Chapitre 408
Chapitre 408 – Récompenses des missions [1]
Cassius était reconnaissant que tout soit terminé. Pas au sens littéral, mais au moins, pour le reste de la journée, tout était fini.
Il se trouvait à présent au Palais Royal, dans la même pièce que lors de la cérémonie de l’Événement Royal.
La chambre de sa mère.
Comme auparavant, sa présence ténue flottait encore dans la pièce, comme si les murs eux-mêmes refusaient de l’oublier et en chérissaient le souvenir.
Le lit était toujours aussi confortable, mais Cassius n’y prêtait pas vraiment attention. Son esprit remontait le temps, se rappelant des événements qui ne dataient pas tant que ça, mais qui lui semblaient vieux de plusieurs années.
La pièce aussi, semblait-il, renfermait bien des souvenirs pour lui.
C’était là qu’il avait recruté Sarah, sans croire un seul instant que cette pauvre servante deviendrait la femme qu’elle était aujourd’hui. Une femme qui faisait de son mieux pour se trouver, malgré l’abandon de la seule chose autour de laquelle s’était construite toute son existence.
Cassius se demanda, juste un instant, ce qu’il ferait si Isolde venait à mourir. Si elle choisissait de le quitter pour quelqu’un d’autre, ou pour autre chose.
Que se passerait-il, alors ? C’était une question à laquelle il ne pourrait jamais répondre.
Non pas parce qu’il était douloureux d’y penser, même si ça l’était, mais tout simplement parce qu’on pouvait difficilement réfléchir à un avenir qui ne pourrait pas exister.
Il ne pensait pas cela parce qu’il croyait qu’Isolde ne mourrait jamais, ou ne le quitterait jamais.
C’était simplement que si cela arrivait, l’homme qu’il serait devenu à ce moment-là ne serait plus Cassius.
Ce serait quelqu’un d’autre. Un autre homme. Un homme qui porterait bien le nom de Cassius, mais qui serait tout autre. Un homme dont il ne pourrait prévoir ni les actes, ni même les motivations.
Il ne servait donc à rien d’y penser.
Et puis, il y avait Perséphone. Allongé sur le dos, les mains derrière la tête et les yeux rivés au plafond, Cassius poursuivit le fil de ses pensées. J’ai vu la Première Servante des Hood, mais elle n’avait ni les cheveux ni les yeux de Perséphone. Elle était différente. Complètement différente de celle que je connaissais. Même son attitude était à l’opposé.
Il avait interrogé sa grand-mère à ce sujet, et elle lui avait répondu que c’était tout à fait normal.
La Première Servante des Hood était une étrange entité qui existait depuis le Premier Ancêtre et l’avait même servi. C’était une entité qui renfermait plusieurs identités différentes, lesquelles se relayaient pour occuper le poste de Première Servante à diverses époques.
Cassius lui avait demandé quand Perséphone reviendrait. Morenna n’avait pas de réponse. Il en avait été déçu.
Et il ne savait pas pourquoi, mais Cassius avait l’étrange impression qu’il ne la reverrait jamais. Cette impression le troublait énormément, comme s’il lui manquait quelque chose qu’il regretterait amèrement plus tard.
Regretter. Cassius soupira. Le mot cherchait à lui rappeler ce qu’il avait fait ces derniers temps, mais il s’efforça de ne pas trop y penser.
Ces deux missions avaient été ridiculement difficiles, à vrai dire, tant mentalement que physiquement. Surtout mentalement.
De nombreux êtres de quatrième rang l’avaient pris pour cible. Et alors qu’il était pourchassé, il devait trouver un moyen de voler les Artefacts sans se faire repérer.
Puis il y avait eu le Musée des Légendes, où il les avait tous provoqués en invoquant un Appel de Justice, juste pour avoir une raison légitime d’entrer dans la Prison des Immortels. Et tout cela, seulement trois heures après avoir assisté à des combats entre plusieurs êtres de quatrième rang et une étrange créature sans visage.
Cassius était épuisé. Pourtant, il avait tenu bon et s’était rendu à la Prison des Immortels.
Une fois là-bas, et uniquement pour créer une diversion suffisante… il avait ordonné de faire exploser l’Église de la Mort. Cassius ignorait combien de personnes avaient péri à cause de cette décision et, pour tout dire, il ne voulait pas le savoir.
Il avait fait ce choix parce qu’il devait accomplir sa Quête. En fait, il avait pris toutes ces décisions pour obtenir du pouvoir.
Et ce pouvoir, il ne le voulait que pour sa famille.
Car si sa famille n’avait pas risqué l’extermination, et si ses ancêtres ne lui avaient pas tant donné, Cassius se serait contenté d’une vie tranquille, comme n’importe quel humain anonyme qui arpentait la terre.
Une vie avec sa femme, sur une petite île bordée d’une forêt paisible. Ils chasseraient leur propre nourriture, s’approvisionneraient en eau et vivraient en paix et en harmonie.
