Chapitre 27
Chapitre 27
En avançant dans la cité intérieure, il aperçut des nobles qui se promenaient dans les rues. Ici tout le monde vivait allégrement. Vautrés dans le confort et loin de tout soucis, ils ne sortaient presque jamais de ce côté de la ville, si ça ne tenait qu’à lui, il se serait débarrassé de ces parasites il y a longtemps.
À l’époque, la corruption et les complots menaçaient la ville et même le royaume tout entier. Ces gens étaient restés passifs, observant leur propre pays s’émietter petit à petit. Pour l’épéiste, ils ne valaient pas mieux que les traîtres.
On pouvait quand même voir que la situation est bien meilleure qu’il y a quelques années mais dès que ces nobles ne seront plus d’aucune utilité, Aldaïr n'hésiterai pas à s’occuper d’eux comme il se doit.
La population avait aussi vu sa situation s’améliorer, la période de famine était terminée depuis longtemps et on trouvait bien moins de mendiants dans les rues.
Elefthérosi avait pioché dans le Trésor royal pour faire de grands travaux et fournir un emploi dans l’armée à de nombreux habitants de la capitale.
Il y’avait plusieurs camps militaires à travers le pays mais le plus imposant se trouvait au sein même de la capitale. Tout autour du Palais Royal se trouvaient des rangées de baraquements.
Cette zone constituait à elle seule une ville à part entière. On y trouvait aussi de grands terrains d’entraînement, des écuries pouvant contenir des centaines de chevaux et même des magasins propres à la caserne, tout ça disposé sur différents étages de la cité intérieure.
C’était également dans ce camp qu’étaient formés les futurs Marcheurs, la troupe d’élite de l’Elefthérosi.
La plupart d’entre eux pensaient servir le Prince-Héritier et leur pays mais ils remplissaient surtout les rangs de leur organisation.
Évidemment, la populace ne connaissait pas toute la vérité à propos des ingérences, des assassinats et de la prise de pouvoir du Conseil mais malgré leurs méthodes violentes et fourbes, l’Elefthérosi œuvrait pour Valdim et pour le monde.
Aldaïr regarda le camp qu’il venait de dépasser. Environ deux cents hommes s’entraînaient rigoureusement d’un mouvement uni. Très peu d’entre eux pourraient devenir des Marcheurs comme lui, même si chacun en rêvait, il fallait un grand talent et de l’Essence pour espérer en devenir un.
Aldaïr détourna son regard et continua vers le Palais Royal.
La cité intérieure était ordonnée à cause de la topographie particulière de ce côté de la cité, tout l’espace disponible était rigoureusement utilisé et les bâtiments bien ordonnés.
Plus on descendait la route qui serpentait vers la mer, plus les habitations possédaient des gravures et une apparence sophistiquée.
C’était lorsqu’il n’y avait plus de route à descendre que l’on se tenait devant le Palais Royal qui côtoyait la mer. Ce grand bâtiment avait été conçu uniquement dans un but esthétique.
Rectangulaire, orné de dorures et de multiples statues sur le toit en pente, c’était un bâtiment majestueux de cinq étages. Au centre, se trouvait une tour intégrée à l'édifice qui s’élevait jusqu'aux rues supérieures de la cité intérieure. Cette tour était suffisamment large pour avoir plusieurs pièces dans chaque étage, c’était vraiment un palais somptueux.
En réalité il n’avait pas besoin de défenses car personne ne pouvait l’atteindre depuis le haut des falaises.
Et du côté de l’eau, les grandes tours côtières empêchaient n’importe quel ennemi de s’approcher.
Aldaïr entra en faisant signe aux gardes, il traversa les couloirs, des domestiques se trouvant à chaque intersection, prêt à répondre aux besoins des occupants du palais. Aldaïr ne leur prêta pas attention et se dirigea dans la tour.
Il monta les escaliers qui longeaient les murs en tournant en angle droit. Arrivé à peu près au milieu, il arrêta de monter et s’arrêta devant l’entrée d’une grande pièce qui prenait tout l’étage.
Il ouvrit les portes et vit trois hommes déjà installés sur des canapés rouges luxueux.
