Chapitre 78
< — La haute société de la Capitale[1]– > (6)
TN : (≧ڡ≦*) Nous restons sur Katherine~
Après leur repas, Lucia fit une promenade avec lui dans le jardin. Lorsqu'ils étaient à Roam, il l'emmenait souvent faire des promenades en soirée dès qu'il en avait le temps. Son mari était un homme occupé et travailleur.
Il ne lui restait pas beaucoup de temps avant qu'ils ne se retirent pour la nuit. Ainsi, Lucia était bien plus heureuse de ce moment de détente passé à marcher avec lui que de recevoir un cadeau coûteux.
« Ils étaient tous individuellement magnifiques et charmants. Avez-vous tout choisi vous-même ? » (Lucia)
« C'est le cas. » (Hugo)
Hugo venait de les emballer après un seul coup d'œil, mais il était juste de dire qu'il avait tout choisi lui-même.
« Cela vous plaît ? » (Hugo)
« Oui, merci. »
Lucia était plus reconnaissante de son intention d'offrir que de n'importe quel bijou.
« Vous semblez bien vous y connaître en bijoux féminins. J'imagine que c'est parce que vous en avez beaucoup offert. »
Lucia voulut ravaler ses mots aussitôt sortis de sa bouche. Elle n'avait aucune intention de le critiquer et pensa que ses paroles avaient dépassé les bornes. Elle sentit qu'il serait mécontent et s'apprêtait à s'excuser pour ce lapsus, mais il prit la parole le premier.
« Vivian. »
Il poussa un profond soupir, tendit la main pour saisir ses poignets et cessa de marcher.
« Ne pouvez-vous pas oublier ce qui s'est passé avant notre mariage ? »
Lucia pensait qu'il allait se mettre en colère, mais il semblait étrangement vulnérable. Elle le fixa, interdite.
« Est-ce que je continue à mentionner des choses d'avant notre mariage ? Je ferai attention à l'avenir. »
« Ce n'est pas ce que je voulais dire. C'est arrivé il y a quelque temps, mais vous souvenez-vous de ce que vous avez dit lorsque vous avez demandé à modifier notre contrat ? »
[S'il vous plaît, ne prenez pas d'amante sans que je le sache. Si vous vous lassez de moi ou si je vous dégoûte, et que vous souhaitez me quitter pour une autre femme, dites-le-moi d'abord. Je ne souhaite pas l'apprendre par la bouche d'un autre.] (1)
« Oui. Je m'en souviens. »
« Je n'aurai pas d'amante sans que vous le sachiez et je ne vous quitterai pas parce que je suis las ou dégoûté de vous, alors j'aimerais que vous me fassiez confiance. »
Le cœur de Lucia se mit à battre la chamade. Elle ne saisissait pas l'intention derrière ses mots. Un immense tourbillon commença à balayer son esprit. C'était elle qui avait fait une erreur. Elle n'avait aucune raison ni aucun droit de critiquer ou de mentionner ses actions passées avant leur mariage.
Il était possible qu'il ait une personnalité obsédée par les règles. Par conséquent, une fois le contrat de mariage légal établi, il s'y était tenu strictement.
Cependant, cela ne correspondait pas à la personne que Lucia observait depuis tout ce temps. C'était un homme volontaire qui n'avait aucun scrupule à modifier les règles existantes pour les adapter à ses besoins.
« ...Pourquoi ? »
Lucia ne parvenait pas à comprendre ce qu'il pensait et marmonna distraitement en le regardant. Elle voulait qu'il dise quelque chose, n'importe quoi, pour pouvoir conclure que « ah, c'était une remarque sans importance ».
Cependant, ses pupilles tremblaient de déception. Il fit une grimace qui signifiait qu'il ne savait pas quoi dire. Il ouvrit la bouche à plusieurs reprises comme pour dire quelque chose, puis la referma.
« Pourquoi... ? »
Lucia sentit ses doigts s'engourdir, alors elle serra et desserra les poings. Cet homme devant elle. Il était blessé.
L'homme dont Sir Krotin était si convaincu que personne sous le ciel ne pourrait même effleurer, souffrait maintenant à cause de ses quelques mots.
Il y a longtemps, Lucia avait ressenti quelque chose de similaire. Lorsqu'elle lui avait dit sèchement qu'elle ne tomberait jamais amoureuse de lui, juste un court instant, elle avait entraperçu sa douleur.
À l'époque, elle n'était pas en situation de réfléchir profondément, alors elle avait balayé cela. C'était il y a si longtemps qu'elle avait presque oublié ce qu'elle avait ressenti alors. Mais maintenant, elle en gardait un goût amer.
« Est-ce que j'ai pu... »
Son cœur semblait trop plein pour les mots et lui faisait mal, comme s'il était coupable. Cela faisait mal, mais c'était une douleur qu'elle espérait ne jamais voir finir.
« Est-ce que je... compte pour vous ? » (Lucia)
Après avoir soigneusement choisi ses mots, Hugo ouvrit la bouche.
« Je sais que vous ne pouvez pas me croire. Et je comprends pourquoi. »
Il avait commis beaucoup d'erreurs avec elle. Depuis leur rencontre avec Sofia Lawrence, c'était le pire. Avant qu'ils ne se marient, il avait apporté des documents et lui avait dit de ne pas interférer dans sa vie privée.
