Chapitre 775
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 775 : Épreuve d’héritage (5)
― Aaaaaaah !
Comme toujours, ce fut le cri de Yeongtae qui retentit le premier.
Ils savaient contre qui ils avaient été convoqués pour se battre.
Yeongwoo leva les yeux vers ses amis, qui commençaient à apparaître les uns après les autres, et cria :
« Dix ! Tuez-en juste dix et on pourra rentrer ! »
Le général Kim Younghyeom rugit alors d’une voix tonitruante.
― Quoi ? Dix ? Vous n’avez même pas réussi à en abattre un seul, et tu nous demandes d’en tuer dix ?
« Je peux tous vous invoquer encore deux fois aujourd’hui ! Alors on continue jusqu’à ce que ce soit fait ! »
Grâce à l’effet du Livre illustré des accessoires, le nombre d’utilisations du Sifflet ambré était désormais passé à trois au total.
Autrement dit, même si ses amis invoqués étaient complètement anéantis, il pouvait encore les appeler deux fois.
Kwoooooooom !
Les « amis » débarquèrent bientôt sur le champ de bataille dans un vacarme assourdissant et, sans même avoir le temps de râler, se retrouvèrent aux prises avec les Commandements du clan Gugui.
― C’est quoi, ces enfoirés ? Ils sont partout.
Le premier à s’en prendre à un Commandement fut de loin Yeongtae.
Thwuuuump !
Quand il frappa un Commandement de sa grosse patte avant, l’adversaire fut, chose étonnante, projeté en arrière comme une quille.
― Oh… ?
Alors que Yeongtae s’émerveillait de nouveau de sa propre force, un autre Commandement surgit derrière lui et lui enfonça une immense épée à deux mains dans le flanc.
Kwaat !
― Kwehk ?
Puis, en faisant violemment pivoter la lame, il la dégagea d’un coup oblique vers le haut.
Le torse de Yeongtae fut ainsi tranché à moitié.
« … Yeongtae ! »
Constatant que ses amis n’étaient, comme prévu, pas de taille face aux Commandements, Yeongwoo fonça aussitôt vers Yeongtae.
Ta-tat !
Le Commandement étant désormais concentré sur Yeongtae, il jugea que c’était l’occasion d’en abattre un.
Et enfin.
Shweeeeeeeek !
Quand Yeongwoo lança vivement le Bâtard vers le Commandement, Yeongtae comprit et agrippa fermement l’épée à deux mains de son adversaire pour le retenir.
― Vite… !
Pour la première fois depuis le début de l’Épreuve de bravoure, le Bâtard trancha le cou d’un Commandement.
Kwaat !
Dans un bruit de coupe net, le Bâtard traça une ligne oblique rouge sombre et la tête du Commandement qui tenait l’épée à deux mains roula au sol.
Kwoooom !
Dans un bruit sourd, la tête du Commandement, toujours enfermée dans son heaume noir, roula sur le sol.
À cet instant, l’insigne mystérieux qui flottait au-dessus de la tête de tous les Commandements prit une forme différente.
« Hein, qu’est-ce que c’est ? Ne me dites pas que ça compte le nombre qu’il en reste. »
Comme ils l’avaient eux-mêmes annoncé, une règle stipulait que la propriété ne pouvait être transférée qu’après la mort de dix Commandements.
« Merde. Je vais devoir renoncer à la moitié de cette armée de dingues ? »
Bien sûr, il n’était même pas certain de réussir à revendiquer cette moitié.
Car le temps que Yeongwoo mette à trancher le cou d’un seul Commandement, ses amis se faisaient décimer à toute vitesse.
― Keo-heok !
Au loin, le corps de granit de Kim Taejoon se brisait en morceaux. Yeongwoo invoqua la Montagne de l’Épée dans cette direction et se lança lui-même de l’autre côté.
Taat !
Là-bas, le général Kim Younghyeom roulait au sol, trois Commandements accrochés à lui.
― Ces enfoirés ont une détermination monstrueuse ! On ne peut rien faire !
À vrai dire, c’était précisément parce que les Commandements n’avaient aucune volonté de céder que leur détermination semblait, paradoxalement, si écrasante.
Ils ne connaissaient pas la peur et, sauf mouvement tactique, ne reculaient jamais.
« On ne peut pas s’occuper des trois ! Essayez d’en retenir au moins un, n’importe comment ! »
Quand Yeongwoo cria la même consigne que Yeongtae venait d’appliquer, les Commandements l’entendirent, à sa grande surprise, et se dégagèrent tous d’un coup du général Kim Younghyeom.
Paaat !
