Chapitre 154
< — Tout est comme il se doit — > (1)
Après avoir terminé son bain, Hugo se dirigea vers la chambre de son épouse, l'esprit toujours occupé par les pensées qui le tourmentaient depuis la réception.
« Désire-t-elle un enfant... »
Il pouvait lui offrir tout ce qu'elle souhaitait, même s'il devait parcourir le monde entier pour cela, mais il y avait une chose, et une seule, qu'il ne pouvait lui donner. Un enfant. Elle ne pourrait jamais porter son enfant. Peu importe le nombre de semences qu'il sèmerait, rien ne germerait jamais dans son ventre.
Son sang maudit ne pouvait prospérer sans recourir à des méthodes tout aussi maudites.
Il avait autrefois pensé que c'était une bénédiction. Car, peu importe ses frasques, il n'aurait jamais à craindre qu'une femme dont il ne se souvenait même pas vienne le trouver avec un ventre arrondi. L'idée qu'une femme avec qui il n'avait partagé que quelques nuits puisse donner naissance à une trace de son sang répugnant et l'élever le remplissait de dégoût et d'effroi.
S'il n'y avait pas eu de contraintes ou de conditions spécifiques à remplir pour la conception, il aurait probablement tué chaque femme qui se serait présentée avec son enfant.
Lorsqu'il devint Duc après la mort de son frère et qu'il découvrit les secrets de la pièce interdite de sa famille, sa haine pour le sang qui coulait dans ses veines atteignit son paroxysme. Il songea plus d'une fois à s'ouvrir les artères pour laisser tout ce sang s'écouler.
Hugo s'arrêta brusquement devant la porte de la chambre de sa femme.
« Et maintenant ? »
Il ressentit une étrange dissonance. Il baissa les yeux sur ses mains et serra les poings.
Le sentiment d'être en vie. La sensation de respirer. C'étaient des choses dont il évitait d'ordinaire de prendre conscience, mais il y avait des moments où son existence lui semblait si révoltante qu'il ne pouvait la supporter. Dans ces instants-là, il chevauchait jusqu'à l'épuisement total, ou il s'immergeait dans le travail jusqu'au milieu de la nuit, comme un fou.
[Vous avez changé.][1]
En se remémorant les paroles de ce vieillard désagréable, Hugo fronça les sourcils.
« Ai-je changé ? »
Il ne s'en était pas rendu compte, n'y ayant jamais prêté attention. Mais quelque chose avait indéniablement changé. Hugo laissa errer son regard, balayant rapidement le salon familier de son épouse.
Il y régnait une atmosphère chaleureuse. Ce n'était pas seulement dû au chauffage, mais à la sensation que dégageait la pièce. Chaque fois qu'Hugo traversait ce salon pour rejoindre la chambre de sa femme, il se sentait bien. Son cœur s'emballait à l'idée de serrer le corps souple de Lucia contre lui et d'embrasser ses lèvres humides.
La température de son corps lui semblait brûlante au toucher, et lui, qui ne savait autrefois distinguer que le froid, se surprenait à agir avec une puérilité qui le submergeait d'émotions.[2]
Hugo regarda à nouveau ses mains. Le sentiment d'être en vie n'était plus aussi terrible qu'auparavant. Il trouvait même une certaine chance dans le fait de pouvoir la toucher et la sentir, car il était vivant. Dans sa vie qui n'avait été que solitude, elle était désormais à ses côtés.
Il ne savait pas quand cela avait commencé, mais il se projetait désormais dans l'avenir, et dans cet avenir qu'il imaginait, elle était toujours là.
Dans son esprit, il dessina le portrait de sa femme, quelques années plus tard, tenant un enfant et lui adressant un sourire radieux. Un sentiment de plénitude effleura sa conscience, avant de sombrer lourdement.
« Je ne peux pas lui donner d'enfant. »
Devait-il lui dire qu'elle ne pourrait jamais être mère ? Devait-il lui révéler ses origines souillées, ou lui confier le secret de sa famille qu'il voulait sceller à jamais ?
La simple idée le révulsait. C'était comme si une odeur nauséabonde l'envahissait. Cette part de lui était une obscurité qu'il ne voulait jamais dévoiler à la femme qu'il aimait. Il craignait qu'elle ne le regarde différemment après avoir tout appris.
Il ne savait que faire si elle venait à lui dire qu'elle désirait un enfant. Hugo ouvrit la porte de la chambre, le cœur plus sombre qu'à l'accoutumée.
