Chapitre 29
Chapitre 29
Ils se faisaient tous confiance, après tout Nathal, Rogar et lui étaient des amis. Mais il pouvait comprendre leurs questions.
Vilad reprit la parole.
—Aldaïr, comme tu es arrivé plus rapidement que prévu, je vais t’informer des derniers événements.
—C’est à dire ? Il s’est passé quelque chose avec les nobles en mon absence ? demanda le Marcheur.
—Les grandes maisons commencent à se mettre en mouvement, nous craignons qu’ils se rassemblent. continua Vilad. C’est pourquoi j’ai décidé avec l’accord de Nathal et Rogar d’avancer le plan. Il faut absolument les empêcher de se réunir.
—Quand je suis parti il y a un mois, plusieurs maisons de la faction opposée semblaient prêtes à suivre le Prince-Héritier, que s’est-il passé ? demanda Aldaïr.
—Peu après ton départ, les maisons ont répondu à nos messagers qu’elles voulaient voir le Prince-Héritier et s’entretenir avec lui.
—Les nobles n’avaient pas de telles exigences avant. Si leur méfiance est remontée, c’est qu’ils se sont rencontrés.
—Justement. répondit Vilad. Nous avons découvert qu’une réunion secrète s’était déroulée au Roc Blanc, ils se sont mis d’accord pour s’allier et marcher vers la capitale pour convaincre le Prince-Héritier de les rencontrer et clarifier la situation. Ils se précipitent car ils ont peur.
S’ils ont osé tenir une réunion militaire au Roc Blanc qui est le lieu ancestral de la neutralité à Valdim, c’est qu’ils sont prêts à entrer en guerre contre les royalistes si besoin.
—Il faut donc les empêcher de se rassembler et les forcer à se rallier un à un.
—Tu as parfaitement saisi, j’ai un plan. Tu te souviens de ce qu’avait laissé le précédent Roi ? demanda Vilad.
Le Marcheur acquiesça, il savait comment Vilad allait régler la situation.
Le vieux militaire expliqua son plan en détails et donna ses instructions.
C’est vrai que le Marcheur n’avait pas pensé à ça, cela pouvait fonctionner s’ils utilisaient cet atout de la bonne façon.
Vilad releva la tête de ses feuilles et reprit la parole.
—Rogar et moi allons nous occuper de l'administration aujourd’hui, va te reposer, la réunion avec les membres avec les nobles royalistes aura lieu cette semaine.
Le Marcheur était satisfait, il allait pouvoir se balader en ville et libérer son esprit. Aldaïr savait que leur cause était incroyablement importante mais il profitait aux maximum des moments de détente pour relâcher la pression car bientôt, il n’en aurait plus l’occasion avant un long moment.
Rogar et Vilad, toujours affairés, ne prenaient jamais de moment pour se relaxer malgré ses conseils.
Il fallait qu’il pense à d’autres choses. Il regarda Nathal à côté de lui. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas passé du temps avec son ami. C’était un vrai soûlard mais tant que le marcheur était là, il n’y aurait pas de problèmes
—Bon, moi je vais aller me détendre dans une auberge, tu veux venir Aldaïr ? déclara Nathal alors qu’ils sortaient ensemble du palais.
—Tu m’enlèves les mots de la bouche, je viens mais doucement sur l’alcool. dit Aldaïr.
—Rabat-joie…répondit Nathal en levant les yeux au ciel.
—Je vais faire en sorte que tu ne déclenches pas une bagarre générale comme la dernière fois.
—Tu affiches ton air strict mais avec moi ça ne marche pas, je sais qu’à l’intérieur c’est différent. Au début je pensais que tu étais un roc mais en fait tu es rempli de coton, l’air intimidant ne marche plus avec moi.
Le Marcheur s’avoua vaincu et soupira.
Nathal afficha son fameux sourire, victorieux puis l’emmena à l’extérieur.
—Alors comment ça se passe tes balades dans les pays de l’Union ?
—Mes balades, comme tu dis, empêchent la Morale de venir fouiner partout. Chaque jour, je découvre des opposants avec les mêmes ambitions que nous. Tu ne peux pas savoir à quel point les gens se posent des questions quand ils sont sûrs de ne pas être écoutés.
—Je ne sais pas… Je ne fais pas trop confiance aux gens de chez l’Union. dit son ami en perdant son sourire.
—Allons tu sais bien que la plupart écoutent l’Ordre répéter en boucle leurs préceptes depuis qu’ils sont nés. Mais la propagande à une limite, lorsque les incohérences s’accumulent, les gens se posent des questions.
—Tu croit que le peuple se réveiller, mais moi ce que je sais c’est que la plupart donnerait leur maison à l’Ordre si un Utilisateur leur demandait !
—Et toi, mon ami, je crois que tu prends les gens pour des idiots, je suis sûr qu’ils voient bien que des choses ne vont pas. Il faut juste leur montrer le chemin pour qu’ils se mettent à courir vers la vérité.
—Nous verrons bien. Bon, nous ne sommes pas là pour parler boulot ! Quand je bois, je ne parle que de belles histoires et de femmes. répondit Nathal retrouvant son air joyeux.
Après quelques minutes à se balader, ils trouvèrent une taverne qui leur convenait. C’était un établissement assez chic et situé dans la Cité intérieure. Quand ils entrèrent, le Marcheur s’assura que son ami ne fasse pas de grabuges. Ils s’installèrent au fond de l’établissement et Nathal commanda leurs bières.
Au passage de la serveuse, Nathal lui fit son sourire charmeur auquel elle ne semblait pas indifférente.
Aldaïr observa les occupants de l’endroit. Il reconnut des habitués à la façon dont ils discutaient avec le personnel. Il y avait également quelques badauds de passage mais surtout la moitié de l’établissement était occupée par des soldats.
L’attitude de son ami convenait mieux à des établissements de la cité extérieure mais il aimait profiter du luxe de la cité intérieure.
Les soldats portaient leur uniforme, pantalon noir et tunique verte. Les couleurs du royaume. Normalement ils avaient aussi un tâbard vert, un plastron et leurs jambières qui affichaient un homme, une main en visière, l’emblème des Dux. Mais là ils n’étaient pas en service donc ils ne portaient pas leur attirail.
Ils étaient jeunes et joyeux. Vu d’ici, ils faisaient partie de l’armée depuis moins d’un an.
Après avoir fini leur boisson, les deux amis commencèrent à manger et se régalèrent.
—Vilad avait l’air inquiet. déclara-t-il.
—Eh bien, nous arrivons à un tournant de l’existence de l’Elefthérosi… soupira Nathal. Il est inquiet à cause de ces fichus nobles, il est compliqué de changer la mentalité des gens.
—Valdim a la chance d’avoir des nobles qui se soucient de leur peuple mais ils sont autant attachés à leurs terres qu’un lézard cornu à son rocher.
—Ils n’étaient pas une vraie menace avant qu’ils décident de s’unir pour marcher ensemble sur la capitale.
—S’ils arrivent jusqu’ici, nous risquons de perdre la ville.
—Et le royaume avec. déclara sombrement Nathal.
—Il faut donc les en empêcher. conclua Aldaïr.
Ils se turent et regardèrent ensemble la ville illuminée toujours en pleine animation malgré la nuit.
Tous ces gens n’en avaient pas encore conscience mais bientôt leur destin dépendra de ce que feront les deux hommes.