Chapitre 42
Chapitre 42
[ mardi 7 juillet 1117 — Calendrier Impérial ]
Le réveil se fit sans la moindre lourdeur. En repoussant les draps, je me redressai d'un bond, frappée par la vigueur fluide qui traversait mes membres. Dans mes canaux de mana neufs, consolidés par l'éveil, l'énergie circulait librement, comme un courant frais sous ma peau. Fascinée par cette nouvelle perception du monde, je regardai les grains de poussière suspendus dans la pièce s'agiter doucement au seul passage de mon souffle, mis en mouvement par la simple densité de mon aura.
La porte de mes appartements s'ouvrit doucement et Silla se glissa dans la pièce après avoir frappé. En me voyant déjà debout, elle esquissa un court sourire soulagé et alla directement chercher les pièces de mon armure.
C'était un rituel familier dont la routine me fit un bien fou. Les tenues d'apparat et le protocole étouffant des derniers jours laissaient enfin la place au cuir ajusté et aux renforts métalliques. Silla serra méthodiquement les sangles de la cuirasse et ajusta les brassards.
Les obligations de mon rang s'étant un peu tassées, je pouvais enfin retrouver un semblant de rythme normal. Mes matinées appartenaient de nouveau à l'exercice des armes et au travail du corps. Quant à mes après-midis, d'ordinaire réservés aux registres et aux affaires courantes du duché, ils seraient désormais consacrés à l'apprentissage secret de la magie sous la houlette du Haut Druide Morvran.
Une fois la dernière boucle verrouillée, je remerciai Silla d'un signe de tête et quittai la chambre. Le pas léger, poussée par cette énergie neuve qui me picotait jusqu'au bout des doigts, je rejoignis ma petite salle à manger intime.
À peine installée devant la table, la porte s'ouvrit sur Collin. Mon chambellan s'avança, un rouleau de parchemin sous le bras, le visage marqué par ce pli anxieux devenu sa marque de fabrique depuis le début de la crise.
— Princesse, commença-t-il en s'inclinant. Les affaires du matin exigent votre attention.
— Laissez cela un instant, Collin, le coupai-je d'un ton posé. J'ai une ordonnance de la plus haute importance à vous faire rédiger.
Il se figea, surpris par la fermeté de ma voix, et ajusta la manche de son pourpoint.
— Prenez de quoi écrire, poursuivis-je en le fixant sans ciller. Vous allez préparer une missive expresse à l'intention des barons partis avec mon capitaine de la garde.
— Très bien, murmura-t-il en étalant rapidement une feuille vierge sur le coin de la table. Quelles sont vos instructions ?
— Soyez d'une clarté absolue. Faites-leur savoir que s'ils dépassent ce qui a été convenu avec la Ligue, je n'aurai pas d'autre choix que de la dissoudre purement et simplement. Si la chose dérape là-bas, la Ligue sera indéfendable devant le Sénat.
La main de Collin resta suspendue au-dessus du papier. La pâleur qui envahit ses joues trahit la violence du choc. Il avala péniblement sa salive, saisit le parchemin et s'inclina, comprenant lui aussi que les événements d'hier pouvaient avoir de graves répercussions.
— Vos ordres seront exécutés sur-le-champ, Princesse. La missive et la copie pour votre oncle partiront avant midi.
Collin salua d’une inclination nerveuse avant de quitter la pièce, le parchemin serré contre son pourpoint.
Seule à nouveau, je finis rapidement mon repas sans perdre une minute. La nourriture simple et le jus frais suffirent à raviver l'énergie qui pulsait sous ma peau. Une fois mon assiette débarrassée, je réajustai le fourreau de ma falx dans mon dos, vérifiai la tension des sangles de mon armure et pris la direction du terrain d'entraînement.
Le contraste avec les semaines précédentes était saisissant. Les allées habituellement animées par le va-et-vient des gardes et le choc des armes en bois étaient plongées dans un calme presque irréel. La désertion orchestrée par les barons avait vidé la cour : les râteliers d'armes gisaient à moitié vides et la plupart des mannequins de paille balançaient tristement dans la brise matinale.
