Chapitre 17
Chapitre 17
Le lendemain matin, Azaël et Elia quittèrent le village avant le lever complet du soleil.
Une escorte du royaume les attendait à l'entrée.
Le voyage jusqu'à la capitale dura plusieurs heures.
Plus ils approchaient, plus le paysage changeait.
Les petits villages laissèrent place à de grandes routes pavées, puis à des bâtiments imposants.
Finalement, les murailles de la capitale apparurent devant eux.
Elles étaient immenses.
Azaël leva les yeux.
— Ils aiment vraiment construire grand.
Elia sourit.
— Tu dis ça alors que tu pourrais probablement détruire la moitié de la ville avec deux pour cent de ton pouvoir.
— Justement. Je sais reconnaître le travail inutile.
Elia secoua la tête.
— Ne détruis rien.
— Je vais essayer.
— Azaël.
— D'accord.
Ils franchirent les portes de la capitale.
Quelques heures plus tard, ils arrivèrent devant le palais royal.
Avant d'entrer, un conseiller vint à leur rencontre.
— Le roi souhaite s'entretenir seul avec Azaël.
Elia fronça les sourcils.
— Seul ?
— L'entretien concerne principalement la catastrophe.
Azaël regarda Elia.
— Attends-moi ici.
— Je n'aime pas ça.
— Moi non plus.
Il lui adressa un léger sourire.
— Mais ça ne devrait pas durer longtemps.
Une servante s'approcha ensuite d'Elia.
— Mademoiselle, vous pouvez attendre dans le salon situé à l'aile est.
Elia acquiesça.
— D'accord.
Azaël suivit le conseiller.
Mais avant de disparaître dans le couloir, il se retourna une dernière fois.
Elia lui fit signe de la main.
Puis les portes se refermèrent.
Le salon était vaste.
Trop vaste pour une simple salle d'attente.
Elia s'installa près d'une fenêtre.
Elle regarda la capitale en contrebas.
Tout semblait calme.
Pourtant, quelque chose dans ce palais la mettait mal à l'aise.
Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir davantage.
La porte s'ouvrit.
Un jeune homme entra.
Il portait des vêtements nobles et une longue cape ornée du symbole royal.
Deux gardes l'accompagnaient.
Elia se leva.
Le jeune homme la regarda de haut en bas.
— Tu es Elia.
— Oui.
— La compagne d'Azaël ?
Elle hésita.
— Oui.
Un sourire apparut sur son visage.
— Je suis le prince héritier, Lucian.
Elia s'inclina légèrement.
— Votre Altesse.
— Inutile.
Il fit quelques pas dans la pièce.
— J'ai entendu beaucoup de choses sur toi.
Elia resta silencieuse.
— Une simple villageoise qui aurait réussi à approcher l'homme le plus dangereux que le royaume ait jamais vu.
— Je ne sais pas si je dois prendre ça comme un compliment.
Le prince eut un rire bref.
— Tu as du caractère.
— On me le dit souvent.
Lucian s'approcha davantage.
— Qu'est-ce que tu lui veux ?
Elia fronça les sourcils.
— Pardon ?
— Azaël.
Son ton avait changé.
— Un homme comme lui pourrait avoir n'importe qui à ses côtés. Alors pourquoi toi ?
Elia le regarda froidement.
— Peut-être parce qu'il ne choisit pas les gens en fonction de leur rang.
Le sourire du prince disparut.
— Fais attention à ce que tu dis.
— Je ne fais que répondre à votre question.
Lucian s'approcha encore.
— Tu sembles oublier où tu te trouves.
— Non.
Elia soutint son regard.
— Je sais parfaitement où je suis.
Le prince tendit la main et attrapa son poignet.
Elia tenta immédiatement de se dégager.
— Lâchez-moi.
— Tu devrais apprendre à respecter ton prince.
— Je vous respecte suffisamment pour vous demander une dernière fois de me lâcher.
Lucian resserra sa prise.
— Et si je refuse ?
Elia le fixa.
— Alors vous allez regretter d'avoir commencé cette conversation.
Le prince eut un sourire méprisant.
— Tu crois vraiment qu'Azaël viendra te sauver à chaque fois ? Si je te viol ici et maintenant ton cher Azaël sera totalement impuissant !
Elia ne répondit pas.
Mais son regard changea.
