Chapitre 38
- « Je voudrais...»
Cass semblait essoufflée. Elle n'avait jamais connu cet état. Elle poursuivit :
- « David...vous a envoyé un message depuis une certaine planète avant de disparaître. Je viens pour ça. Pour en avoir l'intégralité.
- Son fantôme me poursuit jusqu'ici. Donc Stella, tu veux trouver une arme contre les Transients ? Tu penses qu'elle est sur Caliban ?
- Vous ne devriez pas prononcer ce type de phrase. Je connais des gens qui se sont aventurés sur ce terrain, et ils sont mystérieusement morts.
- Les Transients ne nous feront rien ici. L'After pour eux, c'est un territoire sacré. Si on doit les croire, on est presque eux, ici. »
Elle retira son casque Inca et s'ébouriffa les cheveux.
- « Au vainqueur un vœu, et tu veux tout savoir, alors je vais tout te dire. Pour bien comprendre cette histoire, il convient de la raconter par le milieu, et non par le début. Tu verras, à bien des titres, que le temps, les causes et les conséquences, font dans ce récit des nœuds inhabituels. Notre histoire commence quand David Ilsner, brillant scientifique et très bon coup au pieu, fait une découverte sur une planète jusqu'alors ignorée : Caliban-1. C'était il y a deux siècles. Il fait un rapport, un rapport complet, et me l'envoie, et aussi envoie une version abrégée aux universités. Les Transients qui ont des yeux partout l'interceptent et prennent peur. Oui, Stella. Les Dieux tremblent.
- Pourquoi ?
- Tu imagines bien que ce rapport contient quelque chose qui les menace. Ils ne peuvent pas tuer des milliers d'humains déjà au courant, éparpillés sur cent mondes, de façon discrète, ils ne peuvent pas nous génocider alors que notre seul péché fut une curiosité bien naturelle, alors ils font autre chose. Ils vont sur Caliban-1. Les Dieux Aveugles seuls savent ce qu'ils font de David...les Transients toutefois activent quelque chose... un sort magique ou une machine infernale...quelque chose qui fait rayonner de l'anti-entropie. Tu comprends ce que ça implique ?
- Oui.
- Je vois. En gros, tout ce qui concerne Caliban-1 et qui lui est attaché, toutes les informations, se détruisent petit à petit. Alors pas chez toi, pas chez moi, pas chez d'autres - pas parce qu'on est surpuissants, mais parce que le cerveau est une machine à sauvegarder des données en boucle. Si tu vois le mot Caliban-1 sur un coin d'un écran, tu vas l'oublier. Mais si tu en fais un mode de vie, si tu es obsédée par cette foutue planète, elle restera dans ta tête. Maintenant, il faut comprendre que le rayonnement anti-entropique selon David se propage dans toutes les dimensions : dans les trois dimensions de l'univers, dans les multivers, où il y a probablement un effet de résonance qui multiplie l'effet, mais aussi dans les deux directions du temps : futur et passé. Enfin pour le futur on ne sait pas trop, mais le passé, c'est sûr. C'est le point de départ de toute cette connerie.
- Attends, si l'anti-entropie se propage dans le passé, ça veut dire que depuis le début de l'histoire de l'humanité, plus personne ne peut s'intéresser à Caliban-1, à cause d'un événement futur ?
- T'as tout pigé. Mais la peine de remonter aussi loin. Remontons aux débuts de l'ère stellaire, l'époque où la SH envoyait des vaisseaux partout au hasard pour recenser les planètes habitables, 2200 et quelques. La SH découvre Caliban-1, qui est un nœud de Dérive entre le cluster d'Antioch et Francisco, et envoie des xénobiologistes. Ils font du mauvais travail...
- Je n'ai jamais rencontré un xénobiologiste qui en ait fait du bon.
- Haha, non, ils sont compétents, surtout à l'époque, mais ils bâclent le travail parce que l'anti-entropie leur siphonne le cerveau, font un rapport qui restera sur un coin de table parce que l'anti-entropie efface les données et la volonté de s'y intéresser, et la planète est tellement ignorée que La Ligue construira une ribambelle de stations orbitales plutôt que d'y fonder une colonie, alors que je te parie ce que tu veux qu'elle est totalement habitable.
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- Comme toutes les forces de l'univers, elle diminue avec la distance spatiale mais aussi temporelle. Notre civilisation eut-elle émergé un million d'années plus tôt que nous aurions conquis ce caillou. Mais passons. Faisons maintenant un petit bond dans le futur, quand David Ilsner est en vie, et est étudiant à l'UniNox. C'est pas un type débile, mais loin d'être le David que tout le monde connaît. Il est prometteur. Il a de la passion. Il rencontre un mentor assez génial à l'époque...Allonius ? Un truc dans le genre. Il a eu une bonne influence sur lui.
