Chapitre 575
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 575 : La Zone Noire (7)
La Zone Noire.
Un marché pour criminels hors de portée de la loi universelle.
Le fait que le taux d'incidents lors des transactions atteigne les 58 % en disait long sur l'anarchie qui régnait dans la Zone Noire.
« Peut-être devrais-je être plus choqué que 42 % des transactions aboutissent réellement… ? »
C'était peut-être là le plus surprenant.
Ils n'étaient même pas encore entrés dans la Zone Noire que les escrocs pullulaient déjà.
« Et facturer une marge ridicule à quelqu'un ne compte probablement même pas comme un "accident"… n'est-ce pas ? »
Yeongwoo dévisagea le guide borgne qui marchait devant lui, mais l'individu continua son chemin, imperturbable.
Après environ cinq minutes de marche, les montagnes de ferraille s'amincirent progressivement, et une structure massive en forme de dôme, couleur cendre, apparut au loin.
Autour d'elle étaient éparpillés divers « véhicules » qui ressemblaient eux-mêmes à des tas de détritus.
« Ça doit être la boutique. »
Quand Yeongwoo murmura cela, Kejen hocha la tête.
—Tu vois les plaques de métal sous toute cette camelote ?
« Ouais. »
—Ce sont des plateformes de récupération d'urgence. Essaie de ne pas marcher dessus si tu peux l'éviter.
« Pourquoi ? Le sol n'est pas censé engloutir les choses uniquement en cas d'urgence grave ? »
Yeongwoo — et Jeonggu — n'avaient toujours pas dégainé leurs armes, respectant les règles implicites du lieu.
Kejen se contenta de hausser les épaules.
—On ne sait jamais. Peut-être que la boutique change soudainement d'avis et décide de nous piéger sous terre. Mieux vaut être prudent.
« …C'est à ce point ? »
Même les locaux ne pouvaient se détendre nulle part dans ce monde… Yeongwoo était sincèrement stupéfait.
« Putain… peut-être que je ne suis pas un méchant après tout. Comparé à cet endroit, je suis pratiquement un saint. »
Alors que Yeongwoo pensait à cela, Jeonggu pointa les « véhicules » du doigt et demanda.
« Tu ne vas pas nous dire qu'on va monter dans l'un de ces trucs, si ? »
Frouss.
Ceux qu'il désignait étaient des vaisseaux alignés avec de la peinture écaillée, des trous dans la coque et des pans entiers manquants.
C'était de la ferraille.
De la pure camelote.
« C'est quoi ce délire… c'est bien pire que ce que je pensais. Je doute que ces trucs puissent bouger au sol, alors voler… »
Même Yeongwoo était sans voix devant une sélection bien plus médiocre que prévu.
Kejen semblait presque déçu par leur réaction.
—Vous êtes vraiment des bleus. Un truc comme ça est censé tomber en ruine dès qu'il atterrit.
Marmonnant, il ajouta.
—Quand on n'a volé qu'au-dessus de sa condition, forcément, on ne sait pas à quoi ressemble le vrai travail de terrain.
« Même Mantero ne monterait pas là-dedans. »
—Il s'est ramolli, lui aussi, alors ouais, probablement.
À cet instant, le guide borgne s'arrêta enfin et pointa l'avant.
—Voilà. Ce type va vous prendre en charge à partir d'ici.
Le « type » accourut : un homme-rat poilu et ébouriffé.
« Quoi, cet endroit appartient à tes semblables ou quoi ? »
demanda Yeongwoo en jetant un coup d'œil à Kejen.
Kejen secoua immédiatement la tête.
—Techniquement, ce n'est pas mon espèce. Plutôt une sous-espèce proche.
Une sous-espèce d'homme-rat.
Pour Yeongwoo, ils se ressemblaient tous.
« Enfin, tu ressens quand même un peu de parenté, non ? »
—Tu ressens de la parenté avec chaque créature qui a deux yeux et des poils sur la tête ?
« …Ok, c'est juste. »
—J'ai choisi cette boutique simplement parce qu'elle est proche de la Zone Noire.
« Mais on doit aussi passer par ta planque. »
Kejen écarta les bras avec nonchalance.
—C'est tout près aussi.
Puis il montra trois doigts au vendeur de ferraille qui s'approchait.
—Trois passagers, un petit porteur. Budget : vingt millions.
Les moustaches de l'homme-rat frémirent.
—Vingt millions… ? Alors vous ne pourrez pas atterrir.
Traduction : un vaisseau pour quatre personnes à ce prix n'aurait même pas la durabilité minimale requise pour survivre à l'atterrissage.
Kejen piqua nonchalamment sa paume droite avec son index gauche.
—On prévoit de tomber dans le lac. Ça devrait aller.
Lac.
Encore un terme d'argot inconnu, comme « ferraille ».
Mais le vendeur hocha la tête et fit un geste vers la droite.
—Laissez-moi vous montrer la gamme à trente millions.
Pas.
Tout comme le guide borgne plus tôt, il marcha devant.
Yeongwoo se pencha vers Kejen.
« Ok, et maintenant ? "Lac" ? Encore un code ? »
—Pas de l'argot.
« …Hein ? »
—Il y a un vrai lac à l'extérieur du mur d'enceinte de la Zone Noire. Et les visiteurs « optimisés » l'utilisent souvent comme zone d'atterrissage.
« Optimisés… ? »
—Le scénario idéal, c'est que ton vaisseau rende l'âme au moment où tu arrives à la Zone Noire.
