Chapitre 208
Chapitre 208
ILS VÉCURENT HEUREUX (9)
« Grand frère ! »
Alors que Damian descendait de la calèche, il sourit à la jeune fille qui courait vers lui, ses cheveux blond doré flottant au vent. Damian rattrapa sa sœur alors qu’elle se précipitait vers lui de toutes ses forces, puis il l’étreignit étroitement, la souleva dans les airs et la reposa au sol.
Le son du rire bruyant de la fillette se répandit dans l’air. Le cœur de Damian se remplissait de joie à chaque fois qu’il entendait le rire cristallin de sa sœur.
« Joli grand frère ! »
Evangeline serra également Bruno dans ses bras et le salua. Evangeline avait trois grands frères, alors elle les appelait de manières différentes. Pour Damian, c’était simplement « grand frère », pour Chris, c’était « le grand frère de Jude », et quand Evangeline vit Bruno pour la première fois, elle s’écria :
[C’est un joli grand frère !]
Et depuis lors, le nom de Bruno devint « joli grand frère ». Bruno soupira en caressant la tête de sa mignonne petite sœur.
« Eve. Tu ne peux pas changer ta façon de m’appeler ? Tu peux juste m’appeler grand frère. Ou m’appeler par mon prénom, plutôt. »
« D’accord, joli grand frère. »
« ... »
Bruno soupçonnait qu’elle faisait cela exprès, car elle était désormais largement en âge de comprendre ce qu’il voulait dire. Elle affichait un large sourire et son expression était pleine de malice. Bruno gloussa, comme pour admettre sa défaite.
Selena avait couru comme Evangeline, mais n’avait pas pu les serrer dans ses bras comme cette dernière, alors elle se tenait à une certaine distance, les yeux pleins d’envie. Selena avait aussi des frères aînés d’un âge similaire à ceux de la résidence ducale, mais elle n’avait pas souvent l’occasion de sortir pour les accueillir.
Elle se sentait très envieuse de voir le frère aîné d’Eve regarder celle-ci avec un regard plein d’affection, l’enlacer et la gâter. Et surtout, le frère d’Eve, Damian, était bien plus cool et impressionnant que le frère aîné de Selena. Pour Selena, c’était un prince digne des rêves les plus fous.
« Cela fait longtemps, Princesse. »
Lorsque Damian la salua, Selena s’approcha d’eux avec hésitation, souleva légèrement sa jupe et rendit la politesse.
« Cela fait un moment, Sir Damian. Lady Eve, je crois qu’il est temps pour moi de vous dire au revoir, non sans regret. »
« Lady Selena, les adieux sont vraiment regrettables. Je vous verrai demain. »
Damian et Bruno échangèrent un regard étrange, puis ils se détournèrent en faisant de leur mieux pour ne pas rire.
* * *
Après avoir regardé la calèche s’éloigner avec les enfants venus en visite, les trois frères et sœurs firent demi-tour. Le renard, Asha, qui avait fini par remarquer que son maître était rentré, vint se frotter contre les pieds de Damian.
Damian prit Asha dans ses bras et l’étreignit. Elle était maintenant assez âgée et ses mouvements n’étaient plus aussi vifs qu’avant. Asha ferma les yeux, profitant de la sensation des caresses de Damian sur sa nuque.
« Ah, c’est vrai. Grand frère, qu’est-ce que le mariage ? »
« Le mariage, c’est... euh... quand un homme et une femme s’unissent pour fonder une famille. Comme maman et papa. Père et mère se sont mariés et c’est ainsi qu’Eve, tu es née. »
« Hmm, je vois. Donc si je me marie, mon petit frère ou ma petite sœur naîtra ? »
« Ce n’est pas comme ça que ça fonc... attends, Eve. Pourquoi es-tu soudainement curieuse à ce sujet ? »
« Jude m’a demandé de l’épouser. Est-ce que je peux ? »
« Non ! »
Damian et Bruno crièrent en même temps.
* * *
La discussion de Hugo avec le roi dura plus longtemps qu’il ne l’avait prévu. Après avoir réussi à décliner l’invitation à dîner du Roi, Hugo rentra chez lui plus tard que d’habitude. Dès qu’il entra dans le manoir, il s’approcha de sa femme qui était venue l’accueillir comme à son habitude.