Au centre du terrain, seule une poignée d'élèves s'activait encore. En l'absence du maître, c'était le plus ancien d'entre eux qui avait pris les devants, tentant d'imposer un semblant de rigueur et de maintenir la cadence des séries de frappes.
En m'approchant du bord de la piste, mon regard balaya ce groupe réduit. C'est là, au milieu des jeunes recrues qui peinaient à manier leurs armes d'entraînement, que je distinguai la silhouette familière de Maeve.
Grâce à mes sens désormais plus clairs, je perçus immédiatement ce qui traversait Maeve : un fond d'apaisement sincère de me voir, nuancé par une pointe d'anxiété sous-jacente — sans doute liée à l'absence de son père, le capitaine Ronan, parti vers le Sud.
— Alors, relança-t-elle avec ce piquant qui lui appartenait si bien, on prend les armes ou tu es seulement venue superviser la piétaille ?
— On s'entraîne, répondis-je en faisant jouer mes épaules pour dérouiller mes articulations. Et pas de retenue, Maeve. J'ai besoin de me défouler de la frustration de ces derniers jours.
Elle fit tourner sa lame d'exercice entre ses doigts avec une aisance déconcertante, un sourire provocateur accroché aux lèvres.
— À tes ordres, Princesse. Mais ne viens pas te plaindre si je t'érafle ton bel équipement.
Nous prîmes de la distance avant de nous mettre en garde.
Au début, je mesurai mes gestes. Les premiers échanges furent fluides, presque prévisibles, le bois renforcé de nos armes d'entraînement s'entrechoquant dans un rythme régulier. Mais à mesure que la passe se prolongeait, une sensation inédite commença à irradier dans mes muscles. Mon corps ne répondait plus comme avant : mes appuis possédaient une stabilité absolue, la trajectoire des attaques de Maeve me paraissait d'une lenteur prévisible, et le poids de mon arme semblait avoir presque disparu.
Involontairement, j'accélérai la cadence.
Un enchaînement basique, une feinte sur la gauche, puis un crochet direct. Maeve para de justesse, mais l'impact fit reculer ses talons de deux pouces dans la poussière. Son regard traduisit une vive surprise devant la lourdeur soudaine de mes répliques.
— Eh bien ! souffla-t-elle en se réajustant, un brin essoufflée. On dirait que l'inaction des derniers jours t'a particulièrement frustrée !
Je ne pris pas le temps de répondre, grisée par cette aisance déconcertante. Je pivotai sur mes talons pour engager un revers visant son épaule armée. Dans mon esprit, ce n'était qu'un coup d'arrêt classique, une touche contrôlée pour clore la passe. Mais au moment même où j'impulsai le mouvement, la vigueur de mon éveil se déversa sans la moindre retenue dans mon bras.
La frappe partit avec une vitesse et une masse terrifiantes.
Le choc fut d'une violence inouïe. Le bois percuta son épaule droite dans un claquement mat et brutal. Maeve fut balayée du coup, son arme lui échappant des mains pour aller rouler plusieurs mètres plus loin. Elle s'effondra sur un genou, la paume gauche plaquée contre sa clavicule meurtrie, le visage décomposé par une grimace de douleur fulgurante.
Je restai pétrifiée sur place, ma propre arme encore levée, sous le choc de la puissance incontrôlée que je venais de déployer.
Un cri de douleur aiguë déchira le silence du terrain d'entraînement.
Un mouvement de panique pure me tordit l'estomac. Lâchant mon arme d'exercice, je me précipitai vers elle, le cœur battant à la volée face au choc de ce que je venais de commettre sans le vouloir.
— Par les Esprits, Maeve ! Je suis désolée ! lâchai-je d'une voix tremblante en me laissant tomber à genoux à ses côtés.
