Chapitre 33
Fiona et Léo marchaient dans les rues de Néréïs lorsqu'ils s'arrêtèrent devant une boutique de vêtements.
L'enseigne affichait un nom en lettres dorées : Élégance.
— C'est ici ! s'exclama Fiona.
Fiona lui adressa un sourire avant de pousser la porte du magasin.
Léo la suivit à l'intérieur. Plusieurs costumes étaient exposés sur des mannequins, tandis que des chemises, des cravates et des vestes étaient soigneusement rangées sur des présentoirs.
Un vendeur s'approcha d'eux.
— Bonjour et bienvenue chez Élégance ! Que puis-je faire pour vous ?
— Je voudrais un costume pour mon fils, répondit Fiona.
Le vendeur se tourna vers Léo.
— Très bien ! Avez-vous une préférence concernant la couleur ou le style ?
— Pas vraiment. Je n'ai pas l'habitude de porter des costumes.
— Dans ce cas, nous allons remédier à cela !
Il les conduisit vers un présentoir où plusieurs costumes étaient exposés.
— Nous avons différents modèles qui pourraient vous convenir. Du classique au plus moderne, nous avons de quoi satisfaire tous les goûts.
Fiona examina les vêtements avant de désigner un costume.
— Celui-ci me plaît bien. Qu'en penses-tu, Léo ?
Le jeune homme regarda le costume, puis sa mère.
— Je ne sais pas trop. Tu penses qu'il va bien m'aller ?
— Essaie-le.
Léo comprit qu'il serait difficile de la faire changer d'avis.
— Bon, d'accord. Je vais l'essayer.
Le vendeur lui indiqua les cabines d'essayage et lui tendit le costume.
Quelques minutes plus tard, Léo ressortit de la cabine.
Fiona le regarda, puis hocha la tête avec satisfaction.
— Eh bien, voilà qui te change !
— Dans le bon sens, j'espère ? demanda Léo.
— Bien sûr ! Tu es très élégant.
Le vendeur acquiesça.
— Votre mère a raison. Ce modèle vous va très bien.
Léo observa son reflet dans le miroir et ajusta légèrement sa veste.
— Je dois reconnaître que ce n'est pas si mal.
— Ce n'est pas si mal ? répéta Fiona. Tu es très bien comme ça !
Elle se tourna vers le vendeur.
— Nous le prenons.
— Excellent choix, madame !
Après avoir remis le costume dans sa housse, Léo accompagna sa mère jusqu'à la caisse.
Lorsque le vendeur annonça le prix, le jeune homme jeta un coup d'œil à l'étiquette.
— Ah oui, quand même…
Fiona sortit tranquillement sa carte d'identité.
— Ne t'inquiète pas, c'est mon cadeau.
— Merci, maman.
Elle régla l'achat, puis récupéra la housse contenant le costume.
— Voilà ! Maintenant, prends-en soin quand tu le mettras.
— Promis.
Ils quittèrent ensuite Élégance. Fiona retourna à la maison avec le costume tandis que Léo se dirigea vers la taverne de la guilde des Crevettes Écarlates.
***
Kaël et Névan étaient installés à une table de la taverne. Les cours étaient terminés. Pour fêter ça, ils avaient décidé de se retrouver autour d'un verre.
Il ne manquait plus que Léo.
— Tu te rends compte qu'on n'aura plus à retourner en cours ? demanda Névan.
— Ouais. Ça fait quand même bizarre, répondit Kaël. On avait fini par prendre l'habitude. Bon, qu'est-ce qu'il fout, Léo ? Il devrait déjà être là.
— Il n'est pas si en retard que ça, répondit Névan.
Quelques minutes plus tard, la porte de la taverne s'ouvrit. Léo entra et repéra rapidement les deux garçons.
Il se dirigea vers leur table.
— Salut ! Désolé pour le retard.
— Salut ! répondit Kaël.
— Salut ! répondit Névan. Alors, ces démarches administratives ?
Léo s'installa à leurs côtés.
— C'est bon, j'ai ma carte d'identité. Et j'ai aussi récupéré mon communicateur.
— File-nous ton numéro ! exigea Kaël.
— OK ! C'est le 67.67.67.67.67. Que des 67, c'est facile à retenir.
Ils ajoutèrent le numéro de Léo à leurs téléphones. Puis Kaël demanda :
— Alors ? Quel rang et quelle particule ?
Léo leur montra sa carte d'identité.
— Rang D et particule Autre.
— Pouah ! J'arrive pas à y croire ! Pour de vrai ! C'est incroyable !
— Oui ! Ma magie n'est juste pas référencée. Oh, au fait, Kaël, j'ai croisé Milo à la banque et il m'a quand même reconnu !
