Chapitre 13
Chapitre 12
Territoire du Nord (3)
traduction : iseuli
édition : lili
Le Territoire du Nord était sous le contrôle des nobles Taran depuis un nombre incalculable d'années, au point que leur règne était devenu inébranlable. C'était une règle tacite que même l'empereur ne pouvait interférer avec les activités du Nord. Avec un tel pouvoir, les nobles Taran auraient pu faire sécession pour former un pays indépendant, mais ils ne s'étaient jamais révoltés contre l'empereur, pas une seule fois.
La majeure partie de la population considérait le Duc de Taran comme le Roi du Nord. Pourtant, le rang du duc n'atteignait que celui de vassal de l'empereur. Même sans ordres, le Nord payait ses impôts ; en temps de guerre, ils étaient les premiers à combattre en première ligne ; de plus, c'étaient eux qui se chargeaient des conflits avec les barbares des terres frontalières. Si l'empereur venait à froisser le Nord, le duc pourrait potentiellement réclamer la sécession, causant un sacré mal de crâne. Toutes les générations passées d'empereurs n'avaient pas eu la même opinion, mais tant que l'empereur possédait un tant soit peu de sagesse, il savait que la meilleure option était de laisser le Nord gérer ses propres affaires.
La famille Taran avait toujours défendu sa position de souveraine du Nord. Ils n'interféraient jamais dans la politique de la capitale ; ils se concentraient uniquement sur les problèmes liés au Nord. Cependant, cette tendance avait commencé à changer, ne serait-ce qu'un peu, il y a sept ans.
Le précédent Duc du Nord avait connu une mort brutale, et l'actuel duc avait été investi de sa charge à l'âge de 18 ans seulement. Dès qu'il était devenu le nouveau duc, il avait dû quitter son Territoire du Nord pour devenir l'avant-garde des diverses guerres qui secouaient l'empire.
Les exploits militaires du Duc de Taran avaient balayé les champs de bataille. Son art de la guerre avait fait trembler le ciel et la terre. Les chevaliers d'autres unités, qui avaient eu la chance de combattre aux côtés du duc, étaient devenus ses loyaux partisans, peu importait qui étaient leurs maîtres d'origine.
Tandis que le Duc de Taran accumulait les mérites militaires, le Territoire du Nord était resté en paix. Le Nord était resté à l'écart de la guerre. Peu importait le chaos que le Duc de Taran semait, le Nord n'en subissait aucune conséquence.
Hugo n'avait jamais passé de test formel pour prouver qu'il était qualifié pour diriger les vastes terres du Nord. Il était jeune et avait laissé le Territoire du Nord à lui-même pendant une longue période. Les gens avaient commencé à soupçonner que son seul talent résidait dans l'art de la guerre, et que sa qualification en tant que dirigeant était inexistante. C'étaient là les voix de ceux qui étaient mécontents de la manière dont le Duc de Taran gouvernait son territoire.
Dans d'autres territoires, les ducs imposaient des taxes aux comtes des diverses régions. Lorsque les régions payaient leurs taxes, les comtes recevaient l'autorité de gouverner leurs terres comme bon leur semblait.
Cependant, le Territoire du Nord était gouverné différemment. La famille Taran contrôlait toutes ses régions dans les moindres détails. Cela incluait tout, des taxes aux lois quotidiennes concernant tous les citoyens. Chaque génération passée de ducs de la famille Taran interdisait toute forme de tyrannie dans ses régions. Les roturiers du Territoire du Nord vivaient des vies paisibles, mais de nombreux nobles du Nord pensaient que le duc leur avait injustement volé leurs droits de gouvernance.
Les nobles vivant à une distance sûre des frontières barbares estimaient que les pouvoirs militaires du duc étaient inutiles à leur vie. Ces régions, ainsi que d'autres nobles vivant plus près de la capitale, avaient noué des liens et se moquaient du duc ensemble. Ils avaient prévu de soumettre une requête formelle à l'empereur pour faire sécession du Territoire du Nord, afin de devenir officiellement un territoire indépendant au sein de l'Empire. Ce n'était pas tout ; ils avaient secrètement augmenté les taxes dans le dos du Duc de Taran et avaient constitué un fonds secret qui serait utilisé pour leurs propres unités militaires privées.