Quelque chose venait de se produire.
Très loin de cette pièce, Azaël s'arrêta au milieu de l'audience.
Le roi venait de terminer une longue explication sur les attaques.
— Nous voulons simplement savoir pourquoi votre pouvoir...
Azaël ne l'écoutait plus.
Il tourna lentement la tête vers la porte.
Le roi le remarqua.
— Azaël ?
Il se leva.
— Où est Elia ?
Le conseiller présent dans la salle pâlit.
— Dans l'aile est.
Azaël quitta la salle sans un mot.
Le roi se leva.
— Attendez !
Azaël continua d'avancer.
Deux gardes tentèrent de lui barrer le passage.
Ils s'arrêtèrent immédiatement lorsqu'ils croisèrent son regard.
Ils comprirent qu'ils ne pourraient pas l'arrêter.
Dans le salon, Elia essayait toujours de se défendre de la prise que faisait le prince pour la déshabiller.
— Lâchez-moi !
Lucian allait répondre lorsqu'une voix résonna derrière lui.
— Qu’est-ce que tu crois faire exactement !
Le prince se figea.
Elia releva les yeux.
Azaël se tenait dans l'encadrement de la porte.
Son visage était parfaitement calme.
Trop calme.
Lucian se retourna.
— Azaël...
— J'ai dit.
Azaël fit un pas.
— Retire ta main.
Le prince hésita.
Puis il lâcha Elia.
Azaël regarda immédiatement son poignet.
— Ça va ?
Elia hocha la tête.
— Oui.
Il regarda ensuite Lucian.
Le prince tenta de reprendre son assurance.
— Tu es dans mon palais.
Azaël ne répondit pas.
— Je suis le prince héritier.
Toujours rien.
— Tu n'as aucun droit de me menacer.
Azaël s'approcha.
— Tu as osé toucher Elia.
— Ce n'est qu'un malentendu.
— Non.
Azaël s'arrêta devant lui.
— C'était une erreur.
Lucian recula d'un pas.
— Tu ne peux pas faire ce que tu veux ici.
Azaël le fixa.
— Tu devrais vraiment arrêter de parler.
Le prince leva la main.
Les gardes présents dans le couloir commencèrent à avancer.
Mais avant qu'ils n'aient le temps d'intervenir, Azaël bougea.
Un seul mouvement.
Le prince poussa un cri et tomba à genoux.
Son bras avait été tranché net, et les deux têtes des soldats roulèrent au sol.
La scène resta figée.
Azaël regarda le prince sans la moindre expression.
— Je t'avais demandé de ne pas la toucher.
Elia resta silencieuse.
Elle savait qu'il était puissant.
Mais elle n'avait encore jamais vu Azaël perdre aussi rapidement toute patience.
Le roi arriva finalement dans le couloir, accompagné de plusieurs soldats.
Il regarda son fils.
Puis Azaël.
Le silence était total.
Azaël s'avança vers Elia.
— On part.
Le roi leva une main.
— Azaël.
Il s'arrêta.
— Vous venez de mutiler le prince héritier dans mon propre palais.
Azaël se retourna.
— Votre fils a agressé sexuellement Elia.
— Cela ne justifie pas…
Azaël le coupa.
— Pour moi, si. Et ce petit con est chanceux !
Le roi resta silencieux.
Azaël prit doucement la main d'Elia.
— Nous rentrons.
Elia regarda le roi, puis Azaël.
Elle acquiesça.
Ils commencèrent à partir.
Mais avant qu'ils ne quittent le couloir, le roi parla une dernière fois.
— Azaël.
Il s'arrêta.
— Après ce qui vient de se passer, vous ne pourrez plus simplement retourner à votre vie dans ce village.
Azaël regarda le roi par-dessus son épaule.
— Essayez et je raserais ce royaume de la carte !
Puis il partit avec Elia.
Dans le couloir, personne n'osa les arrêter.
Le roi resta immobile.
Il regarda son fils, puis la porte par laquelle Azaël venait de disparaître.
Pour la première fois depuis qu'il régnait, il comprit une chose.
Le royaume n'avait pas convoqué une menace.
Il avait invité quelqu'un qui pouvait devenir bien pire qu'une menace.
Et désormais, la question n'était plus de savoir ce qu'était Azaël.
La question était de savoir jusqu'où il irait pour protéger Elia.