« Tu es en retard. » (Lucia)
« Qu’en est-il d’Eve ? » (Hugo)
« Elle dort. Elle a joué à cache-cache avec ses amis pendant un bon moment, alors elle doit être fatiguée. Tu as faim, n’est-ce pas ? »
Il avait effectivement faim, mais il n’était pas sûr de la nature de cette faim. Hugo décida de s’occuper d’abord de la plus urgente. Il passa un bras autour de sa taille, la tira contre son torse et couvrit ses lèvres alors que les yeux de Lucia s’écarquillaient de surprise. Il aspira ses lèvres douces et respira l’air sucré qui l’entourait. Son parfum lui chatouillait le nez. Sa soif d’elle ne pourrait jamais être étanchée.
Lorsqu’elle se tortilla vigoureusement dans son étreinte, Hugo fut un peu mécontent. Ce n’était toujours pas assez. Il la pressa contre lui avec un baiser ardent. Elle lui donna une tape sur la poitrine et le repoussa de toutes ses forces.
Hugo ne retira pas sa main ferme de sa taille, mais il n’eut d’autre choix que de desserrer son étreinte et de détacher ses lèvres. Lorsqu’il vit les yeux ambrés pleins de colère qui croisaient les siens, il trouva cela vraiment mignon. Il envisagea sérieusement de l’emmener simplement dans la chambre comme ça.
« Que fais-tu ? Les enfants sont là. »
Murmura Lucia entre ses dents serrées. Ce n’est qu’à ce moment-là que Hugo leva les yeux et remarqua les deux garçons qui se tenaient là, la tête basse. En voyant les garçons, il se souvint de ce qu’il leur avait demandé de faire.
« Avez-vous pris le gâteau ? »
Lucia le dévisagea, prude. Elle ne pouvait s’empêcher d’être touchée par l’attention de son mari. Il avait demandé à son fils d’apporter le gâteau parce qu’il savait qu’il serait en retard. La colère et l’embarras qu’elle ressentait, car les enfants avaient été témoins de cette scène honteuse, s’apaisèrent légèrement.
« Je l’ai eu. C’était délicieux. Merci, mon chéri. »
Lucia lui donna un baiser sur la joue. Juste avant que Hugo ne puisse à nouveau poursuivre ses lèvres, Lucia couvrit sa bouche de sa paume et secoua la tête imperceptiblement. « Tch », grogna-t-il intérieurement en jetant un regard féroce aux importuns dépourvus de tact.
« Si vous avez terminé la commission dont je vous ai chargés, alors c’est bon. Vous n’avez pas besoin de me faire un rapport. »
« Ils sont sortis pour vous accueillir. »
« Hm ? Inutile. La prochaine fois, vous n’avez pas besoin de sortir. Puisque vous m’avez salué, montez. »
Les trois hommes rentraient généralement ensemble, mais quand Damian et Bruno rentraient les premiers, ils sortaient normalement pour accueillir Hugo avec leur mère. Il était tout simplement déraisonnable. Lucia savait qu’il était juste grincheux parce que leur baiser avait été interrompu.
« Où devraient-ils aller ? Les enfants n’ont pas encore dîné. »
Son plan de dîner seul avec sa femme au deuxième étage venait de tomber à l’eau. Hugo fronça les sourcils.
« Pourquoi n’avez-vous pas encore mangé ? »
« Oh là là, je suis gênée de faire face aux enfants. Viens juste ici. »
Lucia tira rapidement le bras de Hugo et se dirigea vers la salle à manger. Hugo la suivit comme s’il était impuissant, tout en grommelant.
« La prochaine fois, laisse-les manger d’abord. »
« Très bien. »
Les expressions des deux jeunes hommes étaient très étranges alors qu’ils regardaient le couple se diriger vers la salle à manger. Ils se sentaient à la fois déconcertés et incrédules. La même personne qui avait dit qu’elle écouterait le rapport de la réunion en rentrant chez elle semblait maintenant l’avoir oublié.
Les deux se regardèrent et éclatèrent de rire.
« Pourquoi ne venez-vous pas ? »
La voix de Lucia les appelant se fit entendre depuis la salle à manger.
« Oui, nous arrivons. »
Damian et Bruno répondirent d’une voix forte et se dirigèrent vers la salle à manger.