Mais ces gens avaient commis une erreur fatale. Ils ne comprenaient pas du tout la véritable personnalité du duc.
« Uugh... »
Il ne pouvait pas respirer correctement car sa gorge était étranglée. Son corps lui semblait lourd, comme s'il s'enfonçait dans la terre. Sa tête lui faisait mal, comme si un tuyau d'acier y était enfoncé. Le Comte Brown cligna des yeux avec lassitude.
Il essaya d'ouvrir correctement les yeux, mais il n'y parvint pas. Un liquide chaud coulait de son front et continuait de goutter dans ses yeux. Il essuya son front brutalement avec ses mains tremblantes et découvrit du sang coagulé qui le recouvrait.
Un sentiment d'effroi glacial se propagea le long de son dos. Le comte regarda derrière lui et scruta les environs. L'endroit lui semblait familier. C'était à l'intérieur des salles de son château.
Il entendit des pleurs étouffés provenant de quelque part. Le comte se retourna et ses yeux s'écarquillèrent. Dans un coin, des dizaines de personnes étaient rassemblées, agenouillées. Leurs visages étaient maculés de larmes, tandis qu'ils hyperventilaient et sanglotaient tous en même temps. Ils se couvraient la bouche avec la paume de leurs mains et leurs respirations étaient saccadées, offrant un spectacle misérable.
Il les connaissait tous : sa femme, ses enfants et même certains de ses subordonnés les plus loyaux. Les personnes qui étaient, ne serait-ce qu'un peu, impliquées avec le Comte Brown étaient toutes là.
Il allait demander ce qu'ils faisaient tous là, mais sa voix ne sortait pas. Lorsque le Comte Brown regarda sa famille, leurs visages devinrent encore plus laids et défaits tandis qu'ils éclataient en d'horribles gémissements. Leurs yeux étaient remplis de désespoir et de ressentiment envers le Comte Brown, et il ne pouvait rien faire.
« Nous avons laissé un rat s'échapper. »
« Mes excuses, Votre Grâce. »
Le bruit de pas suivit ces voix. Le claquement des chaussures en cuir sur le sol en pierre résonna de plus en plus fort. Un groupe de personnes entra dans la salle par la porte ouverte. Une personne menait le groupe, tandis que les autres suivaient derrière l'homme.
Les yeux du Comte Brown s'écarquillèrent et son corps trembla comme un peuplier. L'homme qui menait le groupe avait des cheveux noirs et des yeux rouges. Tous les résidents du Territoire du Nord identifiaient ces caractéristiques indubitables. Les ducs de Taran avaient tous les cheveux noirs et les yeux rouges. Même si une personne n'avait jamais vu les ducs du Territoire du Nord de toute sa vie, elle serait capable d'identifier cette personne instantanément.
Le comte jeta un coup d'œil sur le côté. Au moment où les yeux du Comte Brown rencontrèrent ceux du duc, il fut terrifié et commença à paniquer tout en reculant. Le duc s'approcha du comte ; c'était comme si un serpent s'approchait d'une grenouille tremblante. Le comte ne put rien faire d'autre que baisser la tête et regarder le sol.
Le duc s'arrêta à un pas du comte. Il plaça sa longue épée froide sous la mâchoire du comte, le forçant à lever les yeux.
Le comte se demanda pourquoi il n'avait pas choisi de rester inconscient sur le sol. L'homme aux cheveux noirs était revêtu d'une cuirasse noire tachée de partout par quelque chose. La couleur exacte tachant la cuirasse ne pouvait être distinguée, mais il devait s'agir de sang. Surtout en voyant que les manches et le pantalon du duc étaient trempés de sang.
L'épée du duc, tenue contre le cou du comte, était teinte en rouge par le sang. Le visage de l'homme aux cheveux noirs était éclaboussé de sang. Le comte sentit un liquide chaud couler le long de son pantalon. Lorsque le Duc de Taran vit le comte se faire dessus, il fronça les sourcils.
« Comte Brown. C'est bien cela ? »
« Oui... Oui. »
« Votre fils, qui devait hériter de votre position, s'est échappé seul. Avez-vous la moindre idée d'où il a pu s'enfuir ? »
« Hein ? »
Tch, Hugo fit claquer sa langue. Le type avait perdu la majeure partie de sa raison et il était trop tard pour obtenir des réponses fiables. Il semblait qu'il faudrait un peu plus de temps pour attraper le rat. Hugo tendit la main et fit un signe. Un chevalier apporta immédiatement un document. Hugo jeta les papiers aux pieds du comte.