Presque au même moment où Hugo entrait, Lucia regagnait la chambre après son bain. Elle tenait une serviette enroulée autour de ses cheveux mouillés et mit en garde son mari, qui se tenait à quelque distance.
« Je dois sécher mes cheveux. Ne t'approche pas. »
Lorsqu'elle dormait les cheveux mouillés, elle devait lutter le lendemain matin pour dompter sa chevelure en bataille. Elle était également gênée devant sa femme de chambre, qui devait vaporiser de l'eau sur ses cheveux pour tenter de les mettre en ordre. Lorsqu'elle devait sortir, c'était impossible à gérer, et il lui arrivait de devoir les envelopper à nouveau le matin.
Elle n'avait pas besoin de les sécher complètement. Il suffisait d'appliquer une lotion pour les faire retomber sagement après un séchage modéré. Mais son mari ne lui laissait même pas ce laps de temps.
Hugo observa calmement son épouse, qui hérissait ses plumes comme un petit animal aux aguets, puis il fit un pas en avant.
Elle s'était lentement dirigée vers la coiffeuse et, en le voyant avancer, elle sursauta et éleva la voix : « Je t'ai dit de ne pas t'approcher. »
Voyant son expression alors qu'elle répétait son injonction en reculant, Hugo eut un sourire pervers.
« C'est amusant. »
Le sentiment qui avait sombré remonta à la surface. Il était, lui aussi, excité.
Lucia se sentit effrayée en le voyant la regarder les bras croisés, sourire, puis s'approcher soudainement plus rapidement. Elle eut l'impression d'être devenue une proie fragile poursuivie par un prédateur. Elle fit volte-face et s'enfuit.
Lucia tenta d'enjamber le lit pour s'échapper de l'autre côté, mais elle fut saisie par une main puissante juste avant d'y parvenir. Dans ce court instant, elle ressentit la peur d'être mordue au cou par une bête sauvage.*
« Kyaa ! »
Ses bras s'enroulèrent fermement autour de sa taille et son torse se colla contre son dos. Il mordilla le lobe de son oreille et laissa échapper un petit rire.
« Pourquoi cries-tu ? Ce genre de chose te plaît ? »
« Non ! »
Il embrassa son cou rougi et empauma sa poitrine de sa main glissée sous son peignoir. Son autre main se glissa entre ses jambes, caressant la zone qui commençait à s'humidifier. Son corps frissonna sous la stimulation, et il la serra plus fort contre lui en lui murmurant à l'oreille :
« Ma femme. Si nous jouions un peu plus sauvagement aujourd'hui ? »
« Hugh ! »
Comme elle était déjà prise au piège et soulevée dans ses bras, le corps de Lucia fut jeté sur le lit. Avant qu'elle ne puisse se redresser, il se glissa rapidement au-dessus d'elle. Coincée sous ses bras, Lucia ne pouvait soutenir son regard qui pesait sur elle. Son visage brûlait comme s'il était en feu.
Hugo saisit le devant de son peignoir et l'écarta, révélant sa poitrine. Son corps nu était teinté de rouge, aussi appétissant qu'une pêche.**
« Tout ton corps est rouge. Qu'est-ce qui t'excite autant ? »
« ...Vas-tu continuer à me taquiner ? »
En voyant ses yeux rougis, comme si elle allait pleurer, Hugo ressentit une certaine raideur au niveau de ses hanches. C'était pour moitié le désir de la posséder immédiatement, et pour l'autre, celui de goûter à sa chair si douce. Cette fois, ce fut le second qui l'emporta.
Hugo glissa sa jambe entre ses genoux serrés et les écarta. Ses yeux ambrés, troublés par la confusion, devinrent un stimulant supplémentaire pour lui. Il saisit ses cuisses des deux mains, les écarta largement et enfouit son visage dans l'humidité entre ses jambes. Il l'embrassa et inséra sa langue dans l'interstice.
« Ah ! »
La stimulation délicate sur son intimité fut électrique. Sa langue humide lécha et explora tandis que ses lèvres frottaient contre sa peau comme pour l'embrasser, tout en la suçant et en la mordillant légèrement.
« Ang ! »
Lucia gémit et se couvrit le visage des deux mains. Même en se tortillant, il la maintenait fermement par la taille, l'empêchant de bouger. Le bruit de sa langue recueillant le liquide qui s'écoulait de son corps était embarrassant.
Ce n'était pas aussi dur qu'un doigt, mais le bout de sa chair humide et douce pénétra superficiellement son vagin, se retira, puis s'inséra un peu plus profondément.
