Chapitre 327
Chapitre 327 – Visiteur (1)
Auteur : Leeroycgna
Traductrice : Moonkissed
Ai était actuellement dans sa chambre, faisant l'inventaire des effets personnels qu'elle souhaitait emporter avec elle à Tokyo. Elle était d'humeur mélancolique et soupirait de temps à autre.
Elle débrancha son téléphone et l'alluma, vérifiant s'il y avait de nouveaux messages qui pourraient lui remonter le moral. Cependant, après un rapide coup d'œil, elle constata qu'il n'y en avait aucun, ce qui la fit soupirer une nouvelle fois.
Toc toc.
« Oui ? » demanda Ai d'un ton morose.
La porte s'entrouvrit, laissant apparaître la tête de sa mère.
« Tu as de la visite en bas », dit Naomi en souriant gentiment.
« Ça ne m'intéresse pas », répondit Ai sans même regarder sa mère.
Le sourire de Naomi s'élargit encore plus, illuminant son visage. C'était comme si les années avaient reculé, laissant entrevoir sa beauté encore intacte. « Oh, je pense que tu voudras voir ça », dit-elle en laissant échapper un petit rire creux avant de refermer la porte derrière elle.
Ses mots résonnèrent dans la chambre à moitié vide d'Ai, la faisant hausser les sourcils d'un air interrogateur.
Qui sa mère voulait-elle lui présenter à cette heure-ci ?
L'instant d'après, son corps se raidit et son expression changea. Son cœur se mit à battre plus vite lorsqu'un certain garçon apparut dans son esprit, celui à qui elle avait pensé tout ce temps.
Ai se leva de son lit et s'apprêtait à franchir la porte lorsqu'elle s'arrêta. Elle se souvint soudain qu'elle portait des vêtements amples, car elle était en plein déménagement.
‘Je ne peux pas le laisser me voir comme ça.’
Pendant ce temps, Ken venait d'être confronté au personnage le plus ressemblant à un yakuza qu'il ait jamais vu de sa vie. Les tatouages voyants et les jointures ensanglantées lui firent peur comme jamais auparavant.
Alors que la silhouette continuait de s'approcher, Ken ne pouvait que reculer de plus en plus, car il était toujours assis. Il regarda Tetsu et comprit enfin pourquoi il avait fait semblant d'être si gentil.
‘Ce salaud m'a trompé depuis le début’, pensa-t-il en maudissant sa naïveté.
‘Mika, j'aurai peut-être besoin de ton aide pour me sortir de là’, dit Ken en essayant de calmer sa panique.
Il se serait même pas gêné de lâcher une autre bombe puante au milieu de la maison d'Ai si ça lui avait permis de survivre un jour de plus.
[Protocole flatulence en cours de recharge.]
‘Quoi ? La seule fois où j'aurais besoin d'une telle chose et elle est en recharge ?’
Ken était à court d'options alors qu'il continuait à reculer et à observer l'homme effrayant devant lui.
Mais l'instant d'après, l'homme s'assit sur le canapé avant de tendre la main pour lui serrer la main, un sourire illuminant son visage.
« Je suis ravi de te rencontrer enfin, je m'appelle Tsukasa. »
« Eh ? »
Ken sentit son cœur battre à tout rompre, résultat des scénarios qui avaient défilé dans son esprit tout au long de cette expérience éprouvante.
La montée d'adrénaline déclenchée par sa réaction de combat ou de fuite commença soudainement à s'estomper, lui donnant l'impression que toutes ses forces l'avaient quitté.
Il tendit prudemment la main et serra celle de l'homme qui ressemblait à un yakuza. Contrairement aux mains douces de Tetsu, celles-ci étaient couvertes de callosités, ce qui renforça les soupçons de Ken quant à son métier.
Tsukasa saisit alors la main de Ken et la tira vers lui pour inspecter sa rugosité, qui rivalisait avec la sienne.
« Hé hé, je vois que tu t'es aussi beaucoup entraîné avec la batte. Vraiment admirable. » dit-il en appréciant les callosités de l'adolescent.
Ken retira rapidement sa main, se sentant un peu secoué. Cependant, comme il ne se sentait pas en danger immédiat, il essaya de faire la conversation.
« Oh, vous jouez aussi au baseball ? » demanda-t-il.
Les yeux de Tsukasa s'illuminèrent avant qu'il ne secoue la tête d'un air amusé.
« Non, pas du tout, je suis bien trop maladroit pour ça ces temps-ci. »
Ken acquiesça, mais l'instant d'après, il frissonna. Tsukasa avait insinué qu'il s'était également entraîné avec la batte. S'il ne jouait pas au baseball, alors sur quoi pouvait-il bien frapper avec une batte ?
Cependant, il n'eut pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre. Le type était tatoué et vêtu de cuir, le look typique de quelqu'un qui appartenait à un gang, à la mafia ou autre.
Ce qui était drôle, c'est que Tsukasa était petit et déjà à moitié chauve. Sans ses tatouages, on aurait pu le prendre pour un type lambda dans la rue.
Tetsu, en revanche, ressemblait davantage au genre de personne que Ken s'attendait à trouver dans un gang. Pourtant, quand Ken regardait son visage souriant, il avait l'air d'un ange comparé à cet homme effrayant d'âge mûr qui se tenait devant lui.
« Tu devrais remercier ce type », dit Tetsu en posant sa main sur l'épaule de Tsukasa.
Ken haussa les sourcils, ne sachant pas où le père d'Ai voulait en venir.
Voyant que Ken était perplexe, il poursuivit : « Tsukasa t'a aidé à te débarrasser du voyou qui faisait chanter Ai et toi. »
Ah...
Il se souvint soudain que Tetsu avait mentionné qu'il avait de vieux amis qui pourraient l'aider à retrouver le coupable. Il s'avérait que cet homme d'âge moyen était l'un d'entre eux.
Rien que de penser qu'une telle personne s'était présentée chez lui avec de mauvaises intentions donnait la chair de poule à Ken. Il imaginait déjà Kohei se faire pipi dessus en rentrant de l'école.
« M-Merci », répondit Ken simplement.
En vérité, il avait presque oublié toute cette histoire, car il avait été très occupé. D'abord, il y avait eu le Koshien, puis son entrée dans l'équipe nationale, et il n'avait guère eu le temps de réfléchir à son année scolaire.
« Ce n'est pas grave. J'ai eu affaire à pire que ce minable. »
La façon dont Tsukasa haussa les épaules avec désinvolture fit que Ken le crut instantanément. Après tout, si son apparence était révélatrice de son métier, il était logique qu'il ait affaire à beaucoup de gens peu recommandables.
« Bon, assez parlé de choses ennuyeuses. Je t'ai vu à la télé, tu es vraiment une superstar », dit Tsukasa en poussant un soupir d'admiration.