Chapitre 768
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 768 : Une grande histoire (8)
La survie des employés de la bourse.
Indépendamment de toute considération morale, cela ne concernait pas vraiment Yeongwoo.
Après tout, il était pratiquement certain qu’il aurait des problèmes avec le gouvernement de Hezara, puisqu’il avait déjà tiré avec les canons du vaisseau.
Bien sûr, si tous les employés sont morts, ça va devenir un peu pénible. Il faut que je sache où se trouve le coffre pour récupérer l’argent de ma ferraille, après tout.
Tandis qu’il réfléchissait ainsi et passait la tête hors du Kenicsita, la bourse, entièrement dévastée, apparut à sa vue.
Sans surprise, il n’y avait pas un seul employé dehors.
« J’ai l’impression d’avoir vu quelques types courir à l’intérieur du bâtiment tout à l’heure. »
À ces mots, une ligne de ciblage rouge s’étira depuis le blindage extérieur du Kenicsita et pointa vers une structure en dôme au loin.
Depuis le cockpit, Mushio lui indiquait l’endroit où les employés se trouvaient probablement.
— Ils devraient être là-dedans.
« Ah, je crois que tu as raison. »
Sur ce, Yeongwoo sauta du Kenicsita et se mit à marcher vers la structure en question.
De temps à autre, un puissant bruit métallique montait près de ses pieds, mêlé au vent.
Clang, clac.
C’était le bruit de la ferraille, écrasée au sol par le bombardement du Vaisseau-Terre, qui heurtait les semelles de ses bottes.
« Eh bien, on dirait que tout s’est déroulé comme prévu de ce côté-ci. »
Yeongwoo hocha la tête, satisfait, puis contempla le dôme dont il s’était rapproché entre-temps.
Sans doute à la suite des bombardements continus, des morceaux de ferraille projetés par les ondes de choc avaient déchiré la paroi extérieure de la structure.
Malgré cela, le bâtiment lui-même ne s’était pas effondré, ce qui lui fit penser qu’il restait peut-être des survivants.
« Hé, il y a encore quelqu’un en vie ? »
Yeongwoo donna un coup de pied dans l’énorme plaque d’acier qui semblait servir d’entrée. Un bruit de métal froissé retentit, tandis qu’une présence s’agitait à l’intérieur.
— Aaargh !
C’était une voix propre aux machines.
Yeongwoo pencha la tête, appuya son épaule contre la plaque d’acier à moitié pliée et poussa de toutes ses forces.
Grrrroum !
La lourde porte se détacha alors complètement et fut poussée vers l’intérieur. Bientôt, Yeongwoo put voir l’intérieur de la structure.
Il aperçut un immense robot qui bloquait la porte de son corps, ainsi que trois employés de la bourse.
« Quoi, vous êtes tous encore en vie ? »
À peine Yeongwoo avait-il parlé d’un air surpris qu’une partie du plafond, déchiquetée et ne tenant plus qu’à un fil, s’effondra sur le sol.
Crac !
À cette vue, la gigantesque machine se déplaça rapidement et plaça son corps juste au-dessus de la tête des employés.
C’était une sorte de robot de sécurité.
En outre, il semblait remarquablement doué pour jauger ses adversaires : il regarda même Yeongwoo d’un air terrifié.
Il avait instinctivement compris que si l’intrus devant lui s’en prenait aux employés, il ne pourrait pas accomplir sa mission.
Yeongwoo leva légèrement les deux bras et lui parla d’un ton rassurant.
« T’inquiète pas. Je ne m’en prends pas aux amphibiens ni aux machines sans raison. »
Puis il lança un regard noir aux employés de la bourse, qui n’appartenaient ni à la catégorie des amphibiens ni à celle des machines.
« Puisque vous avez sauvé votre peau, dépêchez-vous de vous mettre au travail. Vous allez me verser l’argent de ma ferraille, non ? »
L’un des employés leva machinalement les yeux vers le plafond atrocement déchiqueté.
Son langage corporel disait en somme que, pour être honnête, c’était la bourse qui aurait dû recevoir de l’argent.
Mais son raisonnement fonctionnait parfaitement : sa bouche, elle, prononça tout autre chose.
— B-Bien sûr. Nous allons activer le scanner immédiatement et estimer la valeur totale des marchandises que vous avez apportées.
« Ah, et vous devez aussi payer les frais de réparation. »
— … Pardon ?
