Chapitre 200
Chapitre 200 – Rituel étranger (2)
Auteur : Leeroycgna
Traductrice : Moonkissed
SHIIIIIIICK
Le bruit d'un tissu qui se déchire résonna dans tout l’enclos, mais personne n'y prêta attention à ce moment-là. Tous les regards étaient rivés sur la balle qui avait été propulsée avec une force incroyable et qui tournoyait dans les airs avec une intention malveillante.
PAH
« Mmm, c'est mieux », s'exclama James, le visage rayonnant de joie. Il s'apprêtait à s'avancer pour féliciter le jeune garçon lorsqu'il remarqua soudain que sa chemise pendait de son corps.
« Ah ! Qu'est-il arrivé à ta chemise ? » s'écria-t-il, perplexe.
Elle était déchirée de telle manière qu'on aurait dit qu'il avait été attaqué par un animal sauvage.
Ai se couvrit rapidement les yeux de ses mains, sentant son visage rougir. Mais ses doigts s'écartèrent imperceptiblement afin de regarder un peu plus longtemps.
Ken sentit la brise lui chatouiller la peau en s'engouffrant dans les larges déchirures. Il regarda sa mère qui semblait agacée qu'une si belle chemise ait été abîmée.
« Que quelqu'un donne un maillot à ce gamin », cria l'entraîneur avant de se diriger vers Chris qui se trouvait toujours à l'extérieur de l’enclos. Il se pencha vers lui, les yeux rivés sur Chris.
« Mais qu'est-ce que tu as donné à manger à ce gamin ? »
Il n'y avait aucune accusation dans son ton, seulement de la reconnaissance. Il semblait plus que satisfait de la performance de Ken, malgré son statut d'entraîneur professionnel des Yokohama Warriors.
« Je... je ne sais pas », répondit Chris. En fait, à part Tetsu, il était la personne la plus choquée parmi les spectateurs.
À part la dernière fois qu'ils étaient venus voir le Dr Yukichi, la dernière fois qu'il avait vu Ken lancer, c'était en deuxième année de collège. Ce n'était que maintenant qu'il réalisait à quel point son fils était devenu monstrueux en seulement deux ans.
Tetsu n'était pas seulement choqué par le lancer, mais aussi par le corps bien musclé et sculpté de l'adolescent qui se tenait devant lui. D'après les vêtements que Ken portait habituellement, il avait supposé que le gamin était un grand maigrichon, mais il s'était complètement trompé.
Il se retourna et vit sa fille qui regardait son corps à travers ses doigts et ne pouvait s'empêcher de rougir.
« Bon sang, ne regarde pas », dit-il sèchement en plaçant ses grandes mains douces sur les yeux de sa fille.
Cependant, il sentit bientôt une morsure sur son petit doigt, ce qui le fit sursauter de surprise.
Au moment où l'un des employés arriva avec un maillot, Ai avait déjà gravé l'image dans son esprit. Elle avait une expression satisfaite sur le visage qui allait bien avec ses joues rougies.
Après s'être changé, Ken avait maintenant l'air un peu bizarre. Avec son maillot de baseball et son beau pantalon de costume, il avait l'air ridicule, pour le dire gentiment.
« Ha ha ha ! Tu as fière alure, Kenny Boy », commenta James en passant son bras autour des épaules du jeune homme.
Ken se sentit embarrassé à ce moment-là. Pour être honnête, il aurait préféré rentrer chez lui immédiatement. L'idée de devoir se montrer en public dans cette tenue était suffisamment humiliante pour n'importe quel adolescent.
James le serra un peu plus fort contre lui et se pencha vers lui avant de parler.
« Si tu continues à t'améliorer, je suis sûr qu'on te verra bientôt dans les grandes ligues », dit-il d'un ton plein de confiance.
« Merci, M. Matthews », répondit Ken, reconnaissant pour les mots d'encouragement de l'homme. Cela lui faisait plaisir d'être reconnu par un professionnel de ce sport, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant.
Mais il semblait qu'il n'avait pas fini.
« Ne prends pas la grosse tête. Tous les joueurs de notre équipe auraient pu frapper cette balle, à moins de la mettre en faute. Tu as encore quelques années pour t'améliorer, alors ne te laisse pas griser par ce succès. »
La confiance que Ken avait acquise s'effondra rapidement. Il avait pensé que puisqu'il avait réussi à éliminer des joueurs comme Carlos, il aurait au moins une chance contre certains professionnels. Même s'ils étaient en fin de liste.
Mais les paroles de James le ramenèrent à la réalité.
Il ne pouvait pas ne pas croire un gars qui avait joué en Ligue Majeur pendant plus de dix ans. Après tout, son objectif ultime était d'atteindre la Major League avec son frère.
« Oui monsieur, je ferai de mon mieux », répondit Ken avec un sourire sincère.
« Bien ! »
Voyant la sincérité dans sa réponse, James était de bonne humeur. Il était heureux de voir que le gamin qu'il avait repéré avait fait autant de progrès en si peu de temps, et mieux encore, qu'il n'était pas arrogant.
Trop souvent, chez lui, il avait trouvé de bons éléments, qui avaient fini par se gâcher à cause de leur orgueil ou d'un manque d'éthique professionnelle. Il connaissait suffisamment les gens pour savoir quand ils étaient sincères ou non.
« Va chercher un pantalon dans le vestiaire avec ton père, tu as l'air ridicule », dit-il en donnant une tape sur les fesses de Ken au passage.
Ne s'attendant pas à ce contact, Ken contracta ses joues par réflexe et couvrit ses fesses. Il avait déjà vu ces fameuses tapes sur les fesses lors des matchs de la Ligue majeure, mais c'était la première fois qu'il en recevait une.
Il entendit soudain un rire contagieux provenant de l'autre côté de la clôture, un rire qu'il reconnut immédiatement.
Son père se tenait les côtes et riait aux larmes, tandis que le reste du groupe le regardait avec perplexité.
Lorsque Ken sortit de l'abri, Chris était toujours en train de rire. Ce n'est que lorsque Ken se tint devant lui qu'il parvint enfin à se calmer.
« Qu'est-ce qui est si drôle ? » demanda Ken, une pointe d'agacement dans la voix.
Chris gloussa et passa son bras autour des épaules de Ken, un sourire entendu se dessinant sur son visage.
« Tu as réagi exactement comme moi quand j'ai reçu ma première tape sur les fesses en Amérique », répondit-il, toujours amusé.
« Ah... » Ken semblait avoir accepté son sort tandis que le groupe retournait vers les installations.
« Allons changer ton pantalon avant d'aller nous asseoir », dit Chris en consolant son fils.
James regarda Ken et leur groupe s'éloigner en direction des vestiaires, un sourire figé sur le visage.
‘Désolé de t'avoir menti, Kenny Boy. Je ne veux pas que tu te reposes sur tes lauriers.’