- Samuel Aloysius.
- Ok...je vois que tu sais tout. David reste un étudiant écervelé. Il a choisi l'UniNox non pas pour son ouverture d'esprit sur les sciences Xenos mais pour l'aventure du Véritable Abîme, pour la liberté, et pour les filles. Dans un monde où les machines sont bien plus aptes à apporter du plaisir que les humains, il aime baiser pour de vrai et je dois avouer qu'il développe un véritable talent qu'aucune EV, hélas, ne rendra compte dans sa bio.
- Les EV ignorent qui est David Ilsner, et les Transients interceptent tous les petits malins qui osent chercher sur le sujet.
- Et ben...ils ont vraiment eu peur alors. Bon, David se shoote aussi, les drogues circulent sans entrave dans l'Abîme. LSD, Matrice de Tybalt, l'Ultrapsi aussi, ce foutu truc qui te fait croire que tu rêves quand t'es réveillé et que t'es dans la réalité quand tu rêves. Il chope avec un ami spécialiste des IA de chirurgie une drogue qui n'a pas de nom dans le Véritable Abîme...données dans le recoin le plus profond et obscur d'une planète livrée à la débauche... Du liquide cérébral d'un Xeno de Booz, utilisé par la Confrérie des Deux Mondes.
- Les Hiboux ?
- Tu sais VRAIMENT tout, dis donc. Ouais...la légende raconte que ça donne des flashs du futur avant de cramer la cervelle, et que la Confrérie utilise ça pour éviter les raids de la flotte. Son pote reste sur le carreau, mais lui, il survit. Ça développe son mental. Il devient génial, genre génie de la Renaissance, Léonard de Vinci. Mais ce qui est cool, c'est qu'il est resté ce con arrogant qui aime baiser, et le tout faisait un cocktail assez intéressant tant qu'on ne passait pas trop de temps avec lui. Lourd de son cerveau gigantesque et de son égo tout aussi gros, il rédige d'excellents rapports sur l'extrait cérébral et la Flotte Stellaire l'a arrosé de thalers. Hélas, la seule exploitation de son travail est de sinistre mémoire. Le projet Anti-Wau.
- Quel projet ?
- Lodovico. Le procès. L'exil. Le Transient au jugement.
- C'est sur ma liste de faits à observer, mais ok. Poursuivez.
- Ah, ces jeunes qui oublient les erreurs du passé. David mène sa vie géniale, débroussaille le Veritatis et plein d'autres révolutions scientifiques...lui et moi, on se rencontre et on s'adore, mais pas plus de deux jours par semaine. La nuit, il a des flashs. Il se voit sur des planètes, des astéroïdes, des lunes pour lui inconnues, mais les visions sont très réelles. Il envoie des sondes, des milliers, il dépense toute sa fortune dedans, guidé par son intuition, et puis il arrive à localiser les lieux en question. Et quand il s'y rend, il découvre un truc super étrange. Est-ce que tu vas me croire ? Parce que c'est un truc un peu entre lui et moi.
- Oui, je vais te croire.
- Il s'agit toujours de planètes isolées, à peine peuplées, sans civilisation installées. À chaque fois, il découvre le même truc : un bâtiment Xeno. Au milieu de nulle part. Sans raison. Imaginez une petite église Xeno. À l'intérieur, une gravure. Quelques mots, toujours les mêmes. Les bâtiments sont des copiés collés sur chaque planète. C'est écrit dans une langue inconnue. On ne le sait pas encore pour le moment, mais c'est la langue stellaire, et il y a pas assez de mots pour la déchiffrer. Mais ce n'est pas tout. Les maisons Xenos disparaissent au bout d'un moment. Elles se déconstruisent sous ses yeux. Sous nos yeux. Je l'ai vu.
- Autodestruction ?
- Non : les Voyageurs. La religion Xeno, ça te dit quelque chose ? Les Voyageurs sont des êtres qui voyagent depuis le futur vers le passé. En fait, quand on voit quelque chose qui se déconstruit, pour eux, dont le temps s'écoule à l'envers, ils sont en train de le construire, tu me suis ?
- Ils existent vraiment alors ?
- Ce serait pas la chose la plus extraordinaire de l'univers. David découvre ça, et il se tait. Non pas parce qu'il a peur des Transients - il aurait été incapable de faire le lien à l'époque -, mais parce qu'il sait qu'il est sur la découverte du millénaire et qu'il veut tout annoncer d'un coup, pour devenir le roi du monde scientifique, enivré par son égo, qui souffrait un peu du mépris des universitaires eux-mêmes blessés par ses méthodes. Son égo monstrueux lui a sauvé la mise. Donc il a cette information, et ensuite ? Il bosse dessus. Il faut voir que depuis presque huit cent ans, on n'a pas une vision géographique de l'espace interstellaire. Pour nous, Prospero est relié à Escalus comme autrefois un métro reliait une station à une autre, mais géographiquement, Prospero est dans un bras de galaxie différent d'Escalus et il y a des millions de mondes entre ces deux planètes. David pense outside the box et regarde une carte géographique des monuments des voyageurs. Les mondes concernés formaient les bras d'une spirale éparpillée sur des millions de galaxies, qui convergeaient précisément vers Caliban-1.
