Chapitre 51
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TN : Bonjour, bonjour. Bonne lecture !
Dans l'après-midi, le capitaine Elliot soumit un rapport. Son contenu concernait l'incident d'empoisonnement passé, qui avait été pris à tort pour une épidémie. L'affaire était résolue sans encombre.
Après avoir trouvé la source du problème et creusé la question, aucun signe de malveillance n'avait été décelé. Tous les champignons incriminés avaient été récupérés et détruits. Le responsable des niveaux supérieurs devait s'acquitter d'une lourde amende en guise de punition pour négligence grave.
« Y a-t-il d'autres villages touchés ? »
« En dehors des deux villages découverts au début, aucun pour le moment. Comme les niveaux supérieurs ont été en grande partie examinés, je ne pense pas qu'il y aura d'autres dommages à l'avenir. »
Le rapport sollicitait l'approbation de Hugo afin de clore l'incident. La figure de proue à l'origine du problème faisait l'objet d'une enquête et se trouvait dans une position délicate.
Si Hugo donnait son aval, le principal responsable devrait payer des compensations ainsi que des amendes, et serait alors autorisé à reprendre ses activités dans les niveaux supérieurs.
Cela revenait pratiquement à demander au coupable de payer une somme importante sans se plaindre et à espérer qu'il n'y aurait plus de problèmes. Cependant, le simple fait qu'un certain nom parvienne aux oreilles de Hugo marquait le début du malheur pour ce responsable, qui attendait impatiemment l'approbation commerciale.
« ...Wales ? Le propriétaire principal est-il le Comte de Wales ? »
« Oui. »
La règle voulait que, quel que soit le propriétaire, les affaires des niveaux supérieurs soient résolues selon le droit commercial. Un problème de transaction commerciale se réglait avec de l'argent et, tant que le propriétaire ne faisait pas faillite, aucune responsabilité n'incombait à sa famille.
Le fait que Hugo connaisse désormais le nom de la personne au sommet était lié à la raison pour laquelle il n'avait aucune inquiétude à avoir.
Une lueur sombre s'alluma dans les yeux de Hugo. Parce qu'il avait vu Lucia pleurer, il nourrissait une rancœur tenace envers l'instigatrice de l'incident lors de la garden-party. À cause des supplications de sa femme, il n'avait pas pu intervenir à maintes reprises, ce qui l'avait frustré. Puisqu'il était enfin tombé sur une affaire, il s'accrocha avec ténacité à cette opportunité tant attendue.
Par un canal ou un autre, il connaissait l'incident de la garden-party dans les moindres détails. Naturellement, il savait aussi que la principale responsable était la Comtesse de Wales. Alors qu'il réfléchissait à la manière d'avertir ce vieux serpent, il tomba sur cette affaire incroyable.
Hugo donna ses ordres avec une expression grave.
« Cette affaire ne peut être traitée à la légère. »
« Alors... »
« Je crains de ne pouvoir écarter l'idée qu'il y ait une intention cachée derrière tout cela. Enquêtez minutieusement sur les détails des transactions passées, y compris les taxes payées. »
« Par minutieusement, vous voulez dire... »
« Jusqu'au moindre détail. Retournez tout. »
Elliot était un chevalier typique, peu sensible aux complots ou aux manigances, mais dans cette affaire, son Seigneur semblait avoir remarqué quelque chose qui méritait son attention. Il ne savait pas pourquoi, mais ce responsable était assurément dans le collimateur de son maître. Il éprouva, malgré lui, une pointe de sympathie.
« Compris. J'enquêterai minutieusement. »
Les subordonnés qui assistaient le Duc de près connaissaient bien son caractère. Le Duc n'était certainement pas une personne magnanime et vertueuse. Il était indifférent dans la plupart des cas, mais une fois qu'il se fixait sur quelque chose et commençait à creuser, il faisait preuve d'une persistance et d'une obstination redoutables.
En d'autres termes, il avait la rancune tenace.
***
Cela faisait un mois et demi que Damian était parti pour l'Académie. À peine était-il parti que Lucia lui avait écrit une lettre, recevant une réponse environ 20 jours plus tard.
Aujourd'hui, elle reçut la réponse à la deuxième lettre qu'elle lui avait envoyée. Le cœur de Lucia battit la chamade alors qu'elle ouvrait l'enveloppe. Le contenu, composé de plusieurs pages, en tomba. Lorsqu'elle lut la première ligne de la lettre commençant par « À Mère », elle trembla et serra la lettre contre sa poitrine.
À mesure qu'elle lisait la lettre, son visage s'illumina, rayonnant de sourires. Le contenu ressemblait à une sorte de rapport. Ce qui était enseigné en classe, ce qu'il mangeait, avec qui il avait conversé. Lucia se sentait heureuse en lisant ces lignes rigides qui n'exprimaient aucune émotion. Elle avait l'impression de pouvoir entrevoir le quotidien de l'enfant.
― Le temps se rafraîchit. Prenez soin de votre santé. Sincèrement, Damian.
Lorsque la longue lettre prit fin, elle ressentit un immense regret.
« Il a l'air de bien se porter, je suis soulagée. »
La fin de l'année approchant, Lucia préparait un cadeau à envoyer à Damian.
