit Ken fièrement, en passant son bras autour des épaules de Daichi. Malgré la longueur de ses bras, il avait encore du mal à atteindre la largeur des épaules de son frère.
« On a gagné 10 à 3 », dit Daichi simplement, même s'il était secrètement ravi des commentaires de Ken.
« Tu as entendu, chérie ? Nos garçons se sont qualifiés pour le tournoi de Kanto ! Ha ha ha. » Chris renversa la tête en arrière et rit, criant à sa femme qui se trouvait à quelques mètres de là, dans la cuisine.
« Oui, oui, j'ai entendu. Félicitations à vous deux. » Elle rit.
« Alors, l'un de vous a frappé un home run ? » demanda Chris avec enthousiasme.
« Euh, eh bien... je n'ai pas vraiment pu jouer. » Ken répondit un peu maladroitement, mais son ton changea l'instant d'après. « Daichi n'a pas fait de home run non plus, mais il a fait deux triples et trois doubles ! »
Chris haussa un sourcil, mais il ne fit aucun commentaire sur la première partie afin de ne pas remuer le couteau dans la plaie. « Bravo Daichi ! » dit-il en levant le pouce.
« Oh, j'allais oublier. Tu es libre demain, papa ? » demanda Ken.
« Oui ! J'ai les cinq prochains jours de congé. Pourquoi, qu'est-ce qu'il y a ? »
« C'est à propos de notre lanceur Kouichi. Est-ce que tu pourrais l'aider à améliorer sa forme et son programme de récupération ? »
« Oh ? Tu veux dire la même chose que tu as refusé de faire ces dernières années ? » dit Chris, ce qui fit se sentir attaqué Ken. Mais il ne put que répondre par un sourire ironique.
S'il avait écouté son père, il aurait probablement pu éviter toutes les erreurs qu'il avait commises dans sa vie précédente.
« Oui, ça... », répondit-il sans honte. « Comme j'ai refusé de lancer cette saison, le coach m'a demandé si je pouvais prendre Kouichi sous mon aile. Mais je pense que ton entraînement serait bien plus efficace. »
La petite flatterie à la fin de sa phrase sembla faire des merveilles. Chris, qui lui avait jeté un regard condescendant, s'est soudainement éclairé et s'est mis à rire de bon cœur.
« Ha ha ha, oui, je pense que tu as raison. Après tout, j'étais entraîneur professionnel. » avait-il dit avec un sourire niais.
Yuki, qui était occupée à cuisiner, ne pouvait que secouer la tête en voyant Ken manipuler habilement son mari pour qu'il entraîne son ami. C'était le problème avec Chris, il était trop vulnérable aux flatteries.
Daichi semblait déconcerté par toute cette situation. En tant que receveur de l'équipe, il était le plus conscient des lancers imprévisibles de Kouichi, mais il ne savait pas que le coach avait demandé à Ken de l'aider à le coacher.
Il acquit un nouveau respect pour Ken qui avait accepté de le faire de manière désintéressée, compte tenu des circonstances.