- Je suis impressionnée.
- Au début, l'anti-entropie agit sur sa psyché et il a du mal à se décider d'y aller. Une part de lui lui hurle qu'il est sur la découverte du siècle, une autre lui dit que cela ne vaut absolument pas la peine...Mais un jour que nous dinions sur Masmak, invités par le Prince à une soirée de l'Élite de la SH, celui-ci écoute ses tourments et se retrouve fasciné par son histoire. Il finance à fonds perdus une expédition sur Caliban-1. Un vaisseau sur mesure, capable de projeter depuis l'orbite une station de travail, une équipe de douze scientifiques ultra brillants. Le vaisseau, l'Aletheia, traverse la couche de nuage et se pose. Et puis on en entend plus parler. Et, anti-entropie oblige, on l'oublie. On s'en carre. Il faut voir qu'on arrive, temporellement, à un moment très proche du déclenchement de la machine magique, donc le rayonnement est fort. Moi-même j'aurais oublié jusqu'à l'existence de David s'il ne me manquait pas autant certaines nuits. Et un jour, Caliban-1 nous envoie ce double message, un pour moi, un pour le reste du monde.
- Nous arrivons au fameux message. Je suis toute ouïe.
- Les données destinées au monde universitaire sont factuelles : langue Xeno, topographie de l'avant poste, etc...Tout a dû être oublié depuis. Mais le message qui m'était destiné racontait la grande honte de David : l'histoire de l'expédition, qui a tourné au tragique. Le premier échec d'un individu à l'égo titanesque qui n'avait connu que la victoire. Selon lui, l'équipe a perdu ses facultés mentales, au point de terminer affalée sur le sol, incapable de déterminer s'ils avaient soif, faim ou sommeil. Des légumes. Pareil pour la faune environnante, qui semblait s'être laissée mourir toute seule. Une faune morte mais pourtant intacte, incapable de se désagréger sous l'effet de l'anti-entropie. David, lui, tenait mentalement tant bien que mal grâce à l'élixir des hiboux. L'équipement de communication ne fonctionnait plus : les messages se détruisaient lors de leur transmission. Même diminué, David a l'intuition qu'il y a un truc qui fout le bazar et se décide d'aller le détruire, et détermine la direction de l'émetteur de bordel, comme il l'appelait, avec une triangulation basée sur la vitesse de destruction des messages. Il est tellement réveillé qu'il oublie les explosifs ainsi que de l'eau, mais il part, sac au dos, dans la nature.
- Les explosifs n'auraient pas servi à grand-chose puisque si je vous suis, la machine anti-entropie, s'il s'agit bien d'une machine, n'existait pas encore.
- Exact. David est condamné, mais bienheureux, il ne le sait pas et ne le saura jamais. Il franchit un dernier pic, balayé par des vents porteurs de neige, et découvre les ruines de Caliban-1. Ce ne sont pas des ruines, genre...des petites ruines. On parle d'une cité de pierre colossale, de même architecture que les églises Xenos éparpillées sur les mondes, une véritable métropole. Des tours immenses, ténébreuses, des souterrains insondables, abritant des technologies incompréhensibles, hideuses, effrayantes à l'homme. La capitale des Voyageurs. Et au centre, la Babel inversée : une tour titanesque, comme construite à l'envers, qui monte dans le ciel sur des kilomètres. Cette tour, il le comprend, est une antenne au but inconnu mais qui pour lui « envoie l'onde du bordel ». Il prend des tonnes de photos, qui s'effacent partiellement en quelques minutes, mais il insiste. La tour est alimentée par une énergie fantastique. Elle provient d'un tunnel monstrueux, imaginez un câble de trois kilomètres de large, relié à une Porte Intriquée. Il déduit, car son cerveau fonctionne encore, que la porte intriquée mène au monde natal des Voyageurs. Il ne peut pas la franchir mais arrive à creuser un trou et à y passer une sonde, qui va nous donner des coordonnées.
- Vous avez les coordonnées ?