— Ah, OK ! Ça fait plus de trois ans que je ne l'ai pas vu, depuis qu'il s'est fait engueuler par mon père.
— Qu'est-ce qui s'était passé ? demanda Léo.
— C'est juste qu'il allait souvent à l'étage alors qu'il ne faisait plus partie de la guilde depuis très longtemps. Il aurait dû rester au rez-de-chaussée.
— C'est peut-être un informateur de l'ARC, émit Névan.
— Pourquoi tu penses ça ? demanda Léo.
— Un jour, mon père avait embauché une secrétaire et elle est restée un seul jour à consulter nos registres, puis elle n'est plus jamais revenue. Mon père a émis l'hypothèse qu'elle était une agente de renseignement.
— Faut arrêter la paranoïa ! s'exclama Kaël. Milo Patrac n'est qu'un rang B et n'est qu'un utilisateur de Changeton. Même moi, qui suis rang A, je peux le battre facilement. Et puis, pourquoi avoir des renseignements sur une guilde marchande ? Vous vendez des choses illégales ?
— Mais non ! Je pense qu'ils voulaient des renseignements sur notre propre groupe de sécurité, qui est composé de 7 rangs A et de 42 rangs B.
— Pas mal ! Avec moi, il y a 9 rangs A dans ma guilde. On est classés 8e parmi les meilleures guildes d'Halménia ! Et si j'arrive à être rang S, on passe directement à la quatrième place !
— Quoi ? Tu vas prendre un élixir pour y arriver ? demanda Léo.
— Jamais ! Même si je suis un peu tenté de prendre l'élixir Fortis, qui densifie les os. De toute façon, ça coûte trop cher et puis on peut densifier ses os en les cassant légèrement, même si ça fait mal !
— En parlant de rang S, mon père essaie d'ailleurs d'en embaucher un dans notre guilde pour plus de sécurité. Tiens, en parlant de guilde, Naëlys a déjà créé la sienne, apparemment. Elle s'appelle Tornado. Elle va faire son entrée dans le classement des guildes.
— Pourquoi ? demanda Kaël. Naëlys n'est que de rang A, comme moi ou Lyria. Ah oui, c'est vrai, il y a Gareth Walder, l'abruti de rang S. Quand je pense qu'il possède le Fusioton en plus du Rapiditon, ça m'énerve. Certains ont trop de chance. Mais je suis sûr que mon père lui met une raclée.
— Sans équipement, peut-être, mais pas avec son armure et son épée en écailles de Léviathan. Elles sont composées de Duraton (2 × Solidificaton). Il peut encaisser les attaques de ton père et même le trancher plutôt facilement, argumenta Léo.
— Rhoooo, Léo ! Je vais encore avoir la migraine à force de réfléchir !
— Mais du fait de sa densité, le Duraton est très lourd. Je ne comprends toujours pas comment il pouvait supporter cette armure tous les jours, répondit Névan.
— En fait, tous les dragonoïdes ont des infracytes qui produisent des légéritons (Solidificaton + Répulsiton), ce qui entraîne une réduction du poids. Cette armure et son épée sont en fait très légères.
— Ah, OK ! Eh ben, c'est grâce à tes connaissances que tu pourras intégrer Biotech ! affirma Névan. Car tu n'as pas les magies nécessaires pour transformer les cadavres de monstres en équipement. Encore, si tu avais le pouvoir de Kaël, tu pourrais les marteler. Et il se peut que tu ne sois pas pris. Tu feras quoi dans ce cas ?
— Eh ben, revenir sur l'île, je suppose, mais ce que je ferai, je ne sais pas encore.
— On pourra pas te recruter dans notre guilde. Mon père recrute qu'à partir du rang C, informa Kaël. Mais peut-être que Névan va te recruter. Il faut être solidaires entre rangs D. Hein, Névan ?
— Tu fatigues à mettre les rangs systématiquement en avant, pesta Névan.
— OK ! Allez, on arrête de parler des rangs et on commence à boire pour fêter la fin de l'école ! s'exclama Kaël. Au fait, Léo, tu pars quand de l'île ?
Kaël versa le contenu de la bouteille pour remplir les trois verres sur la table.
— Normalement, dans trois jours. Je profite de cette soirée pour vous dire au revoir en avance !
— Eh ben ! Heureusement qu'on a les communicateurs pour se tenir au courant les uns des autres. Moi, dans deux jours, je pars en mer dans l'équipe de mon père.
— Et moi, je vais commencer à apprendre à gérer la guilde aux côtés de ma mère. dit Névan
— Allez, on trinque ! À notre amitié et à nos futurs ! s'exclama Kaël.
La soirée se prolongea jusqu'à tard dans la nuit.