Son corps trembla intensément. Au moment où il la suça avec vigueur, Lucia poussa un cri de plaisir et remua ses hanches avec agitation.
Hugo lécha longuement son entrée frémissante avec sa langue, puis releva la tête. Ses yeux embrumés, qui se fermaient sous l'effet de l'orgasme, étaient érotiques.
Hugo saisit le visage de sa femme, qui détournait son regard cramoisi et couvrait ses lèvres du dos de sa main. Il tenta de croiser son regard, mais elle continuait de fuir.
« Vivian. Pourquoi continues-tu d'éviter mes yeux ? »
« ...Je suis gênée. »
« Quoi ? »
Lorsqu'Hugo insista, Lucia répondit d'une voix hésitante et faible :
« ...c'est obscène... »
Hugo réfléchit soigneusement au sens de ses paroles, puis il eut un sourire en coin.
« Es-tu gênée parce que cela te procure du plaisir quand je le fais avec ma bouche ? »
La voir lui adresser un regard de reproche avec son visage rougi était si mignon qu'il ne put s'empêcher de rire. Il prit son visage par le menton et frotta ses lèvres légèrement entrouvertes avec son pouce.
Lucia enroula sa langue autour du doigt qui pénétrait sa bouche. Chaque fois qu'elle léchait son doigt, sa langue rouge pointait un peu.
Elle leva légèrement les yeux vers lui, et il n'y avait déjà plus de rire sur son visage. Ses yeux étaient emplis du désir d'une bête affamée devant sa proie.
Il retira sa main de sa bouche et redressa son buste. Il écarta ses jambes qu'elle s'obstinait à refermer et prit position. Il saisit ses deux mollets de ses mains et tira son corps vers le bas avec force.
Au moment où Lucia ferma les yeux, s'attendant à ce qui allait suivre, une tige brûlante plongea instantanément en elle.
« Aah ! »
Les picotements vifs disparurent après un court instant, et une sensation orgasmique parcourut sa colonne vertébrale. Rien qu'en le sentant pénétrer en elle, le corps de Lucia trembla d'un plaisir électrique. Il saisit ses hanches et pressa leurs bas-ventres l'un contre l'autre.
Alors que ses cuisses se posaient sur les siennes, ses fesses se soulevèrent naturellement, et son membre s'enfonça jusqu'à la garde, la comblant entièrement. Lucia eut le souffle coupé par la pression qui lui coupait la respiration, tandis qu'il restait immobile un instant, haletant lui aussi.
« Ton intérieur... m'aspire. »
En observant son visage rouge devenir plus écarlate encore, Hugo bougea légèrement les hanches.
« Hn... »
« Hha... si serrée, vraiment. »
Sa chair tendre s'agrippait à son sexe, suivant ses mouvements et le serrant étroitement à chaque poussée.
Hugo possédait sa femme presque chaque jour, mais c'était une merveille de voir comment son intérieur bougeait toujours de manière imprévisible, lui procurant un plaisir infini à chaque fois qu'il la tenait.
Plus il la possédait, plus il devenait dépendant, et dernièrement, lors des nuits correspondant à la règle du « un jour sur cinq », il devait passer la nuit entière à lutter contre son désir désespéré.
La satisfaction de partager son amour avec la femme qu'il aimait lui procurait un plaisir émotionnel plus grand encore que le plaisir physique. L'orgasme extrême résultant de la fusion de ces deux plaisirs ne pouvait être exprimé par aucun mot. Une fois goûté, c'était une expérience incroyable que l'on ne pouvait oublier jusqu'à la mort. C'était un sentiment de satisfaction né d'une connexion émotionnelle, et non un plaisir impulsif et vulgaire.
Il saisit ses fesses et commença à bouger lentement. En suivant le chemin lisse tracé par les fluides de son corps, il explora ses profondeurs, allant et venant en elle à plusieurs reprises.
Ses plis intérieurs devinrent bosselés, caressant son sexe et le stimulant à chaque mouvement. Un cri de plaisir s'échappa de ses lèvres entrouvertes, et une sensation de raideur, mais exaltante, remonta le long de sa colonne vertébrale.
Les nerfs les plus sensibles de son corps étaient tous concentrés sur les sensations de chaleur, de glissement, de pression et de serrement que son sexe ressentait. Le plaisir que cela lui procurait n'était pas moindre que celui du moment où il jouissait. Il bougeait aussi lentement que possible, tentant de maintenir sa conscience dans le présent.
