Chapitre 162
< — Un quotidien paisible — > (3)
Son corps, qui s'appuyait paresseusement contre lui, remua légèrement. Lucia ouvrit lentement les yeux et cligna des paupières à quelques reprises, comme si elle était encore à moitié endormie. Bien que Lucia fût consciente que sa tête ne reposait pas sur l'oreiller mais sur son torse, son esprit semblait fonctionner au ralenti.
Son esprit était vide, alors elle leva les yeux et le vit en train de lire un document. Il tourna la tête et croisa son regard. Ses yeux rouges étaient empreints de chaleur et il déposa un baiser sur les lèvres de Lucia.
« ...J'ai fait un rêve étrange. »
« Quel était ce rêve ? »
« J'ai couru jusqu'à ton bureau et... »
L'expression de Lucia se figea progressivement à mesure qu'elle parlait. Le fait qu'elle ait couru jusqu'à son bureau n'était pas un rêve. Hugo soupira et posa ses documents.
« Avant de rêver que tu courais jusqu'à mon bureau, as-tu fait un rêve pire ? Quel genre de rêve était-ce ? »
Son ton apaisant et sa voix douce dissipèrent la tension étouffante qui serrait le cœur de Lucia.
« ...Toi... »
« Moi ? »
« ...Tu m'as trompée. »
« ... »
Après avoir dit cela, Lucia sentit soudain quelque chose monter en elle.
« Tu m'as quittée. Tu es allé voir cette femme. »
Sa voix tremblait et des larmes emplirent ses yeux. Sa vision se brouilla et, lorsqu'elle cligna des yeux, des larmes coulèrent sur ses joues.
« Vivian. »
Il lécha la trace de ses larmes et déposa un baiser au coin de ses yeux. Hugo l'allongea sur le lit et se plaça au-dessus d'elle. Il s'appuya sur ses coudes et plongea son regard dans le sien.
« Je t'aime. » (Hugo)
Lucia fit l'expérience d'un petit miracle : cette courte phrase apaisa instantanément son humeur capricieuse.
« Moi aussi... Je t'aime. » (Lucia)
« Ai-je commis une erreur qui aurait pu te faire penser une chose pareille ? »
« ...La femme dans mon rêve avait une forte poitrine. »
Hugo observa silencieusement sa femme, dont les paroles ressemblaient davantage à des bougonnements, puis il soupira profondément. S'il pouvait savoir qui, exactement, lui avait dit qu'il aimait les femmes à forte poitrine, il voudrait les réduire en poussière.
S'il appréciait la poitrine d'une femme, ce n'était pas par préférence particulière, mais simplement parce qu'il était un homme. Jamais aucune autre femme n'avait attiré son regard, et il n'avait jamais reluqué la poitrine de quiconque.
« J'aime ta poitrine. »
Son visage rougit à son murmure, et il devint encore plus écarlate lorsque sa main se glissa sous sa chemise de nuit pour presser ses seins.
« C'est doux, soyeux, et quand je touche un peu comme ça... ça durcit. »
Il pétrit ses seins et fit doucement tourner ses mamelons entre ses doigts.
« Et quand je les lèche, c'est si sensible que ça en tremble. »
Tout en tenant ses seins d'une prise légère pour les mettre en valeur, Hugo fit le tour de son mamelon avec sa langue, puis mordilla fermement la pointe. Elle tressaillit et poussa un cri.
« J'aime vraiment ta poitrine. »
Son genou s'insinua entre les jambes de Lucia et sa cuisse trouva le chemin de son intimité. Ses yeux ronds le fixaient et son visage était plus rouge que jamais.
« Honnêtement, je préfère cet endroit. »
Hugo saisit ses poignets agités d'une main pour les maintenir en l'air, tandis que son autre main se glissait dans ses sous-vêtements pour frotter l'entrejambe.
Son intimité commençait déjà à s'humidifier d'un liquide gluant, facilitant la pénétration de ses doigts.
« C'est déjà si humide. Je crois que c'est moi qui devrais m'inquiéter. Ton corps est tellement érotique. »
C'était embarrassant et honteux. Bien qu'elle fût agacée par ses mots provocateurs, cela lui envoya des frissons dans le dos. La main qui tenait ses poignets avait disparu depuis un moment, mais elle avait l'impression d'être toujours maintenue, si bien qu'elle ne pouvait bouger.
Sa chemise de nuit fut remontée et ses sous-vêtements retirés. Ses deux mains écartèrent ses cuisses et elle sentit son regard se poser sur son intimité.
« Ah ! »
Quelque chose de chaud toucha son bas-ventre. Ses lèvres embrassèrent sa petite entrée et la sucèrent. Le bout de sa langue s'y engouffra. Le bassin de Lucia se souleva de lui-même.
« Ah ! Ang... »
Ses lèvres s'activèrent avec plus d'ardeur, aspirant le liquide qui s'écoulait de son corps tandis que sa langue entrait et sortait d'elle. La vision de Lucia vacilla un instant et son corps frissonna à la sensation de l'orgasme.
