Chapitre 167
Chapitre 167 – Excuses (1)
Auteur : Leeroycgna
Traductrice : Moonkissed
Tetsu franchit le seuil de sa maison et expira enfin le souffle qu'il retenait depuis un moment, tout son corps se détendant aussitôt. Il se sentait un peu coupable d'avoir quitté Tsukasa et les autres si précipitamment, mais il voulait juste s'éloigner le plus possible de ce fils de pute.
Naomi l'attendait derrière le comptoir, l'air inquiète. Elle connaissait suffisamment son mari pour ne pas lui demander de détails, alors elle s'approcha et le serra dans ses bras.
Après quelques instants de silence, elle demanda doucement : « C'est réglé ? »
« Mmm. »
C'était maintenant au tour de Naomi de pousser un soupir de soulagement. Trop de choses terribles s'étaient produites à cause des actions de cet homme, elle était donc heureuse que tout soit enfin terminé.
« Où est Ai ? » demanda Tetsu.
« Elle est dans sa chambre. Va lui parler pendant que je prépare le dîner. »
Tetsu acquiesça. C'était une chose de nettoyer ce gâchis, mais c'en était une autre de demander pardon à sa fille pour ce qu'il avait fait.
Certes, il avait été manipulé par les photos, mais cela n'excusait en rien son comportement envers Ken. Au fond de lui, il s'était toujours méfié de Ken et il n'avait besoin que d'une excuse pour essayer de le chasser.
Sans ces photos, il aurait probablement trouvé une autre raison de le repousser.
Toc toc
Tetsu frappa doucement à la porte avec ses jointures, attendant une réponse avant d'entrer dans la chambre. Il savait par expérience que le meilleur moyen de mettre sa fille en colère était d'entrer sans frapper dans sa chambre.
« Entre. »
La voix d'Ai était douce, mais dépourvue de sa chaleur habituelle.
Il ne savait pas pourquoi, mais un sentiment de tristesse l'envahit soudainement. C'était peut-être ce que ressentaient tous les pères lorsqu'ils voyaient leur enfant en détresse.
Après avoir ouvert doucement la porte, il trouva Ai assise sur son lit, fixant son téléphone avec une expression morose.
« Salut, comment ça va ? » demanda Tetsu, tentant de la sonder.
« Ça va. »
Ces deux mots semblèrent déclencher une sorte de syndrome de stress post-traumatique chez lui, exacerbant son anxiété. Il connaissait suffisamment les femmes pour savoir que « ça va » signifiait généralement le contraire.
« Hum. Je me suis occupé du problème. Tu ne reverras plus jamais cette ordure à l'école. » annonça Tetsu, les yeux rivés sur Ai.
Au fond de lui, il espérait que sa fille lui adresse un sourire radieux et lui fasse un câlin, mais cela ne se produisit pas.
Ai hocha la tête avant de murmurer un petit merci, laissant Tetsu perplexe.
Il venait de résoudre complètement le problème, non ? Alors pourquoi sa fille avait-elle toujours l'air si triste ?
« Euh, c'est une bonne nouvelle, non ? Maintenant, tu peux continuer... à faire ce que tu faisais. »
La petite pause était évidente, il ne voulait pas parler de Ken dans cette situation. Était-ce par culpabilité ou pour une autre raison, il n'en était pas sûr.
Ai ne réagissait toujours pas, les yeux rivés sur son téléphone.
« Ai... Qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi tu fais ça ? »
À ces mots, elle fronça les sourcils avant de lui lancer un regard noir.
« Comment tu peux ne pas comprendre ? Tu fais semblant ? »
Ses mots durs le firent reculer de surprise, ne s'attendant clairement pas à une telle réaction.
« Que veux-tu dire ? »
L'expression d'Ai s'assombrit encore plus, son père refusant toujours d'admettre ses torts. La lumière dans ses yeux sembla s'éteindre avant qu'elle ne reprenne enfin la parole.
« Tu penses vraiment que ce que tu as fait était acceptable ? »
Elle se leva et posa enfin son téléphone sur le lit.
« C'est une chose d'être un père surprotecteur, mais tu es entré dans ma chambre et tu as violé mon intimité. Comme si cela ne suffisait pas, tu as pris une décision irréfléchie et tu as frappé mon ami, qui était également une victime, lui blessant l'épaule. »
Tetsu sentit son corps se glacer lorsqu'il vit sa fille s'avancer lentement vers lui, le regard furieux. Chaque mot était comme un couteau qui lui transperçait le cœur.
« Il est venu à l'école aujourd'hui avec une écharpe autour du bras et a été obligé de s'entraîner tout seul. À l'expression du coach, j'ai vu qu'il n'était pas content. Et s'il ne peut plus lancer pendant le reste de l'année ? »
Son visage passa de la colère à la tristesse en un instant.
« Comment as-tu pu faire ça ? »
Des larmes commencèrent à couler du coin de ses yeux, brisant encore plus son cœur. Un sentiment de culpabilité et d'échec menaçait de le submerger alors qu'il regardait sa propre fille souffrir.
« Comment vais-je pouvoir lui parler ? Me pardonnera-t-il ? »
Ai s'accroupit et enfouit son visage dans ses mains, sanglotant doucement.
Tetsu tendit la main pour la serrer dans ses bras, mais il s'arrêta à mi-chemin. Un combat mental semblait se dérouler dans son esprit, mais il finit par retirer sa main.
« Ce n'est pas ta faute, Ai... Pourquoi aurait-il besoin de te pardonner ? »
Ai leva la tête et regarda son père, les yeux bleus gonflés et le visage baigné de larmes. Elle semblait vulnérable, ce qu'il n'avait pas vu depuis longtemps.
« Si... Si j'avais parlé, rien de tout cela ne serait arrivé ! Tu ne l'aurais pas blessé et nous ne serions pas dans cette situation. »
Après avoir dit cela, elle fondit à nouveau en larmes.
Tetsu ne pouvait que rester assis et regarder, ne sachant pas comment gérer cette situation.
S'il était vrai qu'une grande partie de la situation aurait pu être évitée, ou du moins résolue, si Ai avait parlé du problème auquel elle était confrontée, cela n'absolvait pas ses actes.
Son visage changea plusieurs fois d'expression avant qu'un regard déterminé ne s'y affiche.
Sans un mot, il quitta la pièce et se rendit dans la cuisine.
« Quelle est son adresse ? » demanda Tetsu à sa femme.
« Qu'est-ce que ça a à voir ? »
« Dis-moi... s'il te plaît. »