Chapitre 11
Chapitre 11
L'homme, légèrement surpris fit une roulade et se redressa rapidement.
Le jeune chasseur reprit ses esprits se rendant compte qu’il venait d’échapper à la mort. Heureusement pour Lake, le soldat n’était pas un Utilisateur sinon ce serait déjà fini pour lui.
Il vit l’ombre se relever, c’est alors que Lake reconnut Charles, une matraque à la main, ce qui le fit sortir complètement de sa torpeur. Il sortit son couteau de chasse et se mit aux côtés de son ami en face du soldat.
Ils se regardèrent, Lake était prêt à l’action maintenant. Cependant, si les adultes du village n’avaient rien pu faire, quelles chances avaient-ils ? Non. Ce n’était pas le moment de douter.
Ils se mirent à courir vers l’homme en criant pour se donner du courage mais il les évita facilement et lança une riposte vers le bras droit de Lake que ce dernier arriva à bloquer de justesse. Charles arriva de l’autre côté, prêt à assener un coup sur le crâne de l’homme mais celui-ci se dégagea et envoya valser Charles d’un coup de pied dans le ventre.
La lutte continua, le soldat bloquant ou évitant chacun des coups des deux jeunes hommes et ceux-ci arrivant à parer les contre-attaques par miracle.
Lake tremblait de frustration. Charles et lui étaient en nage. Et cet enfoiré n’était même pas à fond, il aurait pu se débarrasser d’eux en quelques passes d’arme.
Autre inconvénient, ils étaient incapables de lire les expressions du meurtrier, caché derrière son masque.
Selon son père, comprendre ce que ressentait l’adversaire était fondamental pour le contrer et ressentir la lame adverse. Mais avec ce masque, impossible de déceler quoi que ce soit.
On lui avait appris à se battre convenablement et Lake se considérait comme plutôt doué, mais désormais, il constatait le fossé entre un combattant expérimenté et lui.
Si ça continuait comme ça, ils se feraient tuer sans avoir pu ne serait-ce que blesser l’homme.
Sortant d’un nouvel échange de coups, Charles récolta une entaille profonde dans la jambe. Lake, ayant le champ libre, essaya une nouvelle manœuvre, s’élançant à pleine vitesse, il dirigea sa courte lame vers le ventre du soldat mais celui-ci para son couteau sans difficulté. Repoussant Lake, il tendit son épée et lui asséna un grand coup au torse.
Le craquement qui en ressortit, accompagné d’une pression douloureuse sur sa cage thoracique lui informa qu’il avait plusieurs côtes brisées. Heureusement pour le jeune homme, le soldat ne voulait pas le tuer tout de suite et c’est le plat de la lame qui l’avait touché. S’il l’homme l’avait voulu, il aurait récolté bien plus que quelques os cassés.
Le soldat arrivait à combiner habilement sa maîtrise de l’épée avec sa force physique supérieure pour déstabiliser ses adversaires. Cependant, il semblait économiser ses forces. Si l’homme masqué laissait apparaître une ouverture en les sous-estimant, Lake pourrait réussir à le toucher.
Les trois hommes se regardaient depuis quelques secondes, attendant qu’un d’entre eux relâche sa concentration.
D’un seul coup, le soldat s’élança. Il se dirigea d’abord vers Charles faisant mine de lever son épée au-dessus de lui.
Le fermier leva sa matraque en bois pour parer mais l’homme masqué retourna son arme au dernier moment et frappa le menton de Charles avec le pommeau de l’épée.
Le jeune homme s’évanouit face au coup, bascula en arrière et s’étala dans la boue.
L’homme tournait désormais le dos au jeune homme. Lake saisit l’opportunité en fonçant vers son ennemi.
Le soldat se retourna alors que Lake se trouvait à moins de deux mètres. Il était bien plus rapide désormais, il avait donc décidé d’arrêter de jouer avec eux.
Son adversaire élança son épée. Le montagnard retint sa respiration et se concentra dans un ultime effort.
Il vit la lame du soldat arriver au niveau de son cœur à toute vitesse. Il décala son corps sur la droite et l’épée se planta dans son épaule gauche.
Désormais presque collés l’un à l’autre, il fit jaillir son couteau encore une fois vers le ventre de son agresseur mais le soldat stoppa sans difficulté l’attaque de Lake avec sa main libre en attrapant le poignet du jeune homme.
Il était assez proche du visage de l’ennemi pour voir le triomphe dans les yeux derrière le masque.
Mais ce n’était pas encore fini. Lake lâcha son couteau et le rattrapa avec sa propre main gauche, le soldat, surpris qu’il puisse encore utiliser ce bras, ne réussit pas à dégager son épée assez vite.
Lake élança alors son coup le plus vite qu’il pouvait et planta le couteau dans la gorge du soldat. Sa petite lame s’enfonça jusqu’à la garde, des gouttes de sang s’échappant de l’orifice créé par son arme. Pour en finir, il tourna le poignet et lui ouvrit la trachée d’un coup sec.
Le soldat réalisant ce qui lui arrivait, écarquilla les yeux de stupéfaction et tomba sur Lake. Le poids de l’homme portant un plastron lui cassa une autre côte dans leur chute. Heureusement l’épée toujours plantée dans son épaule ne s’enfonça pas plus profondément dans son corps.
La chute sonna le jeune homme et Lake paniqua à l’idée que l’homme au masque puisse être encore en vie juste au-dessus de lui alors qu’il était incapable de bouger.
Le jeune forestier leva la tête, prêt à frapper et vit avec soulagement que le soldat était déjà devenu une masse inerte. Le jeune homme sentit un liquide chaud pénétrer ses vêtements, sa veste tournant au rouge. Il dégagea le corps avec difficulté et se permit de souffler, allongé sur le dos, les bras écartés. Le cadavre étalé à sa droite.