Chapitre 25
Chapitre 25
Le silence qui avait suivi la révélation sur Azaël semblait ne plus vouloir disparaître.
Le duc de Valerian tenait toujours le document entre ses mains.
Son regard passait d'Azaël à sa fille.
Puis revenait vers le document.
Le Héros de la Nation.
L'homme qui avait arrêté une attaque capable de faire trembler le royaume.
L'homme qui avait affronté le prince héritier.
Et cet homme était désormais assis à sa table.
Avec Elia.
Et son futur petit-enfant.
Le duc finit par poser le document.
— J'ai une question.
Azaël releva les yeux.
— Je vous écoute.
— Pourquoi ma fille n'est-elle pas encore mariée avec toi ?
Elia écarquilla légèrement les yeux.
— Papa...
— Laisse-moi finir.
Il regarda Azaël.
— Tu vis avec elle. Tu l'aimes. Elle est enceinte de ton enfant.
Il marqua une pause.
— Alors pourquoi n'êtes-vous pas mariés ?
Azaël resta silencieux.
Il tourna la tête vers Elia.
Elle semblait aussi surprise que lui.
— Nous n'en avons jamais parlé sérieusement, répondit Azaël.
Le duc fronça les sourcils.
— Alors parlons-en maintenant.
Elia posa ses mains sur la table.
— Papa, je ne veux pas me marier simplement parce que je suis enceinte.
— Je le sais.
Le duc regarda sa fille.
— Et je ne te demande pas de le faire contre ton gré.
Il se tourna vers Azaël.
— Mais tu dois comprendre quelque chose.
Sa voix devint plus sérieuse.
— Elia est la fille d'une maison ducale.
Azaël resta attentif.
— Une noble enceinte sans être mariée serait immédiatement au centre des conversations de la noblesse.
Elena ajouta doucement :
— Et certaines familles ne se gêneraient pas pour utiliser cela contre elle.
Elia baissa les yeux.
Elle connaissait suffisamment ce monde pour comprendre.
Son père continua :
— Notre famille peut supporter les rumeurs.
— Mais toi, tu risques de perdre une partie de ton statut.
Azaël haussa légèrement les épaules.
— Je n'ai pas besoin de statut.
Le duc le fixa.
— Peut-être pas.
Il marqua une pause.
— Mais ton enfant, lui, grandira dans ce monde.
Cette phrase fit réfléchir Azaël.
Il regarda Elia.
Puis posa doucement sa main sur la sienne.
— Si Elia veut m'épouser, alors je l'épouserai.
Le duc observa sa fille.
— Et toi ?
Elia regarda Azaël.
Elle semblait réfléchir.
Puis un sourire apparut.
— Oui.
Azaël tourna la tête vers elle.
— Oui ?
— Oui.
Elle serra légèrement sa main.
— Je veux t'épouser.
Le sourire d'Azaël apparut progressivement.
— Alors c'est décidé.
Adrian, qui était resté silencieux jusque-là, se redressa.
— Attendez.
Tous les regards se tournèrent vers lui.
— Vous êtes sérieux ?
Elia sourit.
— Oui.
Adrian se leva.
— Ma sœur va se marier.
Elena sourit.
— On dirait bien.
Adrian regarda Azaël.
— Avec le Héros de la Nation.
Azaël soupira.
— Ne m'appelle pas comme ça.
— Pourquoi ?
— C'est gênant.
Adrian éclata de rire.
— Le type le plus dangereux du royaume trouve un titre gênant.
— Je ne suis pas dangereux.
Elia lui lança un regard.
— Tu as quand même coupé le bras du prince.
Azaël resta silencieux.
— C'était différent.
Adrian sourit.
— Bien sûr.
Même le duc esquissa un léger sourire.
L'atmosphère avait enfin changé.
Quelques minutes auparavant, ils étaient encore une famille réunie autour d'une table avec un inconnu extrêmement puissant.
Maintenant, ils parlaient d'un mariage.
Mais le duc reprit rapidement son sérieux.
— Il faudra organiser la cérémonie rapidement.
Elia fronça les sourcils.
— Pourquoi rapidement ?
— Parce que la nouvelle de ta grossesse finira par se répandre.
Il regarda Azaël.
— Et parce que la cour connaît déjà ton existence.
Azaël comprit.
Le royaume avait commencé à s'intéresser à lui.
Et maintenant qu'il était lié à une famille ducale, les choses risquaient de devenir encore plus compliquées.
— Faites ce que vous avez à faire, répondit-il.
Le duc hocha la tête.
— Le mariage aura lieu dans trois jours.
Elia ouvrit de grands yeux.
— Trois jours ?
— C'est suffisant.
Adrian intervint :
— Pour père, tout est toujours suffisant lorsqu'il donne un ordre.
— Adrian.
— Je n'ai rien dit.
Elia éclata de rire.
Les trois jours suivants passèrent rapidement.
La demeure entière fut animée.
Des domestiques installèrent des décorations dans les jardins.
Des invitations furent envoyées aux familles nobles les plus proches.
Les préparatifs s'organisèrent à une vitesse impressionnante.
Azaël observait tout cela avec une certaine curiosité.
Il n'avait jamais imaginé se retrouver dans une situation pareille.
Un mariage.
Des invités.
Une cérémonie.
Une famille.
Et Elia.
Le matin du troisième jour, il se trouvait devant une fenêtre lorsqu'Adrian entra.