Il releva la tête, essuya ses lèvres brillantes avec sa main, puis lui sourit. Lucia ne pouvait tout simplement pas ouvrir les yeux pour le regarder. Son visage semblait en feu et son cœur battait si fort qu'elle avait l'impression qu'on pouvait l'entendre.
Hugo redressa son corps et baissa son pantalon. Son érection jaillit, déjà ferme. Il saisit son membre pulsant, le dirigea vers ses petites lèvres, puis poussa son bassin vers l'avant en une seule poussée.
« Hk... »
Le corps de Lucia fut parcouru d'une onde de choc. Elle ne pouvait plus respirer, car il était trop imposant et la sensation d'être remplie jusqu'au bord était trop intense pour elle.
Un soupir mêlé à un gémissement s'échappa de la bouche d'Hugo. Même en restant immobile, il avait l'impression qu'il allait jouir. Sa femme avait vraiment fait un rêve ridicule. Elle avait rêvé qu'il quittait ce corps pour aller batifoler ailleurs ? Rien ne pouvait remplacer son intimité brûlante, étroite et fondante.
Hugo commença à bouger son bassin, augmentant lentement et progressivement sa vitesse. Il y avait quelques affaires urgentes dont il devait s'occuper, mais elles avaient quitté son esprit depuis longtemps.
En sentant la stimulation de ses parois intérieures qui se tortillaient et le serraient, et en écoutant ses faibles gémissements et ses cris érotiques, le sang afflua vers son bas-ventre et il se sentit étourdi.
Ses parois intérieures brûlantes semblaient envelopper son cœur. Il fut submergé par un sentiment de satisfaction dépassant le simple plaisir physique.
Lucia gémissait dans ses bras, perdant tout souvenir, comme si son esprit s'était éteint.
Lorsqu'elle reprit ses esprits, il l'enlaçait par derrière, tenant sa nuque et l'embrassant. Son membre, qui la comblait par l'arrière, était tendre et bougeait lentement.
Il bougeait avec subtilité, frottant l'intérieur d'elle tandis que son corps languissant laissait échapper un petit gémissement. Le bras qui entourait sa taille se resserra et ses doigts pressèrent sa poitrine avec plus de force.
« T'es-tu un peu calmée ? » (Hugo)
Il mordilla son oreille et aspira son lobe. Sa voix paresseuse mais contenue sonnait très séduisante. Sa main continuait de presser et de pétrir sa poitrine avec insistance. Lucia se souvint de ses bougonnements de tout à l'heure et hocha la tête, le visage en feu.
« Tu sais, je me sens injustement accusé pour ce que j'ai fait dans ton rêve. Est-ce vraiment ainsi que tu me vois d'habitude ? » (Hugo)
« Non. J'étais... étrangement déraisonnable. Je suis désolée. » (Lucia)
Après avoir repris ses esprits, Lucia était très embarrassée par son comportement.
Elle avait été ridiculement déraisonnable. Il n'y avait aucune raison pour qu'elle soit si sensible après avoir vu cette femme à la réception de charité. Il n'y avait aucune raison non plus pour qu'elle soit en colère contre lui. N'avait-elle pas déjà vu de nombreuses relations changer par rapport à ce qu'elle avait vu dans ses rêves ? Sa femme, désormais, c'était elle, pas cette femme.
« Est-ce que ça va ? Tu sembles faire de mauvais rêves à répétition. » (Hugo)
« C'est vrai, n'est-ce pas ? »
Quand Lucia y réfléchissait, son irritation semblait avoir considérablement augmenté en l'espace de quelques jours. Hier, elle avait haussé le ton contre sa femme de chambre pour une broutille. Lucia se considérait comme quelqu'un qui n'était pas capricieux, mais ce genre de changements d'humeur soudains était plutôt troublant. Comme il s'agissait d'un problème d'humeur et non d'une maladie physique, elle ne savait pas si elle devait considérer que quelque chose n'allait pas chez elle.
« Aa... »
Lucia gémit faiblement sous la stimulation de ses frottements contre ses parois intérieures. Ses fesses pressées contre ses cuisses, il bougeait son bassin avec fluidité, sans se retirer, comme pour remuer ses entrailles.
La stimulation n'était pas assez violente pour être excitante, mais c'était une sensation de naufrage, comme si son corps tombait dans un marécage.
« Je n'arrive pas à croire que tu ne me fasses pas confiance. Je suis assez choqué. » (Hugo)
« ...J'avais tort. » (Lucia)
« Non. C'est moi qui n'ai pas fait assez d'efforts. » (Hugo)
Hugo l'allongea sur le ventre, se plaça au-dessus d'elle et pressa son corps contre le sien.
« Je vais faire plus d'efforts à partir de maintenant. Jusqu'à ce que tu me fasses confiance. »
Comprenant le sens de ses soi-disant efforts, Lucia s'écria rapidement.
« Je te fais confiance. J'ai dit que je te faisais confiance ! »
Elle fut tourmentée par lui pendant un long moment, et ce n'est qu'après avoir clamé son amour et sa confiance des dizaines de fois qu'elle fut libérée, épuisée.
[Note du traducteur]
[Mot du jour] aréole : la zone entourant le mamelon. (Je jure que je ne connaissais pas ce mot avant)