« Cette signature, c'est vous qui l'avez apposée. N'est-ce pas ? »
Le comte saisit le document avec des mains tremblantes et le parcourut rapidement. C'était la pétition qu'il allait envoyer à l'empereur. Toutes les signatures des nobles concernés étaient soigneusement organisées, avec la sienne. Le sol sur lequel il se tenait sembla soudain devenir un gouffre sans fond. C'était comme si la mort se profilait juste à côté de lui.
« Un... procès. Je souhaite demander à l'empereur un procès... »
La mâchoire du comte tremblait sans s'arrêter. Le Comte Brown était le vassal du Duc de Taran, mais en même temps, il était aussi le vassal de l'empereur. En tant que l'un des vassaux de l'empereur, il avait le droit de demander à l'empereur de servir de médiateur pour lui. Même s'il s'agissait du duc, le comte ne pouvait pas rester là tranquillement et accepter le jugement de trahison contre l'Empire.
« Un procès. »
Une voix monotone marmonna.
« Il dit la même chose que le type de ce matin. »
Le comte sentit une peur glaciale envahir tout son corps. Il entendit la Mort murmurer à ses oreilles. Sans hésitation, il se prosterna sur le sol.
« S'il vous plaît, ayez pitié ! Épargnez ma vie ! Votre Grâce ! »
Sa seule pensée était de sortir de cette situation en vie. Il était prêt à tout pour sa vie. Le comte voulait montrer quelle richesse accumulée il pouvait offrir au duc, mais il ne put rassembler assez de courage pour parler. Il avait l'impression de faire une crise cardiaque, sa poitrine était serrée. Des larmes commencèrent à couler de ses yeux de manière incontrôlable.
« Ils semblent être des clones parfaits les uns des autres. »
Sa voix était pleine de dédain.
« Levez la tête. »
Le comte leva la tête très rapidement, comme si quelqu'un tirait sur ses cheveux. Ses yeux rencontrèrent des yeux rouge sang indifférents. On ne pouvait y trouver la moindre trace de rage ou d'excitation. Le comte était effrayé précisément pour cette raison. Il pouvait sentir l'intention meurtrière cachée derrière ces yeux indifférents. C'étaient les yeux d'un prédateur attendant de bondir sur sa proie.
« Kugh... Ayez pitié... »
Le comte regarda l'épée s'enfoncer profondément dans son cœur. Pourtant, il ne pensa pas à essayer de reculer et resta simplement là, tremblant. L'épée continua de s'enfoncer plus profondément et le corps du comte convulsa de manière exponentielle. Ses yeux se révulsèrent tandis que le sang jaillissait de sa bouche.
Les chevaliers avaient déjà été témoins de la nature meurtrière du duc à maintes reprises et étaient devenus insensibles à la vue. Au lieu de cela, ils regardaient le duc avec admiration. « Cette manœuvre est très difficile. Il n'a pas utilisé toute sa force, mais son épée a transpercé l'armure jusqu'à la chair comme si le comte était fait de tofu. » C'était la raison pour laquelle Fabian qualifiait tous les chevaliers choisis par le duc de fous.
Hugo ne broncha pas une seule fois en observant les diverses émotions émerger sur le visage de la personne mourante. Il continua de pousser son épée jusqu'à ce que le corps convulsant se transforme en cadavre. Cette personne était morte davantage de terreur que de douleur. Dès que le souffle de cette personne cessa, il retira rapidement son épée du corps et la trancha à travers le cou.
Thump.
Les os craquèrent et la tête tranchée roula sur le sol.
« Kyaa ! »
« Aaah ! »
Les proches du comte, qui étaient rassemblés dans le coin, brisèrent leur silence et commencèrent à hurler.
« Bruyants. »
Lorsque les chevaliers entendirent la voix basse du duc, ils se regardèrent et commencèrent à marcher vers les gens du comte. Alors que les chevaliers s'approchaient, les nobles rassemblés commencèrent à gémir.
« Votre Grâce !! »
Fabian hurla en courant vers lui.
