Chapitre 81
< — La haute société de la Capitale[1]– > (7)
TN : SORTIE BONUS 4. Bonne lecture.
Comme ensorcelée, Lucia signa le contrat qu'Antoine lui présentait. Les articles qu'Antoine disait qu'elle devait acheter étaient essentiels et indispensables. Sur le moment, elle le pensait sincèrement. Même après le départ d'Antoine, elle restait quelque peu absente, encore sous l'emprise de cette sensation d'enchantement.
Mais lorsqu'elle vérifia la copie du contrat et la facture livrée dans l'après-midi, ses sens, à moitié envolés, revinrent à la réalité. Elle eut l'impression que son âme allait s'échapper de son corps lorsqu'elle confirma le montant.
Lucia ne savait pas que le prix à payer pour avoir succombé aux murmures de la créatrice serait si colossal. Le prix de la robe de créateur de premier ordre, qu'elle achetait pour la première fois de sa vie, était bien plus élevé que le montant vague qu'elle avait imaginé.
La femme de chambre versa modérément de l'eau tiède sur son épaule. Tandis qu'elle laissait son corps, l'esprit ailleurs, entre les mains de la domestique qui la servait dans son bain, Lucia continuait de penser à la robe.
« Pourquoi, bon sang, les chapeaux et les chaussures sont-ils si chers ? Sans parler des gants. »
Selon le bon sens de Lucia, les chapeaux et les chaussures n'étaient que des accessoires. Néanmoins, une robe était ce que les gens remarquaient, et bien que les chaussures fussent un assortiment, elles n'étaient pas si visibles ; Lucia pensait donc qu'il suffisait qu'elles soient présentables. Dans son rêve, elle n'avait même jamais acheté quelque chose comme des gants. Et lorsqu'elle avait acheté la robe, elle avait pris quelques extras.
« En plus, ce ne sont que des robes d'été. »
Quand le temps se rafraîchirait un peu, elle ne pourrait plus les porter.
« Il faut que je demande un remboursement. Je ne peux pas dilapider autant d'argent dans une robe. De toute façon, je n'ai encore rien reçu, et c'est du sur-mesure. »
À l'origine, Lucia voulait obtenir un remboursement immédiat, mais Jerome l'en dissuada. Il lui conseilla d'en discuter avec son maître. Demander un remboursement après l'achat d'un article était une question importante qui touchait à la réputation. Surtout dans le cas de produits de luxe, il y avait un risque de mauvaises rumeurs.
Tandis que Lucia contemplait constamment l'idée d'un remboursement, Hugo termina son bain dans sa chambre et entra dans celle de Lucia. En écoutant le léger bruit de l'eau provenant de la salle de bain, il ramassa l'enveloppe blanche posée sur la table.
Contrat et facture. Hugo s'assit sur le canapé et parcourut les spécifications. Lorsqu'il vit le montant, il gloussa. Cela représentait environ un cinquième du montant qu'il avait noté pour Antoine.
Devait-il reconnaître la capacité de la créatrice à lui faire dépenser une telle somme, ou devait-il louer le bagout de cette marchande, digne d'une escroc, qui avait fait tomber ses défenses avec une telle précision, sans pour autant aller trop loin ?
La créatrice était déterminée à utiliser la totalité du montant qu'Hugo avait inscrit. Un bon marchand ne laisserait pas passer une chance de gagner de l'argent. Cependant, la créatrice avait fait un pas en arrière.
Hugo ne le savait pas car il n'était pas sur place à ce moment-là, mais très probablement, la créatrice avait dû sentir le danger : si elle insistait trop, elle ne vendrait rien du tout.
Antoine avait reculé pour mieux avancer. Elle avait compris que cette affaire ne se réglerait pas en une seule fois. Pour Hugo, il était facile de trouver des familles nobles consumées par l'extravagance de leurs épouses. Cependant, il ne s'attendait pas à devoir accorder de l'attention à ce sujet pour la raison exactement inverse.
Elle n'était jamais avare avec les autres. Lorsque le jardin avait été construit à Roam, les ouvriers avaient reçu une rémunération supérieure à la moyenne. Cependant, Hugo était très fatigué de cette frugalité et de cette économie qui ne s'appliquaient qu'à elle-même. Peu importait lorsqu'ils séjournaient dans le domaine.
Sa peau immaculée, sans maquillage, était agréable au toucher, et son parfum floral, sans effluves entêtantes, était rafraîchissant. De plus, il n'y avait nul besoin de vêtements extravagants. Les vêtements existaient pour être retirés. En ce sens, il n'aimait pas l'hiver. La jupe était trop épaisse et lourde.
Mais à l'origine, il détestait l'été et sa moiteur. Il avait l'habitude d'apprécier l'équitation durant le froid hivernal. Certes, c'était le cas, jusqu'à l'hiver dernier. Hugo n'avait aucun problème avec sa tenue, mais il n'en allait pas de même pour les autres. Elle devait apparaître dans la haute société en tant que Duchesse. L'apparence était le critère le plus simple pour juger une personne.
Si elle affichait une simplicité qui ne convenait pas à son statut de Duchesse, elle ne serait pas louée pour sa vertu, mais deviendrait au contraire la cible des commérages. Il ne voulait pas qu'elle devienne le sujet d'un tel bavardage sans valeur.
« Je dois rencontrer la créatrice une fois de plus. »
Hugo décida de reconnaître le talent de la créatrice. Et il voulait la rencontrer à nouveau pour discuter du contrat.
« Je dois établir deux contrats. »
Le contrat avec le montant réel lui serait envoyé, et le faux contrat, avec un montant bien inférieur, lui serait remis à elle. Il ne voulait pas qu'elle s'inquiète pour des questions d'argent. Même si, dans son esprit, elle était remplie de soucis à son sujet, il n'y avait aucune nécessité(1).
Remarque du traducteur :
1. Il n'était pas nécessaire qu'elle s'inquiète pour son argent.
* Je me suis étrangement identifiée à Lucia dans ce chapitre. Les vendeurs me font peur lol.
*Le prochain sera très court. C'est une histoire secondaire ! Devinez de qui il s'agit ??? C'est votre préférée ! (je plaisante)