« Madame, une invitée demande à vous voir. »
Une femme de chambre lui annonça la nouvelle. Si c'était Lady Milton qui était venue, la femme de chambre n'aurait pas dit qu'il s'agissait d'une invitée.
« Une invitée ? Qui est-ce ? »
« Il s'agit de la Comtesse de Wales. »
Lucia fronça légèrement les sourcils. Elle ne comprenait pas pourquoi la Comtesse de Wales ferait preuve d'une telle impolitesse en venant la voir à l'improviste. Elle envisagea de la renvoyer, mais décida finalement d'écouter ce que la Comtesse avait à dire et, si c'était absurde, de la mettre à la porte.
La femme de chambre servit le thé. Lucia n'appela pas Jerome. Elle ne voulait pas servir le délicieux thé préparé par Jerome à la Comtesse de Wales. Contrairement à Lucia, qui restait sur une attitude légèrement glaciale, la Comtesse de Wales semblait intimidée. Depuis leur dernière rencontre, son visage s'était considérablement creusé.
Peut-être un rhume ? Lucia se méfiait de la mine très différente de la Comtesse par rapport à la garden-party.
« Qu'est-ce qui vous amène ici ? » [Lucia]
« C'était discourtois de ma part de demander à vous rencontrer si soudainement. La Duchesse se porte-t-elle bien depuis tout ce temps ? »
« Il n'y a aucune raison pour que je ne me porte pas bien. Franchement, je suis mécontente de vous, Comtesse. C'était ma première réception organisée à grande échelle. Sûrement, Madame ne niera pas porter une responsabilité considérable dans le fait qu'elle ait fini de cette manière ? »
« Que puis-je dire ? Quand on vieillit, parfois, notre capacité de jugement diminue. Je suis venue voir la Duchesse dans l'espoir que vous puissiez oublier généreusement cette affaire. »
Lucia, qui avait délibérément adopté un ton ferme, adoucit son expression glaciale face à l'humilité de la Comtesse.
« Est-ce la raison de votre visite aujourd'hui ? »
« Oui. Je suis venue présenter mes excuses. »
Lucia ne s'attendait pas à ce que la Comtesse de Wales s'abaisse ainsi avec docilité. Comme la Comtesse était âgée et une figure de proue dans les cercles mondains, Lucia avait essayé d'appliquer une pression graduelle plutôt que d'entrer en confrontation directe.
« Quelque chose est étrange ici... »
L'attitude inhabituellement intimidée des autres dames lui pesait déjà sur le cœur, et puisque même la Comtesse de Wales agissait ainsi, peut-être y avait-il quelque chose qui lui échappait.
« Si c'est tout ce que vous voulez vraiment, je comprends. J'accepte vos excuses, Comtesse. Mais je ne souhaite pas m'éterniser aujourd'hui. » [Lucia]
« Ah... je... »
« Avez-vous autre chose à ajouter ? »
« À la Duchesse... il y a quelque chose que j'aimerais sincèrement demander... »
Une demande ? Vraiment, quelle impudence. Lucia ricana intérieurement. En tout cas, la Comtesse de Wales semblait la considérer comme une enfant douce et naïve. Lucia n'était pas une gentille fille qui ne prendrait aucune mesure. Elle avait un côté assez froid lorsqu'il s'agissait d'entrer en relation avec les gens.
« Je n'accepte pas de demandes spéciales en privé. »
« Ce n'est pas une demande spéciale, Duchesse. S'il vous plaît, apaisez la colère de Son Excellence le Duc. »
« Je ne sais pas de quoi vous parlez. »
La Comtesse révéla que les niveaux supérieurs appartenant à sa famille rencontraient actuellement des difficultés. L'explication était longue et relevait surtout de l'auto-justification. Cependant, à travers ce récit confus, Lucia saisit le point clé.
« Les niveaux supérieurs ont commis une erreur et ont été punis. Associez-vous maintenant vos sentiments personnels au travail officiel de Son Excellence le Duc ? »
« Non. Non. Je ne nie pas la culpabilité. Je sais que le Duc est effectivement une personne rigoureuse qui sépare les affaires du plaisir. Mais il est un peu strict, alors je vous demande de faire preuve d'un peu de clémence. Veuillez pardonner à cette vieille femme d'être venue en toute hâte sans principes. »
Après le départ de la Comtesse de Wales, Lucia tomba dans une profonde réflexion. En premier lieu, du point de vue de celui qui est puni, il n'existe pas de punition généreuse. D'après ce qu'elle pouvait en juger, ce n'était pas comme si l'on cherchait des fautes à un homme innocent.
La punition des crimes relevait de l'autorité du Duc de Taran, le garant de l'ordre dans le Nord. L'idée qu'il puisse les punir excessivement à cause d'elle ne lui traversa pas l'esprit une seule seconde. Elle n'était pas si prétentieuse.
« Alors il est assez strict avec les gens sous ses ordres. »
Elle ne pouvait pas l'imaginer, car elle n'avait jamais vu cette facette de lui. En tout cas, la raison pour laquelle les dames étaient si attentives à son humeur ces derniers temps devait aussi être liée à cela. Peut-être étaient-elles tombées sur son côté strict à plusieurs reprises récemment. Elle nota dans un coin de sa tête de lui demander à l'occasion. Elle ne prit pas vraiment la chose au sérieux.