« Vous ne pouvez pas tous les tuer ! Sinon, il ne restera personne pour travailler ici ! L'administration sera au point mort ! »
Les chevaliers firent une pause dans leurs pas ; les membres de la famille restants fermèrent la bouche tout en essayant d'étouffer leurs cris, et regardèrent vers Fabian comme s'il était leur espoir de vie. Le duc était effrayant, tel un vampire trempé de sang. Néanmoins, Fabian ne sembla pas du tout affecté par cela et hurla en frappant du pied.
« Je pensais vous avoir dit d'amener des gens à Roam. »
« Pensez-vous que la population de Roam est élevée ? Il y a un nombre limité de personnes qualifiées pour travailler ici. »
« Il n'y a pas d'exceptions. »
Un total de 13 seigneurs avaient conspiré ensemble, et Hugo avait visité sept lieux jusqu'à présent. Six régions avaient été transformées en un désastre après sa visite. Les vassaux des seigneurs et tous leurs enfants restants avaient été tués de sang-froid. Le nombre de personnes tuées s'élevait à quelques centaines.
« Ne pouvez-vous pas faire quelques exceptions ? La quantité de travail après toutes vos visites surprises s'est tellement accumulée que mon dos va se briser. Se briser, je vous dis ! »
« Je vais exterminer toutes les sources de problèmes possibles. Que faites-vous ? Vous attendez que je fasse tout moi-même ? »
Les chevaliers obéirent et dégainèrent immédiatement leurs épées. Un pandémonium d'épées qui s'entrechoquent, de cris et de pleurs explosa. En quelques instants, environ 50 personnes s'étaient transformées en un tas de viande. L'odeur du sang remplit rapidement les salles.
« Hhaa... »
Fabian laissa échapper un profond soupir. Il pouvait voir son travail s'accumuler de plus en plus. Ah, vraiment ! Pourquoi devaient-ils faire les singes sans connaître leur place et augmenter sa charge de travail ! Fabian se sentait plus préoccupé par ses vacances que par toutes les personnes mourant devant ses yeux. Aux yeux des chevaliers, Fabian semblait beaucoup plus fou qu'eux.
‘J'avais déjà prédit cela, mais... il tue vraiment tous ces gens comme des insectes.’
Les pensées de Fabian sur la cruelle réalité furent brèves. Il y était devenu trop habitué. Tout le blâme incombait à ceux qui avaient commencé le désastre en premier lieu.
‘Si c'était moi, je choisirais plutôt le suicide. Ces idiots.’
Ces nobles ne comprenaient pas du tout le tempérament du Souverain du Nord. Hugo détestait rendre les choses compliquées. Quand quelque chose s'emmêlait, il préférait couper plutôt que d'essayer de démêler à nouveau. S'il n'était pas satisfait de quelque chose, le pardon n'existait pas. Fabian pensait que son Seigneur Duc était trop cruel de temps en temps, mais c'était cent fois mieux qu'un dirigeant indécis.
« Nous partirons demain matin. »
« Oui ! »
Les chevaliers répondirent fermement. Fabian, qui se tenait sur le côté, laissa échapper un soupir plus lourd. La façon dont il gérait les problèmes était si rapide. À ce rythme, il réglerait tout en un mois.
Treize seigneurs de région, ce n'était pas rien. Individuellement, leurs territoires étaient petits, mais tous ensemble, ils représentaient une grande partie du Territoire du Nord. Cependant, les chevaliers du Duc de Taran n'étaient pas des talents ordinaires. Ils combattaient les barbares des terres frontalières depuis des années, et ils étaient tous devenus exponentiellement plus forts pendant tout ce temps. Ils avaient tous beaucoup d'expérience de la vie réelle, et leurs compétences meurtrières étaient d'un autre niveau. De plus, le Duc de Taran s'entraînait personnellement avec les chevaliers chaque jour ; il n'y avait aucun moyen qu'ils puissent se détendre, même pour un instant.
Le duc et les chevaliers avaient sillonné le vaste Territoire du Nord, traitant avec les meurtriers barbares des terres frontalières. À présent, ils n'étaient rien d'autre que des machines à tuer. Pour ces chevaliers, de telles situations ressemblaient à se jeter dans un combat contre un troupeau de moutons.