— Doucement... grimaça-t-elle, les dents serrées, la main toujours crispée sur son épaule meurtrie. Tu... tu as mis quoi dans ton petit-déjeuner ce matin ?
Les quelques élèves présents lâchèrent leurs mannequins de paille et accoururent en hâte, le visage décomposé par l'inquiétude. Le plus âgé s'agenouilla près de nous pour évaluer les dégâts, tandis que les autres se pressaient autour de la scène, hésitants, abasourdis par la soudaineté de la chute.
— Ne la touchez pas trop brusquement, ordonna le plus vieux en examinant la posture de Maeve. La clavicule a dû prendre un sacré coup.
Je posai une main tremblante sur l'autre épaule de mon amie, rongée par la culpabilité et complètement désemparée. Mes propres bras me paraissaient soudain étrangers : je n'avais pourtant voulu que marquer la touche, sans appuyer davantage que d'ordinaire. Je ne comprenais absolument pas ce qui venait de se produire.
Des pas lourds et réguliers se firent entendre au bord de la piste. La totalité des élèves présents, rassemblés en un cercle anxieux autour de Maeve à terre, s'écarta précipitamment pour laisser passage à Morvran et Logan.
Le Haut Druide s'avança, ses yeux ambrés balayant le groupe avant de se poser sur mon amie toujours prostrée au sol.
— Laissez de l'espace, ordonna Morvran d'une voix empreinte d'une autorité tranquille qui dissipa aussitôt la cohue.
Il s'agenouilla près de Maeve pour évaluer l'impact et poser ses mains au-dessus de sa clavicule afin d'apaiser la douleur. Pendant ce temps, Logan s'approcha de moi. Son regard vert forêt croisa le mien, décelant sans peine la panique et la culpabilité qui me tordaient l'estomac.
— La passe était propre, Énora, dit-il d'une voix grave, cherchant à capter mon attention. Mais tu as mis une force démesurée dans ce coup, sans même ralentir ton geste.
Je fixai mon arme d'entraînement, parfaitement intacte mais soudainement étrangère, puis je relevai les yeux vers lui, complètement désemparée.
— Je voulais juste marquer la touche, Logan... Je n'ai presque pas appuyé. Je ne comprends vraiment pas ce qui vient de se passer.
Morvran posa ses mains à quelques pouces de l'épaule de Maeve. Une lueur douce émana de ses paumes, guidant la magie de soin à travers la chair pour réaligner l'os touché. Mais si le sort réparait la structure, il n'effaçait pas la douleur brute : Maeve laissa échapper un sifflement étouffé, le visage encore blême et les traits crispés par l'onde de choc qui continuait de la lancer.
Soutenant délicatement mon amie par le coude, le Haut Druide l'aida à se relever et l'accompagna pas à pas vers le bord de la piste pour qu'elle puisse s'asseoir.
Pendant que les autres élèves s'écartaient en chuchotant, Logan s'avança vers le râtelier. Il saisit une lourde épée d'exercice en bois, la fit pivoter d'un geste machinal pour en vérifier l'équilibre, puis vint se planter à quelques mètres de moi.
— Je prends la suite, déclara-t-il d'une voix calme.
Un mouvement d'hésitation me bloqua net. Mon regard naviguait entre Maeve, qui reprenait péniblement son souffle sur le banc, et la silhouette imposante de Logan. La sensation de ne plus maîtriser mes propres bras me laissait un arrière-goût amer.
— Logan, je ne comprends même pas ce que mes bras viennent de faire...
— Raison de plus pour continuer, me coupa-t-il calmement en verrouillant son ancrage au sol. Tu as franchi un cap sans t'en rendre compte, Énora. Tu es à un tout autre niveau désormais, et tu as besoin d'un partenaire capable d'encaisser la charge.
Sa présence massive et son calme olympien finirent par entamer mes réticences. Lâchant un long soupir pour chasser la nervosité qui me nouait les épaules, je me baissai et ramassai ma falx de bois restée dans la poussière. Je resserrai mes doigts sur le grip pour me réancrer, me redressai et me mis en garde face au colosse.
