Chapitre 10
Chapitre 10
Après quelques minutes de course effrénée, il arriva au niveau des premières maisons et aperçut une masse de personnes silencieuses. L’inquiétude du jeune homme montait en flèche.
Il vit un groupe d’une cinquantaine de cavaliers portant des uniformes sombres. On ne pouvait voir leurs traits qui étaient cachés par un masque d’argent en forme de visage. Au milieu du groupe, deux d’entre eux se distinguaient par un uniforme doté d’une longue cape d’une noirceur insondable et qui descendait jusqu’à leurs pieds.
Les villageois étaient rassemblés et regardaient les cavaliers, certains avaient des outils dans les mains, prêts à se défendre. Lake aperçut Jyn et Charles à côté de la grande table, légèrement en retrait.
Le jeune homme ne reconnaissait pas l’uniforme des hommes ni leurs masques, qui étaient ces hommes ? Ils ne venaient pas de Valésia, un autre pays peut-être ?
L’un des cavaliers à cape mit pied à terre et vint à la rencontre du maire qui s’était avancé. Ce dernier ouvrit la bouche pour parler :
—Bonsoir messieurs, qu’est-ce qui vous amène dans notre village, en pleine nuit ? demanda le maire. Vous faites partie de l’Ordre ? dit-il, nerveux.
Le cavalier ne répondit pas et se contenta de balayer les habitants du regard pendant quelques instants. Puis soudain en une fraction de seconde, il sortit une dague de sa manche, fit un pas vers le maire et trancha la gorge de celui-ci avec un mouvement fluide.
Le maire tomba à genoux en attrapant sa gorge à deux mains pour tenter de retenir le flot de sang mais c’était déjà trop tard.
Il commença à chuter vers l’avant et l’homme en noir fit un petit pas souple sur le côté pour éviter le corps qui tombait misérablement dans la boue. Les yeux du maire s’éteignirent peu à peu pour finalement ne plus dégager une seule lueur.
C’est à ce moment que les habitants réalisèrent enfin ce qu’il se passait, certaines personnes se mirent à hurler, d’autres cachèrent leurs enfants derrière elles. Cependant la plupart restèrent calmes, ils étaient bien plus nombreux que les cavaliers. Des hommes et des femmes s’avancèrent, des armes de fortune à la main. Mais la plupart restèrent immobiles. Chacun savait garder un minimum son sang-froid. Après tout, ils vivaient dans une région reculée.
Un villageois leur cria soudainement dessus.
—Vous ne vous en sortirez pas comme ça, salauds ! Nous…dit-il avant de se prendre une dague dans le torse.
Il s’effondra au sol.
Quelques hommes s’élançèrent pour confronter les soldats. Ces derniers sortirent souplement leur épée de leur fourreau et taillèrent en pièce les malheureux. En quelques secondes, une vingtaine de villageois étaient déjà morts.
C’est là que la panique débuta. Les gens se mirent à courir dans toutes les directions à la recherche d’un abri.
Lake vit Charles parler à Jyn puis celle-ci se mit à courir vers sa maison pendant que Charles sortait sa matraque de sa ceinture. Il ne put voir ce que fit ensuite Charles car un cheval vint s‘interposer devant son champ de vision.
Les deux plus puissants Utilisateurs du village Arlenne et Paul tendirent leur mains et tentèrent de projeter des tables vers les soldats mais celles-ci s’arrêtèrent en plein vol et furent renvoyées vers eux à une vitesse prodigieuse, ils disparurent derrière les morceaux de mobilier.
Lake assista au massacre en silence sans savoir quoi faire.
Il balaya du regard la place mais ne vit pas les deux hommes avec leur longue cape. Cependant, un villageois courait vers lui. C’est alors qu’il reconnut Vens, le fils du tanneur, un de ses amis. Il tentait de lui dire quelque chose.
Celui-ci regardait Lake, une épée dans le dos et du sang coulant de sa bouche.
Il tenta de balbutier quelques mots.
—Fu…fuis ! réussit-il à articuler.
C’est alors qu’un homme lui donna un coup de pied qui l’envoya à la renverse. Le soldat posa son pied sur Vens et sortit son épée de son dos. Du sang gicla sur la chemise du jeune tanneur et celui-ci laissa tomber sa tête sur le côté.
À quelques mètres, le jeune forestier vit également la mère de Charles en train de courir, elle tentait de se cacher à l’ombre des bâtiments. Malheureusement cela ne fut pas suffisant. Elle se prit soudainement une dague dans la jambe et elle tomba sur le sol en criant. Un autre homme s’approcha d’elle et lui ouvrit proprement la gorge.
Lake était pétrifié. Il ne vit pas que le soldat qui avait tué Vens s’approchait de lui.
Alors qu’il levait son épée, une ombre fonça vers le soldat et le percuta sur le côté.