« Le typhon de métal de tout à l’heure. Si je ne l’avais pas bombardé pour le mettre hors d’état de nuire, il aurait réduit cette bourse en poussière, pas vrai ? »
— Non, mais…
Ce typhon de métal n’avait-il pas été provoqué par Jeong Yeongwoo lui-même ?
Bien sûr, Yeongwoo le savait très bien.
« Mais comme j’ai aussi ma part de responsabilité, je ne vais pas vous réclamer la totalité des frais. Je me contenterai de vingt pour cent supplémentaires sur le prix de vente. »
— …
C’était du vol pur et simple, mais les employés de la bourse ne pouvaient absolument rien y faire.
Il y avait le vaisseau en Godial à bord duquel ce type était arrivé, et ce bombardement absurde dont ils avaient été témoins un peu plus tôt.
Et surtout, la marque officielle du gouvernement de Hezara apposée sur ce sale brigand avait une signification considérable.
L’officiel du district administratif de Hezara ne l’avait pas révélé à Yeongwoo à l’époque, mais la marque officielle qu’il lui avait accordée était un peu différente des marques habituelles.
Elle portait le message suivant : « Évitez tout conflit si possible et laissez-le passer. »
Bip-bip.
Sur ces entrefaites, une alarme retentit au poignet de l’employé de la bourse.
Après avoir balayé la bourse à moitié détruite, le scanner venait de communiquer les résultats de son analyse.
— … La quantité est considérable.
« La qualité doit être bonne aussi. J’ai abattu une flotte qui valait plutôt cher. »
— Le Katangdal a été quelque peu endommagé par la pression et la chaleur extrêmes. Il devra donc subir plusieurs étapes de raffinage, et sa valeur estimée sera inférieure à ce que vous pourriez imaginer.
L’employé de la bourse prononça ces mots, visiblement très tendu. Yeongwoo posa tranquillement la main sur le « Bâtard » à sa taille.
« Je me fierai à mon instinct pour juger si le prix est correct. Alors, dites-moi la vérité. »
L’employé fit apparaître un hologramme dans les airs et se mit à calculer.
Peu après, il regarda de nouveau Yeongwoo.
— …
« Ça donne combien ? »
— 20,8 milliards de Karma.
« 20,8 ? »
Yeongwoo réussit de justesse à empêcher sa mâchoire de tomber.
La somme dépassait de loin ce qu’il avait imaginé.
Attends, je n’ai pas rapporté les vaisseaux entiers pour les vendre. J’ai juste ramassé quelques débris, et ça fait 20,8 milliards ?
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Clignant des yeux, Yeongwoo feignit le calme et poursuivit :
« Alors, combien coûtent les réparations ? »
L’employé ne fit même pas semblant de calculer et répondit aussitôt :
— 4,16 milliards de Karma.
« Hmm. Ce n’est pas assez, mais vu que j’ai ma part de responsabilité, ça me va. »
Yeongwoo hocha la tête.
En réalité, s’il avait exigé des frais de réparation, c’était à cause de la commission de vingt pour cent sur le tri des débris qu’il devait verser aux frères du Pied rouge de Guro-gu.
« D’habitude, je vends le Katangdal à une fois et demie le prix du marché cosmique. Mais comme vous allez aussi devoir réparer cette boutique en miettes, je vais faire preuve d’un peu de clémence. »
— … M-Merci.
À ces mots, les employés s’inclinèrent tous ensemble. Peu après, une carte métallique contenant au total 24,96 milliards de Karma apparut dans les airs.
« Vous ne faites pas de virements directs, ici ? »
Yeongwoo marmonna cela en tendant la main pour saisir la carte. L’employé de la bourse s’empressa d’ajouter :
— C’est un moyen de paiement à débit direct garanti par le gouvernement autonome de Hezara. Il peut être utilisé partout dans l’univers comme de l’argent liquide, mais si vous l’employez dans la Galaxie de Hezara, vous bénéficiez d’une réduction de cinq pour cent sur les frais dans la plupart des cas.
« À Hezara ? Bon. Je ne compte pas rester longtemps, alors je ne sais pas si je profiterai de ces avantages. »
Après avoir ramassé la carte de grande valeur, Yeongwoo vit les employés s’incliner de nouveau et prendre la parole avec prudence.
— Toutes les transactions sont désormais terminées. Merci d’avoir choisi la bourse de Sanmie.
