Chapitre 52
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Le temps s'était rafraîchi, rendant les promenades dans le jardin après le dîner difficiles. Lucia n'avait cependant pas à se soucier de la manière d'occuper son temps libre ; au contraire, chaque fois qu'elle était libre, elle se découvrait une passion pour le tricot.
C'était une écharpe qu'elle souhaitait envoyer à Damian comme cadeau de fin d'année, ainsi que pour le Nouvel An. Elle travaillait avec diligence afin de pouvoir l'envoyer au moment opportun.
Puisqu'elle ne pouvait plus s'occuper du jardin ni se promener, elle consacrait tout son temps libre à la confection de cette écharpe.
Après avoir pris son bain, Lucia attendit Hugo dans la chambre, mais même après que plus de temps que d'habitude se fut écoulé, il ne vint pas. À l'approche de la fin de l'année, il était devenu remarquablement plus occupé.
Soit il rentrait tard dans la chambre, soit il lui faisait parfois dire par la femme de chambre de dormir sans lui.
Il essayait alors obstinément d'exiger que le jour de repos sur cinq soit remplacé par celui qu'il avait manqué, mais Lucia ne cédait pas à cette demande.
C'était parce qu'elle savait qu'une fois qu'elle aurait cédé, cela ne finirait jamais.
Elle demanda à la femme de chambre d'apporter son panier à tricot, car il semblait qu'il rentrerait tard. Elle s'assit sur le lit et commença à tisser la laine pour lui donner la forme d'une écharpe.
« Qu'est-ce que c'est ? »
À un moment donné, Hugo entra et observa attentivement le tricot entre ses mains. Elle avait été si absorbée par son ouvrage qu'elle ne l'avait pas remarqué en entrant.
Elle rangea rapidement ses affaires dans le panier.
« Du tricot. Je tricote une écharpe. Je veux l'envoyer à Damian. »
Une écharpe en laine tricotée. C'était un objet qui n'était jamais nécessaire pour Hugo. Il n'était pas sensible au froid, donc même en hiver, il ne portait pas de vêtements d'hiver spéciaux, et encore moins une écharpe pour enfant. Peut-être que même le destinataire, Damian, devrait faire un effort conscient pour la porter.
Son choix de motifs blancs sur fond rouge montrait à quel point elle traitait Damian comme un petit enfant. Il se sentit un peu désolé, mais il n'avait d'autre choix que de faire porter cette écharpe à Damian tout au long de l'hiver.
Il vérifierait, par l'intermédiaire de l'escorte placée aux côtés du garçon, que celui-ci la portait vraiment. Hugo nourrissait des pensées malicieuses.
Bien qu'Hugo ne voulût pas d'écharpe, il ne pouvait détacher son regard de l'endroit où elle s'était déplacée pour glisser le panier de laine sous le lit. Il avait renvoyé Damian, s'était débarrassé du bébé renard en prime, mais elle n'était pas redevenue entièrement sienne comme il l'avait espéré.
Il ne comprenait pas pourquoi il y avait tant de choses auxquelles elle consacrait son attention. Lorsqu'elle recevait une lettre du garçon, elle était visiblement excitée pendant quelques jours.
« Elle est ma femme avant d'être la mère de ce garçon. »
Il était mécontent de l'attention qu'elle portait à Damian. Il ne pouvait pas vraiment mettre cela en mots, alors il grommela intérieurement. De plus, elle ne lui avait toujours pas révélé son nom d'enfance.
« Pourtant, je t'ai confié mon secret. Bien que pas en totalité. »
Ce n'était pas comme s'il devait y avoir un échange de bons procédés, mais...
« Pourquoi ce garçon, Damian, le sait-il, alors que moi non ? »
Il ne pourrait jamais comprendre en quoi ce gamin était meilleur que lui.
« As-tu appris à tricoter quand tu étais jeune ? »
Dernièrement, Hugo saisissait chaque occasion pour l'interroger sur son enfance. Il était obstinément déterminé à entendre son nom d'enfance directement de sa bouche. Il ne voulait pas le demander frontalement, car il sentait que si elle le lui disait personnellement, ce serait la preuve qu'elle lui avait ouvert son cœur dans une certaine mesure.
« Oui. C'est pourquoi mon talent n'est pas très grand. J'ai appris en observant simplement ma mère à mes côtés. »
« Tu as dit que tu vivais seule avec ta mère quand tu étais jeune, n'est-ce pas ? »
« Oui. Jusqu'à ce que j'entre au palais. »
« Alors ta mère... comment t'appelait-elle... »
Hugo hésita légèrement, puis lança une question à peine voilée.
« Habituellement... comment étais-tu appelée ? Par ta mère... »
Ce n'était pas tricher. Il ne demandait pas directement quel était son nom d'enfance.
« Enfant, plutôt que d'utiliser mon prénom, elle m'appelait mon bébé, ma mignonne ou ma fille. »
Comme il n'avait pas grandi en ressentant l'affection de sa mère, il était probablement curieux des relations mère-enfant normales. C'est ainsi que Lucia l'interpréta. En se remémorant ses souvenirs avec sa mère, un sourire apparut sur son visage.
Aujourd'hui encore, ses questions suggestives avaient échoué. Hugo soupira intérieurement, déçu.
« Ah, il y a quelque chose que je veux confirmer avec toi. Tu n'as pas oublié ta promesse, n'est-ce pas ? La promesse que tu n'interférerais pas dans les affaires de la garden-party. » (Lucia)
« Je n'ai pas oublié. »
« Vraiment ? »
« Bien sûr. »
Hugo répondit avec assurance. Il n'avait rien à se reprocher. Convoquer ses vassaux et leur dire de redoubler d'efforts pour surveiller leur foyer relevait tout à fait de sa compétence en tant que supérieur donnant des conseils.
Il n'y avait aucune hésitation dans ses réponses, alors Lucia le crut. Son mari était plus digne de confiance à ses yeux que la Comtesse de Galles.
« J'ai entendu quelque chose d'étrange, mais je suppose que ce n'était qu'une rumeur sans fondement. »
« Quelle rumeur ? »
« On dit que tu as porté un coup aux entreprises haut de gamme du Comte de Galles à cause de cette histoire de garden-party. Enfin, quelque chose comme ça. Mais c'est impossible. Tu es quelqu'un qui distingue parfaitement les affaires privées des affaires publiques, après tout. »
« ...Bien sûr. »
Il n'avait vraiment rien sur la conscience. Même si les commerces haut de gamme avaient été minutieusement inspectés à deux ou trois reprises à cause du problème causé par l'affaire d'empoisonnement, c'était une affaire officielle. Le fait que le propriétaire principal soit le Comte de Galles n'était qu'un bonus. Malgré cela, il ne put répondre sans hésitation. Lucia fut incapable de remarquer l'expression amère qui passa sur son visage.
Peu de temps après, les entreprises du Comte de Galles furent acquittées après une enquête persistante.
La taxe imposée à l'origine resta la même, cependant, le simple fait de pouvoir reprendre ses activités avant la fin de l'année était une chose pour laquelle il fallait être reconnaissant.
La rumeur selon laquelle le Duc de Taran soutenait la Duchesse se consolidait désormais en une théorie établie au sein de la haute société du Nord.