Chapitre 68
< — La haute société de la Capitale (1) — > (1)
TN : ┐(︶▽︶)┌ | J'imagine qu'on pourrait aussi appeler cela « le cercle social de la Capitale », mais je trouve que « haute société » indique clairement que le titre fait référence aux nobles.
Il s'agissait d'une réunion tardive, organisée pour éviter les regards indiscrets. Chaque membre présent à ce rassemblement secret était une figure éminente de la société. Il serait probablement très difficile pour ce groupe de personnes de pouvoir se réunir à nouveau en secret.
Le Prince héritier Kwiz, le Duc Taran, le Duc Ramis, le Marquis Philip et le Marquis DeKhan. À l'exception du Prince héritier, tous les quatre étaient des Gong et, si l'on additionnait tous les territoires qu'ils gouvernaient individuellement, ils représentaient des nobles influents de haut rang qui dirigeaient la moitié du pays.
« Alors, quel est l'avis du Gong Taran sur la question ? »
Hugo réfléchit un instant à la question de Kwiz avant de prendre la parole.
« La guerre aura lieu. Ce n'est qu'une question de temps. Par conséquent, il faut impérativement éliminer les forces d'opposition. »
« Mmm... »
Ils fredonnèrent tous pensivement. Il n'y avait personne ici qui ignorait que, bien que l'on dise que la guerre était terminée, il s'agissait davantage d'un cessez-le-feu.
Les forces alliées du Sud-Ouest avaient été vaincues durant la guerre et en payaient le prix fort, devant s'acquitter de nombreuses réparations de guerre.
Incapables de supporter le poids des taxes, des rébellions avaient éclaté un peu partout, des guerres civiles avaient surgi, certains pays avaient été renversés et des dynasties avaient changé. Hormis la guerre, il n'existait aucun autre moyen d'échapper à leur situation actuelle.
« Je suis d'accord avec l'idée du Gong Ramis de les laisser gagner en puissance pour le moment. » (Hugo)
« Quel est le problème avec le fait de s'en occuper dès le départ ? »
« Plutôt que de casser les branches, il faut arracher les racines. Si l'on agit avec demi-mesure, des ennemis cachés pourraient refaire surface plus tard, pendant la guerre. »
C'était un lieu pour discuter de la manière de gérer les soi-disant forces anti-impériales, qui étaient essentiellement les demi-frères du Prince héritier.
Le Duc Taran et le Duc Ramis étaient d'avis de les laisser tranquilles pour l'instant et de s'en occuper plus tard, mais les deux Marquis estimaient qu'il était plus propre de les éliminer immédiatement.
Les deux camps avaient leurs raisons, alors Kwiz réfléchissait à la question.
« Si c'était le Gong Taran qui prenait la décision, les laisseriez-vous tranquilles pour le moment ? »
« Non. Si c'est moi qui prends la décision, je m'en occupe maintenant. »
Hein ? Ils tournèrent tous leurs regards vers Hugo, signalant qu'ils ne comprenaient pas son raisonnement.
« Pourquoi vos paroles ont-elles changé ? Je pensais que vous vouliez arracher le mal par la racine et ne pas agir avec négligence. »
« C'est ce que disent les manuels, mais je ne suis pas le Prince héritier. Je ne supporte pas les choses agaçantes qui bourdonnent autour de moi. Il me convient mieux de commencer par tout tuer. »
« ...Ah. C'est donc cela. »
Kwiz se souvint soudain de la manière dont le Duc de Taran avait traité les seigneurs du Nord qui l'avaient trahi il y a plus d'un an. Près de 1 000 personnes avaient péri.
Même le Roi, qui tolérait les affaires du Nord et s'en tenait à l'écart, avait manifesté un inconfort significatif à l'époque. Même sans connaître les détails, il ne faisait aucun doute que l'ancien Roi avait reçu un cadeau colossal pour sceller ses lèvres à ce moment-là. Après tout, l'incident s'était dissipé comme si de rien n'était.
« S'ils rampent à nouveau plus tard, on pourra simplement les tuer à nouveau. Même s'ils sont éliminés dès maintenant, je ne m'y opposerai pas. Mais j'ai la certitude de pouvoir tous les tuer, sans me soucier des conséquences. N'est-ce pas ce qui vous préoccupe, Votre Altesse le Prince héritier ? »
Kwiz parut réticent. Il semblait qu'il serait à jamais impossible de comprendre totalement ce Duc de Taran qui considérait les vies humaines comme des insectes. Mais chaque fois que cette extrémité faisait surface, Kwiz ressentait un étrange soulagement.
C'était parce que le Duc de Taran n'était pas du genre à agir comme un renard et à comploter dans son dos. Mais on ne peut jamais tout savoir.
Kwiz ne ferait pas une chose stupide comme essayer de comprendre quelqu'un uniquement avec ses sentiments. Mais lorsqu'il s'agissait de cerner quelqu'un, il était inévitable de se fier instinctivement à l'image que l'on s'en faisait.
« ...Mm. Pour l'instant, je vais observer la situation. Qu'en pensez-vous, messieurs ? » (Kwiz)
Le Duc Ramis ainsi que les deux Marquis furent d'accord. Le Duc Ramis se tourna pour regarder le Duc Taran avec un regard profond. Peut-être devenait-il sénile, mais il sentait que le Duc de Taran avait délibérément formulé les choses ainsi.
Je suis ignorant, donc je veux tout tuer, mais qu'en pense le Prince héritier ?
De cette façon, il avait naturellement poussé les pensées du Prince héritier vers l'autre camp.
« Hmmm... »
Involontairement, le Duc Ramis ne cessait de comparer son fils au Duc Taran. Probablement parce qu'ils avaient le même âge. Et à chaque fois, son fils perdait. Dès le départ, la capacité elle-même était différente. C'était une véritable chance que le Duc de Taran n'ait pas grand intérêt pour le pouvoir politique.
Le Duc Ramis décida qu'il donnerait à nouveau un avertissement ferme à son fils lorsqu'il rentrerait chez lui. Il lui dirait de ne pas essayer de rivaliser avec le Duc Taran par puérilité inutile.
Son fils, David, avait une intelligence passablement exceptionnelle, mais il était arrogant et hautain. Il n'avait reçu que des louanges depuis son plus jeune âge et ne savait pas à quel point le monde pouvait être effrayant.
Si l'on avance avec audace, cela peut devenir un avantage, mais si l'on ne connaît pas sa place, cela peut devenir un problème majeur.
Le Duc Ramis était désormais assez âgé pour commencer à se soucier des affaires après sa mort. Le Prince héritier, qui monterait sur le trône, était dans la force de l'âge, tout comme le Duc de Taran.
Sous le règne du nouveau Roi, ceux qui protégeraient la famille seraient les enfants. L'attention du Duc Ramis se concentrait donc sur la question de la succession.
Kwiz ne ressemblait pas à son prédécesseur. En apparence, il semblait vertueux, mais sa nature était puissante. Si l'on voulait protéger sa famille sous un Roi qui allait certainement poursuivre une autorité royale forte, il fallait savoir baisser la tête.
Mais à cet égard, David l'inquiétait. Ce serait une chance si David ne se jetait pas contre un mur en pensant qu'il était extraordinaire.
« Peut-être que Robin serait une meilleure option que David. »
Le Duc Ramis commençait à envisager son doux second fils, Robin, comme son successeur, plutôt que l'excessivement confiant et orgueilleux David.
Et David était incapable d'imaginer un seul instant que le Duc de Ramis puisse avoir une telle pensée.