« Vous êtes vraiment forts pour les politesses creuses. »
Yeongwoo hocha la tête, glissa la carte dans la poche de poitrine de sa veste, puis se retourna.
« Et maintenant ? Après mon départ, les flics qui me poursuivent vont débarquer ? J’ai utilisé les canons navals, ici, et je vous ai extorqué de l’argent. »
L’un des employés releva lentement la tête et, à la surprise de Yeongwoo, lui répondit sans détour :
— Puisque vous portez une marque de haut rang, il nous est difficile de nous prononcer. Cependant, nous pensons qu’il est fort probable que le gouvernement délègue la résolution de l’affaire à un shérif plutôt que d’intervenir directement.
« Vous avez étonnamment du cran. Merci d’avoir été honnête. »
Par coïncidence, la dernière région qu’il devait visiter faisait partie du territoire d’un shérif.
Comme l’avait dit plus tôt le Pistolet antigouvernemental, il allait finir par faire un trou dans la tête d’un shérif.
« Bref, c’était une bonne transaction. On se reverra si l’occasion se présente. »
Yeongwoo avait enfin terminé toutes ses affaires. Lorsqu’il salua de la main et quitta le bâtiment, le gigantesque robot de sécurité s’empressa de rebloquer l’entrée.
De retour au Vaisseau-Terre avec l’argent extorqué à la bourse de Sanmie.
À peine arrivé, Yeongwoo se précipita à la barre, chercha Earth et lui remit 4,16 milliards de Karma.
« Transmets ça aux frères. Si possible, donne-le directement au Grand Héros Bang. »
『Qu’est-ce que c’est ? La commission, par hasard ?』
« Ouais. Je ne peux pas revenir sur une promesse faite aux frères. »
Cette fois, le commandant en second Mantero intervint, disant exactement ce à quoi Yeongwoo s’attendait.
— Puisque vous avez tiré au canon naval sur une installation majeure de Sanmie, le gouvernement de Hezara va forcément réagir. C’est une question d’autorité.
« Les gens de Sanmie m’ont dit exactement la même chose, en fait. Mais ils pensent qu’il est plus probable qu’on confie l’affaire à un shérif plutôt que de voir le gouvernement intervenir directement. »
— C’est possible, mais… ce scénario pourrait en réalité être plus problématique.
« Pourquoi ? »
— Parce que si le gouvernement délègue l’élimination d’un commandant de vaisseau planétaire, ce ne sera pas un shérif ordinaire.
« Enfin, on ne va quand même pas renoncer à l’héritage du Grand Être, si ? »
Tandis que Yeongwoo se grattait la joue et regardait l’espace par la fenêtre, Mushio Tare, qui s’était installé entre-temps sur le siège de navigation de combat, prit la parole.
— J’ai vu qu’il y avait un Chasseur de planètes dans la liste des canons navals du Vaisseau-Terre.
« C’est vrai. Même si je ne l’ai pas utilisé tout à l’heure. »
— Le devoir numéro un de tous les shérifs galactiques, c’est de préserver la paix dans la galaxie. Et cette « paix » comprend naturellement le maintien de la structure de la galaxie.
« Le maintien de la structure ? »
— Ça veut dire que la planète Pareshik ne doit pas disparaître de la galaxie.
« Ah, je vois. »
Autrement dit, Mushio lui suggérait maintenant de braquer le Chasseur de planètes sur Pareshik en cas d’urgence, afin de menacer le shérif.
À ces mots, le soleil Moro — qui s’opposait rarement aux décisions du Vaisseau-Terre — intervint, les sourcils froncés.
『Tu tuerais un corps céleste par peur d’un simple shérif ? Ça, je ne peux pas le tolérer.』
« Ah. »
Avant d’être la belle-mère de Yeongwoo, Moro était aussi une partie prenante du Vaisseau-Terre.
Et elle était également une entité qui bénéficiait du soutien inconditionnel de tous les corps célestes composant le système du Vaisseau-Terre.
Yeongwoo changea donc rapidement de position.
« Exact. Nous sommes des brigands, pas des pirates, pas vrai ? Pas besoin d’aller jusqu’à s’en prendre à une planète. »
Puis il se tourna vers Mantero et lui donna un ordre.
« Mets le cap directement sur Pareshik. Aujourd’hui, on va faire un braquage dans les règles de l’art. »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]