— Tu stresses ?
Azaël se retourna.
— Non.
— Tu mens.
— Je ne suis pas stressé.
Adrian s'approcha.
— Tu vas épouser ma sœur devant une partie de la noblesse du royaume.
— Oui.
— Et tu n'es pas stressé ?
— Non.
Adrian sourit.
— Tu es vraiment étrange.
Azaël regarda dehors.
— Je réfléchis simplement.
— À quoi ?
— À ce que ma vie est devenue.
Adrian resta silencieux.
— Tu es arrivé ici sans rien.
Azaël hocha la tête.
— Et maintenant tu vas épouser ma sœur.
— Oui.
— Et tu vas devenir duc par mariage.
Azaël se tourna vers lui.
— Je vais devenir duc ?
Adrian éclata de rire.
— Tu ne savais pas ?
— Non.
— Félicitations.
Azaël soupira.
— Je n'ai jamais demandé tout ça.
— Ma sœur non plus.
Adrian sourit.
— Mais je crois que vous avez trouvé quelque chose que vous vouliez vraiment.
Azaël regarda le ciel.
— Oui.
La cérémonie eut lieu dans les jardins du domaine.
Le ciel était dégagé.
Plusieurs familles nobles étaient présentes.
Des représentants de la cour avaient également été invités.
Azaël se tenait devant l'autel.
Il regardait les invités.
Certains murmuraient.
D'autres le regardaient avec méfiance.
Quelques-uns semblaient impressionnés.
Il entendit même quelqu'un prononcer discrètement son titre.
— Le Héros de la Nation...
Azaël soupira.
Puis il regarda l'entrée du jardin.
Elia apparut.
Elle avançait lentement.
Azaël ne regarda plus personne d'autre.
Elia arriva jusqu'à lui.
Elle sourit.
— Tu es prêt ?
— Oui.
— Tu as l'air sérieux.
— Je le suis.
— Ça me rassure.
La cérémonie commença.
Les paroles du prêtre résonnèrent dans le jardin.
Puis vint le moment des vœux.
Elia regarda Azaël.
— Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve.
Elle prit une inspiration.
— Mais je veux le découvrir avec toi.
Azaël la regarda.
— Alors je te le promets.
Il marqua une pause.
— Peu importe ce qui arrivera, je resterai à tes côtés.
Elia sourit.
Le prêtre poursuivit la cérémonie.
Puis ils échangèrent leurs alliances.
Quelques applaudissements retentirent.
Elia regarda Azaël.
— Maintenant, tu es officiellement coincé avec moi.
Azaël sourit.
— Ça me convient.
Ils s'embrassèrent longuement.
Les invités applaudirent davantage.
Adrian était le premier à sourire.
Elena essuya discrètement une larme.
Même le duc semblait satisfait.
Pendant quelques secondes, tout semblait parfait.
Puis le ciel changea.
Le vent s'arrêta.
Les nuages commencèrent à tourner lentement au-dessus du domaine.
Azaël releva immédiatement les yeux.
Son expression changea.
Elia le remarqua.
— Azaël ?
Une voix résonna au-dessus d'eux.
— Je vous trouve enfin.
Les invités se retournèrent.
Une silhouette apparut dans le ciel.
Elle descendit lentement avant de toucher le sol à quelques mètres du groupe.
Un jeune homme.
Son apparence était humaine.
Mais sa présence ne l'était pas.
Azaël sentit immédiatement quelque chose d'étrange.
Une énergie divine.
Le jeune homme regarda autour de lui.
Puis son regard s'arrêta sur Azaël.
— Alors c'est toi.
Azaël resta immobile.
— Qui es-tu ?
Le jeune homme sourit.
— Le fils d'un dieu.
Les invités commencèrent à paniquer.
Les gardes sortirent leurs armes.
Le duc ordonna :
— Éloignez tout le monde !
Mais le jeune homme ne regardait personne d'autre qu'Azaël.
— Mon père m'a envoyé.
Azaël fronça légèrement les sourcils.
— Pourquoi ?
— Pour te transmettre un message.
Le jeune homme avança d'un pas.
— Quitte ce monde.
Azaël ne répondit pas.
— Tu as déjà attiré suffisamment d'attention.
Le jeune homme regarda Elia.
Puis posa les yeux sur son ventre.
— Et maintenant tu fondes une famille.
Le regard d'Azaël devint froid.
— Ne la regarde pas comme ça.
Le jeune homme sourit.
— C'est donc elle.
Il semblait comprendre quelque chose.
— La femme qui t'a fait changer.
Azaël fit un pas en avant.
Une pression invisible traversa soudain le jardin.
Plusieurs invités reculèrent.
Les gardes tombèrent à genoux.
Le jeune homme lui-même fut forcé de s'arrêter.
Azaël parla calmement.
— Tu es venu menacer ma femme le jour de notre mariage.
Il releva légèrement les yeux.
— Tu aurais dû choisir un autre jour.
Le jeune homme sourit malgré la pression.
— Tu crois vraiment pouvoir me faire peur ?
Azaël ne répondit pas.
Il regarda simplement Elia.
— Reste derrière moi.
Puis il reporta son attention sur le fils du dieu.
Le sourire du jeune homme disparut.
Pour la première fois, il semblait comprendre qu'il avait peut-être commis une erreur.
Et autour d'eux, le jardin entier commença à trembler.