Chapitre 119
Chapitre 119 – Marche matinale (1)
Auteur : Leeroycgna
Traductrice : Moonkissed
Alors que le soleil commençait à se lever à l'horizon, deux silhouettes projetaient de longues ombres en marchant vers leur destination. L'une était grande et vêtue d'une tenue de sport, un vélo rose sur l'épaule, tandis que l'autre portait des sacs remplis de pâtisseries.
Si la scène pouvait sembler romantique vue de l'extérieur, les deux personnes en question étaient quant à elles silencieuses. Seuls le bruit de leurs pas et le cliquetis du vélo en panne résonnaient à leurs oreilles.
Ai marchait en fixant le sol, les joues rougies par la honte. Elle ne savait pas quoi dire pour briser le silence qui lui semblait insupportable.
Ken, quant à lui, était mortifié.
‘Comment ai-je pu être aussi stupide...’
Il se reprochait d'avoir blessé la femme à côté de lui, même si la blessure n'était que superficielle. Perdu dans ses pensées, il ne s'était pas rendu compte que l'atmosphère était devenue si pesante.
« Alors... », balbutia Ai en levant la tête pour regarder le garçon à côté d'elle.
Voyant son visage impassible et l'absence de réaction à sa voix, elle ne parvint pas à continuer. Elle se contenta de le regarder, appréciant sa mâchoire ciselée et certains traits étrangers mais séduisants de son visage.
‘Maintenant que je le vois de près, il est encore plus beau.’
Les joues d'Ai s'embrasèrent soudainement lorsqu'elle prit conscience de ses pensées.
Comme s'il sentait le regard posé sur lui, Ken se retourna et vit les beaux yeux bleus d'Ai fixés sur lui. Cela ne dura qu'un instant avant qu'ils ne détournent tous deux le regard, rougissants.
‘Argh, bon sang. On est dans un manga shojo ou quoi ?’
Il se réprimanda d'avoir pris une expression aussi embarrassante. Cependant, il ne semblait pas avoir le choix, vu que son corps réagissait de lui-même.
Être accompagné de la femme dont il était follement amoureux dans sa vie antérieure semblait suffire à rendre ses hormones folles.
Malgré son âge mental de 24 ans, il n'était en fait toujours pas habitué au sexe opposé. Il ne savait donc honnêtement pas comment se comporter devant Ai.
‘Merde, c'est plus stressant que d'être en fin de 9e manche avec les bases pleines et deux retraits...’
« Euh, Ken. » La voix douce d'Ai l'interpella alors qu'elle s'arrêtait.
« Oui ? » Ken se retourna, le cœur battant à tout rompre.
« C'est la maison de Mme Masuda. » dit-elle en désignant un appartement devant lequel il venait de passer.
« Oh... Je t'attends ici alors. »
Il soupira intérieurement, exaspéré par son manque de sociabilité. Quel genre d'homme était-il donc, incapable de tenir une conversation avec une fille de 16 ans ?
Ai s'avança et sonna à la porte. Peu de temps après, une femme âgée vint ouvrir avec un sourire et prit le sac de pâtisseries.
Elle tenta de donner de l'argent à Ai, mais celle-ci refusa poliment, expliquant que ses parents avaient dit que c'était offert. Malheureusement, elle avait sous-estimé les ruses des grands-mères lorsqu'il s'agissait de donner de l'argent.
« Chérie, prends cet argent et va t'offrir un bon petit-déjeuner avec ton petit ami. »
« Qu-Qu'est-ce que vous dites, nous ne sommes pas en couple ! »
Mme Masuda plissa les yeux en réponse, tout son corps prêt à agir.
Au moment où Ai niait avec empressement leur relation, la grand-mère se précipita et glissa l'argent dans la poche de poitrine d'Ai. Puis, à une vitesse fulgurante, elle entra dans la maison avec les pâtisseries à la main et claqua la porte, laissant la jeune fille perplexe sur le pas de la porte.
Ken écarquilla les yeux, stupéfait. Il était presque sûr que cette grand-mère pourrait rivaliser avec les jumeaux Aoyama en matière de vitesse.
Il était à deux doigts d'essayer d'utiliser Identifier sur elle.
« Pfft HAHA... »
Voyant l'air abattu d'Ai et comprenant la situation, Ken ne put s'empêcher d'étouffer un rire et plaqua rapidement ses mains sur sa bouche.
Ai tourna la tête vers Ken et le vit essayer de cacher son rire. Au lieu de se fâcher, elle trouva elle aussi toute cette situation ridicule.
Un sourire se dessina sur son visage tandis qu'elle le regardait.
‘Il a donc aussi ce côté-là ?’ pensa-t-elle intérieurement.
Depuis qu'elle l'avait remarqué, Ai n'avait vu que le Ken travailleur et dévoué. C'était la première fois qu'elle voyait qu'il pouvait aussi rire de choses stupides et s'amuser.
Inconsciemment, elle se détendit.
En passant devant Ken, elle le poussa du coude et lui tira la langue.
Ken se figea un instant, ne s'attendant pas à une telle réaction. Cependant, il se sentit soudain beaucoup moins mal à l'aise avec elle.
Ils continuèrent à marcher le long du chemin, se sentant cette fois un peu plus proches. Ken prit même l'initiative d'engager la conversation.
« Waouh, qui aurait cru que grand-mère Masuda était si agile ? »
Ai acquiesça : « En fait, elle pratiquait le ninjutsu quand elle était plus jeune ».
« Quoi ? Elle était ninja ? » Ken faillit laisser tomber le vélo rose qu'il portait sur son dos sous le choc.
« Pfft... Hahahaha. »
Un rire velouté s'échappa de la bouche de la jeune fille à côté de lui, qui se prit les côtés et rit de bon cœur. Ce rire était contagieux, et un sourire apparut inconsciemment sur le visage de Ken.
C'est alors qu'il comprit qu'il s'était fait avoir.
« Ha ha ha. » Ken rit sarcastiquement, mais il était à la fois surpris et impressionné. Même s'il avait courtisé Ai dans sa vie antérieure, il n'avait jamais vu cette facette d'elle.
Les deux continuèrent à discuter pendant les 20 minutes restantes du trajet jusqu'à la maison de Ken. La glace étant brisée, c'était comme si les deux étaient de vieux amis, partageant leurs centres d'intérêt et parlant de tout et de rien.
Ken apprit que les parents d'Ai tenaient une boulangerie et qu'elle livrait souvent des pâtisseries le matin. C'était une nouvelle pour lui, car il courait tous les matins depuis près d'un an.
Maintenant qu'il y pensait, il avait décidé de prendre un autre itinéraire ce matin-là pour une raison qu'il ne se rappelait plus très bien. Comme il avait l'esprit léger, il ne se souvenait plus vraiment pourquoi il avait fait ce choix.
Ai aimait aussi la mode occidentale et confectionnait même ses propres vêtements pendant son temps libre.