Un chevalier entra dans la salle à pas rapides pour relayer des informations au chevalier en chef. Le chevalier en chef Elliott transmit l'information au duc.
« Ils l'ont attrapé. »
« Amenez-le ici. » (Hugo)
Plusieurs chevaliers communiquèrent entre eux par des hochements de tête et quittèrent la salle. En peu de temps, deux chevaliers entrèrent en traînant un homme tout en retenant ses bras. L'homme était lui-même dans un état lamentable, mais dès qu'il vit le chaos dans les salles, il commença à hurler. Juste à ce moment-là, un chevalier frappa l'homme derrière la nuque, le faisant tomber sur le sol.
« Waaah ! »
L'homme rampa sur le sol en hurlant de manière spasmodique. Le duc n'était pas assez bon pour laisser l'homme continuer à pleurer. Il était sur le point de lui donner un coup de pied, mais s'arrêta lorsque l'homme en pleurs commença à rire.
« PWAHAHA !! »
Était-il fou ? Mais les yeux de l'homme appartenaient à une personne saine d'esprit.
« Tais-toi. Avant que je décide de te briser la nuque. »
La menace silencieuse mais meurtrière du duc mit fin au rire de l'homme, qui respira bruyamment en essayant de se calmer. Il s'agenouilla et frappa son front sur le sol.
« S'il vous plaît, tuez-moi. »
C'était une première. La première fois que quelqu'un ne mendiait pas pour sa vie.
« Quoi ? » (Hugo)
Fabian comprit que le duc interrogeait l'homme et intervint.
« C'est le fils de la précédente épouse du Comte Brown. Cela fait un peu plus d'un an qu'il a été décidé qu'il succéderait à son père, mais il semble qu'ils aient mis cela en place pour qu'il devienne un agneau sacrificiel au cas où leur plan échouerait. »
« Les autres n'ont pas préparé quelque chose comme ça. » (Hugo)
« Le Comte Brown était toujours minutieux dans tout ce qu'il faisait. » (Fabian)
« Laissez cet homme en charge de cet endroit. » (Hugo)
« Vraiment ? »
Fabian se réjouit.
« S'il vous plaît, tuez-moi ! Votre Grâce ! »
Le duc avait dit qu'il épargnerait l'homme et lui laisserait la région, mais il continuait de parler de mourir. Fabian le fixa, se demandant si l'homme était vraiment devenu fou. Il était soulagé que sa charge de travail ait diminué, mais il semblait s'être réjoui trop tôt.
« Pourquoi ? »
« Je déteste le sang... qui coule à l'intérieur de ce corps qui est le mien. »
L'homme regardait ses propres mains avec dégoût, tandis que le duc regardait avec un air vide. Un sourire tordu se forma sur les lèvres de Hugo.
« Tu détestes le sang dans tes veines, pourtant tu ne peux pas te tuer toi-même. Alors tu dois continuer à vivre en portant cette douleur. »
Tout comme il ne pouvait pas rejeter les liens du sang en lui-même.
L'homme leva les yeux vers Hugo avec des yeux choqués. Hugo tourna le dos à l'homme.
« Mon nom est Hue. Dans ma langue, cela signifie démon, diable, quelque chose de ce genre. »
« Hugh ? Woah. Nous nous ressemblons et avons même des noms similaires ! Mon nom est Hugo. »
« Pas Hugh, Hue. Idiot. »
« Hue, Hue, Hugh. Si tu le dis vite, c'est tout pareil. Hugh. Ton nom est Hugh. »
« ...... »
« Je pensais que j'étais tout seul jusqu'à maintenant. Mais maintenant nous ne sommes plus seuls. N'est-ce pas, Hugh ? »
« Idiot. Ton cerveau est si brillant qu'il a brûlé. Tu ne comprends pas ce que notre vieux va faire ? Que ce soit toi ou moi, l'un de nous sera tué. »
« Je te protégerai. »
« Espèce de bâtard rampant. »
« Tu peux me protéger aussi. »
En se remémorant son passé, son cœur de sang-froid lui faisait encore mal comme si des aiguilles le poignardaient.
« C'est pour ton bien, Hugh. Je t'aime, mon frère. »
Hugo voulait dire une chose à son frère, qui avait déjà quitté ce monde.