Deux des hommes se levèrent, la surprise se lisait sur leur visage. Le troisième resta assis, le visage assuré, comme s’il attendait la venue du Marcheur.
—Aldaïr ! Nous n’avions plus aucunes nouvelles de toi depuis des jours ! s’écria l’homme le plus proche de lui. Ce dernier s’approcha et le serra dans ses bras.
Alors qu’il le relâchait, Aldaïr regarda l’homme. Un torse massif et possédant les bras d’un guerrier, il était dans la force de l’âge. Il faisait une tête de plus qu’Aldaïr alors que le Marcheur était déjà grand. Une barbe bien taillée entourait son visage et des cheveux châtains bouclés lui descendaient jusqu’aux oreilles. Il avait un visage ordinaire mais possédait un regard vif. Une longue hache de guerre était posée derrière lui. Cet homme se nommait Rogar Dux, Grand Duc de Valdim et membre du Conseil.
—C’est un plaisir de te revoir mais nous ne pensions pas te retrouver si vite. dit le deuxième homme avec un sourire.
Celui-ci faisait la taille d’Aldaïr mais était plus mince, approchant de la trentaine, les cheveux blonds et courts, il avait une apparence avenante, et le genre de visage qui avait un grand succès auprès des femmes. Il affichait toujours un sourire provocateur et semblait prêt à lancer une blague.Il arborait deux épées courbées, croisées derrière sa taille, dans leur fourreau. Il s’appelait Nathal Mistilo, le meilleur ami du Marcheur.
La dernière personne présente dans la salle ne dit rien mais fit un signe de tête au Marcheur.
C’était un homme assez vieux mais vif d’esprit et de corps, Aldaïr pouvait ressentir une aura dense d’Essence émaner de lui. Rasé de près et les cheveux très reculés à l’arrière de son crâne, il se tenait droit et affichait un visage austère.
Son regard attentif et sa posture laissaient transparaître une expertise des arts martiaux. Malgré son âge, il ne fallait surtout pas sous-estimer la force de cet individu. Le militaire portait le nom de Vilad Officiul.
Ces trois hommes constituaient avec lui, le Conseil de l’Elefthérosi.
Tous originaires de Valdim en exceptant Vilad, ils étaient auparavant un noble, un officier et un assassin. Tous ayant des vies très différentes et une fonction importante dans le royaume. Ils possédaient un point commun, chacun luttait pour sauver Valdim à tout prix. Il y a huit ans, Vilad les avait recrutés un à un, fondant l’Elefthérosi.
Ce vieil homme savait beaucoup de choses. Il leur avait expliqué la vérité à propos de l’Ordre et de la Morale, comment ils étaient responsables de l’état de leur pays. Les Utilisateurs n’étaient pas les sauveurs qu’ils disaient être, ils provoquaient eux-mêmes la misère dans les pays qu’ils « sauvaient » ensuite. Grâce à Vilad, Aldaïr avait enfin pu mettre ses talents au service de quelque chose de concret.
Le pays gangréné par une corruption entretenue par les traîtres vendus à l’Ordre coulait de plus en plus. Mais grâce à leur détermination à bouger les choses et leur position, ils renversèrent, assassinèrent et balayèrent la corruption dans tout le royaume.
Bien sûr ils ne se présentèrent pas comme l’Elefthérosi mais comme les Marcheurs, les soldats de sa majesté.
Grâce à Vilad et Rogar ils bâtirent cette réputation en lien avec la couronne qui leur permit de réveiller le patriotisme du pays. Petit à petit, des gens les rejoignirent. Des nobles, des soldats, des commerçants ou de simples paysans, leurs rangs grossirent. Pendant cinq ans, ils luttèrent pour redresser le royaume, éradiquant tout ce qui touchait de près ou de loin à la Morale.
Finalement, après cinq ans d’efforts, ils avaient unis presque tout le pays sous la bannière de la couronne. L’Elefthérosi servait de conseiller pour l’héritier légitime après s’être débarrassé des traîtres à la Cour..
Le pays sauvé, Aldaïr avait compris qu’il était encore loin d’avoir atteint son objectif, sa lutte ne cesserait que lorsque la Morale n'existerait plus.