Je ne lui laissai pas le temps de se poser. Profitant de ma souplesse naturelle, je m'élançai en fonçant bas. Je me ruai sur lui avec une vitesse qui me stupéfia, jouant avec mon centre de gravité pour décocher une feinte rapide suivie d'un revers puissant.
Habituellement, mon style reposait sur l'agilité et une précision chirurgicale. Mais combiné à cette force nouvelle et à ce bond en vivacité qui bouillonnait sous ma peau, chaque coup devenait puissant. Le vent siffla violemment au passage de la falx de bois.
Logan ne cilla même pas.
Malgré son gabarit colossal, il déploya une réactivité déconcertante. Dans un claquement sourd qui résonna sur tout le terrain, sa lourde épée bloqua ma lame net, devançant ma trajectoire d'une fraction de seconde. Il ne recula pas d'un pouce. D'une simple poussée des épaules, utilisant sa masse et son allongement pour casser mon élan, il me renvoya deux mètres en arrière.
Je me rétablis d'une pirouette et réengageai aussitôt, enchaînant les feintes à un rythme effréné. Je tentai de tourner autour de lui, multipliant les attaques éclair et glissant sous sa garde pour frapper sous des angles impossibles. Mes coups martelaient sa parade avec une violence inouïe.
Par mes sens éveillés, je percevais la sérénité absolue du guerrier Olcán : pas la moindre fluctuation dans son épiderme, aucune précipitation, la maîtrise d'un lac gelé. À l'inverse, ma propre frustration — nourrie par la responsabilité étouffante du duché, le poids de l'ultimatum dicté à Collin ce matin et la crainte viscérale de voir la situation m'échapper — se déversait directement dans mes muscles, raidissant chacun de mes gestes et rendant mes assauts d'autant plus incontrôlables. Pourtant, le colosse lisait mes intentions sans peine et interceptait chaque assaut avec une fluidité bluffante pour sa taille. Sa garde était un mur de roc, sa vitesse de bras, redoutable.
À chaque passe, l'intensité grimpait d'un cran. Les chocs répétés des armes d'exercice secouaient mes bras jusqu'aux omoplates, transformant la séance en un affrontement brutal et effréné où la vivacité de mon éveil venait continuellement se heurter aux réflexes fulgurants du guerrier Olcán.
Autour de la piste, le silence des élèves était total. Bouches bées, ils suivaient nos trajectoires du regard, hébétés par la brutalité et la vitesse que je déployais. Jamais ils ne m'avaient vue frapper avec une telle puissance.
Logan, lui, ne laissait absolument rien paraître. Son visage conservait une impassibilité de marbre.
Cessant de simplement intercepter mes assauts, il passa à l'offensive. Sa lourde épée fendit l'air dans un sifflement grave, dessinant des arcs d'une rapidité déroutante pour un homme de sa taille. Il frappa d'un revers appuyé, me forçant à un repli précipité pour parer l'impact. La décharge dans mes poignets fut brutale. Sans me laisser le temps de me réancrer, il enchaîna avec une botte haute, m'obligeant à mobiliser toute ma souplesse et mes nouveaux réflexes pour esquiver d'une torsion du buste.
Il ne cherchait pas à me terrasser, mais à me pousser dans mes retranchements, testant ma capacité à encaisser la réplique autant qu'à la donner.
J'encaissai sa botte haute d'un blocage réflexe, l'impact faisant vibrer mes bras jusqu'à la nuque. Emportée par l'élan de ma propre force, je tentai aussitôt d'enchaîner par une feinte basse pour crocheter ses appuis.
Logan anticipa le mouvement sans faillir.
