Chapitre 26
Chapitre 26
Le jardin tremblait.
Les décorations installées pour le mariage oscillaient sous une force invisible. Les fleurs disposées autour de l'allée se soulevaient légèrement avant de retomber, tandis que les branches des arbres se balançaient malgré l'absence de vent.
Quelques secondes plus tôt, tout le monde célébrait encore le mariage d'Elia et d'Azaël.
À présent, personne n'osait parler.
Le jeune homme qui venait d'apparaître au milieu du jardin se tenait à quelques mètres d'Azaël.
Il paraissait à peine plus âgé qu'Adrian.
Pourtant, quelque chose dans sa présence suffisait à faire comprendre qu'il n'était pas humain.
Une pression invisible pesait sur les invités.
Plusieurs gardes avaient posé une main sur leur arme, mais aucun n'osait s'approcher.
Le duc Valerian se plaça devant Elena.
Adrian, lui, resta près de sa mère et d'Elia.
— Tout le monde recule, ordonna le duc. Maintenant.
Les invités obéirent immédiatement.
Elia, elle, ne quittait pas Azaël des yeux.
Elle sentait quelque chose.
Ce n'était pas seulement la puissance du jeune homme.
C'était surtout l'attitude d'Azaël.
Il n'avait pas bougé.
Il semblait presque ennuyé.
Le jeune homme finit par sourire.
— Tu as beaucoup de courage pour quelqu'un qui vient à peine de découvrir l'existence des dieux.
Azaël haussa légèrement un sourcil.
— Découvrir ?
— Oui. Ton attaque d'il y a quelques jours a attiré l'attention de plusieurs divinités. Tu as utilisé une puissance qui ne devrait appartenir à aucun humain.
Azaël resta silencieux.
Le jeune homme poursuivit :
— Mon père m'a envoyé pour te transmettre un message.
— Je suppose qu'il pouvait se déplacer lui-même.
Le sourire du jeune homme disparut.
— Fais attention à ton ton.
— Pourquoi ?
Azaël croisa les bras.
— Parce que tu es le fils d'un dieu ?
Le jeune homme serra les dents.
— Exactement.
— Ça ne m'impressionne pas.
Un silence lourd tomba sur le jardin.
Le jeune homme fixa Azaël avec incrédulité.
— Tu ne comprends vraiment pas la situation.
— Si.
Azaël regarda brièvement autour de lui.
Sa famille.
Les invités.
Elia.
Puis il reporta son attention sur le jeune homme.
— Tu es venu pendant mon mariage pour me dire de quitter ce monde.
— C'est ce que mon père exige.
— Et si je refuse ?
Le jeune homme sourit de nouveau.
— Alors tu mourras.
Quelques gardes reculèrent.
Elia sentit son cœur accélérer.
Azaël, lui, ne réagit pas.
— Ton père t'a vraiment envoyé dire ça ?
— Il m'a envoyé régler le problème.
— Alors il aurait dû venir lui-même.
Le jeune homme disparut.
Adrian eut à peine le temps de comprendre ce qui se passait.
Une fraction de seconde plus tard, le jeune homme se trouvait devant Azaël.
Son poing partit droit vers son visage.
Azaël ne bougea pas.
Le coup s'arrêta à quelques centimètres de lui.
Le jeune homme resta figé.
Son poing ne touchait rien.
Il força.
Ses muscles se tendirent.
Une énergie divine apparut autour de son bras.
Mais rien ne changea.
Impossible d'avancer.
Azaël regarda tranquillement le poing arrêté devant lui.
— C'est tout ?
Le jeune homme retira son bras.
— Qu'est-ce que tu as fait ?
— Rien.
— Mensonge.
Il attaqua de nouveau.
Cette fois, il frappa depuis plusieurs directions.
Un coup.
Deux.
Puis cinq.
Sa vitesse augmenta brutalement.
Les humains présents ne pouvaient presque plus suivre ses mouvements.
Mais Azaël ne bougeait toujours pas.
Chaque attaque s'arrêtait avant lui.
Certaines à quelques centimètres.
D'autres plus loin.
Comme si une frontière invisible empêchait le jeune homme de l'atteindre.
Azaël finit par soupirer.
— Tu n'arrives même pas à me toucher.
Le jeune homme recula.
Pour la première fois, son expression changea.
Il n'était plus arrogant.
Il était surpris.
— Impossible...
— Tu vas continuer longtemps ?
— Tais-toi !
Une vague d'énergie divine explosa autour du jeune homme.
Le sol se fissura sous ses pieds.
Les tables du mariage furent projetées en arrière.
Les verres tombèrent au sol.
Les gardes durent se protéger le visage.
Elia fut retenue par Adrian.
— Elia, recule !
Elle voulut protester.
— Azaël...
— Il sait ce qu'il fait, répondit Adrian.
Mais même lui n'en était pas certain.
Le jeune homme leva les deux mains.
L'énergie divine se concentra au-dessus de lui.
Une masse lumineuse gigantesque apparut dans le ciel.
Les nuages furent repoussés.
Le jardin entier fut plongé dans une lumière aveuglante.
— Voyons si tu peux encore rester immobile !
Il abattit ses mains.
L'attaque descendit.
Azaël leva simplement les yeux.
L'immense pouvoir divin arriva vers lui.
Puis s'arrêta.
Encore une fois.
À quelques centimètres de son corps.
L'énergie trembla.
