Chapitre 12
Espoir et Demonia, tous deux face à la porte de sortie, entourés par le peuple du clan Démoria.
<< Jeune homme, c’est la première fois que je t’expose au reste du monde. Le clan Démoria est une petite partie de la ville, et nous allons en explorer la diversité tous les deux. Comme tu l’as appris en cours, il existe plusieurs zones, chacune gérée par un clan qui chac…>>
<< Tu me l’as déjà dit, mère. >>
<< …
Je vais salement t’amocher un jour, laisse-moi finir.
Il existe différents clans, mais nous sommes le seul à avoir une justice et un système d'égalité valable. Tu t'apprêtes à rencontrer des individus bien spéciaux. Essaie au moins de tisser des liens. >>
Sous les acclamations du peuple, Espoir et Demonia quittent le district.
<< Maman, comment la ville va se défendre si des gens attaquent pendant ton départ ? >>
<< Je ne pars jamais vraiment, je suis partout où la justice existe en fait. >>
<< ? >>
Le duo mère-fils marchait vers le district central.
Demonia avait les mêmes traits du visage qu’Espoir, dégageant une gloire et une fierté sans limite. Elle avait une grande robe violette qui traînait sur le sol derrière elle, avec quelques motifs noirs et dorés. Sa robe avait un col français.
À part son visage et ses cheveux, aucune once de peau n’était visible sur Demonia. ses gants blancs lui donnaient un air de franc-maçon. Son élégance semblait venir des cieux. Elle incarnait à perfection la justice.
<< Mon garçon, tu devrais essayer de te faire des amis. J’ai beau savoir que ton corps s'y refuse sérieusement, que tu as l’impression de n’être qu’un déchet, mais bon… >>
<< … >>
<< Tu ne peux pas juste éviter le sujet en permanence, c’est à cause de cette histoire ? Enfin, à cause de ces histoires ? >>
<< Mais les gens ne s'intéressent pas à moi, en fin de compte ils ne me voient que comme un objet, une personne facilement manipulable. >>
<< Et sous quelle preuve tu annonces tout cela ? C’est peut-être impertinent de le poser comme ça mais tout ça ne se base que sur ton avis personnel >>
Le visage d’Espoir était rempli de douleur, il allait devoir expliquer à sa mère son plus grand secret, ou plutôt le répéter dans l’espoir qu’elle puisse y croire.
<< …, je te demande juste d’écouter en entier sans m'interrompre. >>
<< Bien sûr. >>
<< Quand je le désire, je peux savoir la valeur que les gens m’apportent. Ce n’est pas une manipulation de mon cerveau ni une déduction propre à chacun.
C’est une vérité absolue, je peux savoir ce que les gens voient en moi.
La majorité ne voit en moi qu’une façon de devenir plus proche du pouvoir, comme un élément à prendre en compte dans sa vie.
Comme un déchet, comme un misérable dont toute la valeur vient de sa naissance.
Comme un raté, qui ne vaut pas le quart de sa mère.
Alors, j’ai comme devoir de régner au-dessus d’eux, de leur faire comprendre qu’ils ne sont rien de plus que des cafards.
En haut de mon perchoir, je regarderai le monde sombrer et si je le peux moi-même, je m’occuperai de le faire brûler. >>
<< …, et que feras-tu après avoir brûlé le monde ? >>
<< … >>
<< Et cet enfant que tu as sauvé, pourquoi ? >>
<< Il n’a passé sa vie qu'à être la propriété de son père, je ne suis pas sûr qu’il ait vraiment existé en fin de compte. Je ne sais pas, je ne pouvais pas le laisser sans agir. C’était profondément stupide, j’en ai conscience. >>
<< Tu sais mon fils, tu es bien singulier à ta façon, prend garde au futur. >>
Espoir et Demonia marchaient côte à côte, leurs pas résonnaient dans les districts parmi les simples habitants des faubourgs.