Chapitre 13
Les pas s'accumulaient, ça faisait un jour qu’Espoir et Demonia avaient commencé à marcher.
Ils allaient devoir trouver un endroit pour la nuit. Fort heureusement, soixante-dix pour cent des logements de la cloche sont, et seront, en toutes circonstances inhabités.
<< On va prendre celui-ci. Une objection ?>>
<< Non, ça devrait le faire. >>
Espoir était resté assez silencieux pendant l’ensemble de la journée. Sa mère avait pourtant essayé de faire la conversation, mais à chaque fois, il répondait froidement.
Il reste à à comprendre si c’était à cause de l'atmosphère, ou bien juste de sa montre, Dévotion.
En tout cas, son humeur était plus que maussade.
Le lendemain matin, vers les coups de 10h, le duo reprit sa route.
Les paysages gris, l'absence de luminosité, les humains toujours plus misérables; Espoir avait saisi l’ambiance générale des faubourgs.
Les maisons pouvaient afficher quelques particularités. Certaines en deux voire trois étages, avec plus ou moins de pièces, mais toujours mitoyennes, toujours grises sans aucune autre nuance.
Et puis, au fil de leurs pas, une excentricité avait fait son apparition.
<< Mère, l’air porte une odeur étrange ? >>
<< …, reste derrière moi. >>
Demonia repéra une fissure sur le béton d’une maison.
<< Entrons.>>
En entrant, les deux protagonistes remarquèrent que les murs étaient couverts de sang. Une boule d’intestin, d’os et d’un peu de peau était collée sur le mur. Au sol, deux cadavres : un adulte avec un immense trou dans l'estomac et un enfant sans bras ni jambes.
Espoir, le visage marqué par le dégoût, s'écria : << Il ne doit pas être loin. >>
Demonia lui dit simplement : << Il nous suffit de suivre la traînée de sang. Il n’a pas l’air de vouloir se cacher. >>
Après 200 mètres de marche, ils arrivèrent devant une maison de deux étages. Des hurlements s’en dégageaient, et des rires aussi.
Le visage de Demonia n'affichait pas la moindre trace de haine, elle était aussi calme que n’importe quand.
D’un coup de pied, elle enfonça la porte d'entrée.
<< Ils sont douze dans la maison, huit hommes et quatre femmes.
Deux femmes sont au premier étage avec un homme, et le reste est au rez-de-chaussée.>>
<< Je monte alors >>, dit Espoir avec un visage empli de détermination.
Aussitôt, Démonia brisa une porte avant d’y découvrir quatre hommes en train de torturer une femme.
<< Les gars, y’a d’la chair fraîche. >>
<< Putain Crabe, t’abuses, c’est de la chair fraîche pour l’instant seulement. >>
<< Attendez les gars, elle est plutôt belle en plus ? >>
Mais un des quatre finit par remarquer : << Attendez, si elle est aussi bien habillée ça veut dire que son pouvoir est très puissant, non ? >>
Demonia, qui se tenait simplement debout, à écouter les sales paroles, finit par elle-même déclarer : << C’était donc vos derniers messages à adresser au monde ? >>
Elle s’élança vers le plus proche des quatre, avant de saisir violemment son crâne à l’aide d’une seule main et de l’écraser sous sa seule poigne.
<< …, CÉRAMIQUE, JE VAIS TE VENGER !! >>
Demonia ne prit pas la peine de bloquer le coup de poing, le laissant s’abattre droit sur son visage.
C’était la façon la plus efficace de s’approcher de lui après tout.
Avec ses ongles violets, elle enfonça sa main dans l'estomac du vil être humain, avant de lui retirer ses entrailles d'un coup sec.
<< Espoir, regarde, ils ont même mangé les bras de l’enfant qu’ils avaient démembrés. >>
La peur était montée dans l’esprit des deux autres déchets, Demonia a simplement saisi deux de ses cheveux avant de les transformer en poignard et de les envoyer dans leur crâne.
<< On s’occupe de l’autre groupe puis du chef.>>