Elle sembla lutter contre quelque chose d'invisible.
Puis elle se désagrégea.
Comme si elle n'avait jamais existé.
Le jeune homme resta bouche bée.
Azaël le regarda.
— Tu commences à comprendre ?
— Non...
Il recula.
— Ce n'est pas possible.
Azaël fit un pas vers lui.
— Pourtant, c'est ce qui se passe.
Le jeune homme serra les poings.
— Qui es-tu ?
Azaël ne répondit pas.
— Je t'ai posé une question !
Le jeune homme fonça encore.
Cette fois, il utilisa toute sa vitesse.
Il apparut derrière Azaël.
Puis sur son côté.
Puis devant lui.
Il attaqua sans interruption.
Azaël n'avait toujours pas besoin de bouger.
Les coups s'arrêtaient avant de l'atteindre.
Les attaques divines disparaissaient.
Même lorsqu'il tenta de prendre Azaël par surprise, quelque chose empêchait systématiquement le contact.
Le jeune homme commença à paniquer.
— Pourquoi je ne peux pas te toucher ?
Azaël répondit simplement :
— Parce que tu ne peux pas.
— Ça ne veut rien dire !
— Si.
Azaël le regarda droit dans les yeux.
— Tu es simplement trop faible.
Le jeune homme rugit.
Toute l'énergie qu'il possédait se concentra dans son corps.
Le sol trembla.
Des fissures apparurent autour de lui.
Même les gardes les plus expérimentés tombèrent à genoux sous la pression.
Le duc Valerian serra les dents.
Il comprit alors qu'il ne pouvait absolument rien faire.
Ce garçon était un être divin.
Et pourtant, Azaël le dominait sans même utiliser une fraction visible de sa puissance.
Le jeune homme leva le bras.
Une gigantesque lance d'énergie apparut au-dessus du jardin.
— Disparais !
La lance descendit.
Azaël leva un doigt.
Elle s'arrêta.
Encore.
Le jeune homme ouvrit grand les yeux.
Azaël fit légèrement pivoter son doigt.
La lance se désagrégea.
— Tu devrais arrêter.
— Jamais !
Le jeune homme se précipita vers lui.
Azaël attendit.
Au dernier instant, le poing du jeune homme s'arrêta une nouvelle fois.
Mais cette fois, Azaël saisit son poignet.
Le jeune dieu se figea.
Il tenta immédiatement de se libérer.
Rien.
Il força.
Toujours rien.
Azaël tenait son bras avec une facilité déconcertante.
— Lâche-moi !
— Tu es venu menacer ma femme.
— Je ne fais qu'exécuter les ordres de mon père !
— Alors ton père a fait une erreur.
Le jeune homme tenta encore de se libérer.
Azaël ne bougea pas.
— Ton père s'appelle Kaelion.
Le jeune homme se figea.
— Comment connais-tu son nom ?
Azaël le fixa.
— Kaelion, dieu de la Domination.
Il marqua une pause.
— Et abruti fini.
Le visage du jeune homme se crispa.
— Ne parle pas de mon père comme ça !
Azaël le repoussa.
Le jeune dieu fut projeté à travers le jardin et traversa plusieurs mètres avant de s'écraser contre un mur.
Elia sursauta.
— Azaël !
Il tourna légèrement la tête vers elle.
Le regard qu'il lui adressa était calme.
— Tout va bien.
Puis il revint vers son adversaire.
Le jeune homme se releva.
Il respirait difficilement.
Son arrogance avait complètement disparu.
Il regarda Azaël comme s'il voyait quelque chose qu'il n'arrivait pas à comprendre.
— Qu'est-ce que tu es ?
Azaël resta silencieux.
— Tu n'es pas humain.
Azaël ne répondit toujours pas.
— Alors quoi ?
Le jeune homme se remit en garde malgré la peur.
— Peu importe qui tu es, je dois accomplir ma mission.
— Ta mission ?
— Te faire quitter ce monde.
Azaël soupira.
— Je viens de me marier.
Il jeta un regard à Elia.
— Tu crois vraiment que je vais abandonner ma vie parce que ton père l'a décidé ?
Le jeune homme attaqua une dernière fois.
Il concentra tout ce qui lui restait de puissance dans son poing.
Il fonça.
Azaël resta immobile.
Le coup s'arrêta devant son visage.
Encore une fois.
Pas un contact.
Pas même une égratignure.
Le jeune homme resta paralysé.
Azaël le regarda.
— Tu n'arrives même pas à me toucher.
Le jeune homme baissa lentement son bras.
— Qu'est-ce que tu es...
Azaël s'approcha.
Son expression avait changé.
Il n'y avait plus aucune trace d'amusement.
— Tu le découvriras bientôt.
Le jeune homme recula.
Azaël leva les yeux vers le ciel.
Quelque chose venait de changer.
Une présence divine beaucoup plus lointaine venait de se manifester.
Azaël la ressentit.
Puis il regarda le jeune homme.
— Ton père attendra ton retour.
Le jeune dieu hésita.
— Quoi ?
Azaël leva lentement une main.
— Mais tu ne retourneras pas auprès de lui.
Le vent s'arrêta.
Les feuilles suspendues dans les airs cessèrent de bouger.
Les voix disparurent.
Le monde entier sembla retenir son souffle.
Azaël venait d'arrêter le temps.
Et cette fois, personne ne pourrait intervenir.