« … Quoi ? »
Puis ils se jetèrent ensemble sur Yeongwoo.
Ils savaient que le tigre blanc ne serait pour eux qu’une gêne, tandis que l’épée de Jeong Yeongwoo, maître du cuirassé planétaire, pouvait leur trancher le cou.
« Très bien. Venez donc. »
Tout à l’heure, ils étaient vingt contre un et il n’avait rien pu tenter, mais cette fois, ils n’étaient que trois, non ?
Alors que Yeongwoo réajustait sa prise sur le Bâtard, prêt à se battre sérieusement, le Dragon de feu Kang Hongtae le mit en garde :
― Ils foncent tous sur toi ! Fais gaffe dans ton dos !
Les Commandements avaient eux aussi compris que trois ne suffiraient pas à s’occuper de Yeongwoo. Ils avaient laissé les autres adversaires de côté et commencé à envoyer des renforts vers lui.
En se retournant, Yeongwoo sentit les poils de sa nuque se hérisser.
« Ces enfoirés ont des capacités de combat complètement absurdes. »
Six Commandements fonçaient droit sur lui par-derrière, tandis que les trois devant lui gardaient leurs distances, attendant que les renforts les rejoignent.
Ils avaient calculé qu’il leur en faudrait au moins neuf pour l’affronter correctement.
Autrement dit…
« Neuf ? Ça veut dire qu’ils ont calculé qu’il leur en fallait neuf pour me tuer ? »
Il en resta bouche bée.
Au même moment, ses deux pieds l’entraînaient déjà vers l’avant.
Car si leurs calculs étaient justes, il devait soit se déplacer avant que les neuf ne soient réunis, soit trancher la tête d’au moins un Commandement.
« Bloquez-moi l’arrière ! Il ne faut pas les laisser se regrouper ! »
Alors que Yeongwoo lançait cet ordre à l’aveuglette et se jetait sur les trois Commandements les plus proches, une masse d’écailles bleu foncé tomba du ciel comme une lame de guillotine.
Teo-o-o-o-ong !
Le Dragon du Tonnerre Song Jeongho avait bloqué l’arrière avec sa queue, comme Yeongwoo le lui avait demandé.
Il était couvert de sang, mais son souffle restait ferme.
C’était grâce au Dragon de feu Kang Hongtae, apparu à l’appel de Yeongwoo, qui avait dispersé les attaques des Commandements concentrées sur Song Jeongho.
∴ Ils sont ridiculement tenaces pour des types aussi petits.
La queue de Song Jeongho, qui avait barré le passage, balaya de nouveau l’espace souterrain et, pendant ce temps, Yeongwoo poursuivit les trois Commandements qui battaient en retraite.
« Vous ne prétendiez pas mettre ma bravoure à l’épreuve ? Alors pourquoi ne pas rester et vous battre avec autant de bravoure ? »
Bien sûr, sachant qu’ils ne s’arrêteraient pas pour si peu, Yeongwoo invoqua la Montagne de l’Épée sur leur trajectoire de retraite.
« Quatre cent soixante-dix-huit Montagnes de l’Épée… ! »
Ses ressources approchaient désormais des cinq cents Montagnes de l’Épée.
Kwaaaat !
Plus de quatre cents armes tranchantes fendirent les airs et s’abattirent à l’appel de leur maître. Les Commandements se dispersèrent dans trois directions pour esquiver.
Yeongwoo, qui n’attendait que cet instant, imprégna le Bâtard de son pouvoir d’épée et le projeta en avant.
Shweeeeeee-at !
Le Commandement visé par le Bâtard interrompit sa fuite et se contorsionna pour l’éviter. Yeongwoo lança alors son Pas de foudre et réduisit la distance.
« Je te tiens… ! »
Alors que les yeux de Yeongwoo s’illuminaient d’or, convaincu de sa victoire, le Commandement lança sans la moindre hésitation la lame qu’il tenait à la main.
Pee-at !
Un esprit combatif admirable.
Le Commandement était un monstre de combat qui exécutait toujours l’action optimale, quelles que fussent les circonstances.
C’est pourquoi Yeongwoo ne put s’empêcher d’éprouver une profonde pitié pour ce qu’il allait devoir faire.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
« Si c’était vous, vous auriez peut-être pu tenir tête à Kaujo. C’est vraiment dommage que je ne puisse pas tous vous prendre. »
En lançant ces mots, Yeongwoo décocha un coup de poing. Le Commandement pivota le haut du corps pour l’esquiver, et un déchirement retentit aussitôt derrière lui.
Kwajak !
Le Bâtard, qui avait filé au loin, était revenu et s’était planté dans le dos du Commandement.