« T'es fou. »
—Si le vaisseau est vraiment optimisé, l'entrée atmosphérique le tuera de toute façon. Donc tu ne peux pas atterrir sur la terre ferme. Tu inclines ta descente correctement et tu plonges dans le lac, c'est le meilleur cas de figure.
« …Ou alors — écoute-moi bien — tu pourrais juste dépenser plus d'argent et acheter un vaisseau fonctionnel. »
Yeongwoo devenait progressivement allergique à la logique de la Zone Noire.
Kejen secoua à nouveau la tête.
—Cette attitude de mou ne te gardera pas en vie ici.
Néanmoins, en prétendant être le genre de personne qui voudrait un « vaisseau-suicide optimisé », ils obtiendraient probablement un meilleur prix.
—Écoute bien. La Zone Noire ne respecte que deux choses.
« Deux ? Lesquelles ? »
Kejen leva deux doigts.
—La force. Et—
« Et ? »
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—Le cran.
« Quoi. »
—Si ton cran est assez impressionnant, des transactions qui auraient dû mal tourner se passent sans accroc.
Puis ses moustaches frémirent.
—Bien que beaucoup d'imbéciles meurent en voulant montrer leur cran.
« …Donc ce n'est pas que le monde respecte le cran. Juste… qu'il applaudit ton cadavre. »
—Ceux qui vont à la rencontre de la mort avec audace sont honorés.
« À quoi ça sert si t'es mort ? Je pensais que cet endroit était un repaire de criminels. En fait, c'est un asile. »
Alors qu'ils échangeaient cette conversation démente, le vendeur de ferraille s'arrêta.
—À partir d'ici, la sélection devrait vous plaire.
Mais Yeongwoo et Jeonggu ne virent absolument aucune différence avec le tas de détritus précédent.
Pourtant, Kejen s'avança avec détermination — apparemment, il voyait quelque chose qui lui plaisait.
« Quoi ? Il y a vraiment quelque chose d'utilisable ici ? »
Des vaisseaux avec des trous béants dans la coque, les deux ailes manquantes, ou des fuselages criblés de trous semblables à des impacts de balles… aucune personne saine d'esprit ne choisirait un vaisseau spatial dans cette sélection.
« Y-Yeongwoo… c'est vraiment sûr ? »
Même Jeonggu, d'ordinaire calme, semblait terrifié.
C'était du suicide.
« On dirait qu'ils exploseraient en plein espace avant même d'atteindre l'orbite… »
« Je suis d'accord, honnêtement. »
Mais ironiquement, cela prouvait quelque chose.
Si les vendeurs à l'entrée même de la Zone Noire proposaient cela, c'est que les locaux voyageaient bel et bien avec ces tas de ferraille.
« Aussi fou que ce soit, on n'aura pas d'autre occasion d'essayer un truc pareil. »
Et Kejen lui-même allait monter dedans.
Un criminel qui venait de s'échapper ne jetterait pas sa vie par les fenêtres.
Cela signifiait que ces vaisseaux — bien que terrifiants — étaient au moins utilisables.
« Fais juste confiance à la cupidité d'un voleur. S'il veut vendre le Sceau, il doit arriver vivant. »
Alors que Yeongwoo disait cela, Kejen s'arrêta enfin devant un morceau de ferraille portant d'énormes marques de griffes.
—Celui-là a l'air bien.
PAN !
Il donna un coup de pied dans la coque et regarda Yeongwoo.
« On paie trente millions pour ça ? »
C'était un petit engin rectangulaire avec de longues ailes de chaque côté.
Mais… une aile était partiellement arrachée et pendait, et le côté droit de la coque était lacéré par trois marques de griffes massives.
Comme si un dinosaure de l'espace l'avait attaqué.
—Un dragon, probablement.
« Un dragon ? Ces dégâts ? »
—Ouais. Il devait être assez haut quand quelque chose avec des griffes aussi grandes a donné un coup de patte. Donc… le dragon est le plus probable.
« Quel genre de cinglé vole assez près d'un dragon pour se faire toucher comme ça ? »
—Il faut respecter ce courage.
« Non, putain de merde… arrête de respecter le courage et vérifie l'état ! »
Yeongwoo porta instinctivement la main à sa ceinture, mais Kejen lui fit signe de se calmer.
—Regarde. Il a pris un coup direct d'un dragon et il ne s'est pas désintégré. Ça veut dire que son châssis est solide. Très solide.
BAM.
Kejen donna un autre coup de pied, puis pointa l'aile brisée vers le haut.
—Et tu vois ? L'aile d'origine est toujours là, même si elle est déchiquetée. Soude-la un peu et elle tiendra jusqu'à ce qu'on atteigne la Zone Noire.
« Et la coque ? Tu vas souder ça aussi ? »
Yeongwoo pointa les marques de griffes lacérées.
Kejen se tourna vers le vendeur.
—Vous pouvez rafistoler ça, non ?
Traduction : pouvaient-ils faire une réparation temporaire ?
Le museau du vendeur frémit.
—On va coller un truc dessus. Ça devrait aller.
Puis il tapota une autre coque de ferraille à côté d'eux.
Pan, pan.
—On utilisera probablement celle-là.
Traduction : il allait arracher le panneau latéral de celle-ci pour le plaquer sur celle endommagée par le dragon.
« …Putain de merde… »
Enfin, Yeongwoo comprit pourquoi chaque article ici manquait d'au moins une pièce majeure.
Chaque marchandise était aussi une réserve de pièces détachées.
Ils construisaient essentiellement des vaisseaux à usage unique à partir de restes de décharge.
Clic !
Le vendeur colla une étiquette bleue sur le vaisseau choisi et sur celui d'à côté, puis sortit un petit appareil.
—Le paiement, c'est par ici.
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