‘Tu as tort.’
Si c'était pour son bien, son frère aîné aurait dû le poignarder à mort avec son épée. Son frère aîné l'avait jeté dans ce monde pathétique et sale.
‘J'ai besoin d'alcool.’
Même ainsi, il ne pouvait pas s'enivrer. Même s'il buvait tout l'alcool du monde, il ne serait pas ivre. Peu importe à quel point il appréciait l'alcool, les filles et le meurtre, il ne pouvait pas s'enivrer avec eux. La lignée de la famille Taran était terrible comme ça. Ainsi, il était un monstre.
Peu importe à quel point il se baignait dans le sang des autres, il pouvait instantanément se transformer en un noble honorable. Ces deux identités reflétaient son vrai moi.
‘Je suis fatigué.’
Le monde dans lequel il vivait... était trop fatigant.
***
Lucia alla explorer les sites de Roam pendant son temps libre. Il n'y avait pas d'endroit où Lucia était restreinte de visiter. De nombreuses structures étaient construites autour de la haute tour centrale, tandis que de hauts murs intérieurs encerclaient tout l'endroit. Si l'on regardait vers l'est, le sud, le nord et l'ouest, on pouvait localiser quatre autres structures imposantes. Lorsque l'on grimpait au sommet de ces tours, on pouvait voir tout Roam avec une vue plongeante.
Cependant, elle était restreinte de visiter la tour ouest. La porte de la tour ouest était fermée à clé. Elle avait visité l'endroit plusieurs fois auparavant, mais il était resté verrouillé, alors elle décida de demander aux servantes qui la suivaient.
« Pourquoi cet endroit est-il verrouillé ? Apportez-moi les clés. »
« Madame, il serait préférable que vous n'entriez pas dans cet endroit. »
« Pourquoi ? »
Les servantes répondirent avec un inconfort extrême.
« Il est hanté par des fantômes. »
La servante frissonna comme si elle expliquait un conte indicible, tandis que Lucia ricana quelques instants plus tard.
« Fantôme ? Quelqu'un l'a vu ? »
La servante continua avec un discours passionné sur toutes les personnes qui avaient été témoins de l'horrible fantôme, évoquant même l'histoire de l'ami d'un ami, ainsi que les contes qu'un parent éloigné lui avait transmis. Pourtant, cela signifiait qu'elle n'avait pas vu le fantôme personnellement, et la personne qui avait vu le fantôme n'était personne de très proche d'elle non plus. C'était une rumeur aléatoire qu'elle avait ramassée par hasard.
« Alors pourquoi le fantôme apparaît-il ici ? Il devrait y avoir une raison, non ? »
« ...Je ne suis pas sûre de la raison exacte non plus. Mais tout le monde dit que des fantômes apparaissent ici. »
Lucia continua de poser différentes questions à la servante sur le sujet et découvrit que la plupart des citoyens de Roam connaissaient l'histoire. Si l'histoire s'était propagée à ce degré, ce n'était pas juste une simple rumeur, mais il devait y avoir une autre raison sous-jacente. Lucia pensa instantanément à une personne qui pourrait étancher cette curiosité qui était la sienne.
***
« Jerome, j'ai quelque chose à vous demander. »
Les mots « j'ai quelque chose à vous demander » étaient ceux qui faisaient le plus trembler Jerome de peur. Son cœur sombra lourdement, et de la sueur froide coula de son visage.
« Oui, Madame. S'il vous plaît, parlez. »
« C'est à propos de la tour ouest. J'ai vu que vous avez verrouillé l'endroit. Tout le monde dit qu'un fantôme le hante. Est-ce qu'un fantôme habite vraiment là ? »
Jerome déglutit difficilement. Comme on pouvait s'y attendre de la part de Votre Grâce, elle ne posait pas de questions ordinaires.
« ...Il y a de telles rumeurs, mais je n'ai jamais vu de fantôme de ma vie. »
« Cela signifie que vous êtes déjà allé à l'intérieur de la tour ? »
« Oui. Cependant, les gens continuaient de répandre des rumeurs selon lesquelles quiconque y entre fait face à la malchance. Nous avons donc décidé de restreindre l'accès à tout le monde. »
« Il devrait y avoir une raison. Pourquoi la rumeur continue-t-elle à ce jour ? »
« ...C'est parce que quelqu'un est mort à cet endroit auparavant. »
« Ce n'était pas... un accident ordinaire, n'est-ce pas ? »
« Oui. Quelqu'un a été assassiné. »
« Oh mon Dieu. »
Elle laissa échapper un soupir triste avec sa bouche, mais ses yeux brillaient.