Il transperça ensuite sa poitrine et jaillit dans les airs.
Kwaat !
Malgré tout, le Commandement du clan Gugui ne laissa pas échapper le moindre gémissement.
Il respirait encore et cherchait déjà à abattre de nouveau l’épée qu’il tenait.
« Espèce de taré. »
Yeongwoo enfonça alors son bras droit dans le trou percé à travers la poitrine du Commandement pour réduire complètement la distance, puis lui fracassa sans pitié le crâne avec Aratuvank, fixé à son bras gauche.
Puuuuuump !
À cet instant, l’Entrave à la justice tira derrière Yeongwoo et l’interpella d’urgence :
× Pas encore ? Les deux autres arrivent !
En réalité, les autres, que la queue de Song Jeongho avait repoussés, fonçaient eux aussi depuis le fond.
« Quel bordel. »
Malgré le trou béant dans sa poitrine, la tête du Commandement tenait toujours solidement à son cou.
Et pourtant, Aratuvank l’avait frappé trois fois de suite.
« Sans le Bâtard, ça va être compliqué de s’en débarrasser. »
Dreu-deuk !
Comme le Commandement s’apprêtait à contre-attaquer, Yeongwoo ordonna au Bâtard, qui tournoyait au loin, de lui trancher la tête.
Sentant le danger, le Commandement se mit à se débattre frénétiquement en s’agrippant à Yeongwoo.
Il déplaça sa prise de la poignée de l’épée au milieu de la lame et tenta de planter le bout raccourci dans le cou de Yeongwoo.
« Kh-ek ! »
Au moment où Yeongwoo, pris au dépourvu, se recroquevilla, l’Entrave à la justice tendit la main et rattrapa de justesse la lame du Commandement.
Treu-deup… !
× Faut vraiment surveiller ce type tout le temps.
Ces mots s’adressaient à Yeongwoo.
À peine l’Entrave à la justice eut-elle fini de se plaindre que le Bâtard, arrivant en diagonale, sépara net la tête du Commandement de son cou.
Kwasat !
« Merde, on n’en a eu que deux ? »
Il en restait un nombre sidérant à abattre : huit.
Et la plupart de ses amis étaient morts pour en faire tomber un seul. Il devait donc en invoquer d’autres.
« Maintenant qu’il ne me reste que deux utilisations, je ne pourrai même plus utiliser les Commandements vivants… C’est seulement possible, ça ? »
Yeongwoo grimaça en voyant que les comptes ne collaient pas tout à fait.
Kwa-gwa-gwa-gwat !
Un vacarme éclata soudain, très haut au-dessus de sa tête.
― Woaaaaaaah !
― Eeyaaaah !
Au milieu de cris de guerre et de hurlements en tout genre, des brigands se mirent à déferler comme un essaim d’abeilles depuis le passage qui descendait dans l’espace souterrain.
« … ? »
Les autres brigands, qui s’étaient mis en route plus tôt après avoir entendu le signal annonçant l’apparition de la « Clé », venaient seulement d’arriver.
Et ce n’était pas tout.
Hwa-aaat !
Comme s’ils avaient entendu parler de la dangerosité de cet espace souterrain, ils avaient même apporté des parachutes pour amortir leur chute.
× C’est quoi, ces enfoirés ?
Comme l’Entrave à la justice levait instinctivement l’index vers le ciel, Yeongwoo agita rapidement la main.
« Non, laissez-les. Ils feront aussi office de boucliers humains. »
En réalité, ils étaient venus pour lui voler la marque, mais pour y parvenir, il leur faudrait d’abord s’occuper des dix-huit Commandements qui se tenaient là.
« Par ici ! Venez par ici ! »
Quand Yeongwoo leva haut la main, son corps entier sembla luire étrangement aux yeux des brigands.
Bien qu’il ne portât en réalité aucune marque, les étrangers le voyaient comme s’il était lui-même la Clé.
― La Clé !
― Là-bas ! La Clé est là-bas !
Des centaines de vétérans n’avaient attendu que l’apparition d’un héritier digne de ce nom.
Dès qu’ils repérèrent l’héritier, tous ceux qui étaient dans les airs orientèrent leurs parachutes vers lui, et les dix-huit Commandements encore en vie convergèrent également dans sa direction.
Koo-goo-goo-goo… !
Yeongwoo passa alors sa langue sur le Bâtard pour entrer dans l’état de saignement, et fixa les centaines de silhouettes qui remplissaient le ciel et le sol d’une obscurité totale.
« En quoi est-ce différent d’une guerre ? À partir d’aujourd’hui, moi aussi, je suis un vétéran de guerre. »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]