Lucia leva les yeux vers lui tandis que son corps tremblait lentement, au rythme de ses mouvements mesurés et de son désir pour elle. Ses yeux rouges étaient troubles, comme s'il était enivré, et ses sourcils légèrement froncés. En voyant cela, le corps de Lucia devint encore plus brûlant.
Elle eut soudain l'idée d'essayer ce que Katherine lui avait enseigné.
« Qu'est-ce qu'elle disait déjà ? Quand ça entre, détends-toi, quand ça sort, contracte... »[3]
Lorsqu'elle manipula diligemment son corps selon ce qu'elle avait appris, l'effet fut immédiat. Il fronça les sourcils et ses mains sur ses fesses se crispèrent.
Alors qu'elle répétait le mouvement de détente et de contraction à plusieurs reprises en observant son expression, il étouffa un gémissement et grogna.
« Ne fais pas ça. »
Lucia feignit l'ignorance en haletant.
« Que veux-tu dire... ? »
« Tu fais quelque chose que tu ne faisais pas avant. »
Lucia était perplexe, car sa réaction était différente de ce qu'elle attendait.
« ...Mais on m'a dit qu'un homme aimerait ça. »
Hugo s'arrêta de bouger et fronça les sourcils.
« Qui ? »
« ... »
« C'est évident. Ces femmes lors des thés ont dû se réunir et raconter des choses pareilles. »
En le regardant claquer de la langue, Lucia se sentit un peu coupable envers ces nobles dames innocentes.
« Ça ne te plaît pas ? Quand je fais ça ? »
Elle contracta à nouveau son bas-ventre avec force. Il souffla, avalant son souffle, et ses yeux rouges qui la fixaient s'embrasèrent.
« Ne m'excite pas quand tu ne peux même pas le supporter. »
Hugo déplaça ses mains de ses fesses vers ses chevilles, les souleva jusqu'à ses épaules, puis s'enfonça lourdement en elle. Les yeux de Lucia piquèrent sous la stimulation de son gland rigide perçant ses profondeurs.
« Hk ! »
« Tu peux pleurer un peu plus fort. Sais-tu à quel point je me retenais ? »
Il accéléra et commença à la percuter puissamment. Son membre empli de désir comblait son intérieur et la ravageait.
« Ah ! Anng ! »
Elle pouvait sentir son excitation alors qu'il la martelait sans pitié, perçant, fouillant et raclant tout sur son passage. Le corps de Lucia frissonna alors que son intérieur sensible était stimulé d'innombrables fois.
Elle ressentit une légère douleur lorsqu'il atteignit le fond, et elle frissonna sous le plaisir frictionnel d'être ainsi rudoyée à l'intérieur. Alors qu'il ravageait ses parois internes, il se retira pour mieux replonger en elle, la forant sans relâche.
En écoutant le bruit de la chair contre la chair, ses yeux s'échauffèrent et les larmes qui se formaient glissèrent sur son visage.
« Ah ! Hugh ! Uuhk... »
Lucia hurla alors qu'elle atteignait un orgasme intense. Sa vision vacilla à plusieurs reprises avec la sensation de tomber sans fin, et en même temps, tout son corps trembla, étourdi par le plaisir.
Son intérieur serra douloureusement son membre, commençant à tressaillir et à convulser. Il la percuta encore quelques fois avant de déverser sa semence dans son ventre.
La pression de son étreinte et le son de ses gémissements à son oreille lui donnèrent des frissons de la tête aux pieds. Elle s'enroula autour de lui de ses bras et de ses jambes.
Alors que le son de leurs souffles haletants se mélangeait, le temps de l'orgasme, long et court à la fois, s'envola. Tandis qu'elle luttait pour reprendre son souffle au milieu de ses sanglots, Lucia pensa qu'elle devrait simplement oublier ce qu'elle avait appris de Katherine.
Coin du traducteur :
[1] Il s'agit de Philip, de l'époque où Hugo était dans le Nord pour soumettre les barbares. Je chercherai le chapitre, ou si vous vous souvenez duquel il s'agit, dites-le-moi.
[2] Je ne sais pas ce que cette phrase essaie de dire, alors je l'ai traduite littéralement. Voilà.
[3] Je sais que c'est une question étrange à poser... mais est-ce que ça marche ? Genre, vraiment ?
*T/N : Alors... dramatique.
**Avez-vous déjà mangé des pêches ? Quel goût ont-elles ?