Chapitre 28
Chapitre 28
Cependant, le discours du Gardien, il y a deux ans, avait tout changé. Aldaïr et Vilad, en voyage dans l’Union à l’époque avaient vu les émeutes et le peuple en colère sortir pour obtenir la vérité allant jusqu’à se battre contre les troupes de l’Ordre pour protester.
À la vue de cette détermination, les deux hommes étaient rentrés en Valdim avec une conviction renouvelée, le discours du Gardien avait démontré que le peuple était prêt à se soulever à la moindre étincelle, même si l’Union semblait stable à l’extérieur, apparemment de nombreuses personnes n’étaient pas satisfaits de la situation du monde actuel.
Bien entendu, ils avaient conscience que ce serait le projet d’une vie mais, ne s’étaient t-ils pas rencontrés dans ce but ? La tâche serait incroyablement ardue, ils le savaient mais qui d’autre sinon l’Elefthérosi pour faire le premier pas ? Le monde avait besoin de quelqu’un pour sortir les peuples de leur torpeur afin de s’unir contre l’Ordre.
Ils seraient l’étincelle de la Révolution.
Voilà à quelle tâche s’attelait l’Elefthérosi depuis deux ans. Avec le pays désormais redressé, les rangs de l’armée royale avaient triplé. Il ne restait qu’une seule chose à faire, convaincre les grandes maisons de suivre la Couronne dans sa croisade contre l’Ordre.
À l’époque ils avaient soutenu la Couronne pour rétablir Valdim mais les convaincre de se lancer dans une guerre contre la Morale était une toute autre affaire.
Aldaïr sortit de ses vieux souvenirs, aujourd’hui, il était là pour parler du futur. —Viens t’asseoir Aldaïr, nous étions en train de discuter des mesures d’entraînement pour les nouveaux Marcheurs. dit Rogar.
—Je les ai aperçus en chemin. répondit Aldaïr.
— Nous avons envoyé d’autres Marcheurs pour balayer les campagnes mais nous manquons de candidats à l’utilisation de l’Essence. Nous ne pourrons jamais combler le manque face à l’Ordre.
—Les villages que j’ai traversés à l’Est de Valésia en regorgeaient. Je crois que les descendants des royaumes perdus sont beaucoup plus réceptifs à l’Essence. assura le chef des Marcheurs.
—C’est intéressant, il faudrait envoyer des recruteurs dans ces villages. dit Vilad, intéressé. Cela sera malgré tout difficile de les emmener car je sais que les préceptes de la Morale sont très ancrés à Valésia.
—Oui, les jeunes Utilisateurs avaient déjà été formés par l’Académie. répondit Aldaïr.
—C’est bien ce qui me semblait… J’enverrais quand même des hommes en reconnaissance. décida Vilad.
Rogard tapa sur ses cuisses.
—Bien ! Maintenant que ce sujet est clos, et si tu nous racontais ce qu’à donné ta mission Aldaïr ? demanda le noble.
—Ce sera bref, je n’ai pas réussi à localiser la cible mais j’ai éliminé quasiment toute l’escouade envoyée par les Autres. expliqua Aldaïr.
—Tu as éliminé tous les Utilisateurs de l’escouade ? demanda Nathal.
— Il y’en avait trois, j’en ai éliminé deux dès mon arrivée mais le troisième ne s’est pas montré. J’ai dû choisir entre poursuivre des fuyards et chercher cet homme. Il était très doué pour cacher sa présence donc j’ai poursuivi les fuyards. Je pensais les interroger mais comme d’habitude, ils étaient liés par un serment de Sacrifice.
—Dommage, j’aurais aimé en apprendre plus sur la façon dont ils procèdent pour voyager aussi rapidement. déclara Nathal, déçu. C’est toujours la même chose avec ces enfoirés, ils apparaissent et disparaissent.
—Tu as éliminé tous les témoins qui auraient pu te voir ? continua Vilad, interrogateur.
—Bien entendu, personne n’est au courant qu’un Marcheur est entré à Valésia. assura-t-il.
Il ne précisa pas qu’il avait sauvé une villageoise et qu’elle connaissait même son nom.
Les villageois ne connaissaient pas les Marcheurs et seulement trois d’entre eux l’avaient aperçu, en dehors de la jeune fille, ils sont sûrement morts.
Et la fille n’avait aucune idée de ce qui lui était arrivé. Elle ne représentait pas un danger.
De toute façon, il avait envoyé un homme de confiance pour s’occuper d’elle.
—Je l’espère car ta tendance à sauver les gens a déjà failli nous causer beaucoup de torts, Aldaïr. reprocha Rogar au Marcheur. Personne chez l’Ordre ne doit penser que l’Elefthérosi est active à l’étranger. Tu le sais mieux que personne.
Le Prince héritier était le neveu de Rogar. Grâce à sa position, c’est lui qui rencontrait les représentants de l’Ordre.
—Nous sommes entourés par les royaumes sous le contrôle de l’Ordre, nous ne pouvons pas entrer en conflit ouvert avec eux pour l’instant. déclara Vilad.
—Et ce n’est pas quelques villageois qui doivent nous empêcher d’atteindre notre objectif. dit Nathal en regardant Aldaïr.
—Personne n’est au courant, je vous l’assure. assura le Marcheur.
Pour ces trois hommes, le but de l’Elefthérosi passait avant n’importe quelle vie, dans ces circonstances, ils pouvaient être sans pitié. Mais pour Aldaïr c’était étrangement contradictoire étant donné qu’ils avaient pour objectif de sauver les peuples du monde entier.