Sa lourde lame de bois glissa le long de la mienne dans un crissement sec, épousant le bois de ma trajectoire pour appliquer un levier imparable. La falx m'échappa des mains et alla s'enfoncer verticalement dans la terre battue, deux mètres plus loin. Avant que je ne puisse esquisser la moindre esquive, le bout moucheté de son épée vint se poser doucement au creux de ma gorge.
Le silence retomba brutalement sur le terrain d'entraînement.
Mon souffle était court, mes poignets engourdis par la violence des chocs, et la chaleur de l'éveil cuisait encore sous ma peau. Je fixais le colosse qui maintenait sa garde avec une stabilité parfaite. Sa poitrine se soulevait à peine, sans la moindre trace de précipitation.
Lentement, Logan abaissa son arme et rompit la posture. Par mes sens, je captai chez lui une satisfaction contenue face au défi, doublée d'un apaisement serein qui détonnait avec l'âpreté de l'échange.
— Tu as failli passer ma garde sur la deuxième feinte, déclara-t-il d'une voix grave et posée. Ta vitesse est stupéfiante pour ton âge, Énora. Mais tu te bats en poussant sur chaque muscle comme si tu devais abattre un mur.
Je jetai un regard à mes mains, que je sentais encore parcourues d'une tension électrique incontrôlable. Je m'avançai pour récupérer ma falx fichée dans le sol.
— C'est comme si mon corps répondait avant même que j'aie fini de concevoir le mouvement, avouai-je en essuyant la poussière sur le bois. La moindre impulsion devient un coup de bélier.
Logan croisa les bras sur sa poitrine imposante, son regard vert forêt ancré dans le mien avec une sévérité bienveillante.
— Tu as la puissance et la vivacité. Maintenant, il va falloir réapprendre à frapper avec une fraction de tes capacités pour ne pas massacrer tes camarades à l'entraînement, ou trouver des adversaires à ton niveau. En attendant un retour à la normale, il serait plus sage que tu t'entraînes avec moi.
J'imprimai ses paroles en silence. Mon regard glissa vers Maeve, qui reprenait péniblement son souffle sous la vigilance de Morvran. Sentant mon attention sur elle, mon amie m'adressa un court hochement de tête grimaçant — une discrète absolution qui n'atténua pourtant en rien le poids de ma culpabilité. L'idée de blesser mes proches par simple manque de contrôle m'était intolérable.
— D'accord, répondis-je en ravalant la nervosité qui me nouait la gorge. On s'entraînera ensemble.
Logan acquiesça d'un léger signe de tête, rajustant son épée d'exercice sur son épaule. Par mes sens, je captai chez lui une satisfaction mesurée à l'idée d'encadrer cette transition. À quelques pas, Morvran me dévisagea un instant, un regard empreint d'une gravité appuyée qui semblait me rappeler les exigences de notre rendez-vous de l'après-midi, avant de hocher la tête.
Je resserrai mes doigts sur ma falx de bois pour mesurer à nouveau ma prise.
Les heures qui suivirent ne furent qu'une suite ininterrompue de passes éreintantes et d'erreurs d'évaluation. À chaque assaut, la vigueur incontrôlée de ma nouvelle condition reprenait parfois le dessus : un blocage un peu trop sec faisait tinter mon arme contre la sienne avec un fracas assourdissant, une fente trop vive me jetait en avant, déséquilibrée par la masse d'énergie que mes propres jambes propulsaient, et le moindre revers entaillait le sol comme une lame d'acier. Inébranlable, Logan encaissait la brutalité de mes assauts, me stoppait à la moindre embardée et me forçait à casser mon rythme pour corriger mon geste.
Lorsque le soleil atteignit enfin son zénith, marquant la fin de la séance, mes membres ne tremblaient pas sous l'épuisement, mais sous la tension d'avoir passé toute la matinée à lutter contre mon propre corps pour retenir mes coups. Et tandis que Logan quittait la piste, le flux frais de mon mana continuait de crépiter sous ma peau, prêt à déborder — rappel silencieux du tout autre entraînement qui m'attendait cet après-midi, en secret, avec le Haut Druide.