- J'y viendrai. Pour finir il branche son terminal de com à la Babel. Et comme c'est une antenne monstrueuse, il arrive à envoyer ses messages : un sur l'ensemble des découvertes, qui sera transmis à toutes les universités, et un pour moi, qui raconte la débâcle, les morts, l'échec qu'il ne voulait pas et qu'il n'aurait pas voulu que je vous dise. Mais on est tous tenus par ses engagements. Les informations envoyées aux universités sont partielles mais suffisantes pour créer la langue stellaire. Il faut comprendre que Caliban-1 est grosso modo dans une enclave humaine, et que la culture humaine est une sorte de gros cerveau dématérialisé dans les EV. Or l'anti-entropie travaillait à fond sur les EV. En gros, la découverte de David était un non-évènement. Une cité immense ? Bof. Une cité dont la datation date d'avant la création de l'univers ? Erreur de relevé. Une nouvelle langue ancienne ? Une parmi des milliards. Tout le monde était content de tourner la page de David Ilsner le casse-couille. D'ailleurs, ils l'avaient déjà oublié, jusqu'au Prince. Mais chez les Xenos, ça a fait l'effet d'une bombe. Les Xenos sont loin de Caliban-1, ils ne sont pas soumis à l'anti-entropie, ou moins que nous. Et surtout, la spirale des églises Xenos des voyageurs qui se détruisent s'étend dans tout l'univers...et les Xenos connaissaient leur existence. Ils ont pris cette découverte comme un événement d'importance. Les Voyageurs sont devenus une réalité pour eux, et ils utilisent la Langue Stellaire comme linga franca universelle en attendant leur venue dans le présent.
- Pourtant il n'y a que peu de Xenos qui rôdent autour de Caliban-1.
- Anti-entropie.
- Et que disait le message dans les Églises Xeno maintenant que vous connaissiez la langue stellaire ?
- Je n'ai pas la traduction exacte, mais l'idée est qu'en haut de la tour, la tour de babel inversée, il y a quelque chose appelé les Portes d'Empyrée. C'est une traduction un peu lyrique, la traduction est précisément : l'outil qui nous emmène dans un lieu de transcendance où règnent des forces qui nous dépassent.
- Une arme, vous pensez ?
- C'est un peu simple mais la réalité est un mur complexe composé de briques simples. Je pense que c'est une arme qui peut tuer n'importe quoi. Y compris des Transients. Qu'est-ce qu'un fusil à accélération magnétique sinon un outil qui emmène sa victime dans un lieu où règnent des forces qui nous dépassent ?
- Et c'est pour ça que les Transients ont mis la machine à entropie. Pour empêcher les humains de s'en emparer. Les Voyageurs seraient en guerre contre les Transients ?
- Mystère. J'ai posé la question à...c'était quoi son nom déjà ? Ah oui, Aloysius. Il m'a dit que la guerre était quelque chose de très humain. Il est hasardeux d'appliquer des concepts humains à des entités qui dépassent notre compréhension.
- Et pour les coordonnées du monde des voyageurs ?
- Une galaxie 422.
- 422421 ?
- Oui...je croyais qu'on était une poignée à le savoir. C'est le Prince qui t'envoie ?
- Qui sait...qui sait. Vous y êtes allée ?
- On a monté une expédition. Le Prince a encore investi une partie des fonds colossaux de sa famille pour louer quelques heures Leonardo, et tracer une route de Dérive. On a monté une expédition, et...
- Je vous interromps, mais vous avez les coordonnées ?
- À quoi bon ? Tu vas te réincarner dans un Androïde et monter une expédition ?
- Qui sait ?
- Les coordonnées sont correctes pour une dérive d'il y a deux cent ans. Il faut tout recalculer.
- Je veux ces coordonnées. Toutes les informations, c'est votre engagement. »
Elle tira de sa tunique blanc et or un papier plié en deux. Cass en prit connaissance et grava les informations dans une boîte mentale.
- « Ben j'espère que la suite ne te décevra pas. Notre vaisseau a été bloqué par une manifestation d'énergie inconnue que nous avons appelée le Voile et qui a été générée par les Transients. Nous n'avons jamais pu voir cette Galaxie.
- Les Transients sont puissants, mais je les crois limités. Ils seraient capables de monter la garde autour d'une Galaxie, quelle que soit la route d'approche ?
- Ils n'en ont pas besoin. Ils ont juste à surveiller les départs de vaisseaux depuis les mondes qu'ils fréquentent, Xenos ou humains. Et oui Stella, voici enfin tout le paradoxe : tu veux trouver l'arme pour tuer les Transients, mais tu ne peux l'avoir qu'en te débarrassant d'abord des Transients.
- Je ne veux pas tuer les Transients.
- Ton acharnement suggère le contraire.
- Les Transients ont un pouvoir sur les humains. Bénéfique j'en conviens mais le fait est que nous ne sommes pas libres. Et j'œuvre pour la liberté de l'humanité. »
Cass se leva. Toujours assise, Julia plaisanta :
- « La liberté de l'humanité. Tu es quoi, un Wau ? »
Et puis elle comprit. Son visage blêmit.
- Oh bordel. Tu es un Wau.
- Qui sait ? »
Cass ferma le poing et se déconnecta de l'After.