Il avait omis la cérémonie de mariage parce qu'il trouvait cela fastidieux, et lors de leur première nuit de noces, il n'avait satisfait que sa propre avidité sans prendre en considération ses sentiments. C'était lui-même qui avait cherché son corps avec insistance.
« Je vais faire des efforts. Alors, soyez indulgente avec moi. »
« Pourquoi ? Pourquoi et pour quelle raison faites-vous des efforts ? »
Lucia le regarda en silence car sa question restait sans réponse. Alors que son silence s'éternisait, Hugo soupira et se détourna, passant une main dans ses cheveux.
En le voyant s'agiter, les yeux de Lucia commencèrent peu à peu à devenir plus clairs et plus brillants.
« Est-ce un caprice ? »
Elle ne savait pas ce qu'il faisait avec ses autres amantes. Elle ne savait pas comment il murmurait des mots d'amour à la personne avec qui il était autrefois le plus affectueux.
La seule chose qu'elle avait vue, c'était la scène où il rejetait sans cœur son amante. Et cette scène était profondément enracinée dans son cœur comme une peur fondamentale. Elle pensait qu'un jour, elle pourrait se retrouver à la place de Sofia Lawrence.
« ...Je ne me soucie pas de ce qui s'est passé avant notre mariage. » (Lucia)
« Vraiment ? » (Hugo)
« Je n'en ai pas le droit. »
« ... »
Je deviens fou. Hugo marmonna dans sa barbe. Un mur pourrait-il être plus solide que celui-ci ? Elle ne s'éloignait pas, ne serait-ce qu'un instant, de la ligne qu'elle avait tracée autour d'elle-même.
« Je vous crois. » (Lucia)
« ...Vous le faites... ? »
« Je crois que si vous avez une amante, vous me le direz et ne la rencontrerez pas en secret. Vous tenez vos promesses. »
Effectivement, c'était une sorcière. En un court instant, elle l'avait poussé du haut d'une falaise, puis elle l'avait remonté. Hugo se sentait accablé. Il ne savait pas par où commencer pour démêler les fils emmêlés. Ses solutions précédentes, qui consistaient à couper les fils emmêlés plutôt que de les démêler, ne lui étaient d'aucune aide dans cette situation.
« Pourquoi voulez-vous que je vous fasse confiance ? » (Lucia)
Hugo était à court de mots. Il n'avait pas réfléchi à la raison. Il parvint à peine à inventer une excuse.
« ...On ne peut pas vivre dans la même maison avec quelqu'un en qui on ne peut pas avoir confiance. »
Lorsqu'elle se remit à l'observer en silence, Hugo devint nerveux, se demandant s'il avait fait une erreur.
« Je n'en ai aucune idée. » (Lucia)
Elle savait, mais elle ne savait pas. Il semblait qu'elle s'approchait de la réponse, mais il semblait aussi qu'elle revenait au point de départ.
« Est-ce qu'il... ? »
C'était un soupçon très léger, mais Lucia ne pensait pas que c'était possible.
Lucia nourrissait l'espoir qu'elle recevrait un jour son amour. C'était un désir vague et immense dont elle ignorait quand il serait accompli. Cela ne pouvait pas être aussi simple. Alors, elle écarta cette option tout en cherchant la raison pour laquelle il se comportait ainsi.
« Il m'apprécie assez. »
Ses actions n'étaient pas seulement celles d'un mari consciencieux. Bien sûr, elle savait qu'il la voyait favorablement et qu'il la traitait bien.
« Est-ce qu'il a besoin de confiance parce qu'il m'est attaché ? »
C'était un chevalier, le seigneur d'une famille et le maître d'un vaste territoire. Il était dans une position où il ne pouvait pas placer quelqu'un en qui il n'avait pas confiance à ses côtés. La confiance s'accomplit lorsqu'elle est partagée avec l'autre. Lorsqu'elle pensait à cela, elle pouvait le comprendre, bien que pas entièrement.
« Ce que vous dites, c'est... ce que vous voulez dire, c'est que vous serez fidèle en tant que mari, donc je devrais vous faire confiance, c'est ça ? »
Quand elle le formulait ainsi, cela semblait juste, mais aussi un peu faux. Hugo ne pouvait pas mettre le doigt dessus, alors il se contenta d'acquiescer.
« D'accord, je le ferai. » (Lucia)
Sa réponse fut concise, contredisant le suspense dans lequel il se trouvait jusqu'alors. Hugo la regarda avec doute. Il craignait qu'elle ne dise quelque chose pour le poignarder dans le dos.(3)
« Selon la façon dont vous vous comporterez. » (Lucia)
Néanmoins, elle ne trahit pas ses attentes inquiètes.
« ...Si c'est une blague, elle n'est pas drôle. »
« Je ne plaisante pas. »
En réalité, elle l'avait dit comme une plaisanterie, mais quand il l'avait prise si au sérieux, elle s'était sentie embarrassée. Elle lança ces mots avec pudeur, se tourna et commença à marcher devant.
Il la regarda distraitement, puis fit un pas en avant. Il ne savait pas quoi faire pour qu'elle lui fasse confiance. Avec la tournure que prenaient les choses, il se demandait si elle n'allait pas entendre une rumeur absurde et changer d'avis.
« Je dois appeler Fabian. »
Fabian était encore annoncé comme travaillant en heures supplémentaires aujourd'hui.