« Qui, pourquoi et comment ? Comment quelqu'un a-t-il pu être assassiné à l'intérieur des murs du château ? Ce ne devait pas être une affaire de meurtre ordinaire. »
Hhaa. Jerome laissa échapper un soupir lourd. Il se demandait si c'était quelque chose qu'il devait honnêtement transmettre à Votre Grâce.
Mais à la fin, il décida que c'était quelque chose que la dame de la maison devait savoir. Dans l'esprit de Jerome, Lucia était déjà la duchesse parfaite de la famille Taran.
« C'était une affaire avant que je sois embauché comme majordome du château, donc toutes mes connaissances sont également de seconde main. Les personnes qui sont mortes dans la tour ouest étaient le précédent Duc et la Duchesse de Taran. »
Lucia s'enquit du sujet avec un cœur léger comme si elle lisait un roman policier, cependant, à ses mots, son visage se raidit.
« ...Ciel. Non... pourquoi ? »
« Cela fait partie de l'histoire secrète du Duc de Taran. C'est arrivé il y a longtemps et peu de gens le savent. Cependant, j'ai pensé que Madame devrait le savoir. »
Il y avait eu une longue enquête. Lucia écouta avec tension.
« Je vous ai déjà dit que Sa Grâce avait un frère jumeau. »
« Je m'en souviens. »
« Le précédent duc craignait que ses enfants ne se battent pour lui succéder après lui. Par conséquent, il a pris une décision cruelle. Il a décidé de laisser l'un de ses fils lui succéder et d'abandonner son autre fils. Je ne suis pas sûr si le duc a décidé de tuer son propre enfant. Cependant, l'enfant qui a été jeté a mûri et est apparu devant le couple ducal, puis a mis fin à leurs jours de ses propres mains. »
‘Oh mon Dieu.’ La vérité choquante de l'histoire secrète de la famille Taran commença à s'imprégner, faisant trembler ses mains.
« À l'époque, Sa Grâce n'était pas à Roam et a pu échapper à la mort. Je n'étais pas présent au château à ce moment-là, donc je ne suis pas trop sûr des détails exacts de cette affaire non plus. »
Avoir vécu quelque chose de si douloureux. Elle avait supposé qu'il n'avait jamais vécu rien de douloureux dans sa vie.
« Alors... son frère jumeau... a tué ses propres parents ? »
« Le précédent duc était effectivement le père, mais la duchesse n'était pas sa mère. J'ai entendu dire que leur mère est morte en leur donnant naissance. »
C'était grotesque qu'un enfant tue son propre père, mais elle ressentit un peu de soulagement qu'il n'ait pas tué sa propre mère. Peut-être était-ce à cause de ses propres expériences personnelles. Le père de Lucia était quelqu'un qui ne méritait même pas son dédain, mais sa mère était tout l'amour qu'elle avait eu dans ce monde.
« C'est une personne très... forte. Je ne peux même pas commencer à imaginer qu'il ait vécu quelque chose d'aussi cruel... »
« Oui, Sa Grâce est une personne très forte. »
Lucia se sentit un peu triste en comprenant d'où sa force pouvait provenir. Elle souhaitait le serrer fort dans ses bras en ce moment. Peut-être qu'il ne prêtait plus aucune attention à son passé. En conséquence, ses propres sentiments pourraient devenir une nuisance pour lui. Cependant, elle souhaitait l'aider à le consoler d'une manière ou d'une autre. Il pouvait être un peu égoïste et dire des choses blessantes, mais en ce moment, elle pensait qu'elle pourrait tout lui pardonner.
(fin)
Notes de bas de page :
(1) Je t'aime mon frère : La traduction littérale est « Je t'aime mon petit frère, mon grand frère ». Ils sont jumeaux, d'où cette phrase. Mais je ne pense pas que cela ait beaucoup de sens pour beaucoup de gens. Pour réduire la confusion, j'ai reformulé.