Chapitre 7
Chapitre 7
— Bien. Maintenant que les présentations sont terminées, nous allons pouvoir commencer notre premier véritable cours.
Léo se redressa immédiatement sur sa chaise.
Enfin !
Depuis le temps qu’il attendait ce moment, il avait presque peur que Théor décide de parler pendant toute la matinée de la vie des élèves.
À côté de lui, Lyria sortit déjà un petit carnet parfaitement propre.
Kaël, lui, posa ses deux mains sur son bureau.
Névan ouvrit un livre.
Naëlys regarda par la fenêtre.
— Princesse Naëlys ?
Elle tourna lentement la tête.
— Oui ?
— Le cours est à l’intérieur.
— Je sais.
— Alors pourquoi regardez-vous dehors ?
— Parce que c’est plus intéressant.
Théor resta silencieux.
Léo baissa rapidement la tête pour cacher son sourire.
— Très bien, murmura Théor. Nous allons donc commencer par quelque chose de simple.
Il écrivit au tableau :
LES PARTICULES MAGIQUES
Puis il se retourna.
— Comme vous le savez déjà, la magie est présente partout dans notre monde. Mais avant de pouvoir la maîtriser, il faut comprendre ce qui la compose.
Kaël leva la main.
Théor le regarda.
— Oui ?
— Les particules.
— Exactement.
Kaël sourit fièrement.
— J'ai lu ça dans un livre.
Théor hocha la tête.
— Très bien.
Il se retourna vers le tableau.
— Les particules magiques sont extrêmement petites. Elles sont invisibles à l’œil nu et peuvent se combiner entre elles pour produire différents effets.
Léo écoutait attentivement.
Cette partie, il la connaissait déjà.
Il avait passé énormément de temps à écouter ses parents parler de magie.
Mais il y avait une différence entre entendre quelques explications à la maison et suivre un véritable cours.
Théor traça plusieurs cercles sur le tableau.
— Il existe plusieurs particules de base. Comme vous pouvez le voir dans ce grimoire.

Après un long moment passé à examiner le vieux grimoire, le cours toucha enfin à sa fin.
Théor referma délicatement l’épais ouvrage avant de le ranger sur son bureau.
— Très bien. Pour aujourd’hui, nous allons nous arrêter là.
Léo releva immédiatement la tête.
— Déjà ?
Théor lui adressa un sourire amusé.
— Oui, déjà.
Léo jeta un coup d’œil à l’horloge.
Il n’avait absolument pas vu le temps passer. Pour lui, le cours avait semblé durer à peine quelques minutes.
Théor se tourna vers les élèves.
— Vous pouvez rentrer chez vous. Nous nous retrouverons demain.
Les élèves commencèrent à ranger leurs affaires.
Léo enfila rapidement son sac et quitta la salle avec les autres.
Mais arrivé dans l’escalier, il s’arrêta soudain.
Une pensée lui traversa l’esprit.
Papy Gilou.
Son père lui avait bien dit ce matin que son grand-père viendrait le chercher.
Léo regarda par la fenêtre.
— Il devrait déjà être là…
Il descendit rapidement les escaliers et sortit de la bibliothèque.
Devant le bâtiment, plusieurs voitures circulaient dans la rue.
Léo scruta attentivement les véhicules qui passaient.
Puis, au bout de quelques secondes, il aperçut une vieille voiture qu’il connaissait parfaitement.
— Papy !
La voiture ralentit avant de s’arrêter devant lui.
Léo ouvrit la portière et grimpa à l’intérieur.
— Coucou, papy !
Gilou lui adressa un grand sourire.
— Coucou, Léo ! Allez, installe-toi bien.
Léo attacha sa ceinture.
Gilou démarra, puis lui lança un regard amusé.
— Et attention… pas de crottes de nez sur les sièges.
Léo ouvrit de grands yeux, visiblement outré.
— Mais j’ai rien fait !
— Je préfère prévenir.
— Je ne fais jamais ça dans la voiture !
— Très bien. Voilà déjà un problème de réglé.
Léo croisa les bras et prit un air boudeur.
— Pfff…
Gilou éclata de rire avant de reporter son attention sur la route.
— Alors, raconte-moi. Comment s’est passée ta première journée ?
Le visage de Léo s’illumina aussitôt.
— C’était génial !
— Ah oui ? Qu’est-ce que tu as appris ?
Léo réfléchit quelques secondes.
— Eh bien… pas grand-chose.
Gilou haussa un sourcil.
— Pas grand-chose ?
— Je savais déjà à peu près tout ce qu’on a vu aujourd’hui.
Il regarda un instant par la fenêtre, puis son enthousiasme retomba légèrement.
— Mais je ne sais toujours pas ce que je veux faire quand je serai adulte…
— Ah ?
— Tous les autres savent déjà ce qu’ils veulent faire ! Lyria veut entrer à la Tour Céleste, Kaël veut rejoindre la guilde de son père, Névan veut travailler dans le commerce et même Naëlys sait déjà ce qu’elle veut faire…
Léo baissa les yeux.
— Moi, je ne sais pas.
Gilou lui adressa un sourire rassurant.
— Tu sais, Léo, tu n’es pas obligé de décider maintenant. Tu as encore énormément de temps devant toi.
— Tu crois ?
— J’en suis certain.
Il réfléchit quelques secondes avant d’ajouter :
— Et puis, même si tu n'es pas soigneur comme tes parents ou ta sœur, tu pourras toujours travailler dans ma clinique.
Léo releva immédiatement la tête.
— C’est vrai ?
— Bien sûr !
Un grand sourire apparut sur le visage de Léo.
Mais Gilou prit soudain un air beaucoup plus sérieux.
— D’ailleurs, j’ai justement besoin de quelqu’un.
— Pour faire quoi ?
Gilou sourit.
— La clinique possède cinquante chambres.
Léo hocha lentement la tête.
— Oui…
— Et cinquante chambres, ça fait…
Il fit semblant de réfléchir.
— Au moins cinquante toilettes à récurer chaque jour.
Léo resta bouche bée.
Gilou éclata de rire.
— Elles t’attendent avec impatience !
Léo le fixa quelques secondes avant de répondre avec un sérieux absolu :
— Merci, papy… mais je trouverai autre chose à faire.
Gilou rit de plus belle.
— C’est peut-être mieux comme ça.