De temps en temps, ils pourraient descendre en ville pour découvrir et apprécier la vie urbaine, puis retourner dans leur petit monde.
Et quand Isolde serait prête, un enfant pourrait naître. Un petit Cassius. Ou peut-être une petite Isolde ?
Ces pensées dessinèrent sur le visage de Cassius un sourire paisible, inconscient, tandis qu’il aspirait à une vie que beaucoup n’auraient jamais imaginé qu’il puisse désirer.
Mais cette vie lui avait été refusée.
Le Monde l’avait marqué du titre de Méchant. Et le principal moyen de devenir fort était d’agir comme tel.
Tel était son destin. Et il ne tenait pas particulièrement à lutter contre lui. Il l’accepterait tant que c’était le prix à payer pour sauver et protéger sa famille.
Je réfléchis trop, pas vrai ? songea Cassius avec un sourire ironique, incapable de dormir malgré son épuisement.
Widow, la Chevalière de la Déesse, avait dit que l’Appel de Justice reprendrait le lendemain et qu’un verdict serait rendu. Il lui fallait donc se reposer.
Mais le sommeil refusait de venir.
Autant profiter de ce moment pour récupérer les récompenses de ma Quête.
Il se redressa et s’assit sur le lit, le dos appuyé contre la tête de lit.
Après avoir pris une profonde inspiration, Cassius fit apparaître le panneau du système qui affichait ses récompenses.
DING !
[Vous avez terminé la Quête : Premier à attraper les poissons sanglants !]
[Description : C’était le Chaos absolu, Dernier-Né. Vraiment. Et c’était si divertissant à regarder que nous avons invité un être spécial à assister à toute la scène avec nous.
Malheureusement, cet être spécial ne vous a pas apprécié. « Trop intelligent », a-t-il dit avec dédain. Mais ne vous en faites pas, Dernier-Né !
Il ne vous aime peut-être pas, mais il a une affection toute particulière pour la pauvre mortelle qui a découvert la beauté du meurtre.
Eh bien, que dire ? Vous avez peut-être fait d’un personnage secondaire sanguinaire un véritable Béni.
Voilà qui est absolument fantastique. Vous devenez de plus en plus le genre d’être que nous aimerions voir vivre un peu plus longtemps, mais aussi de plus en plus le genre d’être que tous les dieux de la Voie des Héros voudraient tuer.
Malheureusement, nous ne sommes que des spectateurs.
Alors, survivez, Dernier-Né.
Le Jeu doit continuer !]
[Récompenses :
- {Pas du Voleur} envisage de prendre Diaila Law comme Bénie. Comme vous avez contribué à révéler au monde son potentiel caché, vous gagnez 50 000 000 VP.
- Informations secrètes sur les sept Artefacts et la Clé du Maître des Chemins : Il y a quelque chose que beaucoup ignorent au sujet du Maître des Chemins : c’était un sacré petit salaud qui adorait un peu trop expérimenter sur tout le monde et sur tout ce qui lui tombait sous la main. À votre avis, comment a-t-il découvert le Concept des Chemins ? Des {Commandes} ? Ce salaud était un véritable savant fou, et ce, avant même votre ancêtre Albert.
Et voici que les choses deviennent vraiment tordues, Dernier-Né.
Chacun des sept Artefacts légendaires du Maître des Chemins renfermait une entité scellée, ou une partie d’une entité scellée. Obtenir l’Artefact, c’est obtenir le pouvoir de l’entité scellée, car le Maître des Chemins avait conçu les caractéristiques des Artefacts pour qu’elles puissent fusionner avec celui qui les trouverait.
Le troisième Artefact, Vestige du Dieu mort, renfermait une partie du Dieu mort, le Ver de l’Arbre-Monde.
Bien sûr, ce n’est pas si simple. Il vous faut la Clé pour véritablement ouvrir les Artefacts et avoir une chance d’obtenir leur caractéristique.
Et vous avez la Clé. Ou plutôt, vous l’avez eue.
Ce petit stylo que vous croyiez n’être qu’un stylo. Vous vous souvenez de ce stylo ? Oui, Dernier-Né. Ce stylo est la Clé.
Et maintenant, nous devons vous poser la question : croyez-vous vraiment qu’un stylo fabriqué par le Maître des Chemins puisse être… un stylo ?
Et pourtant, dans votre stupidité, vous l’avez donné à Meadow Wealth, l’Élue de la Vérité. Maintenant, vous l’avez perdu.
La Clé a choisi son maître. Et ce n’est pas vous.
Quel idiot, Cassius. Quel idiot.]
Cassius fixa ce long panneau de merde, les yeux écarquillés, en se rappelant le stylo du Maître des Chemins qu’il avait donné à Meadow.
Le stylo même qui était la Clé permettant d’obtenir la caractéristique d’un Dieu mort.
Un putain de Dieu mort !
Le Dieu mort qu’il cherchait depuis tout ce temps !
« Souffle de la Reine, qu’est-ce que j’ai fait ?! »
— Fin du chapitre 408 —