Chapitre 32
À la sortie du bureau, Armand sortit son communicateur et appela Fiona.
— Allô, chéri ? Alors, comment ça s'est passé ?
— Tout s'est bien passé. C'est fait, Léo a sa carte d'identité.
— Ah, tant mieux ! Je suis rassurée. Il n'y a pas eu de problème ?
— Non, aucun. Tout s'est déroulé comme prévu.
— Parfait ! Bon, je vous laisse continuer vos démarches.
— À tout à l'heure !
Armand mit fin à l'appel avant de se tourner vers son fils.
— Bon, première étape terminée ! Maintenant, direction la Banque Céleste pour ouvrir ton compte en banque.
Ils se mirent en route vers l'agence de la Banque Céleste. Quelques minutes plus tard, ils entrèrent dans la banque. Ils se dirigèrent vers l'accueil.
— Bonjour, madame ! s'exclama Armand.
— Bonjour, veuillez prendre un ticket, ordonna la femme de l'accueil.
— Euh… C'est pour ouvri…
La femme interrompit Armand immédiatement.
— PRENDRE UN TICKET ! Et ne me faites pas répéter !
— C'est bon, d'accord, pas la peine de s'énerver comme ça.
Léo prit alors un ticket.
— Le 67 et ils en sont au 45…
Armand regarda le distributeur de tickets, puis les quelques personnes assises dans la salle d'attente.
— Vingt-deux personnes avant nous ?!
— Apparemment, répondit Léo.
— Bon… On n'a plus qu'à prendre notre mal en patience.
Ils s'installèrent sur deux sièges libres. L'attente se révéla particulièrement longue. Armand consulta plusieurs fois son communicateur tandis que Léo observait les clients défiler les uns après les autres.
Une heure passa avant qu'une voix ne retentisse dans les haut-parleurs.
— Numéro 67, guichet numéro 3.
Armand se redressa aussitôt.
— Enfin ! Allez, Léo !
Ils se levèrent, mais, au moment de se diriger vers le guichet, un homme entra dans la banque. Léo le reconnut immédiatement.
— Milo ?! C'est bien toi ?!
Milo se tourna vers lui, surpris, puis lui adressa un sourire.
— Léo ?! Eh bien, tu as bien grandi depuis la dernière fois !
— Qu'est-ce que tu fais ici ?
— Je suis venu régler une affaire à la banque.
Il se dirigea ensuite vers l'accueil et sortit une carte de son portefeuille.
— Bonjour. Je bénéficie de la priorité pour les personnes en situation de handicap. Est-ce qu'il serait possible de me recevoir ?
La réceptionniste vérifia sa carte avant de lui indiquer un guichet.
— Bien sûr. Veuillez vous présenter au guichet numéro 3.
Armand se figea.
— Pardon ? Mais notre numéro vient d'être appelé !
— Monsieur, cette personne bénéficie d'une priorité, répliqua la réceptionniste.
Armand resta bouche bée quelques secondes, puis se tourna vers Léo.
— Une heure d'attente pour se faire doubler au dernier moment… C'est pas possible…
Léo soupira.
— Papa… On ne va quand même pas lui reprocher d'utiliser sa carte d'invalidité.
— Je sais… Mais j'aurais préféré qu'il arrive cinq minutes plus tard !
Milo leur adressa un sourire un peu gêné avant de rejoindre le guichet. Armand et Léo retournèrent s'asseoir, résignés à patienter encore quelques minutes.
Ils n'eurent pas longtemps à attendre avant d'être reçus par un employé.
— Bien, expliquez-moi le motif de votre venue.
— Il s'agit d'ouvrir un compte en banque pour mon fils.
— Très bien ! J'aurais besoin de la carte d'identité du jeune homme.
Léo présenta sa nouvelle carte d'identité.
— Parfait ! J'ai à vous présenter plusieurs placements intéressants comme celui-ci, le fistbeach. Il s'agit d'un placement parfois hautement rémunérateur à taux variables avec de modestes frais entubatoires ad vitam aeternam dont le capital de départ n'est pas garanti. Cela dit…
Armand lui coupa la parole.
— J'aurais une petite question. On vous apprend à parler comme ça ou c'est de naissance ? Bon, bref, on va juste ouvrir un livret Céleste à capital garanti.
— Mais, il n'est pas rémunéré, ça vous convient toujours ?
— Oui, bien sûr. Et je souhaite y déposer 10 000 Célès pour mon fils.
La procédure se déroula sans difficulté. Après avoir fourni les renseignements nécessaires et signé quelques documents, Léo disposa enfin de son propre compte bancaire avec 10 000 Célès dedans.
— Voilà, monsieur. Votre compte est désormais actif. Il est également relié à votre carte d'identité pour faciliter les opérations.
Léo récupéra ses documents.
— Merci beaucoup.
Lorsqu'ils sortirent de l'agence, Armand lui donna une petite tape amicale sur l'épaule.
— Alors ?
— Merci, papa ! Vraiment, merci beaucoup !
— De rien. Bon, Léo, maintenant, direction l'agence BluSky. On va s'occuper de ton communicateur.
— D'accord, papa !
Les deux hommes se mirent en route vers l'agence.
Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant un bâtiment moderne sur lequel était inscrit le nom de l'entreprise : BluSky. À l'intérieur, plusieurs présentoirs exposaient différents modèles de communicateurs, allant des plus simples aux plus sophistiqués.
Un vendeur élégant s'approcha d'eux avec un grand sourire.
— Bonjour, messieurs ! Bienvenue chez BluSky. Que puis-je faire pour vous ?
— Bonjour. Mon fils est venu acheter un communicateur.
— Vous êtes au bon endroit ! Chez BluSky, nous avons les meilleurs communicateurs du marché. Nous proposons notamment le SkyLux Pro, notre modèle haut de gamme, doté d'une autonomie exceptionnelle, d'une qualité sonore incomparable et d'un écran à cristaux magiques dernière génération.
Le vendeur désigna un appareil exposé dans une vitrine.
— Celui-ci coûte combien ? demanda Armand.
— Seulement 8 999 Célès !
Armand écarquilla les yeux.
— Huit mille neuf cents Célès ?! Pour un communicateur ?! À ce prix-là, j'espère qu'il communique aussi avec les morts !
— Euh… Non, monsieur. Mais il dispose d'un système de reconnaissance vocale extrêmement performant.
— Ah, formidable ! Il reconnaît ma voix avant même que j'aie fini de me ruiner !
Le vendeur conserva son sourire commercial. Léo détourna légèrement la tête pour dissimuler son amusement.
— Papa, on pourrait peut-être regarder les modèles moins chers ?
— Oui, tu as raison. Parce qu'à ce rythme-là, on va devoir ouvrir un deuxième compte bancaire juste pour acheter le communicateur !
Le vendeur se racla la gorge avant de les conduire vers un autre présentoir.
— Bien sûr. Nous avons également des modèles plus accessibles. Par exemple, le SkyOne, à 450 Célès.
Armand observa l'appareil quelques secondes.
— Voilà qui est déjà plus raisonnable. Et celui-ci, il fait quoi ?
— Il permet de passer des appels, d'envoyer des messages, de prendre des photos et d'accéder au réseau intranet de l'Alliance Céleste.
— Parfait.
Léo prit le communicateur en main et examina l'écran.
— Il me plaît bien, celui-là.
Armand se tourna vers le vendeur.
— Très bien. Nous allons prendre ce modèle. C'est mon fils qui paye.
Finalement, cette longue matinée s'acheva.